Comment s’informer sur internet ? Etape 1 : le carré d’or de l’information
Ce sujet nécessitera plusieurs billets afin d’être complet sur la question. Celui-ci fera donc office d’introduction.
Alors que je ne lis plus la presse, ne regarde plus la télé, et n’écoute plus la radio, je ne me suis pourtant jamais senti autant et aussi bien informé.
En effet, internet, et les multiples services gratuits mis à notre disposition m’ont permis de me construire mon propre système d’accès à l’information, mon système de veille. C’est une sorte de machine que j’ai moi même construite, paramétrée, et que je tâche de réviser en permanence. C’est donc tout un processus !
Je vais essayer de vous montrer comment je fait, mais n’y voyez pas la formule magique! Cela marche pour moi, cela peut ne pas marcher avec d’autres : à chacun de trouver la recette qui lui convient.
Mais au fait, qu’est-ce qu‘être bien informé ?
Si chacun a son propre système, il y a néanmoins des critères communs à tous permettant d’en définir la qualité. J’en vois quatre, que je nomme le carré d’or de l’information. Ces critères me sont bien subjectifs, n’hésitez donc pas à me contredire/compléter
.
1. Avoir l’information au bon moment
L’information perd de la valeur avec le temps. Si je vous dit que Barcelone a gagné la ligue des champions mercredi soir dernier, ce n’est plus une information pertinente car tout le monde le sait (ou presque). Bien sûr certaines informations perdent moins de valeur que les autres : une dépêche AFP perdra très vite sa valeur (puisque reprise rapidement par les autres médias) tandis qu’une bonne analyse de fond restera importante plus longtemps.
Problème : Pour obtenir chaque information au bon moment, il faut donc les différencier selon leur priorité. Comment faire ?
2. La qualité du contenu
Elle se décline par plusieurs aspects : la fiabilité des sources, la pertinence de l’analyse, etc. Il faut donc trouver les bonnes sources ! Cela relève d’un processus assez long car implique en théorie de juger chaque source d’information, et donc de les tester.
Problème : On ne peut pas tester toutes les sources d’informations !
3. La couverture de l’information
Pour avoir envie de s’informer, il faut aussi trouver des informations qui nous intéressent tout particulièrement. Autrement dit, des informations conformes à nos centres d’intérêts. Mais dans le même temps, il ne faut pas fermer son processus ! Autrement dit, il faut se garder la possibilité de faire des découvertes surprenantes, et de ne pas passer à côté d’informations importantes (même si elles ne rentrent pas forcement dans nos centres d’intérêt). C’est ce qu’on appelle la sérendipité.
Problème : Comment trouver le bon équilibre entre : 1. l’information qui nous intéresse d’office (nos centres d’intérêts ) et 2. Une diversité d’informations (sources, thèmes, points de vue variés) ?
(Vous remarquerez que cette problématique s’oppose au 2ème point…)
4. L’efficacité du processus
Mettre en œuvre les 3 premiers points, c’est totalement réalisable. Avec un peu de temps, quelques réglages et un peu de patience, tout le monde peut y parvenir.
En revanche, ce qui est beaucoup plus difficile, c’est de parvenir à construire un système viable à long terme ! En effet, il suffirait de passer sa vie à devant son écran, et les 3 premiers critères seraient respectés. Sauf qu’il faut bien dormir, se nourrir, travailler (un peu) et se divertir…
Problème : Comment optimiser le temps que l’on passe à s’informer ? Et plus exactement : comment discerner le signal (l’information pertinente) du bruit (l’information redondante)?
Tout un programme
…
Conclusion
Vous le voyez, la construction d’un bon système de veille relève d’un art plutôt subtil qui doit arriver à répondre à 4 problématiques en même temps… Mais rassurez-vous, de nombreux outils sont là pour nous aider. Ce qui fera l’objet d’un prochain billet… (si vous êtes impatients, ce blog devrait vous aider)

Bonjour,
Cette analyse est très pertinente et instructive.
Je me permet cependant d’émettre une objection quand a votre classification des types sur la qualité du contenue. En effet vous dites :
« Elle se décline par plusieurs aspects : la fiabilité des sources, la pertinence de l’analyse, etc. Il faut donc trouver les bonnes sources ! Cela relève d’un processus assez long car implique en théorie de juger chaque source d’information, et donc de les tester. »
Je suis tout a fait d’accord quand vous dites que la pertinence d’une analyse est laissé a notre bon jugement (quoi que le problème que je vais soulever s’y applique aussi en terme de vérification des sources jointe pour l’analyse). Mais s’agissant de la fiabilité des sources je ne suis pas certain que le jugement personnelles entre en jeu. De fait (si nos journaliste sont bien allé dans leurs écoles spécialisées) l’information est brut et objective, ce sont des faits et non des interprétation et encore moins des analyses. Deux questions me viennent alors. Comment vérifier la véracité d’une information autrement que par recoupement (peu efficace sur le net)? Comment font nos chères journaliste, existe il une notations sur l’objectivité et la véracité des fait relaté par les différentes agences?
Bonjour alfred,
Remarque pertinente, mais je me place en fait essentiellement dans le cadre d’une information à provenance non « journalistique » : les blogs principalement. Dans ce type de médias, l’information se mêle à des jugements personnels. On ne peut donc plus parler d’information « brute » et encore moins « neutre ».
D’ailleurs, même concernant les médias traditionnels, je me méfie de la soi-disant neutralité. Même si il n’y a pas de parti pris par le journaliste, le fait même de relayer une information plutôt qu’une autre (par contrainte d’espace/temps ou autre…) est une forme de biais de l’information.
Du coup, pour répondre à vos 2 questions, je maintiens mon avis mon avis qui est de juger par soi-même la fiabilité d’une source d’information. Cela se fait à la longue, et notamment en lisant les commentaires, et en diversifiant ses sources (de manière à recouper l’information). Je ne crois pas qu’il soit impossible de vérifier une information. Ce n’est certes pas aussi facile que de le dire, mais cela reste tout de même beaucoup plus facile qu’avant, sans internet. C’est surtout une question d’expérience et d’outils. Il faut savoir s’armer et comprendre les mécanismes de base des médias sociaux.
Mais ce n’est que mon avis !
+1
Je suis d’accord, mais alors reste la question de la véracité des info relayées via les blogs.
Une partie de la réponce serait peut étre de former les utilisateurs a l’utilisation d’outils de vérification ainsi qu’a l’ésprit critique. Mais cela est compliqué et pour une analyse parfaite ils faudrait connaitre tout les tenant et les aboutissant de chaque info, ce qui est… impossible.
Ton post de formation rentre tout a fait dans le cadre des réponse a tout ces problèmes et je salut ta démarche. Merci encore.
A propos de la désinformation, j’ai écrit un article un peu plus tard qui je crois répond à quelques questions : http://www.tetedequenelle.fr/2009/10/mythe-desinformation-internet/