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je ne suis ni un hacker, ni un pirate, ni un cyberpunk!

2009 août 6

HackersJe viens de tomber Hier je suis tombé sur un article du Nouvel Obs « Hackers, pirates, cyberpunks : la résistance du web » qui me laisse bien perplexe. Beril Baklan, l’auteur de cet article, tente de décrire et expliquer la cyberculture sur internet dans ses différentes dimensions : hackers, pirates, cyberpunks…

Non pas que cet article soit mauvais sur le fond (on y trouve certaines informations intéressantes et pertinentes), mais je le trouve truffé de préjugés et clichés en tout genre. Voire un peu has-been.

Mais qui sont les acteurs majeurs du web ?

Ca commence déjà bien mal dès l’introduction :

Quand on dit grand acteur du web, on pense à Google, Microsoft, Apple, ces grandes multinationales qui façonnent presque à elles seules tout l’espace numérique. Mais c’est sans compter sur une autre partie, plus sous-terraine, mais bien réelle : les hackers, pirates et cyberpunks.

Autant dire que l’auteur a une vision déjà bien spécifique du web… Personnellement, quand je pense « grand acteurs du web » je pense à Google, certes, mais aussi Twitter, Facebook, et FriendFeed.

Détail ? Peut être pas.

Google, Microsoft et Apple sont les stéréotypes des grandes success story de l’informatique.

De leur côté, Twitter, Facebook et FriendFeed sont des startups encore bien frêles mais également très importantes, non pas en termes de puissance économique, mais en termes d’impact social, médiatique, (bientôt politique ?).

Pourquoi ? Parce que ce sont des sites qui remettent l’internaute au centre du jeu.  Par exemple, Twitter est un hautparleur pour quiconque sait s’en servir correctement, FriendFeed est un formidable forum et catalyseur d’information. Sans parler bien sur des blogs derrière tout ça, mais peut-on parler « d’acteurs majeurs » ?

Bref pour faire simple : les acteurs majeurs du web sont bien entendu Google, Apple (web mobile) et Microsoft mais aussi ces jeunes startups, ces médias sociaux et surtout tous les internautes qui les animent (d’ailleurs, la valeur de ces sociétés repose sur eux ;-) ).

Hackers, Cyberpunks, pirates … oui et alors ?

L’autre point qui m’a frappé dans cet article (et qui s’inscrit dans la continuité du premier) est que l’auteur se perd dans des définitions un peu techniques des termes hacker, cyberpunk, pirate.

Et moi dans tout ça ? Je ne suis pas un bidouilleur hacker (tout juste un peu plus  débrouillard que la moyenne), je ne suis pas un personnage imaginaire (cyberpunk), encore moins anarchiste, à la limite peut être un peu pirate sur les bords, mais c’est tout. En fait je suis un mec presque normal, juste un citoyen un peu atteint d’infobésité (mais je me soigne ;-) ).

Et pourtant je suis là : je veille, je blogue, je discute, je partage, je taggue… et s’il le faut, je m’active et mobilise. Et je ne suis pas le seul ! Je crois que de plus en plus de gens prennent conscience que les médias traditionnels ne leurs disent pas tout, et qu’internet est un média bien plus riche et puissant. Mais ils prennent aussi conscience que l’internet tel que nous le connaissons aujourd’hui est en danger à cause de l’incompétence de certaines personnes qui veulent faire entrer internet dans leurs règles. Et à partir du moment où ils ont compris tout ça, ils font ce qu’ils peuvent pour faire bouger les choses (et le tout très légalement).

Bien sûr, ces actions sont beaucoup moins spectaculaire que ce que peuvent faire des hackers puisqu’il s’agit en fait d’une somme de petites actions, qui n’en forment pas moins une tendance de fond. Et qui ne s’arrêtera pas.

Mais bien sûr, c’est beaucoup plus fun de s’intéresser aux « hackers » … alors que des gens comme moi n’avons  même pas de nom pour nous décrire… (des idées ?)

Conclusion

Ce billet n’a pas pour objet de démentir la puissance de certains groupes de hackers, ni le mouvement « pirate » qui croît en Europe. Ce sont des faits bien réels. Mais de mon point de vue, l’article du NouvelObs se focalise sur des mouvements qui restent malgré tout marginaux, alors que de plus en plus de gens « normaux » agissent aussi à leur manière, et font une  autre forme de « cyber-résistance », que l’auteur n’a pas vu semble-t-il.

Pour finir, je trouve dommage que des médias traditionnels occultent ces faits. Ce genre de discours entretient le cliché selon lequel internet est une affaire de spécialistes, un truc de hackers et tout ça (ou autrement dit : « pauvres malheureux, n’y touchez surtout pas, vous n’y connaissez rien! »). Parce que justement, les twitter, facebook et compagnie, eux,  montrent l’inverse :)

Votre avis ?

Crédit photo : José Goulão

PS : Merci au NouvelObs pour le rafraichissement automatique des pages toutes les 5 minutes, ça fait toujours plaisir au lecteur…

- – -

A lire ailleurs :

Internet & le numérique : On arrête de jouer ! – Jean-Michel Planche

La génération Y en assez des « Pourquoi? »Enikao sur Owni.fr

Pourquoi Owni? – BoinBlog

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7 Responses leave one →
  1. août 6, 2009

    Hello :-)

    Comme je le signalais tout à l’heure sur FriendFeed, j’ai posté un commentaire sur cet article au Nouvel Obs’ leur demandant instamment de corriger dans leur article ce qui selon moi est une grosse aberration linguistique (pas de chance pour eux, avec le web, les langues sont AUSSI mon domaine d’expertise :P ) et sur laquelle semble se baser l’essentiel de leur article.

    En effet ils prétendent que « Hacker » viendrait d’un terme qui jusque là m’était inconnu (puisque ajouté au Larousse cette année seulement et je me demande bien pourquoi) à savoir « to hack into… » = « entrer par effraction… »

    Les bras m’en tombent ! « Hacker » à l’origine signifie « Bidouiller », et ce depuis bien avant que l’informatique ne devienne informatique. Ce n’est que beaucoup plus tard que ce terme a été utilisé ABUSIVEMENT (les abus de langage comme on dit, comme « frigidaire » au lieu de « réfrigérateur ») pour désigner des gens qui, à l’aide de « bidouillages » justement, parviennent à entrer par effraction sur les systèmes informatiques.

    Rendons à César ce qui lui appartient tout de même !

    J’ajoutais dans mon commentaire que je trouvais pour le moins honteux, pour des journalistes chevronnés, de tomber aussi facilement dans le panneau des manipulations linguistiques (auxquelles ils sont supposés être mieux formés que moi) et je leur ai même gentiment demandé le nom de leur dictionnaire Anglais-français afin d’être sûr de ne jamais m’y fier à l’avenir.

    Je vous la refait ici parce qu’honnêtement, je doute que la modération du Nouvel Obs ne valide mon commentaire (je me trompe peut être ceci dit, ce serait la bonne surprise du jour)

    Voila :-)

  2. août 6, 2009

    Bonne surprise, votre commentaire est publie. Et le Nouvel Obs’ se justifie meme. Lecon du jour: eviter le Larousse 2009.

    Et je suis le maitre de ces lieux sur un point qui me semble capital: parmi les acteurs incoutournables figurent dorenavant tout ces sites (Twitter, Friendfeed) dont la valeur ajoutee est apportee par les utilisateurs eux-meme. Google faconne certes l’univers du web, mais aussi tout ces sites que le Googlebot indexe.
    Et je rajouterais aussi les blogs, pas tous certes, mais certains sont devenus des acteurs majeurs. La plupart sont dans des niches, tel ReadWriteWeb, mais ausssi Maitre Eolas, mais sont devenus important en terme d’impact mediatique et politique, et de valeur du contenu.
    L’article, comme souvent dans les journaux generalistes, se contente d’une vision globale superficielle et manicheenne.

    Sinon, mes felicitations a l’auteur. J’ai decouvert ce blog il y a quelques jours, via Twitter, et j’y ai trouve des articles passionants et enrichissants.

  3. août 6, 2009

    @Loiseau2nuit : Merci de nous faire profiter de ta connaissance de la langue de Shakespeare ;-)

    @fransk26 : Comparer RWW et Google, il y a quand même un monde.
    Les blogs n’ont d’impact qu’auprès de ceux qui les lisent… De plus RWW ne fait que décrire ce qui se passe sur internet (en gros), tandis que Google & twitter arrivent à eux seuls à modifier internet pour le faire évoluer en leur faveur… (ce qui n’enlève en rien la valeur de ce blog!)

    A part ça sinon je crois effectivement que l’auteur ne sait pas trop de quoi il parle… C’est bien beau de faire des recherches et tout, mais quand on est pas dedans, ça se voit tout de suite !

    Merci pour les encouragements, je vais donc faire en sorte de continuer sur cette lancée :)

  4. Marc permalink
    août 7, 2009

    @Stan : On compte sur toi pour continuer ;)

    @l’oiseau : Merci effectivement pour ces lumières. Quel est ton dictionnaire pour que je m’y fie? J’utilise depuis qques années WordReference qui est un super outil qui ne m’a jamais laissé tombé.

    Je pense que ce que voulais dire franck, ce n’est pas tellement que les blogs redessinent le web, mais plutôt qu’ils permettent aux publics avertis de trouver de l’information utile comme il le dit par la suite. Si je ne me trompe?

  5. août 7, 2009

    @Marc : Oui, les blogs sont un vecteur énorme d’informations, mais de là à les qualifier d’acteurs majeurs, j’hésite.
    En fait ca dépend de ce qu’on entend pas « acteur majeur » et aussi de si l’on prend les blogs collectivement ou individuellement.
    Je veux dire par là qu’un blog tout seul ne représente presque rien, par contre la masse des blogs, elle, représente un phénomène non-négligeable.

    Le problème est que non seulement l’auteur ne définit pas ce qu’il entend par « acteur majeur », mais il semble également ignorer ces phénomène que l’on observe avec les blogs ou sur twitter.

  6. août 7, 2009

    @Marc mon dico ? J’en utilise plusieurs en fait. Essentielement des dicos papiers (j’utilise vite fait Reverso.net quand j’ai un doute sur un mot mais ca reste assez rare)

    En revanche, une chose qui est claire, c’est que sur la signification des mots, afin de saisir toute la notion culturelle qui réside dans une définition, il est nettement préférable d’utiliser des dictionnaires mono-langues selon moi.
    En « full english », le Collin’s ou le Cambridge Dictionnary notamment sont assez intéressants. (ils existent même en ligne je crois)

    Si toutefois vous aviez tout de même besoin d’un dico « Anglais-Français », la collection HARRAP’S est pas mal. (existe en ligne également, avec en plus des déclinaisons thématiques : Harrap’s Business, …)

    @Stan de rien. En même temps j’ai peu de mérite, j’ai juste eu les bons profs (anglo d’origine) à la fac ;-)

  7. août 7, 2009

    @Marc

    Effectivement, vous avez bien interprete mon propos (peu clair je l’avoue).

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