Bac de philo : des internautes ont rendu leur copie
Cette année, un des sujet du bac de philosophie était : « Que gagne-t-on à échanger ? »
Ce sujet en a inspiré plus d’un sur la toile, et pour cause, internet est certainement le plus bel outil pour échanger toutes sortes de choses : objets, informations, idées, images, vidéos, musique, et j’en passe…
Ainsi, les rédacteurs de 20minutes.fr et de PC Impact se sont amusés à rendre leur copie, avec certes, un peu de retard… Mais bon, le résultat est là : un article un peu bâclé, mais amusant sur 20minutes.fr (encore leur habitude à la con de tout faire ne 20 minutes, probablement
) mais surtout un joli PDF de 6 pages pour PCimpact. Attardons-nous sur cette dernière, qui est assez intéressante. Je vous recommande de la lire, mais au cas où vous n’auriez pas le temps de le faire, en voici les « perles », comme on dit dans ces cas là
.
Introduction
« Un premier mail d’avertissement, suivi d’un courrier recommandé et enfin la coupure de la connexion Internet ! » Telle serait la réponse probable de C. Albanel, agrégée de lettres modernes, actuelle ministre de la Culture et de la Communication…
LOL
L’échange informationnel : vecteur des libertés fondamentales d’expression, de communication et d’information
L’échange est au centre de la diffusion et de l’accès à la connaissance. [...] C’est grâce à l’échange que, civilisation après civilisation, l’Homme a pu acquérir un grand nombre de connaissances et les faire perdurer dans le temps. Le dialogue comme moyen d’échange présente cependant deux inconvénients : il nécessite d’avoir la personne face à soi et, surtout, il ne permet pas à la connaissance de perdurer, l’Homme ayant une durée de vie moyenne bien inférieure à celle du papier par exemple, ou, à l’heure actuelle, des médias numériques.
La libération des échanges sur les réseaux pourrait désormais permettre d’atteindre l’idéal cher à des générations de philosophes depuis l’Antiquité, celui de l’accès pour tous et sans entrave à la somme des connaissances humaines : la bibliothèque universelle ! L’encyclopédie en ligne Wikipédia, collaborative, multilingue, librement diffusable, en est sans nul doute une étape majeure.
Que dire de plus ?
L’échange symétrique et équivalent sur Internet, pilier fondateur d’une démocratie 2.0
On passe du modèle de la diffusion unidirectionnelle, privilège d’une élite intellectuelle, d’une aristocratie savante, de diffuseurs monopolisateurs s’adressant aux masses passives, comme par exemple le cours magistral de philo avec un prof omnipotent et omniscient qui s’adresse à des élèves réceptifs (?) et scribouillards, au modèle du ’pair-à-pair’, à un système d’échanges équivalents bi-directionnels, où tout un chacun participe, en apportant ses expériences et connaissances, selon ses compétences.
Nota bene : le document a été co-rédigé en temps réel grâce à un éditeur de texte collaboratif, et est, de surcroit sous licence creative common. Un bon exemple pour illustrer ce propos
.
L’infrastructure des réseaux décentralisés est un moyen efficace de passer outre la censure des régimes totalitaires.
Les exemples récents de la Chine et de l’Iran nous le montrent bien
.
« Les intellectuels sont portés au totalitarisme bien plus que les gens ordinaires. » George Orwell.
Hmm … A méditer
De la nécessité de garantir des principes généraux et des droits individuels dans une société hyper-communicante
L’individu comme la collectivité gagnent beaucoup en liberté dans le partage quasi-illimité des opinions et des données, mais cette liberté se heurte à de puissants intérêts particuliers, ainsi qu’à des droits individuels tout aussi fondamentaux. Notre société se doit donc de garantir par la loi les principes qui sous-tendent cette liberté, ainsi que lui imposer des limites raisonnées.
En vrac : respect de la vie privée, neutralité du réseau, droit à l’anonymat, droit à l’oubli, adaptation du droit d’auteur …
Conclusion
Grâce aux réseaux numériques, l’échange généralisé devient constitutif de nos vies quotidiennes, sentimentales, intellectuelles, professionnelles et citoyennes.
S’y opposer serait tourner le dos aux innombrables nobles gains pour l’individu, la collectivité, l’humanité !
(…)
Victor Hugo, écrivain et libre-penseur emblématique de la société des échanges mondialisés du XIXe siècle, nous éclairait de la maxime suivante :
« On résiste à l’invasion des armées ; on ne résiste pas à l’invasion des idées. »
Puisque certains se permettent de rendre leur copie alors qu’on ne leur a rien demandé, moi, je me permet de noter cette copie (ça tombe bien, il parait que les correcteurs ont besoin de renforts… ). Allez, je vous mets un joli petit 17/20
.
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Crédit photo : b.franchina
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