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Mauvais citoyen ?

2010 mars 22

Je suis un mauvais citoyen : je n’ai pas voté hier. Même pas le moindre bulletin blanc dans l’urne? Non.

J’ai pourtant longtemps été de ceux qui pensent que voter est un acte citoyen, que c’est une chance que nous avons, que c’est respecter ceux qui se sont battus pour ce droit etc etc. C’est vrai : il y a plein de bonnes raisons d’aller voter.

Mais il y en a aussi d’autres tout aussi légitimes de ne pas aller voter. Zoupic a recensé quelques unes des ces bonnes raisons. Je le rejoins à 100% dans ses explications et vous encourage à aller les lire.

Le leurre de la troisième voie

Jusqu’à présent je maintenais l’espoir que quelques partis avaient toujours pour ambition de sortir du système classique de clivage politique en proposant une « troisième voie ».

Ainsi, je m’apprêtais à voter Europe Ecologie. Ce parti représente une nouvelle démarche politique centrée sur des idées plutot qu’un positionnement politique obsolète. J’avais beaucoup d’espoir quand je voyais des personnalités comme Sandrine Belier. On ne peut douter qu’il y a des personnalités politiques qui ont compris un certain nombre de vrais problèmes auxquels notre société fait face, au delà des enjeux de surface.

Bref, Europe Ecologie représentait pour moi la seule alternative politique que je plussoyais auparavant avec la démarche centriste du modem.

Malheureusement, les dirigeants EE de ma région ont choisi, tout comme le modem à sa manière, de rentrer dans le moule mou d’une stratégie d’alliance avec la gauche. Mal leur en a pris, ils ont par cette décision montré qu’ils n’étaient pas si différents des autres partis : prêts à n’importe quoi pour gagner leur siège coussiné d’élu quitte à trahir quelque peu leurs convictions. Même s’ils disent le contraire. Non franchement cette décision ne m’a pas seulement déçu, elle m’a dégouté. Encore une fois, on voit ici les limites du système politique : l’obligation de créer des alliances incohérentes pour « gagner une élection ».

Bref, je ne vais pas rentrer ici dans la critique de notre « démocratie ». Il y aurait bien trop long à dire et ce n’est pas l’objet de mon billet.

Quelle liberté d’expression ?

J’ajouterais simplement que si voter est certes un moyen d’expression, il reste un des plus faibles et des plus anecdotiques. Qu’est-ce qu’un droit de vote lorsque je peux écrire un article par jour sur mon blog ? Lorsque j’ai carte blanche pour exposer mes idées, échanger, débattre ? N’est-ce pas là une autre forme d’expression autrement plus démocratique que de mettre un simple nom dans une urne ?

Le vote, c’est peanuts quand on considère le champ des possibles qu’il reste à explorer grâce à internet.

La grosse blague du vote contestataire

Alors bien sur, il reste l’argument du « si tu ne votes pas, le FN va monter ». Oui peut être, mais l’effet contestataire du vote devient alors absolument nul puisque les autres partis ne s’empêcheront pas d’interpréter ce vote comme un signe de confiance envers eux.

Le vrai « vote sanction » c’est l’abstention. L’abstention massive est notre seul espoir de botter les fesses de nos dirigeants. Le seul espoir de mettre le doigt dans l’engrenage de la contestation du système, pas seulement des symptômes de son échec.

A la recherche d’alternatives

Avec ces élections j’ai l’impression d’avoir franchi un point de non retour dans ma défiance des politiques. Ma décision n’est pas anecdotique ou réactionnaire. Elle est le fruit d’un long cheminement donc la conclusion est sans appel : la politique aujourd’hui ne nous mênera nulle part si l’on ne sort pas auparavant d’un système où seule la démagogie et les calculs politiques sont gagnants.

Puisque manifestement aucun parti n’a l’ambition de mener ce combat, prenons acte de ce constat, et cherchons à agir différemment. En politique, ce n’est pas toujours la direction qui est mauvaise, mais le véhicule.

– — –

A lire ailleurs : Civisme 2.0 : ne pas voter – Le peuple des connecteurs

Et sur ce blog : Petit manifeste du jourdanisme

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On s'en fout des roms !
Le vote blanc, dernier espoir de la démocratie post-2012
4 Responses leave one →
  1. mars 22, 2010

    Ah ça y est c’est sorti, ça va mieux :)

  2. mars 22, 2010

    J’ai déjà lu que le seul vote sanction était l’abstention. Tu y crois vraiment ? Parce que ça n’est utile que si ils le prenaient en compte et sérieusement, ils s’en foutent un peu. Ce que redoute un politique, c’est de perdre des pourcentages de voix, pas des voix, donc si l’abstention n’a pas d’impact trop fort sur le vote, cela ne sert à rien. Non ?

    Je dis ça, mais je n’ai pas voté non plus.

  3. mars 22, 2010

    C’est vrai que les médias en ont peu parlé par rapport au tournant qu’a pris la tendance abstentionniste lors de ces dernières élections. 50% quand même, merde !

    Y’a que libé qui s’y colle à ce que j’ai vu : http://www.liberation.fr/politiques/0101625716-comment-peser-sur-le-bulletin-tu-t-assieds-dessus

    Et si on attend que le vote blanc soit enfin pris en compte (avec un système de quorum par exemple) avant de tenter cette stratégie, on peut attendre longtemps ! ;-)

    Ils ne pourront pas nous ignorer éternellement quand on sera 60, 70 voire 80% à ne pas voter … :)

  4. novembre 24, 2010

    Si l’usine à gaz a besoin d’Un Maître-Plombier, pas nous!

    La présidence française a, selon ses propres dires, « tenu bon », demeurant immobile face à la contingence sociale. Ne sont authentiquement français, en effet, que les patrons et actionnaires. Quels que soient leur âge, leur sexe, leur couleur de peau et leur appartenance nationale et religieuse, ceux-ci sont tous, en effet, de valeureux et prodigieux guerriers. Le mot guerre est le moyen de donner à l’imbécillité, du génie. Quant au reste résiduel comme en 68, un 68 élargi, il n’a plus qu’à dire: nous sommes tous des Africains, mis à la porte de l’histoire! Le réalisme a sa propre poésie trouvée, sur une voie de garage, dans le panier de la ménagère. Mais comment le Luxembourg, même dans un siècle, accueillerait-il, en son sein paradisiaque, toute la misère capitaliste, comme le souhaitent les bonnes âmes? Ce nivellement avoué, bien entendu, nous nous en réjouissons, l’envisageant comme un acte révolutionnaire, car il pose, en son coeur, l’existence d’une classe sociale que l’idiome standard, de la puce frénétique aux bits sophistiqués, nie sur tous les tons. Cette classe invisible a d’ailleurs un nom tabou: le prolétariat! Aux attributs faibles et bas, naturellement. Et pas seulement en termes de revenus et de salaires, surenchérit la bonne âme européenne, qui n’en loupe jamais une, pour se faire valoir, à moindres frais. Ni tripes, ni boyaux, c’est là sa gloire. La présidence, à l’inverse, unie de tout coeur à la masse, a le sentiment de rejoindre, à sa façon, la foule des mécontents. Ce n’est pas son seul tour de magie. On la voit rallonger la vie et les jours, donner un cadre d’action à la délinquance et même sauver, en esprit, le monde, du naufrage.

    L’opposition standard, qui a donné son aval à la chose, il y a trente ans, cherche maintenant, en amont, comment c’est dieu possible, une machination pareille. Forcément, nous ne pouvons qu’endosser le rôle de médecin-légiste et examiner le mouvement pendant au nez et à la barbe, mais pas à la manière des embaumeurs de vieille-Egypte qui tirait le cerveau de pharaon, facteur de vérité, par le nez et les narines. Si la momie présidentielle, portant, placardée sur le front, sa nationale constitution, animée par un souffle mondial ou plutôt irriguée par la mondialisation financière, réitère sa volonté d’aller de l’avant, plus vite, plus fort, en surmontant ses erreurs, l’erreur majeure, étant, dans les replis de son esprit malin, de manifester et de faire grève contre l’escroquerie aux retraites, c’est qu’elle a sa propre niche, une niche énorme: l’état des classes capitalistes et sa ribambelle d’agents pondus dans toutes les couches et classes sociales. Grosse effusion fiscale. Tous espèrent qu’après ça, ce travail en blanc, médiatique, qui, comme ils le prétendent, avec une effronterie nonpareille, enrichit l’avenir, leur monde, de tricolore et folklorique qu’il était, se transformera, comme au premier 14 juillet, en explosion de joie réellement populaire. Une fumisterie qui s’est entichée de réformisme. Son programme: ne pas faire fuir les capitaux. Ouvrir les robinets du crédit. Séduire les investisseurs. Le réalisme présidentiel, debout dans son bain, gratte, gratte sa haute idée de la politique. Et, en 2012, il faudrait bazarder ce poupon, mais pas son eau miraculeuse. Le parti contre la paralysie sociale en a bu, promis, juré, craché, ça marche!

    Âme de boue, cadavre galvanisé, sauve-toi, toi-même!

    Nous n’avons pas besoin de président!
    Ni de partis de gouvernement!

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