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Il ne faut pas rembourser la dette publique

2011 août 30
bailout-debt

Je viens d’écrire un article sur la crise de la dette pour OWNI. L’article est intitulé “La dette expliquée aux nuls”, mais ce n’est pas le titre que j’aurais préféré, mon objectif étant clairement de poser la question de la légitimité du remboursement de la dette publique. Je vous invite à aller lire l’article sur OWNI, mais j’aimerais profiter de cet article pour glisser quelques remarques et explications complémentaires.

Il faut réformer les statuts de la banque centrale

Je reviens dans l’article sur ce que j’ai déjà expliqué sur ce blog à plusieurs reprises, à savoir tout d’abord l’importance de revenir sur la loi de 1973 et les traités européens qui interdisent à la BCE de financer les dépenses publiques des états de l’eurozone. De cette manière les états pourraient se donner de l’air en empruntant à taux zéro à la banque centrale et en laissant un peu couler l’inflation de manière à « monétiser » la dette.

Il est tout à fait possible de parvenir à une réforme des traités européens allant dans ce sens… à condition bien sûr de le demander ! (Combien de prétendants à la présidentielle le font ?)

La France dispose d’un poids dans l’Union Européenne. En tapant du poing sur la table, il y a une chance que nous soyons écoutés. Les allemands, traumatisés par Weimar (qui, ne l’oublions pas, est une période marquée par l’occupation française de la Rhur et des grèves générales) ne seront pas facile à bouger. Mais s’ils sont seuls face au reste de l’Europe, ce sera à eux de partir. Ce qu’ils n’ont d’ailleurs pas forcément intérêt à faire, vu qu’ils se retrouveront avec un Mark réévalué qui nuirait à leurs exportations. Ils devront donc faire des concessions s’ils veulent rester dans l’euro.

De plus, la BCE est déjà aujourd’hui en train de trahir l’esprit des traités européens en achetant sur le marché secondaires des bonds italiens, espagnols, irlandais et grecs. La brèche est ouverte !

Le “problème” de l’inflation

On ne manquera pas de me reprocher que cette solution est inflationniste. Et je ne le nie pas (quoique), même s’il faut nuancer cette crainte. Tout d’abord, il faut bien avoir conscience que les plans d’austérité généralisés nous emmènent vers un assèchement du crédit et de la demande, résultant en une spirale déflationniste tout aussi mauvaise que l’inflation. Ensuite, il faut rappeler que les banques ont créé de la monnaie à hauteur d’environ 8% par an depuis la création de l’euro sans que cela ait créé trop d’inflation (des bulles immobilières, en revanche…). Ne soyons donc pas totalement dogmatique sur le sujet monétaire : la création monétaire n’est inflationniste que si elle ne crée pas de nouvelles richesses (est-ce le cas du crédit à la consommation ?).

J’aimerais aussi attirer votre attention sur la dynamique qu’implique de redonner aux dirigeants le contrôle de la création monétaire. Prenons le cas de la Grèce et imaginons que le gouvernement grec – notoirement corrompu – ait pu faire tourner la planche à billet pendant ces dix dernières années. C’est indéniable : l’inflation aurait certainement explosé compte tenu de la mauvaise gestion de ce pays, et c’est alors qu’un certain nombre de gens vont vous dire : « c’est atroce, le gouvernement spolie les grecs ! ». Oui, mais on peut aussi imaginer que justement, parce que les effets de la mauvaise gestion du pays deviennent directement palpable pour les citoyens (et de surcroît, là où ça fait mal : le portefeuille), ceux-ci se rebelleront plutôt que de subir en silence (et donc cautionner) l’irresponsabilité des politiciens qui ont endetté à outrance le pays. Car il faut bien comprendre ceci : tant que tout le monde est payé à la fin du mois, il n’y a aucune chance que les gens se plaignent vraiment de la mauvaise gestion de leurs dirigeants.

Ce que je veux dire par là, c’est que la dette est un moyen très confortable pour les politiciens de « cacher » le problème. Cela leur permet de reporter le problème à plus tard, après les prochaines élections, par exemple… Au contraire de l’inflation qui rend visible immédiatement les effets d’une mauvaise gestion des dépenses publiques. Cela rendrait donc autrement plus responsable les politiciens qui ne peuvent plus rejeter la faute de la dette sur leurs prédécesseurs.

Demandez-vous aussi : à qui l’inflation fait-elle le plus mal ? Est-ce aux riches dont les placements financiers sont rabotés, ou bien les salariés ou allocataires dont les revenus sont indexés sur l’inflation ? L’inflation est l’équivalent d’une flat tax (une taxe proportionnelle à l’ensemble des revenus), sauf que personne ne peut y échapper. De sorte qu’au moins, la justice sociale est à peu près conservée.

Je voudrais également signaler que le recours à la création monétaire devrait être rigoureusement contrôlé et transparent. Et que le meilleur moyen pour que les règles soient le plus juste, c’est la mise en place d’un dividende universel (qui consiste à distribuer directement aux citoyens la monnaie créée). De la sorte, personne ne profite plus que l’autre de la création monétaire, et il n’y a pas de risque de dérive des politiciens.

Les réformes sont inévitables

J’explique aussi, en m’appuyant sur les travaux de André-Jacques Holbecq, que les déficits publics sont quasi exclusivement constitués du paiement des intérêts de la dette, c’est à dire le paiement des intérêts aux investisseurs. Les déficits primaires (sans paiement des intérêts) ne sont pas si déficitaires que cela. Autrement dit, il faut relativiser le cliché selon lequel « l’État vit au dessus de ses moyens ».

Cela dit, soyons aussi clairvoyants : l’État dépense plus de 600 milliards d’euros par an et n’est même pas capable d’anéantir la pauvreté dans ce pays (je ne parle même pas de l’exclusion sociale ou du chômage…). C’est purement et simplement un scandale.

On n’y échappera pas : ce pays a besoin de réformes en profondeur dans la manière dont l’argent et récolté et dépensé. Ce n’est pas un modèle social que nous avons, c’est une usine à gaz qui fabrique de la jalousie en graissant la patte de quelques uns au détriment de tous. Et ce n’est donc pas pour rien que je prône l’instauration d’un revenu minimum garanti, qui permettrait d’améliorer l’efficience des dépenses publiques en simplifiant l’administration et le système fiscal tout en assurant la dignité financière de tous les citoyens. J’avais d’ailleurs fait un dossier sur ce sujet (toujours pour OWNI) et je vous invite à consulter les multiples articles que j’ai écrit à ce sujet ici-même

Il faut casser la spirale de la dette

Comme je l’explique dans l’article, « réduire les déficits revient donc essentiellement à payer les détenteurs de bons du trésor » (c’est à dire les banques, assurances, investisseurs étrangers et des petits porteurs). De sorte que taxer les riches (ou la finance), ne revient au final qu’à prendre d’une main ce qu’on leur rend de l’autre. Pensez-y quand vous entendez un politicien prétendre vouloir faire payer les riches et les banquiers…

La gauche (et notamment le PS) est totalement hypocrite sur ce sujet. François Hollande par exemple, est le premier défenseur du système monétaire (de même que DSK, forcément). Ces gens-là ont été formatés sur les banc de l’ENA et de Science Po par des théories monétaristes dont on voit bien les limites aujourd’hui.

Mais qu’importe, ils arrivent à justifier le fait que la BCE prête aux banques privées des sommes monstrueuses aux taux les plus bas du marché alors qu’ils refusent dans le même temps que la même chose puisse être accordée aux états. Et après, ces mêmes gens vous disent qu’il faut « armer les états face aux marchés et à la spéculation » !! On ne nous prendrait pas pour des cons par hasard ?

Lorsqu’un pays comme la Grèce en vient à se mettre à poil devant les marchés et ses partenaires européens, à devoir privatiser en urgence son patrimoine, faire reculer les droits fondamentaux de ses citoyens, c’est qu’il y a déjà un sérieux problème de souveraineté. Mais pire, lorsque tout ceci est défendu, approuvé, et encouragé par des prétendus « républicains », c’est que la Démocratie est très gravement malade…

Ces gens sont tellement abreuvés de dogmatisme qu’ils en ont oublié le bon sens. Oubliez-les !

Il faut restructurer la dette publique

J’en viens à un paradoxe que j’évoque dans l’article sur OWNI et qu’il me semble essentiel d’élucider :

Soit la dette est vraiment « sans risque », auquel cas le paiement d’une prime de risque est illégitime. Ou la dette souveraine serait « risquée », alors il est logique que des investisseurs essuient éventuellement des pertes.

Les marchés ne peuvent pas avoir le beurre et l’argent du beurre, en l’occurrence des rentes confortables et sans risque. En d’autres termes, que l’on fasse tout pour équilibrer les comptes publics, moi je veux bien, mais les investisseurs doivent aussi participer à l’effort de guerre, en renonçant à une partie de leurs rendements (je ne parle pas du capital). Et ce n’est pas juste une « bonne idée » que je balance ici : c’est le préalable nécessaire à toute réforme de ce pays car il s’agit d’une question de justice sociale.

On le voit bien : les réformes et plans d’austérité ne mènent aujourd’hui à rien d’autre que l’accroissement du chômage et de la misère. La précipitation ne fait qu’exacerber les ressentiments entre les peuples et entre les citoyens : nous sommes en train de nous jeter dans la gueule du loup du fascisme.

Je ne dis pas qu’il suffit de restructurer la dette et pouf, tout va bien se passer. Nous allons tous payer à un moment donné, mais le fardeau doit être équitablement supporté, grâce à des réformes viables et consensuelles. Et pour cela, gouvernements et citoyens ont besoin de marges de manœuvre face aux intérêts de l’oligarchie.

Donnons un peu d’air à la Démocratie, et ça ira déjà beaucoup mieux.


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Lire aussi la note de Patrick Arthus pour Natixis : « Haircut » sur les dettes souveraines de la zone euro : est-ce une bonne idée ? (pdf)

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Les vraies raisons de la crise
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24 Responses leave one →
  1. août 30, 2011

    Comment tu fais pour me faire comprendre des trucs aussi abscons ?
    Bravo encore pour cet article !

  2. août 30, 2011

    Merci Merome :)

    Je pense que le fait de discuter beaucoup de ces sujets que ce soit sur internet mais aussi (surtout?) dans la vraie vie avec des gens totalement néophytes, ça m’aide a vulgariser le discours .

  3. août 30, 2011

    Attention à ne pas confondre les différences de maturité.
    L’état peut très bien obtenir des taux de refi très faible à la semaine ou à l’année.
    Le problème est le refi de la dette à longue échéance. Une banque centrale n’est pas le bon outil pour cela.

  4. Pepito permalink
    août 31, 2011

    Salut Stan
    Pas mal, pas mal ;)
    Allez hop une bonne inflation et leurs gros tas fondra très très vite.

    Et pour la dérive dans la gueule du fascisme… j’ai peur que ça soit tout même bien parti… mais bon gardons espoir et votons pour l’allocation universelle. Bon faudra qu’on cause du montant tout de même parce que ta dignité à 150€ tu peux te la garder.

  5. yann permalink
    août 31, 2011

    bonjour,
    j’ai decouvert tres recemment ton blog, et j’avoue que je suis tres neophyte sur ces sujets.
    Je m’apercois que toutes ces idées ne sont pas neuves. Mais une question concrète; comment challenger nos candidats à 2012 sur ces idées? Je m’étonne que ces concepts n’apparaissent jamais dans leurs discours (revenu social, loi de 1974, dividende universel…). MArtine Aubry continue toujours à nous « bassiner » avec sa croissance.

    Cordialement

  6. septembre 2, 2011

    @yann : c’est un peu la question que tout le monde se pose…

    Personnellement je pense qu’il n’y a plus grand chose à attendre des politiques. Vu comme c’est parti, nous allons de toute évidence dans la mauvaise direction, et même si certaines ouvertures idéologiques semblent se dessiner chez certains (EELV, Villepin), je vois mal ces gens réussir à surmonter les querelles de clocher internes à leurs organisations et surpasser l’imbécilité des français lorsqu’il s’agit de voter. AU mieux, nous aurons un coup à la Bayrou, un bon premier tour mais insuffisant pour être au second tour, donnant lieu à un pseudo « duel » UMP-PS, voir PS-FN. Miam, que ça donne envie.

    Bref, je ne crois pas au Zorro qui serait élu et nous sauverait du traquenard. C’est nous les zorros, c’est à nous de réclamer ce que nous voulons sans rien transiger. Et pour cela, nous devons court-circuiter le système électoral de manière à renverser le rapport de force entre les citoyens, les candidats, et le gouvernement.

    J’avais fait un article qui présente une piste de stratégie : http://www.tetedequenelle.fr/2011/05/vote-blanc-massif-elections-2012/

  7. septembre 3, 2011

    pour votre information vu la taille des marchés obligataires cela conduirait à l’hyperinflation, ce qui détruirait la classe moyenne en moins d’un an et entraînerait des troubles politiques et la montée très rapide des fascismes. les pays arabes et Israël sont confrontés à des troubles politiques en raison de l’inflation des prix de base et non en raison des régimes en place.

    Il faut restructurer la dette publique

    -> sous weimar les premiers à en pâtir (ou a en mourir) ont été les vieux, qui ne pouvaient plus travailler pour manger (combien de vieux en France?). dans une société vieillissante, le choix qui sera fait sera celui du Japon pour au moins quelques années. si ça part sur un scénario inflationniste, ce sera très vite la guerre civile.

    Les marchés ne peuvent pas avoir le beurre et l’argent du beurre

    -> les marchés c’est VOUS ! les banques gèrent votre épargne sous forme de livrets A et d’assurances vies !!! allez voir ce qu’il y a dans votre petite épargne avant de crier au complot des marchés. c est grotesque ces raccourcis, toujours l’ennemi invisible, le vilain marché face aux bons politiques qui ont fait des promesses qu’ils ne peuvent pas tenir.

  8. septembre 4, 2011

    @dan_y44 Pour votre information, si vous aviez lu l’article vous auriez vu que je répond déjà à plusieurs de vos objections. A savoir :
    - il faut nuancer le risque d’une hyperinflation. Voir par exemple cet article.
    - si la monétisation de la dette se fait en contrepartie d’un revenu universel, alors l’effet de l’inflation sur les classes pauvres et moyennes est limité. L’inflation affectera alors principalement les plus riches. Le revenu universel permet aussi de protéger la population plus âgée (puisque le revenu universel se substitue au moins partiellement aux pensions de retraite)
    - Aujourd’hui nous avons le choix entre accepter une inflation salvatrice du point de vue des comptes publiques ou bien de plonger dans une spirale déflationniste / récessionniste. A choisir, je préfère un peu d’inflation.
    - Vous avez raison, les « marchés » c’est un peu tout le monde, je ne dis pas le contraire. Mais enfin, c’est quand même un peu plus les riches, les zinzins, les banques etc non ? Ceci dit oui, les petits épargnants (comme moi) vont -aussi- subir des pertes. Et alors ? Si ce n’est pas l’épargne qui va fondre, ce sera le revenu (chômage, stagnation des salaires, baisse des allocations, hausse des taxes). Faut pas rêver, vu comme les choses se présentent on va de toute façon bien morfler. Reste à savoir quelle est la manière la plus intelligente et la plus juste de faire en sorte que tout le monde paie un peu sans sacrifier une partie de la population seulement. Et pour cela l’inflation est assez intéressante car personne ne peut la « frauder »… !

    Et comme je le dis souvent, nous sommes tous un peu coupable de cette situation. Les marchés, les politiciens verreux, les riches qui leur graissent la patte, mais aussi nous autres petits citoyens qui continuons d’élire depuis 30 ans des gens incapables de résoudre les problèmes du pays… On va pas s’en sortir si on commence à faire la chasse aux sorcières.

  9. septembre 4, 2011

    « il faut nuancer le risque d’une hyperinflation »

    je vous propose d’en reparler l’an prochain si la dernière relance d’Obama conduit à une nouvelle crise pétrolière/alimentaire et monétaire. Vous verrez alors que la transmission de l’inflation aux salaires ne s’opère pas dans le cadre d’une économie ouverte où les salariés occidentaux sont en concurrence avec 10 fois plus pauvres qu’eux. Les salariés seront alors appauvris et leur consommation chutera une nouvelle fois, provoquant une nouvelle récession mondiale (voire dépression). Ce fut la leçon de 2008.

    « Aujourd’hui nous avons le choix entre accepter une inflation salvatrice du point de vue des comptes publiques ou bien de plonger dans une spirale déflationniste / récessionniste »

    Les Japonais avaient ce choix, vu qu’ils se financent en interne, mais nous, je ne crois pas non a moins de vouloir se fâcher avec les prêteurs du monde entier. Le choix qui sera fait sera celui des « rentiers », jusqu’à ce que la situation soit intenable (comme en Grèce). D’ailleurs d’un point de vue moral, est il acceptable de dire : on ne rembourse pas ? Les épargnants doivent ils être spoliés ? Ne croyez vous pas que ce sont eux qui tiennent encore le système debout, face à ceux qui ont spéculé et se sont endettés sans limite? De plus, vous ignorez que l’inflation ne signifie pas toujours moins de chômage (stagflation et dépression inflationnistes en sont des exemples, et les exemples historiques ne manquent pas).

  10. septembre 5, 2011

    @dan_y44 : je ne suis pas Keynésien, votre critique me semble donc déplacée.

    Ce que je prône, c’est l’instauration d’un revenu minimum garanti. Un revenu qui remplace les allocations existantes en une allocation unique de disons 650€, et qui est parfaitement cumulable avec tout autre revenu. De sorte que le marché du travail, devenu plus flexible (il conviendrai alors de supprimer le SMIC), peut ainsi s’adapter à la concurrence internationale. Cette solution serait probablement sensiblement inflationniste à court terme avec le rééquilibrage du pouvoir d’achat que cela implique.

    Ensuite, sur la monétisation de la dette, vous omettez que cette monétisation peut se faire de manière intelligente, en réduisant l’effet de levier bancaire dans le même temps, par exemple.

    Est-il moral de faire payer une dette aux jeunes générations qui commencent à peine de vote, et qui n’y sont donc pour rien dans l’accumulation des déficits depuis 30 ans ? Est-il moral de demander des sacrifices aux français alors que ces mêmes sacrifices profitentent à d’autres français (les rentiers) ? Les épargnants ne doivent pas être « spoliés », mais ils doivent faire un effort, comme tout le monde.

    Rien ne tient le système debout si ce n’est les magouilles des politiques qui n’ont ni le courage ni la moindre idée de comment faire évoluer notre modèle économique. Ils bricolent des solutions pour que le système tienne encore en place jusqu’à la prochaine élection.

  11. septembre 5, 2011

    « Est-il moral de faire payer une dette aux jeunes générations qui commencent à peine de vote, et qui n’y sont donc pour rien dans l’accumulation des déficits depuis 30 ans ? »

    j’en fais partie et le seul moyen de ne pas la payer serait de faire la révolution (lutte entre générations ou entre classes sociales font partie de l’éventail des possibles). Je fais aussi partie des épargnants et je crois que le choix le plus sage dans le contexte démographique actuel est pour le moment le choix Japonais, même s’il faut stimuler la demande via un protectionnisme intelligemment construit au niveau de l’Europe et arrêter de prôner la baisse des revenus. Les doctrines du FMI et des sois disant libéraux sont très dangereuses et peuvent conduire au chaos. il faut stopper simultanément le libre échange dérégulé et le trop de d’administration publique dans l’économie (56% du pib en France, et certains disent que c est libéral). Il faut une économie libérale par blocs continentaux, mais régulée entre blocs, pour limiter la compétition de systèmes sociaux incomparables et incompatibles. Il faut rétablir des taux de change fixes révisables pour éviter la spéculation sur les changes et les politiques de dévaluations compétitives chroniques. Il faut supprimer le $ étalon monétaire et trouver autre chose.

    « Ils bricolent des solutions pour que le système tienne encore en place jusqu’à la prochaine élection. »

    que peuvent-ils faire d’autre ? Vous savez ce que c’est de gérer une dépression économique quand on a des gens en face de vous qui croient encore que l’argent tombe du ciel (de l’état providence) ?

    et votre revenu garanti, il est garanti par qui ? par Dieu ? On dirait un programme politique comme le smic a 1700 euros, soit le salaire de certains bac +4 voire bac+5 jeune diplômés. A mon avis il vous faut revenir sur terre.

    « De sorte que le marché du travail, devenu plus flexible (il conviendrai alors de supprimer le SMIC), peut ainsi s’adapter à la concurrence internationale.  »

    nan mais vous rigolez là ? vous croyez que ça fonctionne ? des millions gagnent 1 euro par JOUR !!!!! 650 fois trop cher, mon ami. Pour ça que c’est voué à l’échec.

  12. septembre 5, 2011

    Mon ami, renseignez-vous avant de balayer du revers de la main une idée que vous semblez tout juste découvrir.

    Je réfléchis et j’écris là dessus depuis plus d’un an maintenant, donc c’est pas comme si j’avais pas déjà eu le refrain que vous venez de me faire…

    Lisez donc plutot ceci, et on pourra peut être discuter constructivement.

    Sinon j’ai juste envie de réponde à «  des millions gagnent 1 euro par JOUR !!!!! »

    Moi je connais des mecs qui gagnent 1 million par jour, alors pourquoi ne pas renverser l’équation ?

    Ah oui aussi, en effet je serais pas contre une révolution …

  13. septembre 5, 2011

    et autre chose pendant que j’y suis : lisez un peu ce que les gens écrivent avant de rentrer dans le tas. C’est pas très poli…

  14. yann permalink
    septembre 5, 2011

    @stan cela dit ça n est pas pire que l article de brave
    patrie de ce jour qui vaut le détour.
    beaucoup de ces critiques
    manquent de construction et d argumentation
    raisonnée sans parler de l absence de contre
    proposition

  15. septembre 5, 2011

    Oui mais Brave patrie est dans la satire !

    (ici pour les autres : http://bravepatrie.com/politique/presidentielles-2012/revenu-universel-farce-letale-ou,1841 )

  16. tetatutelle permalink
    septembre 6, 2011

    « A qui l’inflation fait-elle le plus mal ? Est-ce aux riches dont les placements financiers sont rabotés, ou bien les salariés ou allocataires dont les revenus sont indexés sur l’inflation ? » :

    C’est là une évidence mais c’est néanmoins omettre un détail : les salariés ou allocataires « ont eu aussi des placements financiers » ! Ceux qu’on appelle précisément les placements « populaires » (dont notamment « le livret postal portant ce nom » ainsi que « le livret A » et même certains comptes à terme intéressants pour le salarié moyen), ne pas les oublier ? Et alors dites-moi est-ce agréable de subir les conséquences de l’inflation « sur un livret A » par exemple ? Ma famille a du y passer à la fameuse époque de la « dévaluation », je crios qu’ils en gardent encore un certain traumatisme !…..Soit avec la dévaluation on touche là le « sommet de l’inflation »……mais c’était juste pour dire que c’est une erreur d’imaginer « seulement des riches » quand on évoque l’épargne !

    « réduire les déficits revient donc essentiellement à payer les détenteurs de bons du trésor » (c’est à dire les banques, assurances, investisseurs étrangers et des petits porteurs). De sorte que taxer les riches (ou la finance), ne revient au final qu’à prendre d’une main ce qu’on leur rend de l’autre. Pensez-y quand vous entendez un politicien prétendre vouloir faire payer les riches et les banquiers… » :

    A ce sujet, à rappeler « le tout récent passage d’Aurélien Véron, Président du Parti Libéral Démocrate, dans l’émission « Du grain à moudre » sur France culture. Retransmission sur cette vidéo :

    http://www.franceculture.com/emission-du-grain-a-moudre-faut-il-faire-payer-les-riches-2011-08-30.html

  17. septembre 7, 2011

    @tetatutelle: je n’ai jamais nié que les pauvres essuieront aussi des pertes (cf la fin de mon article)…

    Mais à choisir, il vaut mieux une taxation universelle et infraudable plutôt que des pseudo plans d’austerité sponsorisés par Monsieur Bricolage qui ne font que détruire la justice sociale sans résoudre les déficits.

  18. tetatutelle permalink
    septembre 13, 2011

    Et ayant mis la vidéo de l’émission où Aurélien Véron était invité, je m’empresse de mettre celle d’Alain Cohen-Dumouchel, mon copain libéral de gauche (sur ce même thème, bien sûr) !

    http://www.france24.com/fr/20110831-debat-france-pauvret%C3%A9?no-cache=1

  19. Pepito Well permalink
    septembre 13, 2011

    @Tetatutelle

    Pas complétement convaincu par ton copain
    Déjà il avoue son inutilité en balançant comme ça l’air de rien : « je ne vois pas de solutions ». Je suis désolé mais si tu es invité à un débat sur la taxation des riches, « tu dois avoir des solutions! »
    Surtout que des solutions existent pour différencier les oligarques des riches de marchés et l’Etat en est une
    L’État permet de limiter la grogne sociale, et il le fait moins violemment que le travail servile. Tu me répondras surement « mais alors pourquoi aux Etats Unis ça ne pète pas alors qu’ils n’ont aucun système de répartition? » parce que tout le monde est pris par les corones, ils ont tous un crédit sofinco sur la piscine doublé d’une triple hypothèque sur la maison et pas encore commencé à rembourser le prêt étudiant de l’unique gamin.
    Au moins l’Etat permet de mutualiser (certes mal je te l’accorde) et ainsi de limiter la misère.
    Ce qui est, soit dit en passant, bien triste de uniquement limiter la misère plutôt que de chercher une meilleure société. Ça fait un peu « ils n’ont pas de pain? mais qu’on leur donne de la brioche! » on feint de s’intéresser aux problèmes et on propose une solution pourrie.
    Mais pour en revenir à ton copain, il me semble qu’il y a un point sur lequel, il a complètement raison (tu vois je reconnais quand on dit un truc bien). Il dit sur les groupes du CAC 40 qu’ils sont les enfants d’un capitalisme d’État de copinage – me dégoutant plus que tout – et qui me pousse à vous rejoindre les liberaux actuels sur le « moins d’État ne peut pas nous faire du mal ». L’Etat ne doit pas se mêler de l’économie sauf pour réguler les activités qui sont nocives (et là j’en mettrais beaucoup: produit chimique, pub, énergie, transport).

    Mais ce qui me fait me dire que tous ces débats ne nous mènerons pas à une société meilleure c’est que je pense qu’il n’existe pas de moyens de donner du travail à tout le monde, c’est fini. Et par ce biais je ne vois pas en quoi favoriser ceux qui crée des emplois (même peu) devrait nous permettre d’aller dans le bon sens. Et pourtant on entend partout, « pour gagner 2012, il faudra gagner la bataille pour l’emploi! » Mais quel domaine aujourd’hui peut créer 5millions d’emplois sans s’endetter? Là, seul l’Etat le peut, mais je ne veux pas créer de nouveaux monstres capitalistes qu’on lancera ensuite dans le grand bain des fusions-acquisitions pour qu’on en revienne à :  » ben désolé on délocalise en Russie, c’est moins cher ».

    Tout ça pour dire que le mec qui se crée de rien et qui devient super patron, moi il ne me fait pas rêver. Et ce ne sont pas les quatre emplois qu’il aura créé qui me feront dire le contraire. Le mec fait ça pour lui et pour personnes d’autre. C’est son ambition professionnelle qui l’a poussé alors qu’il ne vienne pas me les casser sur ma non ambition et mon envie de vivre à un rythme plus humain.
    J’ai l’impression que pour les libéraux (au sens actuel du terme) l’ambition professionnel est comme le moteur d’une vie. Perso l’ambition qui me meut est plus personnelle et côtoyer des gens de la haute ne me fait ni chaud ni froid.
    Allez j’arrête mon soliloque, mais ton débat a eu le mérite de me faire cogiter sur ce qui m’oppose à la plupart des libéraux, bien que je m’estime plus libéral que socialiste… mais bon, l’éternel débat des libertaires sur leur positionnement politique…
    Allez à plus

  20. septembre 17, 2011

    Bonjour!
    Vous dites que « ce pays a besoin de réformes en profondeur dans la manière dont l’argent et récolté et dépensé. »

    Voici une idée qui permet de rapporter approximativement 12 milliards de recettes fiscales sur un principe juste, économique, efficace, taux d’imposition minime, assiette très large, le coût de la mise en oeuvre quasi-nul… cliquez sur ce lien pour e svoir plus:

    http://bioloxoloid.wordpress.com/2011/09/09/comment-rentrer-12-milliards-de-recettes-fiscales/

  21. Pascal permalink
    décembre 19, 2011

    L’inconvénient du choix fait en 73 est les intérêts à payer. Intérêts qui ont pour avantage de forcer une gestion équilibrée des comptes sous peine d’une augmentation des taux. L’arrivée de l’euro a permis aux états de s’endetter en passant outre l’augmentation des taux jusqu’à un passé récent avec un dur retour à des réalités.

    Le système de la planche à billet a pour sa part l’inconvénient de provoquer de l’inflation et par conséquence de faire perdre de la valeur à la monnaie en interne comme en externe. Un manque de confiance peut provoquer une trop grande sous-évaluation de la monnaie. Par contre l’inflation en interne peut très bien être assimilé à un emprunt national assez peu gênant.

    Entre les 2 alternatives, j’ai du mal à choisir. Mais cela est peut être du à un manque de confiance envers les politiques?

  22. décembre 19, 2011

    @tous : FYI, le dividende universel est l’objet d’un prochain article qui devrait poser les bases du débat…

    Mais si la bande d’impatients que vous êtes souhaite poursuivre la discussion, ne vous privez pas hein ;)

    et @Tassin : oui j’ai déjà eu l’occasion de discuter avec Olivier de ce sujet. Il reste à convaincre (y compris sur l’AU) mais est beaucoup plus ouvert qu’il n’en a l’air avec ses positions anti-monétisation.

    je note dans ma todo list de le recontacter pour reprendre nos échanges :)

  23. Christian permalink
    septembre 3, 2012

    Bonjour Stan,

    Merci pour la rédaction de cet article.

    N’étant pas économiqte j’avoue ne pas être compétent mais je me documente beaucoup actuellement sur la dette de l’Etat (et des autres Etats) et de l’argent-dette (chaise musicale).

    J’aimerais connaître un mouvement une association visant à contrer cette spoliation des individus et nations par les banques privés et marchés financiers, là où la banque centrale pourrait de nouveau rééquilibrer cette dette via des emprunts faits directement à elle et en prenant une part des bénfices des banques privés pour les réinjecter dans la société.

    Bref, continuons de faire connaître ce scandale.

    Merci

    Christian

  24. septembre 6, 2012

    Hello Christian…

    Je me permets de répondre à la place de Stan pour te laisser quelques pistes.
    Tout d’abord, je t’encourage à rejoindre le Collectif de l’Audit Citoyen de la dette :
    => http://www.audit-citoyen.org/
    Tu trouveras surement une antenne locale près de chez toi, nous sommes très nombreux maintenant (plus de 60’000) et bien répartis sur toute la France :
    => http://www.audit-citoyen.org/?page_id=54
    Tu rencontreras des gens de tous les horizons, mais qui ont un but commun : mieux comprendre la dette, ses mécanismes, l’évaluer dans les comptes des collectivités locales, et dénicher les emprunts toxiques quand on le peut (ce que nous faisons avec l’aide d’économistes et juristes qualifiés). C’est donc pédagogique, permet de sensibiliser les populations à ce sujet, mais c’est aussi très concret pour ceux qui désirent s’impliquer activement dans le projet.

    Sinon, l’association APLOMB fait aussi un travail remarquable pour combattre le système bancaire et ses dérives : http://www.aplombfrance.fr/

    Mais je pense que dans ton cas, le mieux est de te rapprocher de l’Audit Citoyen ;)

    NB : le site des « économistes atterrés » (avec qui nous travaillons), très utile également :
    => http://www.atterres.org/

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