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	<title>Tête de Quenelle ! &#187; Société</title>
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	<description>Economie, numérique &#38; société</description>
	<lastBuildDate>Tue, 07 Feb 2012 17:12:30 +0000</lastBuildDate>
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		<title>Revenu de base : quand la réalité devance l&#8217;utopie</title>
		<link>http://www.tetedequenelle.fr/2012/02/revenu-universel-utopie/</link>
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		<pubDate>Thu, 02 Feb 2012 10:31:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Revenu de base]]></category>
		<category><![CDATA[Revenu de vie]]></category>

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		<description><![CDATA[Et si chacun, indépendamment de son statut, de son âge ou de son activité, disposait d’un revenu garanti, de sa naissance jusqu’à la mort ? À première vue, l’idée paraît utopique et suscite de sérieuses interrogations. Pourquoi les familles riches en profiteraient-elles autant que les pauvres ? Cela va-t-il favoriser « l’assistanat » ? Comment le financer pour quels résultats ? Observer les expérimentations sociales réalisées à travers le monde tend à renverser les idées reçues.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Revenu de base, revenu de vie ou allocation universelle&#8230; Et si chacun, indépendamment de son statut, de son âge ou de son activité, disposait d’un revenu garanti, de sa naissance jusqu’à la mort ? À première vue, l’idée paraît utopique et suscite de sérieuses interrogations. Pourquoi les familles riches en profiteraient-elles autant que les pauvres ? Cela va-t-il favoriser « l’assistanat » ? Comment le financer, pour quels résultats ? Observer les expérimentations sociales réalisées à travers le monde tend à renverser les idées reçues.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Ceci est la &laquo;&nbsp;version longue&nbsp;&raquo; d&#8217;un article <a title="revenu de base garanti expérimentations" href="http://www.bastamag.net/article2056.html">écrit pour Bastamag.net</a>, média alternatif et militant <a href="http://www.bastamag.net/article2096.html">qu&#8217;il faut soutenir</a> !<span id="more-4174"></span></strong></p>
<p style="text-align: justify;">De Milton Friedman à James Tobin, l’idée d’un revenu minimum garanti suscite l’intérêt de nombreux économistes depuis quarante ans, mais n’a jamais vraiment été appliquée, à part sous la forme de programmes expérimentaux&#8230; mais néanmoins riches d’enseignement.</p>
<p style="text-align: justify;">Une des expériences les plus récentes et abouties à ce jour de mise en place d’un revenu garanti a été impulsée par la Namibian Basic Income Grant Coalition (Coalition namibienne pour le revenu de base), dans un village de Namibie. Durant deux années (2008-2009), les 930 villageois de moins de 60 ans d’Otjivero-Omitara, recevaient ainsi un revenu de base mensuel (BIG, pour Basic Income Grant) représentant l’équivalent de 9 euros par mois, sans aucune autre condition que celle d’habiter le village et alors qu’un tiers des Namibiens vivent avec moins d’un dollar par jour.</p>
<h2 style="text-align: justify;">L’économie locale dynamisée</h2>
<p style="text-align: justify;">La lecture du<a title="namibia basic income" href="http://www.tetedequenelle.fr/wp-content/uploads/2011/09/BIG_Namibia_april_2009.pdf"> rapport d&#8217;évaluation paru en avril 2009 (pdf)</a>, soit plus d&#8217;un an après le début de l&#8217;expérimentation apporte des éléments d&#8217;information édifiants.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="size-full wp-image-4178 alignleft" title="BIG_income" src="http://www.tetedequenelle.fr/wp-content/uploads/2011/09/BIG_income.png" alt="" width="254" height="265" /></p>
<p style="text-align: justify;">Comme le montre le graphique ci-contre, les chercheurs sur place ont observé une croissance des revenus des habitants d’Otjivero. En moyenne, les habitants ont réussi à augmenter leur revenu de 29 %, hors versement du BIG. Autre fait intéressant, les revenus issus d’activités de type auto-entrepreneuriale ont bondi de 300 %, et l’effet sur l’emploi a également été observé, avec un taux de chômage diminuant de 60 % à 45 %. Autrement dit, loin de favoriser une forme d’assistanat, ce revenu de base a augmenté l’activité économique dans le village.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce n’est pas tout. L’infirmière du dispensaire local explique qu’avant la mise en place du BIG les habitants étaient incapables de payer les 4 dollars de frais de soins. Et bien qu’elle acceptait toujours de soigner les patients à crédit, ceux-ci avaient trop honte de bénéficier des services médicaux sans payer et ne venaient se faire soigner que lorsqu’ils étaient gravement malades. Avec la mise en place du BIG, les résidents sont venus plus souvent car ils pouvaient payer les 4 dollars de frais&#8230;</p>
<h3 style="text-align: justify;">Amélioration du sort des enfants</h3>
<p style="text-align: justify;">D’autres impacts non négligeable sont observés chez les enfants du village (dont le BIG était confié au responsable légal identifié, souvent les mères). À peine six mois après le lancement du projet, le pourcentage d’enfants en situation de malnutrition avait chuté de 42 % à près de 17 % ! Un an après, ce taux avait même atteint 10 %. Le rapport détaille :<em></em></p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">Les enfants viennent à l’école propres, à l’heure, et bien nourris. À l’heure de la pause, nous renvoyons les enfants à la maison pour manger et ils reviennent à l’heure, alors qu’avant, quand nous les renvoyions, la plupart ne revenaient pas, car les parents n’avaient pas assez de nourriture à leur donner. (&#8230;) Maintenant, ils peuvent se concentrer davantage, et ils sont généralement heureux car ils ont assez à manger à la maison</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">De fait, l’assiduité des enfants a augmenté, même si une légère hausse de l’absentéisme a été observé en 2009 (notamment due à l’arrivée de migrants dans le village, qui n’avaient pas droit au BIG).</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-4182" title="BIG_education" src="http://www.tetedequenelle.fr/wp-content/uploads/2011/09/BIG_education.png" alt="" width="421" height="313" /></p>
<h2 style="text-align: justify;">&laquo;&nbsp;Maintenant, je suis un Homme&nbsp;&raquo;</h2>
<p style="text-align: justify;">Pour compléter l&#8217;impact global du programme namibien, on peut lire cet <a href="http://www.spiegel.de/spiegel/print/d-66360399.html">article</a> de <em>Der Spiegel</em> (<a href="http://bien-ch.ch/node/127">traduction française ici</a>) qui résume les principales observations relevées de l&#8217;expérience namibienne :</p>
<blockquote><p>(&#8230;) le pourcentage des enfants scolarisés a augmenté à 92%. Avec les recettes, l’école a pu acheter du papier, des crayons et de l’encre pour l’imprimante. Le taux de sous-alimentation des enfants a diminué de 42% à 10%. À la police, les statistiques de la criminalité montrent un recul des larcins et du braconnage. Depuis qu’ils se nourrissent de manière plus équilibrée, les malades du SIDA réagissent mieux à leur traitement. « Tout à coup, les enfants portaient des chaussures », dit la maîtresse d’école. Un homme est venu voir Dick et Claudia Haarmann [qui pilotaient le projet, ndlr] ; en rayonnant, il disait : « Vous ne voyez rien ? » Ils lui demandèrent ce qu’il voulait dire. « Vous ne voyez rien ? Maintenant, je porte un pantalon et un T-Shirt. Maintenant, je suis un homme. »</p></blockquote>
<h2 style="text-align: justify;">Revenu de base ? C&#8217;est niet pour le FMI</h2>
<p style="text-align: justify;">Le revenu de base peut-il être élargi à toute la Namibie ? Cela <em>« coûterait 5 à 6 % du budget national »</em>, estime Herbert Jauch, le coordinateur du programme <em></em>au journal allemand<em><a href="http://www.fr-online.de/in_und_ausland/wirtschaft/aktuell/2568536_Bedingungsloses-Grundeinkommen-Ein-Dorf-beginnt-zu-wirtschaften.html" target="_blank"> Frankfurter Rundschau</a></em> (traduction <a href="http://www.courrierinternational.com/article/2010/04/29/les-miracles-du-revenu-minimum-garanti"><em>Courrier International</em></a>) , qui avait dirigé l’Institut namibien des ressources et de recherche sur le travail<em> : </em></p>
<blockquote><p>Pour le financer, il faudrait relever légèrement le taux maximum d’imposition, qui est de 34 % actuellement, et la taxe sur le chiffre d’affaires. Le gouvernement pourrait également introduire des prélèvements sur les exportations de matières premières et lutter contre l’évasion fiscale</p></blockquote>
<p style="text-align: justify;">Mais malheureusement, cela n&#8217;a pas convaincu tout le monde :</p>
<blockquote><p>La pression exercée par le Fonds monétaire international (FMI) n’est pas sans effet en Namibie. Le FMI a présenté des chiffres erronés sur le coût du BIG. Il prend par exemple en compte les plus de 60 ans, alors qu’ils ne sont pas concernés par le BIG. Il craint que la Namibie démontre que le BIG fonctionne. Ce système deviendrait alors très intéressant pour des pays comme le Brésil et l’Inde.</p></blockquote>
<h2 style="text-align: justify;">La Bolsa família au Brésil</h2>
<p style="text-align: justify;">Le Brésil justement, était déjà dans la voie d&#8217;un revenu de base, avec la très populaire <em><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Bolsa_Fam%C3%ADlia">Bolsa Família</a></em> (bourse familiale), qui vise à donner une bourse aux familles à bas revenu à condition que les enfants aillent à l&#8217;école. Le programme, en place depuis 2003 sous la présidence de Lula Da Silva, permet aujourd&#8217;hui à 12 millions de familles pauvres d&#8217;envoyer plus de 40 millions d&#8217;enfants à l&#8217;école.</p>
<p style="text-align: justify;">Bien sûr, il ne s&#8217;agit ici que d&#8217;une forme détournée du concept du revenu de base puisque la <em>Bolsa Família</em> est attribuée en fonction du revenu du foyer contrairement au revenu de base tel que testé en Namibie. Mais l&#8217;expérience tend tout de même à démontrer la pertinence de l&#8217;approche du revenu universel : un approche incitative plutôt que coercitive, et universelle plutôt que conditionnelle.</p>
<p style="text-align: justify;"><iframe src="http://www.youtube.com/embed/S4_LEo2yqyg" frameborder="0" width="600" height="437"></iframe></p>
<p style="text-align: justify;">Dès 2005, l&#8217;hebdomadaire libéral<em> The Economist </em>saluait l&#8217;initiative dans un <a title="bolsa familia" href="http://www.economist.com/node/4408187">article</a> judicieusement titré « <em>New thinking about an old problem</em> » (une nouvelle façon de penser de vieux problèmes) :</p>
<blockquote><p>Le cout fiscal de la <em>Bolsa Família</em> est relativement modeste : 0,36% du PIB du pays, soit beaucoup moins que les programmes de sécurité sociale. Non seulement les pauvres obtiennent du cash, mais ils sont incités à utiliser les services gouvernementaux.</p></blockquote>
<h2 style="text-align: justify;">Réduction des inégalités</h2>
<p style="text-align: justify;">Si la <em>Bolsa Família </em>ne résout pas tout les problèmes (drogue, travail des enfants) et semble être moins efficace dans les villes qu&#8217;à la campagne, il semble que l&#8217;effet sur les inégalités soit réel. Dans un <a href="http://www.economist.com/node/16690887">article plus récent</a>, le <em>The Economist</em> note :</p>
<div id="gt-res-content" style="text-align: justify;">
<blockquote>
<div dir="ltr">Une grande partie de l&#8217;acclamation du programme est justifiée. Le Brésil a fait d&#8217;énormes progrès dans la réduction de la pauvreté et le programme <em>Bolsa Família</em> a joué un grand rôle. Selon la Fondation Getulio Vargas (FGV), une université, le nombre de Brésiliens ayant un revenu inférieur 800 reais par mois (440 $) a chuté de plus de 8% chaque année depuis 2003. L&#8217;indice de Gini, une mesure de l&#8217;inégalité des revenus, a chuté de 58 à 54, en grande partie grâce à cette mesure.</div>
<div dir="ltr">La principale raison de l&#8217;amélioration est la hausse du niveau bas des salaires. Mais selon FGV, environ un sixième de la réduction de la pauvreté peut être attribuée à la <em>Bolsa Família</em>, soit autant que la part des pensions d’État, mais à un coût bien inférieur. Les versements liés au programme sont minuscules, environ 22 reais (12 $) par mois par et par enfant, avec un paiement maximum de 200 dollars. Le programme ne coûte que 0,5% du PIB.</div>
</blockquote>
</div>
<p style="text-align: justify;">Preuve du succès, ou en tout cas de l&#8217;engouement de l&#8217;opinion brésilienne pour cette allocation, le programme a sans cesse été étendu à de nouvelles familles depuis son lancement. « <em>Aucun politicien ne se risquerait à supprimer la bolsa familia</em> » répétent souvent les brésiliens interrogés dans les divers reportages disponibles sur internet.</p>
<p style="text-align: justify;">Et de plus, le concept semble intéresser d&#8217;autres pays. Ainsi l&#8217;idée avait failli s&#8217;exporter en Égypte, où une délégation brésilienne y avait <a href="http://www.senado.gov.br/noticias/agencia/internacional/en/not_496.aspx">présenté le programme</a> en 2008.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Le revenu garanti favorise-t-il l’assistanat ?</h2>
<p style="text-align: justify;">On pourrait penser que ce genre de programmes ne peuvent être destinés qu&#8217;à des pays en développement, que les problématiques et dynamiques sociales ne sont pas les mêmes dans les pays riches. Et pourtant, des expériences menées au Canada et aux États-Unis tendent à montrer que les effets de telles mesures sont également bénéfiques dans des sociétés plus développées.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans les années 1960-1970, sous l’impulsion du Président américain Lyndon Johnson, qui déclare la « guerre contre la pauvreté », un « impôt négatif » est expérimenté aux États-Unis. Il s’agit d’un modèle fiscal intégrant un dispositif de redistribution des richesses. Concrètement, chaque ménage a droit à un revenu garanti. Si ses ressources sont inférieures à un certain seuil, il ne paiera pas d’impôt et percevra pleinement l’allocation. Plus le revenu global du ménage augmente, plus il rembourse le crédit d’impôt jusqu’à atteindre une imposition nette de 0% ou à payer normalement des impôts si ses revenus sont importants.</p>
<p style="text-align: justify;">Les quatre expériences américaines furent menées dans différents milieux (urbains ou agricoles), auprès de différentes populations (couples, familles afro-américaines, familles monoparentales) ainsi qu’avec plusieurs degrés de progressivité fiscale. L’objectif principal était alors de tester le comportement des travailleurs.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignnone  wp-image-4953" title="experimentations-revenu-de-base-usa-canada" src="http://www.tetedequenelle.fr/wp-content/uploads/2012/02/experimentations-revenu-de-base-usa-canada.png" alt="" width="600" /></p>
<p style="text-align: justify;">Ces expérimentations ont permis d’observer une diminution du temps de travail de 1 à 8 % chez les hommes mariés, contre 15 à 20 % chez les femmes mariés, tandis que l’effet le plus fort fut constaté chez les mères isolées, chez qui la baisse varie entre 15 et 27 %. Selon Lionel-Henri Groulx, dans <em>Revenu minimum garanti</em>, l’un des ouvrages les plus complets sur le sujet, l’impôt négatif n’a donc pas un effet déterminant sur « l’éthique du travail » pour l’ensemble de la population masculine à faible revenu – les bénéficiaires n’ont pas quitté leur boulot en masse –, mais seulement sur une population restreinte. Il ajoute aussi que cela est lié aux difficultés pour un employé de modifier ses heures de travail vis-à-vis de son entreprise.</p>
<p style="text-align: justify;">L’analyse de ces résultats est loin de faire le consensus chez les chercheurs. Pour certains, l’effet désincitatif (quitter son travail) reste trop élevé, tandis que pour d’autres, il demeure relativement plus faible qu’attendu, et ne concerne qu’une population très spécifique, les femmes et les mères isolées. Pour l’économiste Baptiste Mylondo, qui travaille sur le sujet depuis plusieurs années, ces expériences sont <em>« une bonne nouvelle, mais cela n’a pas été interprété comme tel à l’époque »</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">Car d’autres effets non anticipés ont quelque peu brouillé le débat. L’augmentation des divorces constatée durant certaines de ces expériences fut interprétée comme une menace pour l’« intégrité familiale », et a ainsi fait dériver le débat. Pourtant, ces résultats ont été contestés par l’expérimentation à Seattle et à Denver, qui, sur une plus longue durée (dix ans), a finalement montré une tendance à la réconciliation des couples, ce qui invaliderait cette objection.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Des Canadiens en meilleure santé et mieux éduqués</h2>
<p style="text-align: justify;">Au Canada, une expérience fut également menée entre 1975 et 1979, dans la petite ville de Dauphin dans le Manitoba. Contrairement aux expériences américaines, la particularité du <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Programme_Mincome">programme canadien Mincome</a> a été d’inclure l’ensemble des 10 000 habitants de Dauphin, en plus de quelques autres zones alentour dites « de contrôle », pour pouvoir comparer les résultats.</p>
<div style="text-align: justify;">
<blockquote>
<p dir="ltr">A Dauphin, non seulement les décisions des gens étaient impactées par le fait de toucher un revenu garanti, mais aussi par le fait que tous leurs amis pouvaient prendre des décisions similaires. (&#8230;) cette expérience fournit donc des données fascinantes pour les sociologues. (Evelyn Forget)</p>
</blockquote>
</div>
<p style="text-align: justify;">Dans un rapport intitulé <a href="http://www.bastamag.net/IMG/pdf/Mincome_2008_Forget.pdf" target="_blank"><em>A town without poverty ?</em> (pdf)</a>, Evelyn Forget détaille le résultat de ses recherches menées plusieurs années après la fin du programme. En effet, suite à un virage politique opéré par le nouveau gouvernement canadien, l&#8217;expérience de Dauphine avait été interrompu à la hâte, sans même que les données récoltées ne soient analysée.</p>
<p style="text-align: justify;">Outre que cette expérience a permis d’observer un effet très modéré sur la baisse du temps de travail (de 1 à 9 % maximum selon le type de personne), e<span style="text-align: justify;">n analysant les archives des hôpitaux locaux, Forget a ainsi constaté une baisse des hospitalisations, notamment en raison d’une réduction des cas de maladies psychologiques, ainsi que des accidents et des blessures. De même, en épluchant les archives des écoles, la sociologue s’est rendue compte que les enfants des familles de Dauphin étaient plus enclins à poursuivre leurs études au delà du 10e degré (lycée), comme le montre le graphique suivant (voir les années 75 à 78):</span></p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignnone  wp-image-4941" title="mincome_scholarship" src="http://www.tetedequenelle.fr/wp-content/uploads/2012/02/mincome_scholarship.png" alt="" width="600" /></p>
<p style="text-align: justify;">Cette expérience a ainsi mis en lumière des effets non anticipés que nulle autre expérience n’avait pu jusque-là révéler, et notamment le fait que le coût d’une telle mesure serait également de nature à diminuer d’autres dépenses publiques telles que les dépenses de santé.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Des expériences pertinentes en France ?</h2>
<p style="text-align: justify;">À de nombreux égards, les expériences namibiennes, américaines, canadiennes et brésiliennes sont intéressantes. Mais quand il s’agit d’en tirer des conclusions, les biais méthodologiques demeurent un obstacle. Par exemple, le fait que ces programmes soient en général temporaires peut affaiblir les comportements observés.</p>
<p style="text-align: justify;">Même les personnes convaincues par la pertinence du revenu de base se veulent prudentes : <em>« Ces expériences sont de belles histoires à raconter, mais il serait hasardeux de les transposer directement dans le contexte français »</em>, indique l’économiste Marc de Basquiat, chercheur de longue date sur l’allocation universelle.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>« Tant que ces expérimentations ne sont pas faites sur le territoire dans lequel on envisage une mise en œuvre, elles sont moyennement pertinentes car le contexte culturel et historique est très différent »</em>, prévient également Baptiste Mylondo, auteur de <em>Ne pas perdre sa vie à la gagner</em>. C’est pourquoi, avec le collectif <a href="http://pourunrevenusocial.org/" rel="external" target="_blank">Pour un revenu social</a> (PouRS), il tente de convaincre des collectivités locales de travailler avec des chercheurs pour réaliser des expérimentations similaires, afin d’observer ce qu’il se passerait en France.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Quid du financement ?</h2>
<p style="text-align: justify;">De plus, la grande inconnue du revenu de base reste l’épineuse question du financement. Non pas qu’il soit impossible (aucun économiste n’ayant réussi à le prouver), mais tant les possibilités sont vastes.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans le cas français, les travaux de Marc de Basquiat sont certainement les plus aboutis. Au terme de six ans de recherche, l’économiste vient de publier une thèse modélisant le financement d’une allocation universelle en France. Selon ses travaux disponibles sur le site <a href="http://allocationuniverselle.com/" rel="external" target="_blank">allocationuniverselle.com</a>, et qui se basent également sur ceux de <a href="http://www.revolution-fiscale.fr/" rel="external" target="_blank">Picketty, Saez et Landais</a>, il est possible de financer un revenu de base de 398 euros par adulte et 192 euros par enfant, simplement en transférant les budgets actuels (allocations familiales&#8230;), ainsi qu’en unifiant certains prélèvements obligatoires et en instaurant une taxe uniforme des patrimoines de 1 %.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>« Mon approche a été de regarder ce qui existe, et de regarder jusqu’où on peut aller sans faire table rase du modèle actuel. Or, en moyenne, chaque enfant reçoit déjà 192 euros par mois et chaque adulte 305 euros »</em>, précise le chercheur. <em>« L&#8217;essentiel, c&#8217;est de faire germer dans l&#8217;esprit des gens la dynamique sociale que constitue le revenu d&#8217;existence »</em>, espère Yoland Bresson, auteur de <em>Le Revenu d’existence ou la métamorphose de l’être social</em>. Comme quoi, derrière le complexe système de protection social français, le prétendu &#8216;utopique&#8217; revenu de base&#8230; existe déjà !</p>
<hr />
<p style="text-align: justify;">Article sous licence Creative Commons &#8211; à reproduire en citant <a href="http://bastamag.net">bastamag.net</a></p>
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		</item>
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		<title>Du lien brisé entre valeur, travail, et salaire</title>
		<link>http://www.tetedequenelle.fr/2012/01/travail-richesse-valeur-remuneration/</link>
		<comments>http://www.tetedequenelle.fr/2012/01/travail-richesse-valeur-remuneration/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 10 Jan 2012 14:35:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Humanisme]]></category>
		<category><![CDATA[Morale]]></category>
		<category><![CDATA[Revenu de vie]]></category>
		<category><![CDATA[Travail]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.tetedequenelle.fr/?p=4667</guid>
		<description><![CDATA[C'est bien connu, le travail est une "valeur noble". Pourtant la réalité de la société ne reflète pas du tout cette leçon de morale et de mérite.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">« <em>Le travail est l&#8217;aliment des âmes nobles</em> » (Sénèque), « <em>Toute peine mérite salaire</em> », «<em> Il faut gagner son pain à la sueur de son front</em> » (Genèse), voilà le genre de proverbes qui ont façonné l&#8217;éducation de beaucoup d&#8217;entre nous. Ces adages sont tellement ancrés dans l&#8217;inconscient collectif qu&#8217;il est de bon ton, notamment en politique, d&#8217;invoquer la « valeur travail », et de fustiger la paresse et sa déclinaison économique moderne : l&#8217; « assistanat ». De ce fait, ces arguments jalonnent souvent toute discussion sur le caractère moral du <a title="Pourquoi nous avons besoin d’un revenu garanti" href="http://www.tetedequenelle.fr/2011/11/pourquoi-nous-avons-besoin-dun-revenu-garanti/">revenu de base</a> qui, en coupant partiellement le lien entre revenu et travail, serait une horrible idée parfaitement malsaine. Pourtant, la réalité contredis à bien des égards ces leçons de morale, et je dirais même, leur donne une leçon d&#8217;humilité.</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-4667"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Théoriquement, il est vrai qu&#8217;à chaque travail devrait correspondre une rémunération, et qu&#8217;<em>a contrario</em>, des efforts moindres devraient être proportionnellement moins bien récompensés. Une des grandes réussites du capitalisme, ou en tout cas ce pourquoi il s&#8217;est imposé face au communisme, c&#8217;est justement d&#8217;être parvenu à maintenir cet équilibre entre l&#8217;effort et la <strong>rémunération</strong>. En effet, marché et le libre échange sont jusqu&#8217;à ce jour le moyen le plus efficace de récompenser <strong>la prise de risque, le travail, l&#8217;effort</strong>, tandis que l&#8217;échec et l&#8217;inactivité y sont découragés. La logique libérale est que la rencontre d&#8217;une offre de travail et une demande de production &#8211; en bref l&#8217;échange, est créatrice de <strong>valeur</strong>, de richesse.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous avons donc ici trois éléments fondateurs de la société et de son modèle économique : le travail, la valeur, et la rémunération. Ces trois éléments sont étroitement liés entre eux : le travail permet de créer de la valeur, qui entraine une rémunération. La rémunération suscite une nouvelle demande de production qui appelle du travail et ainsi de suite.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Mais aujourd&#8217;hui, la simple observation de la société tend à montrer qu&#8217;il y a précisément un déphasage entre ces trois ingrédients de la dynamique vertueuse précédemment décrite.</strong></p>
<h2 style="text-align: justify;">Travail, rémunération, richesse : des liens complexes</h2>
<p style="text-align: justify;">Par exemple, il y a des gens qui travaillent beaucoup&#8230; pour gagner des clous. C&#8217;est le cas de la plupart des boulots pénibles physiquement ou même psychologiquement, par leur monotonie, qui sont hélas souvent peu rémunérés pour la simple raison que le chômage de masse exerce une pression à la baisse sur les salaires. Ces boulots sont pourtant en général nécessaires. Ils font l&#8217;objet d&#8217;une demande et créent donc de la richesse. Par exemple, le travail des femmes de ménage dans une entreprise permet aux employés qualifiés de consacrer leur temps sur les activités dans lesquelles ils sont particulièrement compétents, plutôt que de perdre du temps à d&#8217;autres tâches.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans d&#8217;autres cas, les employés ne sont pas trop mal payés, ou profitent en tout cas d&#8217;une situation stable, mais leur travail est bien peu créateur de richesse. Me viennent à l&#8217;esprit les contrôleurs de titres de transport, les &laquo;&nbsp;planqués&nbsp;&raquo; des grandes entreprises, ou encore certains fonctionnaires <a href="http://www.rue89.com/2010/07/02/une-fonctionnaire-suspendue-pour-un-pamphlet-sous-pseudo-157237">pris au piège de la bureaucratie rampante</a>. Ces gens-là mettent (en général) de l&#8217;effort voire du cœur à  l&#8217;ouvrage, mais <em>in fine</em>, celui-ci est assez pauvre en termes de richesse. Ce n&#8217;est pas le contrôleur de la RATP qui rend possible concrètement le transport d&#8217;un passager A vers un point B, c&#8217;est le chauffeur du train ou du bus, et ceux qui ont construit les lignes. Le contrôleur lui, ne fait finalement que ralentir les usagers du réseau en les importunant. En fait, l&#8217;existence même du boulot de contrôleur n&#8217;est rendue nécessaire que par l&#8217;adoption d&#8217;un certain modèle économique permettant de couvrir les coûts du réseau, et parce que tout le monde ne juge pas qu&#8217;il soit absolument immoral de ne pas payer pour pénétrer dans un métro qui roulera de toute façon, même en l&#8217;absence de voyageur. En vérité donc, on pourrait parfaitement décréter la gratuité des transports, tout en produisant le même service pour les gens, mais à moindre coût. Qui regretterait vraiment la disparition du métier de contrôleur ?</p>
<p style="text-align: justify;">Dans d&#8217;autres situations moins glorieuses encore, des travailleurs sont payés une misère, sont parfois même sujet à de la souffrance dans le cadre de leur travail, alors même que le produit de leurs efforts crée peu de valeur dans la société. Un exemple qui me vient souvent à l&#8217;esprit est celui des salariés (souvent intérimaires) des <em>call centers</em>, ces centres d&#8217;appels dans lesquels des travailleurs tentent par exemple de convaincre la grand-mère un peu naïve qu&#8217;elle doit à tout prix se procurer de nouvelles fenêtres en PVC, avec un crédit à 20%. Où est ici la création de richesse pour la société ? On a bien une rémunération pour quelques uns, mais le fait de sur-vendre un bien crée surtout un déséquilibre sur le marché : la grand mère aurait certainement pu dépenser plus utilement son argent.</p>
<p style="text-align: justify;">Par ailleurs, il existe également beaucoup de gens qui ne sont pas rémunérés et qui pourtant, créent des richesses dans la société. Un internaute qui passe ses heures à contribuer à Wikipédia crée une grande richesse pour l&#8217;ensemble de la communauté des internautes. Certains articles de l&#8217;Encyclopédie en ligne sont consultés des centaines de milliers de fois par jour, et font gagner un temps précieux à tout le monde. Pourtant, quand bien même la qualité de Wikipédia est aujourd&#8217;hui de moins en moins contestée, la plupart des contributeurs n&#8217;auront jamais touché un centime pour les nuits passées à compléter passionnément et patiemment les articles de l&#8217;illustre site. A l&#8217;inverse, d&#8217;autres sont parfois <a href="http://bugbrother.blog.lemonde.fr/2009/07/31/les-corbeaux-de-wikipedia/">payés pour saccager leur travail</a> ! L&#8217;exemple est naturellement valable pour les blogueurs (dont votre serviteur ? <img src='http://www.tetedequenelle.fr/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';)' class='wp-smiley' />  ), les bénévoles d&#8217;associations, ou encore de nombreux artistes qui ne comptent pas leurs heures.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.tetedequenelle.fr/wp-content/uploads/2012/01/france-assistes.png"><img class="alignleft size-medium wp-image-4801" title="france-assistes" src="http://www.tetedequenelle.fr/wp-content/uploads/2012/01/france-assistes-300x278.png" alt="" width="300" height="278" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Face à tant d&#8217;énergie dépensée, on trouve ceux qui travaillent peu ou pas, mais qui vivent confortablement. Les rentiers et les &laquo;&nbsp;profiteurs&nbsp;&raquo; représentent bien entendu ici la caricature de cette catégorie de personnes. Mais ici encore, la question de savoir si ces gens créent de la valeur est pour le moins délicate : certains &laquo;&nbsp;profiteurs&nbsp;&raquo; du système social peuvent aussi faire partie de ces personnes qui produisent du &laquo;&nbsp;travail caché&nbsp;&raquo; en se consacrant à des activités non-marchandes précédemment décrites. De même, certains &laquo;&nbsp;rentiers&nbsp;&raquo; consciencieux, par leurs arbitrages entre plusieurs investissements, peuvent permettre de mieux valoriser des projets créateurs de richesse pour la société.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais il arrive également que la spéculation affame le monde&#8230; Que l&#8217;on produise uniquement dans l&#8217;objectif de créer du profit sans tenir compte des externalités négatives pour le reste de la société, ou encore que l&#8217;on corrompe des gens pour faire le “sale travail”. Et je ne parle pas que des malfrats, mais aussi de gens supposément érigés en modèle d’honnêteté et de bienveillance ! Tenez par exemple, on paie bien les députés avec l&#8217;argent public pour voter des lois stupides voire <a href="http://owni.fr/2011/01/19/lois-securitaires-42-vla-les-flics/">liberticides</a>! Et c&#8217;est bien là le pire dans l&#8217;Histoire : la plupart de ces gens le font en pensant œuvrer pour le bien de la société. Autant d&#8217;exemples qui montrent bien que tout &laquo;&nbsp;travail&nbsp;&raquo; n&#8217;est pas nécessairement &laquo;&nbsp;noble&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;">Ayons enfin une pensée pour tous ces gens qui ont de brillantes idées, du talent ou des compétences, mais qui pour des raisons diverses (très souvent le manque d&#8217;argent, in fine), ne peuvent pas les exprimer. Combien d&#8217;idées innovantes, combien de chefs d&#8217;oeuvres artistiques, combien d&#8217;entreprises ne voient pas le jour à cause d&#8217;une mauvaise allocation monétaire dans la société ? J&#8217;aurais peur d&#8217;en connaitre la réponse.</p>
<p style="text-align: justify;">On pourrait continuer longtemps cette description méticuleuse de chaque situation, et ainsi en déduire au cas par cas de la création de valeur de chacun dans la société, et ainsi punir les profiteurs tout en rétablissant l&#8217;équité pour d&#8217;autres. Ce n&#8217;est bien sûr pas l&#8217;objectif ici.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Et la valeur de l&#8217;Humilité ?</h2>
<p style="text-align: justify;">Au contraire, j&#8217;aimerais simplement que l&#8217;on puisse s&#8217;entendre, sur un principe simple :<strong> l&#8217;équation entre travail, rémunération et richesse n&#8217;est pas linéaire.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong></strong>Ou dit autrement,<strong> la rémunération monétaire ne reflète pas parfaitement &#8211; loin de là &#8211; ni l&#8217;effort, ni le mérite, ni même encore la valeur apportée dans la société. De même, toute contribution à la richesse globale n&#8217;est pas toujours dûment récompensée ni même reconnue. Et oui, le travail de certains est parfois nuisible à d&#8217;autres, tandis que la non rémunération de certaines activités constitue un manque à gagner pour le collectif. </strong>En d&#8217;autres termes encore : tout cela est beaucoup trop relatif pour se satisfaire d&#8217;une définition universelle et absolue.<strong><br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ces conclusions admises, il est évident que chacun devrait faire preuve d&#8217;un peu d’humilité avant de se permettre de juger de qui mérite quoi, et au regard de quoi. Devant une telle complexité, tant d&#8217;absurdité, de désarroi, et au final, devant tant de manque de sens, je demeure ébahi que certains, qu&#8217;ils soient &laquo;&nbsp;de droite&nbsp;&raquo; comme &laquo;&nbsp;de gauche&nbsp;&raquo; continuent de nous asséner leurs leçons de (leur) morale&#8230; Et parfois, se regarder dans un miroir avant de juger de la place des autres dans la société ne serait pas un luxe.</p>
<p style="text-align: justify;">« <em>Que celui qui est certain d&#8217;être rémunéré à la juste hauteur de son mérite et de sa contribution à la société lui jette la première pierre</em> » pourrait scander un Jésus des temps modernes à l&#8217;adresse des réactionnaires de tout poil qui dénoncent « <em>le cancer de l&#8217;assistanat</em> », ou, selon d&#8217;autres formules plus polissées, voudraient « <em>remettre les gens au travail</em> » et « <em>ne pas encourager l&#8217;oisiveté</em> ».</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, je me permets de signaler à ceux qui m&#8217;opposent ce genre d&#8217;arguments au revenu de vie, qu&#8217;ils feraient mieux de résoudre d&#8217;abord les problèmes soulignés plus haut avant de juger du caractère moral ou non du revenu universel. Lorsqu&#8217;ils auront résolu ce problème, qu&#8217;ils m&#8217;appellent, je leur file un prix Nobel direct.</p>
<h2 style="text-align: justify;">&laquo;&nbsp;Le problème, c&#8217;est les autres&nbsp;&raquo;</h2>
<p style="text-align: justify;">Le pire, mais en même temps compréhensible, je crois que c&#8217;est encore l&#8217;argument des &laquo;&nbsp;profiteurs&nbsp;&raquo;, qui consiste à dire que la plupart des gens (y compris soi-même, bien entendu) feront bon usage d&#8217;un revenu de base, mais que &laquo;&nbsp;<em>les autres</em> &nbsp;&raquo; en profiteront indument. Vous savez , tous ces gens qui « <em>resteront devant la télé à boire des bières » </em>alors que les autres travailleront dur comme fer&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Laissez moi vous dire un truc tout simple : les profiteurs, c&#8217;est vrai qu&#8217;ils existent, et si ça peut même vous faire plaisir, sachez qu&#8217;ils ont toujours existé et existeront toujours. Il arrive même que les plus honnêtes d&#8217;entre nous en fassent partie, mais plutôt que de le reconnaitre, il est bien sûr plus facile de rejeter la faute sur «<em> les autres</em> » (<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Dissonance_cognitive">dissonance cognitive</a>, tout ça). En vérité, je crois que chaque être humain est tenté de tirer avantage d&#8217;une situation lorsqu&#8217;il peut le faire sans se faire punir, et que cela ne nuit pas directement aux autres (ou qu&#8217;il n&#8217;en voit pas les conséquences). Mais puisque ce comportement est profondément humain, <strong>pourquoi diable vouloir s&#8217;efforcer de lutter contre ?</strong> La lutte contre la nature Humaine n&#8217;a jamais rien produit de bon. D&#8217;autant que même en suivant ces arguments, au nom d&#8217;une minorité de gens, nous priverions tous les autres d&#8217;une <a title="Pourquoi nous avons besoin d’un revenu garanti" href="http://www.tetedequenelle.fr/2011/11/pourquoi-nous-avons-besoin-dun-revenu-garanti/">mesure véritablement émancipatrice</a>. Ça serait dommage, non ?</p>
<p style="text-align: justify;">Accepter le revenu de base, c&#8217;est par essence avoir l&#8217;humilité de ne pas vouloir imposer son propre jugement aux autres. C&#8217;est accepter la possibilité que l&#8217;autre crée des richesses que l&#8217;on ne peut pas voir ou comprendre par son prisme personnel. <strong>C&#8217;est accepter la possibilité d&#8217;avoir tort.</strong> C&#8217;est accepter que parfois, notre propre comportement nuit au moins autant aux autres que ce qu&#8217;ils nous font subir.<strong><br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ceux qui prétendent que toute rémunération ne peut provenir que d&#8217;un travail &laquo;&nbsp;officiel&nbsp;&raquo; ne respectent pas le principe de relativité de toute valeur. Ces gens là, consciemment ou non, voudraient imposer leur vision de ce qui mérite une rémunération ou non. Ils se croient capable de juger les autres, mais ne se remettent jamais en question. Et pour parachever l&#8217;ironie,<strong> ils seront les premiers à vous traiter d&#8217;utopiste alors que leur propre schéma de référence, fondé sur une morale bidon dénuée de toute réalité (malgré des siècles d&#8217;expérimentation), n&#8217;existe même pas.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Osons refuser en bloc ces amalgames, ces raccourcis et autres dénonciations arbitraires qui ne font qu&#8217;attiser les braises du foyer incandescent du populisme et du repli sur soi ! Ces foyers-là qui ne font que réchauffer les soupes dégueulasses des extrémismes et de la guerre civile.</p>
<p style="text-align: justify;">Opposons à cette logique destructrice ce qu&#8217;il nous reste de notre héritage humaniste : le respect mutuel de la dignité et des Libertés de chacun et la confiance en l&#8217;Homme. Bien sûr, la société n&#8217;est pas parfaite, loin de là. Il ne s&#8217;agit donc pas de décréter naïvement la bonté de l&#8217;Homme, mais plutôt de la présumer. Car la présumer, c&#8217;est déjà <a href="http://www.tetedequenelle.fr/2010/09/homme-bon-vs-mauvais/">lui donner une chance d&#8217;exister</a>.</p>
<hr />
<p style="text-align: justify;" title="Partage selon les Conditions Initiales">Illustrations <a href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/2.0/"><img title="Paternité" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_attribution_small.gif" alt="Paternité" border="0" /><img title="Pas d'utilisation commerciale" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_noncomm_small.gif" alt="Pas d'utilisation commerciale" border="0" /><img title="Partage selon les Conditions Initiales" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_sharealike_small.gif" alt="Partage selon les Conditions Initiales" border="0" /></a> <a href="http://www.flickr.com/photos/pichettephoto/4851418270/">Lenny Pichette Photography</a> <a href="http://creativecommons.org/licenses/by/2.0/"><img title="Paternité" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_attribution_small.gif" alt="Paternité" border="0" /></a> <a href="http://www.flickr.com/photos/dominiqs/4162868074/">dominiqs</a></p>
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		<title>Pourquoi nous avons besoin d&#8217;un revenu garanti</title>
		<link>http://www.tetedequenelle.fr/2011/11/pourquoi-nous-avons-besoin-dun-revenu-garanti/</link>
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		<pubDate>Mon, 28 Nov 2011 07:39:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Auteur invité</dc:creator>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Dividende Universel]]></category>
		<category><![CDATA[Nouvelle économie]]></category>
		<category><![CDATA[Revenu de vie]]></category>

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		<description><![CDATA[Le revenu garanti répond à de nombreux maux de notre société tels que la mise à l'écart des rapports humains, de l'économie non-marchande et le gaspillage des ressources naturelles. Voici pourquoi il faut s'intéresser d'urgence à cette solution.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p id="internal-source-marker_0.28609052300453186" style="text-align: justify;" dir="ltr">En complément à mon article sur <a title="objections revenu universel de base" href="http://www.tetedequenelle.fr/2011/04/mauvaises-raisons-revenu-de-vie/">les 10 mauvaises objections au revenu de vie</a>, voici la traduction d&#8217;un texte de C.A. L&#8217;Hirondelle &amp; J.S. Larochelle <strong><a title="basic income reasons" href="http://www.livableincome.org/whyagli.htm">paru sur le site Livable for all</a></strong>. Merci à l&#8217;équipe de traducteurs grâce à qui la diffusion de ce texte a été possible rapidement, et merci également aux auteurs pour leur autorisation de republication.<span id="more-4417"></span></p>
<h2 style="text-align: justify;" dir="ltr">1. Nature</h2>
<p style="text-align: justify;">Un revenu de vie garanti épargnerait la destruction de notre environnement naturel, conséquence inéluctable de la quête de toujours plus de croissance économique sensée assouvir la promesse chimérique du plein emploi. La perte de qualité de l’air, de l’eau, des forêts, des sols, toute forme de vie ne peuvent être mesurées. Vouloir créer le plein emploi pour répondre aux besoins de la population est en train de devenir très couteux, largement inutile, et destructeur à la fois pour les hommes, mais aussi pour la nature et les autres espèces. Le revenu garanti est la manière la plus rapide de répondre NON aux pratiques nuisibles au gaspillage de la société de <a href="http://www.livableincome.org/consumption.htm">sur-consommation</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Le revenu garanti signifie la fin de la guerre entre l’emploi et l’environnement. Dans un monde post-revenu garanti, il n’y aurait plus besoin de gaspiller massivement les ressources juste pour maintenir le niveau d’emploi. Les bénéfices environnementaux du revenu garanti sont impossibles à quantifier car on ne peut mesurer le prix de l’air et de l’eau propres ainsi que des sols fertiles.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Équilibre de population</strong> : Un revenu de vie n’est ni pro-nataliste, ni anti-nataliste. Il créerait un équilibre de population car il supprime le besoin d’avoir une population en expansion, tel que le modèle de croissance économique l’impose. (<a title="basic income and population growth" href="http://www.livableincome.org/agli-population.htm">voir ici</a>)</p>
<h2 style="text-align: justify;">2. Société du bien être</h2>
<p style="text-align: justify;">Un revenu de vie garanti éviterait aux gens de voir leur vie raccourcie ou misérable du fait de la pauvreté et des maladies qu’elle génère. Si les liens entre revenu et santé sont très bien documenté, les coûts (directs et indirects) induits par la pauvreté sont eux incalculables. De même, il est impossible de quantifier la misère humaine ou la perte d’années de vie. Il est également impossible de mesurer les bénéfices sur la santé que procurerait la sérénité de savoir qu’on peut compter sur la stabilité de sa sécurité économique. Ou encore les apports obtenus si les gens avaient plus de temps pour cultiver leurs jardins, préparer des repas sains, ou pratiquer d’autres activités bonnes pour la santé et réductrices des risques de maladies.</p>
<h2 style="text-align: justify;">3. Paix</h2>
<p style="text-align: justify;">Des millions d’emplois dépendent des conflits armés. L’absence de revenu de vie garanti pérennise cette économie de guerre. Une économie basée sur l’organisation de la pénurie et le gaspillage massif est une économie qui génère du désespoir, de la peur, et des conflits. Historiquement, lorsque les gens perdent leurs emplois et leurs revenus, ils attendent de leur gouvernement de prendre toutes les mesures possibles pouvant leur permettre de retrouver du travail, et ceci inclut le développement militaire. Seul un revenu de vie garanti nous donnerait les moyens d’en finir avec l’industrie de la guerre.</p>
<h2 style="text-align: justify;">4. Le choix du travail</h2>
<p style="text-align: justify;">Avec un Revenu de Base, les individus ne seront plus obligé de &laquo;&nbsp;travailler pour vivre&nbsp;&raquo; quelque soit la dangerosité de ce travail pour eux, pour les autres, ou pour l’environnement. Cela permet également au individus d&#8217;avoir des activités bénéfique (voir essentielles) qui sont aujourd&#8217;hui considéré comme non-productive d&#8217;un point de vue financier. Par exemple, le travail bénévole des mères qui éduquent leurs enfants, les malades qui se soignent, ceux qui s’occupent des démunis, qui gèrent des associations locales pour la communauté, le voisinage, ou l’environnement.</p>
<p style="text-align: justify;">Aujourd’hui, beaucoup de mères et d’autres membres de la famille se voient déboutés de leur droit de s’occuper de leurs enfants car ils ne peuvent pas se le permettre financièrement. Prendre soin des autres n’est pas considéré comme étant économiquement “productif”. Et ceux qui le font sont pénalisés financièrement, alors qu’un revenu garanti autorise le choix de préférer investir dans le bien être de sa communauté familiale ou locale.</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Avec un Revenu de Base, il n&#8217;y aurait plus de travail non rémunéré&nbsp;&raquo; Robley E. George</p></blockquote>
<p style="text-align: justify;">Actuellement, ceux qui s’engagent dans le travail bénévole subissent une perte de revenu en raison du cout d’opportunité : le temps passé à réaliser des activités non-marchandes est du temps en moins pour réaliser des activités rémunératrices, marchandes. Et comme les gens sont forcés de passer plus de temps à gagner de l’argent, il devient de plus en plus difficile de se consacrer à des activités non-marchandes quand bien même celles-ci maintiennent les liens familiaux et communautaires. Il est absurde de devoir rappeler l’importance pour une société de prendre soin de sa jeunesse, tant l’avenir de l’Humanité dépend de la manière dont cela est fait.</p>
<p style="text-align: justify;">Un revenu garanti est une manière de libérer le temps et de l’énergie mentale nécessaire à une société enrichissante ou la santé et le bien être sont optimales.</p>
<h2 style="text-align: justify;">5. Liberté</h2>
<p style="text-align: justify;">Seul un revenu de vie garanti peut permettre a la population de se ménager du “temps de vie” plutôt que d’avoir à effectuer des travaux inutiles, vains, dégradants voire dangereux pour l’esprit humain ou la santé. La sécurité économique est seule capable de libérer les êtres de l’exploitation, de la dégradation, et du contrôle de ceux qui ont le pouvoir de les priver de leur moyens de subsistance.</p>
<p style="text-align: justify;">A ceci s’ajoute le facteur de la Libre Volonté tel que le décrit J.S. Larochelle :</p>
<blockquote><p>A l’exception de l’eau, de la nourriture, et des autres ressources de première nécessité, il n’y a aucune raison de consommer des choses accessoires à la seule fin de créer des emplois pour d’autres gens.</p></blockquote>
<h2 style="text-align: justify;">6. Dignité</h2>
<p style="text-align: justify;">Les gens ne devraient pas se sentir humiliés parce qu’ils doivent demander la charité ou solliciter une aide sociale. Les bébés, les enfants, les personnes âgées, les personnes en situation de handicap, ceux à la santé fragile&#8230; forment un groupe de gens que la société cantonne dans la pauvreté parce que ces gens ne seraient pas productifs. Ceci est parfaitement honteux. Un revenu de vie garanti restaurerait la dignité dans nos communautés.</p>
<h2 style="text-align: justify;">7. Démocratie</h2>
<p style="text-align: justify;">La démocratie n’est qu’une grosse blague si elle garantit aux citoyens le droit de vote mais sans leur garantir de quoi manger. Elle n’est qu’une farce si les gens n’ont ni le temps, ni l’énergie ni les moyens de participer au débat politique. Ainsi, les parents célibataires avec un bas revenu, ou encore les personnes en situation de handicap doivent faire face à des obstacles disproportionnés pour faire entendre leurs voies dans le cadre du débat politique.</p>
<h2 style="text-align: justify;">8. Santé</h2>
<p style="text-align: justify;">Aussi longtemps que des millions d’emplois dépendront de la consommation de produits dangereux pour la santé et de l’expansion de l’industrie pharmaceutique et médicale, nous ne pourrons pas nous permettre d’avoir une population en bonne santé.</p>
<h2 style="text-align: justify;">9. Equité</h2>
<p style="text-align: justify;">«<em> Le monde contient bien assez pour les besoins de chacun, mais pas assez pour la cupidité de tous</em> » disait Gandhi. Il y a suffisamment de ressources naturelles dans le monde pour que chacun puisse avoir une vie saine et heureuse. Cependant, d’immenses quantités de ressources sont gaspillées (ou polluées et détruites) pour des activités économiquement inutiles et/ou nuisibles. La richesse des uns ne doit pas envoyer les autres sur le carreau.</p>
<h2 style="text-align: justify;">10. Vers une économie de cycle-de-vie</h2>
<p style="text-align: justify;">Chacun a des centaines d’idées pour contribuer au bien-être de la société. Réinventer les moyens de subsistance, animer des communautés, faire du troc, apprendre à se nourrir sainement, raconter des histoires, conseiller, jouer et rêver sont d’excellentes idées. Mais comme tant de temps, d&#8217;énergie et de ressources sont gaspillées pour des activités économiques nuisibles ou inutiles, l’énergie qu’il nous reste est tout juste suffisante pour n’être qu’un zombie qui consomme quotidiennement sa dose de <em>junk TV</em>, de musique mainstream, de malbouffe, de divertissement ou tout autre forme d’échappatoire. Un revenu de base garanti permettrait de faire un pas vers un système économique basé sur l’affirmation de soi.</p>
<p style="text-align: justify;">Les villes s’agrandissent et les campagnes se vident parce que les gens vont là où ils espèrent trouver du travail. Un revenu de vie garanti permettrait aux gens de réduire leur charges en quittant les villes. Pour certains, cela signifierait aussi une meilleure qualité de vie. On pourrait envisager le développement d’une économie plus locale, avec une production à plus petite échelle, plus de temps libre, plus de troc, plus d’artisanat, plus de musique, plus disponibilité dans le partage des tâches familiales.</p>
<h2 style="text-align: justify;">11. Créativité, innovation et technologie</h2>
<p style="text-align: justify;">Oui, l’homme aime être intelligent et inventer. L’idée est d’avoir plus de temps pour se divertir, pour jouer, pour se reposer et pour rêver &#8211; Ce que suscite en premier lieu les termes innovation et invention. Pourquoi ne bénéficions nous pas des outils technologiques que nous créons pour nous débarrasser des tâches difficiles et répétitives néanmoins nécessaires ? Avec un revenu de base garanti, nous pourrions réellement nous réjouir de chaque nouvelle invention qui remplace le temps et les efforts d’une personne, au lieu de s’inquiéter des pertes d’emplois qui en résulteront. Ce qui est franchement pathétique.</p>
<p style="text-align: justify;">Un revenu de base garanti encouragerai une société “<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Open_source">open source</a>” où chacun serait impliqué dans l’innovation, la collaboration, l’expérimentation et la résolution de problèmes. Une majorité, et non plus une minorité, pourraient ainsi participer à ces activités</p>
<h2 style="text-align: justify;">12. Résolution des problèmes</h2>
<p style="text-align: justify;">Bien évidemment, un revenu de base garanti ne résoudrait pas tous les problèmes (à l’instar de tout autre système présent ou futur). Cependant, un des bénéfices serait de libérer plus de temps et de ressources pour se pencher sur les problèmes qui surviennent. Des gens, seuls ou en groupe, vivent déjà ce genre d’expérience (je pense notamment au mouvement pour l’éducation populaire). Une organisation sociale reposant sur des groupes capables d’apporter des réponses rapides sera essentielle pour faire émerger des communautés de vie dans un monde ayant adopté le revenu de vie garanti.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Transmission des savoirs, compétences, et traditions</strong> : Les actuels impératifs économiques entraînent la raréfaction (jusqu’à leur disparition) de précieuses compétences culturelles. Un revenu de vie garanti permettrait que des ressources actuellement dilapidées pour servir une culture de masse et de faible qualité pourraient être mieux utilisées à une échelle locale et dans une volonté de préserver la diversité artistique et culturelle.</p>
<hr />
<p style="text-align: justify;">Traduction : <a href="http://twitter.com/#!/simplementNat">@Le_gazier</a>, <a href="http://twitter.com/JeffRenault">Jeff</a>, <a href="http://twitter.com/#!/simplementNat">Nathanaël</a> et les anonymes contributeurs <img src='http://www.tetedequenelle.fr/wp-includes/images/smilies/icon_smile.gif' alt=':)' class='wp-smiley' /> </p>
<p style="text-align: justify;">Illustration <a href="http://creativecommons.org/licenses/by/2.0/"><img title="Paternité" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_attribution_small.gif" alt="Paternité" border="0" /></a> <a href="http://www.flickr.com/photos/shaynekaye/3736351448/">Shayne Kaye</a></p>
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		<title>Les piliers du libéralisme</title>
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		<pubDate>Thu, 11 Aug 2011 16:59:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Crise Démocratique]]></category>
		<category><![CDATA[Dividende Universel]]></category>
		<category><![CDATA[Egalité]]></category>
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		<category><![CDATA[Liberté]]></category>

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		<description><![CDATA[En ces temps de crise où il de bon ton de critiquer à tout va l'« ultralibéralisme », le « néolibéralisme » et tout ce qui caractérise une certaine forme de libéralisme économique en omettant de préciser que tout un autre pan du libéralisme (philosophique et politique) a été progressivement passé à la trappe au cours du XXème siècle, il me semble nécessaire de réaffirmer les principes fondateurs du "vrai" Libéralisme : les libertés individuelles bien sûr, mais aussi leurs indispensables corollaires : l'égalité, la responsabilité, la non-nuisance.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">En ces temps de crise où il de bon ton de critiquer à tout va l&#8217;« ultralibéralisme », le « néolibéralisme » et tout ce qui caractérise une certaine forme de libéralisme économique en omettant de préciser que tout un autre pan du libéralisme (philosophique et politique) a été progressivement passé à la trappe au cours du XX<sup>ème</sup> siècle, il me semble nécessaire de réaffirmer les principes fondateurs du &laquo;&nbsp;vrai&nbsp;&raquo; Libéralisme : les libertés individuelles bien sûr, mais aussi leurs indispensables corollaires : l&#8217;égalité, la responsabilité, la non-nuisance.<span id="more-3884"></span></p>
<h2 style="text-align: justify;">Les libertés individuelles</h2>
<p style="text-align: justify;">Le Libéralisme, ne l&#8217;oublions pas, est une philosophie issue du courant Humaniste des <em>Lumières</em>. La conviction de ces derniers ? En très bref, que l&#8217;Homme a des droits fondamentaux, et que plus il est libre, mieux la société se porte. Par exemple, la liberté d&#8217;expression, de circulation, d&#8217;entreprise, et de propriété privée sont directement issues de cette philosophie.</p>
<p style="text-align: justify;">Et il serait bon de s&#8217;en souvenir avant de jeter le libéralisme avec l&#8217;eau nauséabonde du capitalisme dégénéré que nous pouvons observer aujourd&#8217;hui rien qu&#8217;en regardant l&#8217;actualité&#8230;</p>
<h2 style="text-align: justify;">La non-nuisance</h2>
<p style="text-align: justify;">Quand bien même les libertés individuelles sont essentielles au fonctionnement du Libéralisme, il faut bien comprendre qu&#8217;il serait vain de rechercher une liberté absolue. La simple confrontation des libertés de chacun face aux libertés de ses semblable aboutit d&#8217;ailleurs à la définition communément admise de la Liberté :</p>
<blockquote><p>La liberté des uns s&#8217;arrête là où commence celle des autres</p></blockquote>
<p style="text-align: justify;">Cette expression n&#8217;est que l&#8217;affirmation d&#8217;un principe cher aux libéraux : la <strong>non-nuisance</strong>. Or, celle-ci ne peut être garantie en société que si les individus sont <strong>responsables</strong> de leurs actes vis à vis de leurs concitoyens. (D&#8217;où la nécessité d&#8217;une Justice efficace, mais aussi d&#8217;un système d&#8217;éducation).</p>
<p style="text-align: justify;">Il est également évident que ce principe de non-nuisance ne peut que se fonder sur un droit parfaitement impartial, qui ne privilégie personne, si ce n&#8217;est tout le monde. Bref, un droit qui respecte l&#8217;<strong>égalité des citoyens</strong>. En effet, dans le cas contraire, certains seront bien rapidement avisés de profiter de leurs avantages pour exploiter autrui, car bénéficiant d&#8217;un statut autorisant légalement ce type d&#8217;agissement que les autres ne peuvent remettre en cause.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est en vertu de ce principe d&#8217;égalité que les libéraux (enfin <a title="libéraux de gauche" href="http://www.libgauche.fr/">certains</a>) sont favorables à une <a href="http://www.wikiberal.org/wiki/Allocation_universelle">allocation universelle</a>, qui, en plus de permettre un respect le plus total du droit à la dignité humaine telle qu&#8217;inscrite dans la Déclaration des Droits de l&#8217;Homme et du Citoyen, a aussi le grand mérite de ne favoriser personne comme c&#8217;est aujourd&#8217;hui le cas dans notre système anti-social, corporatiste et générateur de jalousie.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Pas de liberté sans interdépendance</h2>
<p style="text-align: justify;">Maintenant, imaginons une personne seule sur une île déserte d&#8217;habitants. Cette personne étant seule, elle ne peut à priori nuire à personne&#8230; La liberté totale, n&#8217;est-ce pas ?</p>
<p style="text-align: justify;">Et bien non. Parce qu&#8217;elle est seule, cette personne devra passer beaucoup de son temps à la cueillette, la chasse, la construction de son habitation et de toute ce qui peut garantir sa sécurité, et peut être ensuite son confort. Autant dire qu&#8217;il ne restera pas beaucoup de temps libre à notre Robinson.</p>
<p style="text-align: justify;">En vérité, cette personne serait beaucoup plus libre (et heureuse) si elle pouvait partager ces tâches avec un ou plusieurs compagnons. Ce qui m&#8217;amène à rejeter catégoriquement l&#8217;adage selon lequel le Libéralisme c&#8217;est le « <em>chacun pour soi</em> ». Au contraire, des individus libres ont naturellement intérêt à coopérer entre eux : cela leur permet de gagner du temps, et de s&#8217;enrichir mutuellement.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-3898" title="cordée" src="http://www.tetedequenelle.fr/wp-content/uploads/2011/08/cord%C3%A9e.jpg" alt="" width="600" height="450" /></p>
<p style="text-align: justify;">A grande échelle, une société libre n&#8217;est rien d&#8217;autre qu&#8217;une société où les citoyens sont en interdépendance entre eux à de multiples égards. De sorte que <strong>cette interdépendance les rend responsables</strong> les uns vis à vis des autres. Si le cordonnier facture trop cher son client, ce dernier, vendeur de poisson, pourrait éventuellement se venger en vendant lui vendant en retour du poisson pourri&#8230; De telle sorte que le cordonnier n&#8217;a aucun intérêt à être méchant gratuitement.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce n&#8217;est que parce que nous sommes dans une société non-libre, où la plupart des gens sont sous pressions financière (et donc sous pression partout ailleurs) que l&#8217;irresponsabilité se développe. Ce qu&#8217;on appelle aujourd&#8217;hui &laquo;&nbsp;entreprises&nbsp;&raquo; ne sont malheureusement bien souvent que des organisations de travail semi-forcé où les salariés doivent renoncer à leurs éthiques personnelles par instinct de survie, mais aussi car <strong>ils sont confortés par la déshumanisation de ce type de structures, où tout le monde est responsable, donc personne</strong>.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Libéralisme et État</h2>
<p style="text-align: justify;">Le Libéralisme ne refuse pas par principe l&#8217;existence d&#8217;un État, mais il craint légitimement ce dernier car il sait que <strong>le pouvoir est autodestructeur pour l&#8217;individu qui en est détenteur</strong>. Dès lors, il favorise dès qu&#8217;il le peut les structures privées, à priori davantage contrôlées par l&#8217;interdépendance qui existe entre les individus, alors que l’État, tel que nous le connaissons aujourd&#8217;hui, est rongé par l&#8217;irresponsabilité ambiante, alimentée notamment par le confort économique mais aussi moral qui règne dans les structures &laquo;&nbsp;publiques&nbsp;&raquo; autant que dans la sphère politique.</p>
<p style="text-align: justify;">Néanmoins, en 2011, avec internet, les technologies et tout ce qui constitue le progrès de notre société, il faudrait être profondément pessimiste pour ne pas observer les immenses marges de progrès que nous pourrions réaliser dans la gestion des affaires d&#8217;état et administrations publiques. Plus que jamais, il faut construire de nouveaux contre-pouvoirs qui permettent aux citoyens de faire valoir leurs droits, leurs mécontentements, et toutes les remontrances qu&#8217;ils veulent émettre à l&#8217;égard du pouvoir.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous pourrions même aller plus loin en confiant à la société civile la gestion directe de certaines fonctions de l&#8217;Etat providence d&#8217;aujourd&#8217;hui. Et je ne vous parle pas de &laquo;&nbsp;privatisations&nbsp;&raquo;, mais de rendre au contraire encore plus publique que jamais la chose étatique, par des coopératives, des fondations, des associations, des collectifs, bref des organismes beaucoup plus transparents, ouverts, proches des citoyens, et donc plus efficaces dans la réalisation de leurs objectifs. La collectivisation des efforts n&#8217;est pas anti-libérale, si celle-ci se fait par le <strong>consentement explicite</strong> et le concours volontaire des citoyens !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le Libéralisme ne refuse pas le pouvoir où l&#8217;autorité par principe, il refuse de se soumettre à un pouvoir qu&#8217;il n&#8217;a pas choisi et/ou qu&#8217;il ne peut pas surveiller, contester, renverser, ou concurrencer.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Dès lors, des mesures comme <a title="tirage au sort chouard" href="http://postjorion.wordpress.com/2011/05/13/175-etienne-chouard-tirage-au-sort-1/">le tirage au sort</a>, l&#8217;<a title="données publiques" href="http://owni.fr/2011/04/06/dis-papa-cest-quoi-lopen-data/">ouverture des données publiques</a>, s&#8217;imposent comme évidentes aux yeux des libéraux.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Il faut réhabiliter le Libéralisme</h2>
<p style="text-align: justify;">Il faut arrêter de voir le Libéralisme par le bout de la lorgnette, et <strong>sous le regard biaisé des médiocrates</strong> et autres dictateurs de l&#8217;opinion publique. Le pilier du Libéralisme, c&#8217;est avant tout l&#8217;Homme. C&#8217;est moi, c&#8217;est vous, c&#8217;est nous.</p>
<p style="text-align: justify;">Si une société pseudo &laquo;&nbsp;libérale&nbsp;&raquo; produit des injustices, et des nuisances quelconques qui nuisent in fine à la liberté de certains individus, c&#8217;est que les règles initiales qui régissent cette société ne respectent pas totalement le principe de liberté (donc cette société n&#8217;est pas <em>libérale</em>). Et dès lors, l&#8217;exigence de tout libéral devrait être de se pencher sur ces règles afin de comprendre ce qui ne fonctionne pas bien (là où les socialistes cherchent essentiellement à corriger les méfaits du système).</p>
<p style="text-align: justify;">En accusant le libéralisme de tous les maux, ce sont des principes nobles que certains rejettent. <strong>Voulons-nous vraiment moins de Liberté, moins de responsabilité, moins d&#8217;égalité ?</strong> Au nom d&#8217;un système qui est complètement parti en vrille, devrions-on renoncer à l&#8217;Héritage des <em>Lumières</em> en nous repliant sur nous même, en attendant le secours d&#8217;un état &laquo;&nbsp;providence&nbsp;&raquo; qui n&#8217;a fait que faillir à ses missions depuis 30 ans ?</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-3891" title="right-path" src="http://www.tetedequenelle.fr/wp-content/uploads/2011/08/right-path.jpg" alt="" width="600" height="401" /></p>
<p style="text-align: justify;">J&#8217;ai la faiblesse de penser le contraire. <strong>Cette crise n&#8217;est pas qu&#8217;une crise financière</strong>, alimentée par de méchants spéculateurs qui profitent de la libre circulation des capitaux et marchandises.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette crise est aussi l&#8217;<strong>échec de l’État</strong>, du pouvoir centralisé, totalement soumis au capitalisme, à l&#8217;oligarchie, et qui en oublie complètement l&#8217;intérêt des citoyens dont ils sont pourtant les représentants. Je vous parle de cet état qui sauve la finance mondiale, qui entretient les déficits sans penser aux générations suivantes, et qui divise toujours plus les citoyens par un système social kafkaïen. <strong>Plus que du libéralisme, ceci est une crise du capitalisme</strong>, de l&#8217;emprise de certains intérêts privés sur la sphère publique, et de l&#8217;oppression de ce pouvoir sur les citoyens. Enfin et surtout, cette période témoigne d&#8217;une <strong>crise humaine</strong>, où tout est intermédié, de sorte que chacun se déleste de sa propre responsabilité vis à vis de lui même, et de ses voisins. C&#8217;est donc aussi une <strong>crise de moutonnisme</strong>, caractérisée par la faillite du libre arbitre et la victoire de la pensée unique.</p>
<p style="text-align: justify;">Et pour bouleverser tout ça, croyez moi, il va falloir une bonne dose de Libéralisme.</p>
<hr />
<p style="text-align: justify;">A lire aussi :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li><a title="La voie libérale vers la décroissance" href="http://www.tetedequenelle.fr/2011/07/decroissance-mondialisation-revenu-de-vie/">La voie libérale vers la décroissance</a></li>
<li><a title="La planification capitaliste contre le libéralisme" href="http://www.tetedequenelle.fr/2010/10/planification-capitaliste-vs-liberalisme/">La planification capitaliste contre le libéralisme</a></li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Crédits illustrations : <a href="http://creativecommons.org/licenses/by-nd/2.0/"><img title="Paternité" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_attribution_small.gif" alt="Paternité" border="0" /><img title="Pas de modification" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_noderivs_small.gif" alt="Pas de modification" border="0" /></a> <a title="Attribution-NoDerivs License" href="http://www.flickr.com/photos/hogeslag/2730620315/">Rob Hogeslag</a> <a href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/2.0/"><img title="Paternité" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_attribution_small.gif" alt="Paternité" border="0" /><img title="Pas d'utilisation commerciale" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_noncomm_small.gif" alt="Pas d'utilisation commerciale" border="0" /><img title="Partage selon les Conditions Initiales" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_sharealike_small.gif" alt="Partage selon les Conditions Initiales" border="0" /></a> <a href="http://www.flickr.com/photos/federico_soffici/2130802144/">federico.soffici</a> <a href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/2.0/"><img title="Paternité" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_attribution_small.gif" alt="Paternité" border="0" /><img title="Pas d'utilisation commerciale" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_noncomm_small.gif" alt="Pas d'utilisation commerciale" border="0" /><img title="Partage selon les Conditions Initiales" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_sharealike_small.gif" alt="Partage selon les Conditions Initiales" border="0" /></a> <a href="http://www.flickr.com/photos/b00nj/4797001021/">b00nj</a></p>
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		</item>
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		<title>Une voie libérale vers la décroissance</title>
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		<pubDate>Thu, 07 Jul 2011 15:23:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[crise]]></category>
		<category><![CDATA[Décroissance]]></category>
		<category><![CDATA[Dividende Universel]]></category>
		<category><![CDATA[Libéralisme]]></category>
		<category><![CDATA[Revenu de vie]]></category>

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		<description><![CDATA[Si les idées des décroissants sont intéressantes, ce projet de société n'est pas le meilleur point de départ vers une nouvelle société. Il serait davantage à mes yeux un état de fait, une fois que les changements nécessaires vers une société plus démocratique, plus libre, et plus juste auront vu le jour. Mais pour éventuellement en arriver là, le revenu minimum garanti constitue une étape incontournable.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">J&#8217;ai déjà exposé sur ce blog mes affinités avec le mouvement de la décroissance. En effet, derrière ce terme un brin provocateur, j&#8217;y vois <a title="Paul Ariès décroissance" href="http://www.tetedequenelle.fr/2010/08/paul-aries-decroissance/">un projet de société cohérent</a>. J&#8217;ai d&#8217;ailleurs moi-même tenté de démontrer sur ce blog l&#8217;évidence que <a title="La croissance économique décroissance" href="http://www.tetedequenelle.fr/2010/12/croissance-economique-bout-du-rouleau/">notre modèle de croissance est à bout de souffle</a>, notamment car le <a title="compromis fordiste" href="http://feneuille-ses-fordisme.blogspot.com/2009/12/le-compromis-fordiste.html">compromis fordiste</a> n&#8217;est plus honoré : la croissance n&#8217;empêche plus le chômage, les inégalités croissantes, l&#8217;intégration sociale par le travail, le progrès humain d&#8217;une manière générale. Notre croissance ne sert plus guère qu&#8217;à rembourser les intérêts d&#8217;une dette, cette <a title="arnaque dette" href="http://postjorion.wordpress.com/2011/06/23/191-aj-holbecq-larnaque-de-la-dette/">arnaque</a> qui enrichit les poches de l&#8217;élite capitaliste.<span id="more-3765"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Pour toutes ces raisons, je ne suis pas effrayé d&#8217;envisager une décroissance (y compris du PIB), si celle-ci est accompagnée de modifications structurelles des modes de production, de consommation, qui aboutiraient à une économie plus efficiente, juste, et riche socialement.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette position là suscite d&#8217;ailleurs des hérissements de poils chez certains de mes amis libéraux, tandis que d&#8217;autres, plutôt à gauche, m&#8217;interpellent également car ils ne comprennent pas que je mette le <a href="http://www.tetedequenelle.fr/tag/dividende-universel">revenu de vie</a> avant tout autre thème, et notamment celui de la décroissance.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est pourquoi il me semble important de préciser ici ma vision de la décroissance et de son lien avec le revenu de vie et le libéralisme que je défend. Je vais tenter de démontrer que si les idées des décroissants sont intéressantes, ce projet de société n&#8217;est pas forcément le bon point de départ vers une nouvelle société. Il serait en revanche davantage un état de fait, une fois que les changements nécessaires vers une société plus démocratique, plus libre, et plus juste auront vu le jour. Mais pour éventuellement en arriver là, <strong>le revenu minimum garanti constitue une étape incontournable</strong>.</p>
<h2 style="text-align: justify;">La décroissance est déjà là</h2>
<p style="text-align: justify;">Tout d&#8217;abord, je voudrais pointer du doigt le fait que la décroissance est d&#8217;une certaine manière, déjà en train de se dérouler sous nos propres yeux. Il suffit de regarder le graphique ci-dessous de <a title="décroissance pib richesses" href="http://www.les-crises.fr/historique-pib-france/">Olivier Berruyer</a> pour s&#8217;en convaincre : l&#8217;économie est aujourd&#8217;hui en phase d&#8217;atterrissage, avec une croissance qui n&#8217;en finit pas de ralentir depuis la fin des <em>Trente glorieuses</em>.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignnone size-full wp-image-3780" title="evolution-pib-france-berruyer" src="http://www.tetedequenelle.fr/wp-content/uploads/2011/07/evolution-pib-france-berruyer-e1309706938964.jpg" alt="" width="600" height="403" /></p>
<p style="text-align: justify;">Et ce n&#8217;est pas les déclarations optimistes de Mme Lagarde et autres charlatans de gauche comme de droite qui nous promettent reprise, luxe et plein-emploi qui y changeront grand chose, car aucun signe ne tend aujourd&#8217;hui à renverser la tendance aujourd&#8217;hui. Il suffit de regarder ce qui se passe <a title="crise grèce" href="http://owni.fr/2011/06/26/la-crise-grecque-au-dela-de-la-mythologie/">en Grèce</a>, <a title="crise espagne" href="http://www.slate.fr/lien/40191/espagne-50-milliards-avoirs-immobiliers-toxiques#">en Espagne</a>, <a title="crise portugal" href="http://fr.myeurop.info/2011/04/07/l-europe-a-tout-interet-a-sauver-le-portugal-2058">au Portugal</a>, <a title="crise angleterre bank of england" href="http://www.guardian.co.uk/business/2010/nov/29/banks-money-pump-keeps-economy-going">en Angleterre</a>, <a title="crise irlande" href="http://www.tetedequenelle.fr/2011/03/crise-dette-irlande/">en Irlande</a> et <a title="faillite etats unis dette" href="http://owni.fr/2011/06/06/dette-americaine-pilier-vacillant-dun-systeme-financier-mondial/">aux Etats-Unis</a> pour comprendre que le temps n&#8217;est pas à la reprise, bien au contraire :<strong> tous les indicateurs sont au rouge</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La France n&#8217;y échappera pas</strong>. Quel que soit le résultat des échéances électorales de 2012, <a title="agences de notations aaa 2012" href="http://www.youtube.com/watch?v=iv5dnTbytDM">dès que les agences de notation nous tomberont dessus</a>, le gouvernement sera contraint de se plier à la loi des marchés financiers. C&#8217;est à dire à appliquer des restrictions budgétaires qui feront fléchir encore plus les maigres espoirs de croissance et plongerons la France dans une crise similaire à celle de la Grèce.</p>
<p style="text-align: justify;">Tout projet politique qui ne prend pas en compte cette réalité économique et sociale n&#8217;est qu&#8217;un vœu pieux qui ne nous amènera que de lendemains difficiles. Il n&#8217;y a pas aujourd&#8217;hui besoin d&#8217;être &laquo;&nbsp;décroissant&nbsp;&raquo; pour comprendre tout cela, et que l&#8217;enjeu aujourd&#8217;hui n&#8217;est pas tant de rechercher la croissance pour relancer une machine détraquée, que de mettre en place une structure économique qui puisse supporter socialement une croissance faible, nulle voire négative pour les années à venir.</p>
<p style="text-align: justify;">Ma position est donc tout d&#8217;abord pragmatique : face au déclin déjà palpable et qui ne peut que continuer, il est urgent de renouveler le modèle social français afin d&#8217;éviter la désintégration totale de la société.</p>
<h2 style="text-align: justify;">L&#8217;urgence sociale d&#8217;un nouveau pacte social</h2>
<p style="text-align: justify;">Soyons lucides : en plus d&#8217;une croissance en berne (et d&#8217;un <a title="mythe du plein-emploi" href="http://www.tetedequenelle.fr/2010/11/plein-emploi-ne-reviendra-pas/">inatteignable plein-emploi</a>), notre modèle social est entaché de nombreux méfaits qui ne résolvent rien au problème : l&#8217;exclusion sociale, les radiés du chômage, les fortunés assistés, les travailleurs pauvres, la souffrance au travail, et toutes les conséquences néfastes de notre machine à jalousie.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;autre problème, c&#8217;est que notre modèle social n&#8217;est pas du tout conçu pour réduire les inégalités, ou pour anéantir la pauvreté. Le modèle social français, c&#8217;est avant tout un vaste système assurantiel. Allocations chômage, maladie, vieillesse, ne sont que des dispositifs nationalisés d&#8217;assurance pour les travailleurs. Mais dans un pays où le véritable taux de chômage doit probablement approcher les 15%, cette logique crée de plus en plus d&#8217;exclus (appelés ensuite &laquo;&nbsp;assistés&nbsp;&raquo;).</p>
<p style="text-align: justify;">Il y a un grand désarroi dans la société : face au déclin, la tentation de se tourner vers des boucs émissaires se fait sentir : <a title="roms sarkozy ta gueule" href="http://www.tetedequenelle.fr/2010/09/on-sen-fout-des-roms/">roms</a>, <a title="rsa revenu citoyen" href="http://www.tetedequenelle.fr/2011/05/wauquiez-rsa-revenu-de-vie/">assistés</a>, <a title="Le match de 2012 : revenu maximal contre revenu universel" href="../2011/03/de-villepin-revenu-citoyen/">riches</a>,  immigrés&#8230; peu importe qui sera la victime, le fait est que l&#8217;on est bien loin du rêve républicain de Liberté, de l&#8217;égalité, et de la Fraternité&#8230; L&#8217;eau bout depuis trop longtemps déjà, et la moindre étincelle pourrait couter cher à la démocratie, comme la montée des extrêmes en témoigne.</p>
<p style="text-align: justify;">Le revenu de vie est le seul moyen de gérer ce déclin sans trop de casse. Anéantir l’extrême pauvreté, c&#8217;est non seulement respecter le <a title="« Activité sociale » contre RSA: une contrepartie illégitime !" href="http://www.tetedequenelle.fr/2011/05/wauquiez-rsa-revenu-de-vie/">droit fondamental à la dignité</a> tel qu&#8217;inscrit dans la Déclaration de l&#8217;Homme et du Citoyen, mais c&#8217;est aussi <strong>garantir la paix sociale</strong>. Il faut désamorcer le piège dans lequel le modèle pseudo social et démocrate est en train de nous faire plonger, en attisant sans cesse les jalousies, les ressentiments, les injustices etc.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est temps de se réveiller : les vieux rêves de croissance sont terminés. Éviter la <a title="dictature économique" href="../2011/05/la-tentation-de-la-dictature/">dictature économique</a>, le fascisme, ou la guerre civile, voilà où nous en sommes aujourd&#8217;hui. La décroissance viendra peut être un peu plus tard&#8230;</p>
<h2 style="text-align: justify;">Le revenu garanti et la reconnaissance de la valeur non-marchande</h2>
<p style="text-align: justify;">Par nature, reconnaitre la légitimité d&#8217;un revenu universel, c&#8217;est déjà faire un premier pas vers la décroissance. Villepin, pourtant classé à droite, le dit lui-même entre les lignes d&#8217;un <a title="revenu citoyen" href="http://www.dominiquedevillepin.fr/2011/06/07/rsa-minima-sociaux-solidarite/">billet</a> défendant son &laquo;&nbsp;revenu citoyen&nbsp;&raquo; :</p>
<blockquote><p>Un étudiant de famille modeste, au lieu de devoir travailler pour financer des études et, à cause de cela, les réussir moins bien, pourra s’y consacrer grâce à ce revenu citoyen, car étudier, c’est servir l’intérêt général.</p>
<p>Une femme d’agriculteur qui aide son mari dans l’exploitation agricole mais qui ne peut pas se verser de salaire pourra recevoir le revenu de citoyenneté, car travailler aussi durement, tout le monde doit en convenir, c’est contribuer à l’intérêt général.</p>
<p>Permettre à une mère seule qui élève des enfants qui ne vont pas encore à l’école de leur donner plus de stabilité et plus de perspectives grâce au revenu citoyen, c’est moins de chances gâchées, moins d’échec scolaire et moins de risque de délinquance, n’est-ce pas servir l’intérêt général.</p></blockquote>
<p style="text-align: justify;">On le voit : le revenu citoyen de Villepin est en partie motivé par une remise en cause de la &laquo;&nbsp;valeur travail&nbsp;&raquo; si chère aux autres formations politiques. Villepin a le mérite de reconnaitre que certaines activités ne créent peut être pas des richesses palpables directement en termes de PIB, mais ne restent pas moins &laquo;&nbsp;utiles&nbsp;&raquo; socialement. Remettre en cause la religion du travail, c&#8217;est déjà admettre qu&#8217;il existe des richesses qui valent plus qu&#8217;un bulletin de salaire.</p>
<p style="text-align: justify;">Et honnêtement, si cela n&#8217;est pas en phase avec la décroissance, je ne sais pas ce que c&#8217;est ! Alors certes, Villepin (ou Boutin) ne parlent pas de &laquo;&nbsp;décroissance&nbsp;&raquo; en ces termes, mais de fait, il est bien dans une logique qui l&#8217;amène (malgré lui, surement) vers cette voie. Tandis que la décroissance est un sujet clivant, le revenu garanti est un concept susceptible de rassembler au delà des rivalités politiques. Et c&#8217;est ce qui rend cette mesure autrement plus importante que la décroissance.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Non à la décroissance forcée</h2>
<p style="text-align: justify;"><img class="size-medium wp-image-3800 alignright" title="ecology" src="http://www.tetedequenelle.fr/wp-content/uploads/2011/07/ecology-265x300.jpg" alt="" width="265" height="300" />La décroissance n&#8217;est possible que s&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;un projet de société fondé sur la liberté des individus. Et c&#8217;est en fait ce point qui me sépare le plus de certains objecteurs de croissance, qui voudraient imposer ce choix par une forme de transition plus ou moins contrôlée par le corps politique.</p>
<p style="text-align: justify;">Je me méfie beaucoup de cette approche qui me semble dangereuse pour plusieurs raisons. Tout d&#8217;abord car vu l&#8217;état actuel de notre &laquo;&nbsp;<a title="La démocratie en crise" href="http://www.tetedequenelle.fr/2010/09/democratie-hermetique/">démocratie</a>&nbsp;&raquo; , le risque d&#8217;une dérive autoritaire n&#8217;est pas négligeable, mais surtout car cette approche va à l&#8217;encontre à la fois des principes libéraux que je défend, mais aussi à l&#8217;encontre du succès même du projet de décroissance.</p>
<p style="text-align: justify;">Je m&#8217;explique : comme je le dis souvent sur ce blog, les grands changements ne viendront pas d&#8217;en haut, par des décisions politiques unilatérales. Le changement de société ne peut aboutir que suite à des décisions individuelles qui, si elles se généralisent, aboutiront à de nouveaux phénomènes de masse. L&#8217;évolution se fera par réaction mimétique de la masse, guidée par les premiers qui enclenchent actuellement le mouvement, en modifiant volontairement leurs comportements. Les petits ruisseaux font les grandes rivières.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais je n&#8217;apprends certainement rien aux décroissants, qui parlent souvent de &laquo;&nbsp;sobriété heureuse&nbsp;&raquo;, de &laquo;&nbsp;<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Simplicit%C3%A9_volontaire">simplicité volontaire</a>&laquo;&nbsp;. Selon Paul Ariès, la décroissance est d&#8217;ailleurs dès l&#8217;origine une démarche individuelle plus qu&#8217;un mouvement politique. Et il est évident que <strong>c&#8217;est la seule voie crédible pour parvenir à une société de la décroissance</strong>. Une décroissance qui se ferait par le contrôle, la coercition, l&#8217;autoritarisme, ne mènera guère qu&#8217;à davantage de ressentiment, et provoquera la résistance de certaines classes de la population.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce n&#8217;est pas en interdisant les 4&#215;4, la spéculation, les pesticides etc. que l&#8217;on supprimera la volonté (voir le désir) de certains d&#8217;y recourir. On ne ferait que créer davantage de frustrations qu&#8217;il n&#8217;en existe déjà. En revanche, si vous-mêmes vous abstenez d&#8217;en utiliser, et que vous vous en portez plutôt mieux et que vous le dites autour de vous, il y a une chance que, sans aucunes mesures politiques spécifiques, la demande globale pour ce genre de produits/services finisse par diminuer, et même que le marché pourrait s&#8217;adapter à de telles évolutions&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Provoquer le changement sans brimer les libertés : voilà la clé.</strong></p>
<h2 style="text-align: justify;">Revenu garanti, préalable nécessaire à la décroissance</h2>
<p style="text-align: justify;">Seulement voilà, tout cela est bien beau sauf que nous vivons dans une société sclérosée, ou les comportements individuels sont difficiles à changer, pour différentes raisons.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="size-full wp-image-3805 alignleft" style="margin-left: 5px; margin-right: 5px;" title="chains-system" src="http://www.tetedequenelle.fr/wp-content/uploads/2011/07/chains-system.jpg" alt="" width="245" height="313" />Consommer bio, favoriser les circuits de distribution courts en allant au marché le matin, c&#8217;est génial, mais quand le rythme de vie est régulé par le métro-boulot-dodo, il restera toujours plus facile et convénient de faire ses courses au Monoprix du coin. De même, tant que la pression du chômage et de l&#8217;exclusion seront aussi présentes (et c&#8217;est parti pour durer), il sera difficile d&#8217;inciter les gens à prendre des risques pour s&#8217;adonner à leurs activités préférées, à lancer leur social business.</p>
<p style="text-align: justify;">Tant que les médias se réjouiront périodiquement de l&#8217;augmentation de la consommation des ménages, il sera difficile de convaincre que consommer moins puisse être une bonne chose, surtout quand la consommation devient un exutoire contre le malaise au travail&#8230; Comment attendre des gens qu&#8217;ils cultivent leur jardin alors qu&#8217;on les entasse toujours plus en ville, là où il y a du travail ? Comment demander aux agriculteurs de se mettre à la permaculture alors que <a title="pac industriels agroalimentaire" href="http://www.courrierinternational.com/article/2009/08/01/la-pac-un-jackpot-pour-les-industriels">la Politique agricole commune favorise les industriels</a> au détriments des petits producteurs ?</p>
<p style="text-align: justify;">La télévision, les médias mainstream, le divertissement tiennent l&#8217;opinion publique par la laisse, lui dictant ce qu&#8217;il est de bon ton de penser, de faire, de consommer. Les entreprises maintiennent le salariat dans une forme de servitude moderne qui force la majorité des gens à travailler pour des entreprises qui font le contraire de leurs convictions, tout ceci entretenu par un système social défaillant qui punit les pseudo inactifs en les tenant par les couilles du porte-monnaie, encourageant ces derniers à vite retrouver leur place de pion au sein d&#8217;une entreprise quelconque pour éviter la radiation fatale. L&#8217;intervention de l&#8217;état conforte le statu quo en arrosant l&#8217;économie traditionnel de subventions, de lois protectrices, de statuts privilégiés, qui se chargent de disqualifier ceux qui voudrait jouer avec d&#8217;autres règles.</p>
<p style="text-align: justify;">Bref, tout semble fait pour que rien ne bouge, et que les audacieux progressistes restent cantonnés à leur rôle de &laquo;&nbsp;représentant d&#8217;une idéologie utopiste&nbsp;&raquo;, histoire de varier un petit peu les sujets du JT, ou pour faire preuve d&#8217;un peu de diversité dans les panels des plateaux TV.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est précisément ici que le revenu minimum garanti prend toute son importance. <strong>Pour pouvoir changer, les individus ont besoin d&#8217;avoir davantage la liberté afin de se détacher du système économique qui les contraint aujourd&#8217;hui à adopter des règles qu&#8217;ils réprouvent bien souvent.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Sans être une &laquo;&nbsp;panacée&nbsp;&raquo;, le revenu minimum garanti est un levier de changement des comportements très puissant, et notamment en vue d&#8217;une démarche de décroissance. Car le revenu universel est tout d&#8217;abord un moyen de favoriser les activités non-marchandes artistiques (ce qui permet d&#8217;ailleurs de <a title="licence globale revenu artiste" href="http://blog.romainriviere.fr/2011/06/il-faut-rejeter-la-licence-globale/">surpasser la logique de la licence globale</a>), sociales, et surtout de rendre aux citoyens la maitrise de leurs vies, par le choix désormais possible de travailler moins tout en gagnant suffisamment pour vivre décemment, et en pratiquant une activité qui a du sens pour eux.</p>
<p style="text-align: justify;">Car la crise actuelle du capitalisme n&#8217;est pas seulement une crise économique de plus. <strong>Nous assistons à une crise de valeurs et de déshumanisation des échanges</strong>. Nos entreprises n&#8217;ont pas perdu contre les chinois, elles ont perdu contre elles-mêmes en déshumanisant leurs processus de production, en divisant les gens, en organisant la ressource travail comme une vulgaire matière première. Le problème n&#8217;est pas tant que les multinationales détruisent l&#8217;environnement ou le tissu économique, mais plutôt que de nombreuses personnes cautionnent leurs agissements en travaillant pour elles, par confort bien souvent.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Remettre un peu de sens au centre de la vie de chacun en permettant réellement de <a title="revenu garanti travail" href="http://owni.fr/2011/03/17/revenu-garanti-travail-choisi/">choisir son travail</a>, voilà qui peut donc faire la différence.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignnone size-full wp-image-3803" title="this way, that way" src="http://www.tetedequenelle.fr/wp-content/uploads/2011/07/direction.jpg" alt="" width="600" height="384" /></p>
<p style="text-align: justify;">Finalement, le revenu de vie permet simplement aux citoyens d&#8217;avoir davantage le choix. Feront-ils le choix de la simplicité volontaire et de la décroissance ? J&#8217;ai l&#8217;intuition que oui. Mais <strong>seule l&#8217;expérience du revenu universel saurait le démontrer</strong>. Si les idées de la décroissance sont suffisamment fortes, alors oui, un plus grand nombre de gens adopteront potentiellement un mode de vie plus sobre, moins gaspilleur. Mais il est important que le scénario contraire demeure une possibilité. Si ça se trouve, les décroissants se plantent complètement ! Et ça ne serait pas forcément grave : peut être que nous trouverons d&#8217;ici là d&#8217;autres moyens de gérer les ressources.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans un contexte de déclin économique, et d&#8217;apocalypse financière en vue, il est temps de libérer les Hommes avant que la dictature des marché ne se mette en place. Et ainsi redonner aux citoyens le contrôle sur leurs destinées.</p>
<p style="text-align: justify;">Seule une société libre peut décider ce qui est bon pour elle, et c&#8217;est pourquoi le revenu de vie est infiniment plus important que la non moins séduisante voie de la décroissance.</p>
<hr />
<p style="text-align: justify;">Photos flickr <a href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc/2.0/"><img title="Paternité" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_attribution_small.gif" alt="Paternité" border="0" /><img title="Pas d'utilisation commerciale" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_noncomm_small.gif" alt="Pas d'utilisation commerciale" border="0" /></a> <a href="http://www.flickr.com/photos/48248551@N04/4581090504/in/set-72157623598814134">Desazkundea </a> <a href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc/2.0/"><img title="Paternité" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_attribution_small.gif" alt="Paternité" border="0" /><img title="Pas d'utilisation commerciale" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_noncomm_small.gif" alt="Pas d'utilisation commerciale" border="0" /></a> <a href="http://www.flickr.com/photos/froid_/3376415680/">frøid</a> <a href="http://creativecommons.org/licenses/by-nd/2.0/"><img title="Paternité" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_attribution_small.gif" alt="Paternité" border="0" /><img title="Pas de modification" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_noderivs_small.gif" alt="Pas de modification" border="0" /></a> <a href="http://www.flickr.com/photos/lori_greig/5331407245/">Lori Greig</a> <a href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/"><img title="Paternité" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_attribution_small.gif" alt="Paternité" border="0" /><img title="Pas d'utilisation commerciale" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_noncomm_small.gif" alt="Pas d'utilisation commerciale" border="0" /><img title="Pas de modification" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_noderivs_small.gif" alt="Pas de modification" border="0" /></a> <a href="http://www.flickr.com/photos/auro/230377281/">[auro]</a></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Pas de #frenchrevolution sans revenu de vie</title>
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		<pubDate>Sat, 21 May 2011 08:27:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Humeur]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[DSK]]></category>
		<category><![CDATA[Espagne]]></category>
		<category><![CDATA[Revenu de vie]]></category>
		<category><![CDATA[Révolution]]></category>

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		<description><![CDATA[La "spanish revolution" est-elle à la hauteur des ambitions qu'elles suscite ? Le mouvement de contestation est certes légitime, mais les propositions, elles, n'ont rien de "révolutionnaire"...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>J&#8217;ai beaucoup suivi cette semaine <a title="spanish revolucion" href="http://www.elpais.com/articulo/espana/manifestacion/indignados/reune/varios/miles/personas/toda/Espana/elpepunac/20110515elpepunac_12/Tes">le soulèvement des espagnols</a> à l&#8217;approche des élections régionales. Il faut reconnaitre: c&#8217;est un spectacle fascinant, enthousiasmant, et surtout salutaire ! Miracle : le peuple ne serait donc pas totalement endormi ?</p>
<p><span id="more-3622"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Le spectacle est d&#8217;autant plus rafraichissant que dans le même temps, on assistait en France au concert de gémissements de la gauche quant au sort de Dominique Strauss-Kahn et de son poussiéreux parti socialiste, et réduisant l&#8217;oeuvre de la presse française à ce que André Gunther <a title="dsk élite france" href="http://culturevisuelle.org/icones/1690">qualifie</a> à très juste titre d&#8217;un «<em> autoportrait d’une presse en plein desarroi face à la disparition de son candidat préféré. </em>».</p>
<p>Alors oui, voir nos voisins espagnols se réveiller de la sorte contre l&#8217;injustice sociale dont ils sont victimes et contre leurs prétendus représentants, il n&#8217;y a pas à dire : ça donne la pêche. A tel point qu&#8217;on aurait presque envie de faire pareil. <img src='http://www.tetedequenelle.fr/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';-)' class='wp-smiley' /> </p>
<p style="text-align: justify;">Seulement voilà. Alors que certains sur twitter commencent justement à vouloir importer le mouvement en France, je me permet d&#8217;émettre un &laquo;&nbsp;hola&nbsp;&raquo;. (sans jeu de mot <img src='http://www.tetedequenelle.fr/wp-includes/images/smilies/icon_smile.gif' alt=':)' class='wp-smiley' />  ).</p>
<p style="text-align: justify;">Comme me le racontait il y a peu un ami américain, faire une révolution c&#8217;est un peu comme tomber amoureux. On le fait sans calculer, par une sorte de pulsion. Comme nous l&#8217;ont montré récemment les tunisiens, les égyptiens, les libyens, l&#8217;énergie qui peut se dégager d&#8217;un tel phénomène est très impressionnante. C&#8217;en est même vertigineux !</p>
<p style="text-align: justify;">Mais il ne faut pas tout confondre. Si les révolutions arabes peuvent être inspirantes pour l&#8217;Occident (notamment sur la méthode), il ne faut pas oublier les motivations premières de ces mouvements : l&#8217;oppression policière, la censure, la faim. En sommes nous là chez nous ?</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignnone size-full wp-image-3635" title="democracia-real" src="http://www.tetedequenelle.fr/wp-content/uploads/2011/05/democracia-real.jpg" alt="" width="600" height="495" /></p>
<p style="text-align: justify;">Non, nous en sommes beaucoup plus loin. L&#8217;oppression que nous subissons est beaucoup plus perverse et difficile à combattre.</p>
<p style="text-align: justify;">Que nous disent les espagnols aujourd&#8217;hui ? Qu&#8217;ils en ont marre de cette parodie de démocratie représentative. Qu&#8217;ils ne supportent pas les injustices qu&#8217;ont exacerbé la crise financière. Ils expriment leur indignation contre un système qui devient fou. Mais après ? Quels sont les alternatives ? Comment déconstruire le système actuel ?</p>
<p style="text-align: justify;">Que l&#8217;on me comprenne bien : nombreux sont les motifs légitimes de s&#8217;indigner, et ne pas se révolter serait même très inquiétant ! Mais encore faut-il identifier clairement les vrais problèmes, et y proposer des solutions efficaces et crédibles. bref, ne pas se tromper de cible.</p>
<p style="text-align: justify;">Or, sur ce plan là, désolé mais je ne vois pas grand chose d&#8217;intéressant. J&#8217;en veux pour preuve une sélection des <a href="http://democraciarealya.es/?page_id=234">propositions</a> du mouvement espagnol <em>Democracia Real, YA ! :</em></p>
<ul>
<li>partage du temps de travail</li>
<li>récompenses pour les entreprises embauchant moins de 10% des salariés à temps partiel</li>
<li>impossibilité d&#8217;effectuer des licenciement collectifs si l&#8217;entreprise réalise des bénéfices</li>
<li>contrôle et régulation du système bancaire</li>
<li>Suppression des SICAV</li>
<li>meilleur contrôle des fraudes fiscales</li>
<li>augmentation de l&#8217;impôt sur le patrimoine</li>
<li>(&#8230;)</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Ce mouvement révèle selon moi une tendance que je constate depuis longtemps : l&#8217;indignation se généralise, mais les propositions, elles, restent trop timides, trop classiques, trop orthodoxes. On est ici franchement dans la mesurette, alors que c&#8217;est <strong>notre modèle de société tout entier qui est en faillite </strong>! En fait, le problème majeur de ces propositions, c&#8217;est qu&#8217;elles sont essentiellement repressives envers une catégorie de la population. Quant à ceux qui les revendiquent, elles font en sorte que surtout rien ne change pour eux.</p>
<p><strong>Je doute que l&#8217;on puisse faire une révolution saine sur de telles bases. On est en tout cas très, très loin de la révolution sociétale potentiellement impulsée par le <a title="revenu universel" href="http://owni.fr/2011/03/17/revenu-minimum-garanti/">revenu minimum garanti</a>, et mieux : de la <a title="Réinventer le système monétaire par le dividende universel" href="http://www.tetedequenelle.fr/2011/04/systeme-monetaire-dividende-universel/">nécessaire réforme du système monétaire</a> !</strong></p>
<p>&#8212;</p>
<p>Je viens de tomber sur un intéressant communiqué du GADI Catalunya (Groupe d’Action de Démocratie Inclusive de Catalogne)  qui critique aussi assez vivement l&#8217;approche du mouvement espagnol. Je le republie ci-dessous, pour alimenter le débat <img src='http://www.tetedequenelle.fr/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';-)' class='wp-smiley' /> .</p>
<p><strong>[Barcelone] Sur la manifestation “Democracia Real Ya”</strong></p>
<div>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">Face à la détérioration rapide de la crise multidimensionnelle que nous vivons, il est tout à fait compréhensible et souhaitable qu’un nombre croissant de personnes veuillent exprimer publiquement et collectivement leur opposition au cours destructeur que prend la société ainsi que leur refus de la farce politique, de la paupérisation économique et de l’injustice sociale. Ainsi, nous pensons que la participation à des manifestations telles que la “Démocratie Réelle Maintenant” est mieux que demeurer dans l’apathie politique et la passivité face à la situation actuelle. Mais malgré cela, <strong>nous pensons aussi que dépenser des énergies à impulser ce genre de mobilisation est pire que les dépenser à construire un nouveau type de mouvement, pensé historiquement, stratégiquement articulé et radicalement transformateur, qui permet d’abandonner le système oligarchique et éco-destructeur établi et la mentalité hétéronome et individualiste qui prévaut aujourd’hui, en créant une nouvelle forme d’organisation sociale véritablement démocratique et écologique et un état d’esprit autonome et coopératif. </strong>Comme nous le développons plus loin, la manifestation du 15-M ne peut pas donner lieu à un mouvement de ce type, ni même être une partie intégrante de celui-ci, étant donné que ni les objectifs ni la stratégie ne visent une telle finalité.</p>
<p style="text-align: justify;">Au-delà de la phraséologie du manifeste qui, disons le clairement, est ambigu, vague et naïf, la plate-forme qui impulse cette mobilisation a formulé un certain nombre de <a title="propositions democracia real ya" href="http://democraciarealya.es/?page_id=234">propositions concrètes</a> qui peuvent être considérées comme le noyau “programmatique” sous-jacent de l’appel. Il s’agit d’un ensemble de mesures (accroître le contrôle sur la classe politique et les paradis fiscaux, augmenter les impôts sur les banques et les grandes fortunes, augmenter le recrutement de personnels de santé et les enseignants, établir l’obligation d’organiser des référendums pour les décisions politiques importantes, fournir une assistance économique aux chômeurs et toutes les personnes à faible revenu, réaliser une répartition du travail basé sur la réduction du temps de travail, etc.) que nous considérons comme insuffisantes et/ou utopiques pour les raisons suivantes :</p>
<p style="text-align: justify;">1) Ce sont des propositions insuffisantes par leur caractère réformiste, car <strong>à aucun moment elles ne contestent ou prétendent remplacer les institutions fondamentales du système actuel, à savoir, l’État “démocratique” représentatif et l’économie de marché capitaliste, mais qu’elles se limitent simplement à demander quelques améliorations.</strong> Cependant, la crise généralisée et multidimensionnelle que nous vivons aujourd’hui n’est pas due à un dysfonctionnement de ces institutions, mais à leur propre idiosyncrasie. <strong>La dynamique inhérente à l’économie de marché et à l’État “représentatif” donner lieu à une énorme et croissante concentration du pouvoir qui ne peut pas être inversée grâce à de simples changements cosmétiques</strong>. Ainsi, en supposant qu’une lutte populaire tenace et acharnée parvienne à mettre en œuvre certaines des réformes suggérées, celles-ci ne pourraient faire autre chose qu’imprimer un rythme légèrement plus lent au développement de la crise multidimensionnelle en cours car elles devraient indéfectiblement être compatibles avec le fonctionnement et la dynamique du système actuel, ce par quoi elles se révèleraient assez dérisoires en comparaison au fort développement de la crise multidimensionnelle provoqué par ce système. Ainsi, nous pensons donc qu’il est inapproprié de plaider pour que l’injustice sociale, l’énorme inégalité économique et l’usurpation politique soient repeints d’une nouvelle couche de peinture “démocratique” et / ou “éthique”, mais qu’il est nécessaire de miser sans équivoque pour l’abolition le système actuel, cause fondamentale des effets dommageables et des comportements pervers que nous subissons aujourd’hui, et pour cela, il sera nécessaire de donner naissance à un nouveau système véritablement démocratique dans tous les domaines.</p>
<p style="text-align: justify;">2) Ce sont des propositions utopiques, non seulement parce que, comme c’est habituel dans ce type de positions, aucune idée claire et réaliste n’est donnée sur la façon dont ces mesures pourraient être imposées aux élites dirigeantes qui ont la haute main sur le système, mais surtout parce qu’<strong>on oublie complètement que ces mesures contreviennent radicalement à la logique et à la dynamique du système actuel.</strong> L’énergie qui fait fonctionner ce système est la croissance économique et la marchandisation, de sorte que les États et les entreprises du monde entier cherchent à maximiser respectivement leur taux de croissance du PIB et leurs profits. Un État ou une entreprise qui ne suit pas cette logique de la poursuite de la croissance économique et de la marchandisation en augmentant sa compétitivité / efficience, entrera rapidement sur la voie de la crise et de la dissolution. Sachant cela, <strong>les gouvernements du monde entier s’efforcent d’adopter de nouvelles lois et réformes visant à accroître la compétitivité du pays, ce qui signifie, évidemment, une plus grande exploitation de leurs ressources humaines et naturelles, et, par conséquent, une plus grande précarité de l’emploi, l’insécurité sociale, le mal-être psychologique et la destruction de l’environnement.</strong> Aujourd’hui, en plus, tant les Etats que les entreprises du monde entier se heurtent à des difficultés croissantes pour continuer d’accroître leur PIB et le montant de leurs profits et pour cela essaient maintenir la compétitivité à tout prix, à savoir, en réduisant, en appauvrissant et en détruisant rapidement les conditions de vie de la grande majorité de la population. Nous ne pouvons pas nous boucher les yeux devant cette caractéristique centrale de notre époque : il y a un conflit croissant et irréconciliable entre les besoins des personnes et de la planète d’une part, et les besoins du système économique actuel de l’autre. Ce conflit ne peut être conclu qu’avec un vainqueur. Ou bien les besoins humains et naturels gagnent, donnant lieu à un système conçu pour la satisfaction démocratique de ceux-ci, ou bien gagnent les besoins du système étatiste et capitaliste établi, à savoir, sa dynamique fondée sur la recherche insensée d’une croissance économique illimitée et la constante augmentation de la concentration du pouvoir. Toute proposition qui ignore ce conflit inévitable et fondamental est une utopie et un attrape-nigaud.</p>
<p style="text-align: justify;">D’autre part, comme il ressort de ses communiqués, la plate-forme appelant à cette manifestation se rend complice de la distorsion et dénaturation du terme “démocratie” quand ils suggèrent que ce qui rend la société moderne non démocratique n’est réside que dans la corruption et le pouvoir incontrôlé que détiennent les entreprises transnationales et les sociétés financières. Cependant, ce n’est pas seulement cela qui fait que nous vivons dans une société oligarchique, mais aussi parce que l’existence même de l’État joue un rôle crucial, à savoir, un appareil bureaucratique centralisé, séparée des citoyens et dans une position de domination sur ceux-ci. L’État s’autodénomine “démocratique” afin de se légitimer, et non, évidemment, parce qu’il serait une institution qui confèrerait un réel pouvoir aux personnes de décider sur les affaires de la sphère publique. Il est par conséquent complètement faux d’attribuer le manque de démocratie uniquement à la corruption politique et à la domination des puissances économiques sur les pouvoirs “publics” : l’essence même de l’État “démocratique” représentatif est profondément oligarchique. Pour réclamer véritablement une réelle démocratie, il est nécessaire de lutter pour l’abolition de cette institution et son remplacement par un nouveau système de communautés dirigées démocratiquement par le biais d’assemblées populaires, confédérées par l’intermédiaire de délégué-e-s responsables et révocables.</p>
<p style="text-align: justify;">En conclusion, nous considérons que le caractère insuffisant et utopique des propositions de la plate-forme qui appelle à la manifestation de “Democracia Real Ya” ainsi que sa collusion implicite avec la dénaturation de la signification du terme “démocratie”, fait que cette appel sera, au mieux un espace-temps qui, comme tant d’autres, sert à rendre visible et à exprimer le rejet par beaucoup de gens de la crise générale du monde contemporain et, au pire, un attrape-nigauds qui canalise la volonté transformatrice de certaines personnes vers des objectifs presque toujours illusoires et toujours insuffisants.</p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>GADI Catalunya (Groupe d’Action de Démocratie Inclusive de Catalogne) Mai 2011</strong></em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>[A noter que ce collectif, malgré les critiques ici formulées à l’endroit des initiateurs de l’appel, a décidé de participer à l’occupation de la place de Catalogne de Barcelone où il a animé un débat sur ses propositions politiques]</em></p>
<p style="text-align: right;">Source : <a href="http://oclibertaire.free.fr/spip.php?article1003  ">Organisation Communiste Libertaire</a></p>
</blockquote>
</div>
<p>&nbsp;</p>
<hr />
<p>Photo flickr <a href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/"><img title="Paternité" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_attribution_small.gif" alt="Paternité" border="0" /><img title="Pas d'utilisation commerciale" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_noncomm_small.gif" alt="Pas d'utilisation commerciale" border="0" /><img title="Pas de modification" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_noderivs_small.gif" alt="Pas de modification" border="0" /></a> <a href="http://www.flickr.com/photos/x_trish/">xTrish</a> ; <a href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/"><img title="Paternité" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_attribution_small.gif" alt="Paternité" border="0" /><img title="Pas d'utilisation commerciale" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_noncomm_small.gif" alt="Pas d'utilisation commerciale" border="0" /><img title="Pas de modification" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_noderivs_small.gif" alt="Pas de modification" border="0" /></a> <a href="http://www.flickr.com/photos/agvafotografia/">dwell29</a></p>
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		<title>La tentation de la dictature</title>
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		<pubDate>Sun, 15 May 2011 16:37:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stan</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Société]]></category>
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		<description><![CDATA[Par les temps difficiles qui courent, le risque d&#8217;une dérive autoritaire se fait de plus en plus évident. L&#8217;Histoire l&#8217;a déjà montré par le passé : quand les raisons d&#8217;un déclin ne sont pas clairement identifiées, que les solutions semblent inexistantes, la recherche d&#8217;explications simples aboutit irrémédiablement à la désignation de boucs émissaires, à la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Par les temps difficiles qui courent, le risque d&#8217;une dérive autoritaire se fait de plus en plus évident. L&#8217;Histoire l&#8217;a déjà montré par le passé : quand les raisons d&#8217;un déclin ne sont pas clairement identifiées, que les solutions semblent inexistantes, la recherche d&#8217;explications simples aboutit irrémédiablement à la désignation de boucs émissaires, à la faveur d&#8217;un opportuniste de passage.</p>
<p>De même qu&#8217;Hitler au sortir de la crise de 29, des vautours de la politique rôdent aujourd&#8217;hui sur le cadavre de la cohésion de la société française, et guettent 2012 pour tirer leur bout de gras du corps électoral et obtenir ainsi le couronnement suprême. Saurons-nous les en empêcher ?</p>
<p><span id="more-3576"></span>A chacun son bouc émissaire : la gauche veut casser du riche, la droite veut <a title="chasse aux pauvres" href="http://sebmusset.blogspot.com/2011/05/culpabilisons-les-pauvres-ca-les.html">étouffer du pauvre</a>, et l&#8217;extrême droite veut déporter tout ce qui n&#8217;a pas la peau tatouée du sceau de la &laquo;&nbsp;nation&nbsp;&raquo; française.</p>
<p>Ne soyons pas naïfs : en termes d&#8217;autoritarisme, la frontière entre la gauche et la droite est très fine, voire perméable. Et finalement, qu&#8217;importe l&#8217;identité de la victime choisie par un camp ou par l&#8217;autre, car l&#8217;effet reste le même : un grand gâchis, parfois même de la charpie.</p>
<h2>L&#8217;Etat sous menace</h2>
<p>Comment en sommes-nous arrivés là ?</p>
<p>Les démocraties modernes font face à une <a title="menaces état moderne" href="http://owni.fr/2011/05/01/menaces-sur-letat-moderne/">double menace</a>. D&#8217;un coté, l’irrémédiable concentration des marchés conduit les grandes entreprises à devenir trop puissantes jusqu&#8217;à pouvoir imposer leur règles  aux gouvernants, notamment en faisant jouer la concurrence internationale dans un contexte mondialisé. De  l&#8217;autre coté, les citoyens, grâce à internet gagnent aussi en pouvoir d&#8217;influence et peuvent contester ouvertement les institutions. Mais ce nouveau pouvoir, trop dispersé, divisé, peine encore à trouver  sa place et à avoir un impact tangible.</p>
<p><strong>Au milieu de tout cela, une structure de pouvoir se délite : l’État</strong>, asservi par des intérêts économiques privés et discrédité la société civile qui s&#8217;agite sur internet. Les institutions ne sont pas adaptées à ces phénomènes, et plutôt que tirer parti de l&#8217;évolution du progrès, elles le rejettent.</p>
<h2>L&#8217;impasse est derrière nous</h2>
<p>Face à cette déliquescence du pouvoir de l’État et parallèlement de la Nation, il est tentant de penser que la solution se trouve dans le grand retour en arrière, dans le repli sous la carapace d&#8217;un État protecteur et autonome, dans la centralisation.</p>
<p>Mais les structures centralisées ont besoin de règles, d&#8217;autorités, de contrôle, de subordination. Pour restaurer l&#8217;ordre social d’antan, les conservateurs se rendent-ils compte qu&#8217;il leur faudra faire face à la complexité croissante du monde ? Ont-ils évalué les chances de succès d&#8217;un système centralisé à l&#8217;heure où l&#8217;information échappe totalement à tout contrôle, où les frontières sont perméables, où les cultures se nourrissent les unes les autres, où <a title="nation internet" href="http://www.tetedequenelle.fr/2010/08/nationalisme-vs-internet-sans-frontiere/">le concept de Nation perd son sens</a> ? Ont-il vraiment réfléchit à la viabilité d&#8217;un retour des règles d&#8217;hier alors que les dynamiques sociales ont tant évolué depuis ? Et est-ce que les nouvelles  générations qui jouissent  aujourd&#8217;hui de   libertés  nouvelles accepteront de se soumettre à un retour vers un   ordre social simplifié, mais qui offre moins de possibilités ?</p>
<p><img class="size-full wp-image-3592 alignleft" title="chains" src="http://www.tetedequenelle.fr/wp-content/uploads/2011/05/chains.jpg" alt="" width="220" height="356" />Vous l&#8217;aurez compris : je n&#8217;y crois pas. Le doux rêve de l&#8217;État protecteur est un <a title="france systeme étatisme" href="http://owni.fr/2011/05/13/un-systeme-schizophrene-un-peuple-fatigue/">fétichisme</a> bien français. Mais on idéalise souvent le passé sans mesurer toutes les conditions qui font que chaque période historique est particulière. Les <em>Trente Glorieuses </em>par exemple, dont un bon nombre de politiques fantasment, ne furent finalement qu&#8217;une toute petite période au regard de l&#8217;histoire de l&#8217;Humanité. Et l&#8217;on voudrait nous faire croire que ce modèle de croissance extensive, de plein emploi et de paternalisme économique, serait LE modèle ultime ?</p>
<p>Ce ne serait pas grave si cette vision n&#8217;était &#8216;que&#8217; stérile. Mais le problème est que son échec prévisible peut nous conduire au pire. En effet faute de parvenir à tout contrôler et à parvenir à leurs fins, les tenants du souverainisme devront probablement en finir par museler la complexité et ceux qui la créent : la liberté des citoyens. Faute de résultat, ils tenteront de faire croire que le seul moyen de s&#8217;en sortir, c&#8217;est que nous nous restreignions. <strong>La tentation de la dictature sera trop forte </strong>: ils essaieront d&#8217;imposer leur <em>ordre juste</em> par la force.</p>
<p>Et si tant est qu&#8217;une &laquo;&nbsp;dictature éclairée&nbsp;&raquo; puisse exister, le risque de dérive vers un autoritarisme fascisant n&#8217;est pas à exclure non plus.</p>
<h2>L&#8217;autre voie</h2>
<p>Il y a bien ici et là des gens un peu à part qui pensent que tout ceci est absurde, que les problèmes sont éminemment plus compliqués que ces raisonnements binaires. Des gens qui ne croient pas à l&#8217;existence de véritables coupables. Et pour cause : ils ont parfois l&#8217;impression d&#8217;être eux-aussi les moutons de la farce, en se complaisant dans les règles du système en place. Parfois même, ils se surprennent à se conforter dans l&#8217;insouciance de l&#8217;ignorance.</p>
<p>Et puis il y a ces idées qui trainent dans l&#8217;air du temps : l&#8217;open-source, l&#8217;économie du partage, de la connaissance, de la gratuité, la transparence, le revenu de vie, la collaboration, les bien communs, les monnaies alternatives etc etc. Autant de concepts en rupture nette avec les schémas traditionnels.</p>
<p>Alors que l&#8217;économie capitaliste place les individus en compétition, internet permet l&#8217;interdépendance, décuple les forces. La <em><a title="coopétition" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Coop%C3%A9tition">coopétition</a></em> est préférable à l&#8217;affrontement. <strong>Internet donne de la place à une &laquo;&nbsp;<a href="http://www.journaldunet.com/ebusiness/le-net/maitres-ou-esclaves-du-numerique-le-gratuit-au-dela-de-la-logique-marchande-vers-une-civilisa.shtml">production sociale élargie de valeur</a>&nbsp;&raquo; qui échappe bien souvent à la logique du marché </strong>où les incitations financières sont censées motiver l&#8217;<em>Homo oeconomicus.</em></p>
<p><strong>L’État dans tout ça, devient de plus en plus obsolète </strong>: la gestion d&#8217;un certain nombre de biens communs pouvant par exemple être confiée à la collectivité sans structure centralisée. Si bien que si l’État est toujours nécessaire, son intervention ne saurait être justifiée que lorsque cela bénéficie directement à tous les citoyens. Et, plus que jamais, son fonctionnement devrait être ouvert, transparent, résilient.<em><br />
</em></p>
<p><strong>Internet profite certes aux capitalistes, mais il ne sauvera pas LE capitalisme.</strong> On voudrait qu&#8217;internet soit le prochain relai de croissance, d&#8217;emploi. Mais c&#8217;est illusoire : la vérité c&#8217;est qu&#8217;internet tue l&#8217;emploi par les gains de productivité et l&#8217;explosion des échanges de valeurs non-marchandes. Les grappes d&#8217;innovation existent certes, mais la richesse qu&#8217;elles créent est diluée dans le réseau, par le <em>crowdsourcing</em> et par le gain d&#8217;efficience des transactions qui diminue mécaniquement la création de valeur nominale. Le PIB lui, n&#8217;en profite qu&#8217;à la marge. Le déclin continuera donc si l&#8217;on ne prend pas la mesure de ces évolutions.</p>
<p>Les idées sont là, la technique se met en place au fur et à mesure des expériences. Mais l&#8217;inertie de la société à ces changements est terriblement pesante, tandis que la vivacité des réactionnaires est toujours plus surprenante. <a title="changement société progrès" href="http://owni.fr/2011/04/16/democratie-internet-changement/">Tout semble prêt pour le changement</a>, mais rien ne bouge dans le bon sens.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-3591" title="sheep" src="http://www.tetedequenelle.fr/wp-content/uploads/2011/05/sheep.jpg" alt="" width="600" height="411" /></p>
<h2>Un plan de sauvetage de la Démocratie ?</h2>
<p>Le temps va passer très vite. Au rythme des scandales et des polémiques stériles de l&#8217;actualité, je ne donne pas cher de notre démocratie post-2012 : quelques faits divers astucieusement communiqués auront bientôt la peau des &laquo;&nbsp;assistés&nbsp;&raquo;, des immigrés, et de toutes autres cibles scrupuleusement désignées. Et les beaux principes républicains L<em>iberté, Egalité, Fraternité</em> ne feront pas long feu quand la grande chasse aux sorcières et autres <em>cancers de la société</em> <sup>TM Laurent Wauquiez</sup> sera officiellement lancée.</p>
<p>Comme le dit si bien Narvic <a href="http://horizons.typepad.fr/accueil/2011/04/halte-aux-proc%C3%A8s-en-sorcellerie-et-au-r%C3%A9publi-clanisme.html?cid=6a00d83451d36969e201538e7c4f6c970b#comment-6a00d83451d36969e201538e7c4f6c970b">en commentaires chez Malakine</a> :</p>
<blockquote><p>Quand certains s&#8217;arrogent le discours de la République (=chose publique, =commune) pour prôner un discours de division, c&#8217;est que la République est morte et que la guerre civile menace.</p></blockquote>
<p><em>Todo está aquí</em>, comme on dit&#8230;</p>
<p>Pouvons-nous encore éviter le carnage ? Je pense que oui. Je veux y croire en tout cas. Mais il va sérieusement falloir que les  sentinelles de la Démocratie se réveillent et s&#8217;activent pour réveiller les  moutons. Car, face à l&#8217;énergie que peut libérer la haine sociale, les belles idées émergeront-elles à temps ?</p>
<p>Nous avons un plan B : le <a title="Le vote blanc démocratie" href="http://www.tetedequenelle.fr/2011/05/vote-blanc-massif-elections-2012/">vote blanc massif</a> permettant de refuser légitimement l&#8217;éventuelle autorité d&#8217;un prochain  monarque dans ce pays. Quelques vagabonds parlent même de révolution, de <a title="Pourquoi désobéir en Démocratie" href="http://www.tetedequenelle.fr/2010/11/desobeir-en-democratie/">désobéissance</a>, de  <a href="http://la-dissidence.org/">dissidence</a>&#8230; Un spécialité bien française après tout ! Mais nous avons aussi  la  possibilité de nous rassembler autour d&#8217;un plan A. Il serait temps,   même.</p>
<hr />
<p>Photo flickr <a href="http://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0/"><img title="Paternité" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_attribution_small.gif" border="0" alt="Paternité" /><img title="Partage selon les Conditions Initiales" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_sharealike_small.gif" border="0" alt="Partage selon les Conditions Initiales" /></a> <a href="http://www.flickr.com/photos/gilles_itzkovitchklein/">gillesklein</a> ; <a href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/2.0/"><img title="Paternité" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_attribution_small.gif" border="0" alt="Paternité" /><img title="Pas d'utilisation commerciale" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_noncomm_small.gif" border="0" alt="Pas d'utilisation commerciale" /><img title="Partage selon les Conditions Initiales" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_sharealike_small.gif" border="0" alt="Partage selon les Conditions Initiales" /></a> <a href="http://www.flickr.com/photos/bombeador/">Eduardo Amorim</a> ; <a href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/2.0/"><img title="Paternité" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_attribution_small.gif" border="0" alt="Paternité" /><img title="Pas d'utilisation commerciale" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_noncomm_small.gif" border="0" alt="Pas d'utilisation commerciale" /><img title="Partage selon les Conditions Initiales" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_sharealike_small.gif" border="0" alt="Partage selon les Conditions Initiales" /></a> <a href="http://www.flickr.com/photos/fasterdix/">FasterDix</a></p>
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		<title>Tête de Quenelle se politise ?</title>
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		<pubDate>Tue, 23 Nov 2010 10:31:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Edito]]></category>
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		<description><![CDATA[Plusieurs lecteurs et amis m&#8217;ont fait des remarques sur la ligne éditoriale de Tête de Quenelle. Alors qu&#8217;il y a un an je parlais de médias sociaux, de fracture numérique, de linux, j&#8217;ai progressivement commencé à parler de dividende universel, de démocratie, de politique, et même de libéralisme&#8230; Comme j&#8217;ai toujours écrit pour me faire [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Plusieurs lecteurs et amis m&#8217;ont fait des remarques sur la ligne éditoriale de Tête de Quenelle. Alors qu&#8217;il y a un an je parlais de <a title="désinformation internet" href="http://www.tetedequenelle.fr/2009/10/mythe-desinformation-internet/">médias sociaux</a>, de <a title="netocrates fracture numérique usages" href="http://www.tetedequenelle.fr/2009/10/lautre-fracture-numerique/">fracture numérique</a>, de <a title="linux débutant" href="http://www.tetedequenelle.fr/2009/12/retour-experience-4-mois-sous-linux/">linux</a>, j&#8217;ai progressivement commencé à parler de <a title="dividende universel" href="http://www.tetedequenelle.fr/tag/dividende-universel/">dividende universel</a>, de <a title="Démocratie crise" href="http://www.tetedequenelle.fr/tag/democratie/">démocratie</a>, de <a href="http://www.tetedequenelle.fr/2010/11/egalite-places-chance/">politique</a>, et même de <a title="libéralisme" href="http://www.tetedequenelle.fr/2010/10/planification-capitaliste-vs-liberalisme/">libéralisme</a>&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Comme j&#8217;ai toujours écrit pour me faire plaisir, cette évolution ne s&#8217;est pas vraiment faite consciemment (même si avec le recul, elle est évidente). Mais surtout, cette évolution est la conséquence d&#8217;une évolution logique dans mon cheminement intellectuel (s&#8217;il en est)&#8230; Ce post est donc l&#8217;occasion d&#8217;expliquer les raisons de cette évolution.</p>
<h2 style="text-align: justify;">La technologie (à elle seule) ne changera pas le monde</h2>
<p style="text-align: justify;">Ce blog avait pour objectif initial de faire comprendre les évolutions de la société avec internet et les technologies. Mais au gré de mes lectures et réflexions, je me suis rendu compte que l&#8217;on ne peut pas parler d&#8217;internet sans parler de la société en général. En effet, la technologie s&#8217;insère dans un système en place : elle l&#8217;influence, mais subit également l&#8217;environnement dans lequel elle se trouve. Dès lors, on ne peut souhaiter qu&#8217;internet change le monde demain tout en ignorant les caractéristiques du monde dans lequel on vit aujourd&#8217;hui, et sans comprendre le pourquoi de cet héritage.</p>
<p style="text-align: justify;"><a title="technologie changer le monde" href="http://www.internetactu.net/2010/10/28/est-ce-que-la-technologie-sauvera-le-monde/">Comme le dit en substance Hubert Guillaud dans cet article</a> : la technologie pose autant de problèmes qu&#8217;elle apporte de solutions.</p>
<p style="text-align: justify;">Car la technologie ne change pas les Hommes : elle ne peut que changer certains paramètres de l&#8217;environnement dans lesquels ils vivent. Tout comme la qualité d&#8217;une eau modifie le comportement d&#8217;un poisson dans son bocal. Alors bien sur, je pense que la société mettra davantage en lumière le bon coté de l&#8217;humanité car il permet davantage d&#8217;échanges, <a title="Dilemne du prisonnier revisité" href="http://blog.tcrouzet.com/2007/05/24/le-dilemme-du-prisonnier/">incite à la confiance, et punit socialement les &laquo;&nbsp;méchants&nbsp;&raquo; comme l&#8217;expliquait déjà Thierry Crouzet en 2007</a>.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Mais tout cela n&#8217;arrivera même pas si les individus et les pouvoirs en place rejettent ce changement.</strong> Par crainte du changement, ils transformeront cette opportunité historique en outil de surveillance et de contrôle. Ils brimeront la liberté sous prétexte que l&#8217;Homme n&#8217;est pas capable de faire bon usage de la technologie&#8230; Ils  tenterons invariablement de faire rentrer la techno dans la boite  du  système actuel comme le feuilleton hadopi en est l&#8217;affligeante   illustration.</p>
<p>Le  capitalisme outrancier, le pseudo-libéralisme y fera son nouveau champ  de bataille sans que l&#8217;on y ait gagné grand chose. Les masses seront  toujours manipulées par les médias, la politique spectacle y  délocalisera ses représentations,  le logiciel libre restera David,  Microsoft restera Goliath etc etc&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Bien sur, ceux qui ont compris se battront, ils le font d&#8217;ailleurs déjà. Mais ces visionnaires gagneront-ils face à une société toute entière allergique à ces changements ?</p>
<h2 style="text-align: justify;">Internet est-il compatible avec la société d&#8217;aujourd&#8217;hui ?</h2>
<p style="text-align: justify;">Plus j&#8217;étudie la question, plus j&#8217;ai l&#8217;impression qu&#8217;internet est en totale disruption avec notre démocratie. Ce à tel point que vouloir imposer une société numérique sans changer dans le même temps la société se révèlera vain.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Internet donne énormément de libertés aux individus, dans une société où ceux-ci ont justement progressivement abandonné leurs liberté</strong>. C&#8217;est notamment vrai en France où la <a title="liberté d'expression en France" href="http://www.objectifliberte.fr/2003/12/plaidoyer-pour-.html">liberté d&#8217;expression absolue</a> n&#8217;est pas acceptée, où les décideurs pensent <em><em>qu&#8217;</em></em> &laquo;&nbsp;<a title="Denis Olivennes liberté interdits progrès" href="http://www.rue89.com/2009/09/05/olivennes-a-propos-dinternet-une-societe-qui-cree-des-interdits-est-une-societe-qui-progr"><em>une société qui crée des interdits est une société qui progresse</em></a>&laquo;&nbsp;.</p>
<p style="text-align: justify;">Internet permet aux individus d&#8217;agir sans demander la permission à personne, alors que notre démocratie est fondée sur <strong>un modèle de hiérarchie, de statuts qui n&#8217;a pas de sens dans la cyberculture</strong>. Les leaders d&#8217;internet (entrepreneurs, développeurs, blogueurs etc) ne le sont pas devenus grâce à un vote, une nomination, ou autre diplôme ! Ce sont avant tout des gens qui agissent, et dont les travaux sont suffisamment qualitatifs pour mériter l&#8217;attention des autres.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, alors qu&#8217;internet est un terreau très fertile pour l&#8217;émergence de nouvelles idées, on se rend bien compte ces idées ne sont pas les bienvenues chez les médias mainstream, bien trop dépendants de leur logique d&#8217;audience, et de leur collusion avec les pouvoirs économiques et politiques. Ce cloisonnement provoque un véritable problème d&#8217;<a title="démocratie autiste" href="http://www.tetedequenelle.fr/2010/09/democratie-hermetique/">hermétisme</a> qui maintient le statu quo démocratique, à la défaveur bien sûr de toute  embryon de révolution numérique.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Il faut changer la société</h2>
<p style="text-align: justify;">Conséquence logique de ce constat, c&#8217;est la société qu&#8217;il faut changer ! Alors bien sûr, je suis certainement un peu utopiste en disant cela&#8230; Mais est-ce pour autant irréaliste ? Pas tant que cela.</p>
<p style="text-align: justify;">Il existe un certain nombre de leviers d&#8217;actions sur lesquels nous pouvons faire bouger la société.</p>
<p style="text-align: justify;">Tout d&#8217;abord en nous appuyant sur le réseau internet, qui n&#8217;est pas que &laquo;&nbsp;virtuel&nbsp;&raquo; comme le croient trop souvent ses détracteurs. Au contraire, le  pouvoir du réseau a des impacts sur &laquo;&nbsp;la vraie vie&nbsp;&raquo;. Il ne tient qu&#8217;à nous de l&#8217;utiliser.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais il faudra aussi que nous <strong>construisions de nouveaux médias </strong>capables de mieux distribuer la bonne information aux bonnes personnes ainsi qu&#8217;au bon moment. Il faudra <strong><a title="désobéir au système" href="http://www.tetedequenelle.fr/2010/11/desobeir-en-democratie/">désobéir</a> au système qui nous conduit à l&#8217;immobilisme et à la médiocrité</strong> intellectuelle. Pour cela, nous devrons surtout<strong> changer individuellement nos modes de vie et de penser.</strong> Car changer de système nécessite que nous parvenions tout d&#8217;abord à nous extraire de l&#8217;actuel&#8230;</p>
<h2 style="text-align: justify;">Donc&#8230; tête de quenelle se politise ?</h2>
<p style="text-align: justify;">Oui, Tête de Quenelle prend un virage politique. Mais entendons nous bien : il ne sera jamais question ici de débattre de qui de l&#8217;UMP ou du PS va gagner la guéguerre aux vovotes. Je l&#8217;ai déjà dit : <a title="vote blanc contestataire" href="http://www.tetedequenelle.fr/2010/03/mauvais-citoyen/">le seul vote de contestation efficace, c&#8217;est le vote blanc</a>. Et je m&#8217;y tiens jusqu&#8217;à nouvel ordre. Non, la politique dont je veux parler ici, c&#8217;est celle de l&#8217;action citoyenne, de la &laquo;&nbsp;realpolitik&nbsp;&raquo; au sens de <a title="Le monolecte politique" href="http://blog.monolecte.fr/post/2010/11/18/Politics">Agnès Maillard</a> :</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">La seule <em>realpolitik</em> que je reconnaisse, c’est celle qui implique l’ensemble des citoyens. C’est celle qui use les semelles, qui bouscule les idées, qui pense des lendemains qui chantent et qui expérimente de nouvelles manières d’y arriver. C’est celle qui se construit jour après jour, même si on n’est jamais, au départ, que trois gus dans un garage.</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Sur ces belles paroles, à très bientôt pour plus de concret&#8230; <img src='http://www.tetedequenelle.fr/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';-)' class='wp-smiley' /> </p>
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		<title>Egalité des places ou égalité des chance ?</title>
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		<pubDate>Mon, 08 Nov 2010 16:40:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Dividende Universel]]></category>
		<category><![CDATA[Egalité des chances]]></category>
		<category><![CDATA[gratuité]]></category>
		<category><![CDATA[Libéralisme]]></category>
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		<description><![CDATA[L&#8217;égalité est inscrite dans les principes fondateurs de notre République démocratique jusqu&#8217;à notre devise nationale : Liberté, Egalité, Fraternité. Pourtant, si le concept parait simple, il a toujours été difficile de le garantir car il existe plusieurs vision de l&#8217;égalité : celle de l&#8217;égalité des places, et celle de l&#8217;égalité des chances. Ce vieux débat est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">L&#8217;égalité est inscrite dans les principes fondateurs de notre République démocratique jusqu&#8217;à notre devise nationale : <em>Liberté, Egalité, Fraternité</em>. Pourtant, si le concept parait simple, il a toujours été difficile de le garantir car il existe plusieurs vision de l&#8217;égalité : celle de l&#8217;<strong>égalité des places</strong>, et celle de l&#8217;<strong>égalité des chances</strong>.</p>
<p>Ce vieux débat est important car il a des conséquences sur la vision d&#8217;une société idéale et le rôle de l&#8217;Etat.</p>
<p style="text-align: justify;">Le sociologue <a title="François Dubet" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Dubet">François Dubet</a>, récemment auteur du livre <a title="Les places et les chances" href="http://www.amazon.fr/gp/product/2021014738?ie=UTF8&amp;tag=tetedequenell-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=19458&amp;creativeASIN=2021014738">Les places et les chances</a> revient sur les distinctions entre ces 2 visions dans cette vidéo assez synthétique :<br />
<object width="480" height="360" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.dailymotion.com/swf/video/xc6y5q_les-deux-grands-modeles-de-justice_news?additionalInfos=0" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><embed width="480" height="360" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.dailymotion.com/swf/video/xc6y5q_les-deux-grands-modeles-de-justice_news?additionalInfos=0" allowFullScreen="true" allowScriptAccess="always" allowfullscreen="true" allowscriptaccess="always" /></object><br />
<strong><a href="http://www.dailymotion.com/video/xc6y5q_les-deux-grands-modeles-de-justice_news">Les deux grands modèles de justice sociale. F. Dubet</a></strong><br />
<em>envoyé par <a href="http://www.dailymotion.com/larepubliquedesidees">larepubliquedesidees</a></em></p>
<h2>L&#8217;impossible égalité des places</h2>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;égalité des places est semblable à la vision du communisme qui voulait anéantir au maximum les inégalités en instaurant une classe sociale unique : le prolétariat. Par ce système, tous les individus d&#8217;une société étaient censés avoir une situation égale. (Je grossis volontairement le trait&#8230;)</p>
<p style="text-align: justify;">Aujourd&#8217;hui le communisme est bel et bien mort, mais cette vision ne l&#8217;est pas tant au regard de notre système de protection sociale qui tend à vouloir rétablir un peu d&#8217;égalité dans tous les recoins du système. Les niches fiscales, les régimes spéciaux, toutes les petites mesurettes dont notre législation est truffée sont autant de tentatives de compenser telle catégorie d&#8217;individu pour tel préjudice subi.</p>
<p style="text-align: justify;">Prises séparément, ces mesures peuvent se justifier : elle visent à établir <strong>l&#8217;équité</strong>. Mais lorsque l&#8217;on prend du recul, elles sont néfastes pour l&#8217;ensemble du système.</p>
<p style="text-align: justify;">La première raison est qu&#8217;il est impossible d&#8217;évaluer et donc de comparer les situations de chacun. Trop de paramètres non financiers entrent en ligne de compte, ce qui rend chaque situation unique et donc difficilement comparable&#8230; à moins de &laquo;&nbsp;standardiser&nbsp;&raquo; au maximum les individus, ce qui n&#8217;est évidemment pas souhaitable.</p>
<p style="text-align: justify;">Du fait de cette complexité, la recherche de l&#8217;équité à tout prix entraine des absurdités et génère de la <a title="société de défiance" href="http://www.tetedequenelle.fr/2010/05/france-confiance-probleme-qui-fait-mal/">défiance</a>. A force d&#8217;établir des compensations, on crée un système qui avantage certains qui cumulent les avantages tandis que d&#8217;autres en sont exclus car ils ne rentrent pas dans les cases du formulaire 1304 B, ou qu&#8217;ils ne sont &laquo;&nbsp;<a href="http://maitremo.fr/2010/07/17/les-cles-du-paradis/">pas assez pauvres</a>&laquo;&nbsp;&#8230; C&#8217;est ainsi que l&#8217;on crée des rentes de situation, des &laquo;&nbsp;acquis sociaux&nbsp;&raquo; devenus illégitimes mais impossible à supprimer, tandis que le reste de la population qui ne touche rien est spoliée.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, la culture française des statuts et des privilèges n&#8217;explique-t-elle pas le fait que notre pays soit si difficilement réformable ? Si les gens manifestent à chaque réforme, n&#8217;est-ce pas au fond parce que la plupart des citoyens ont un sentiment profond d&#8217;injustice du fait que tout le monde n&#8217;est pas logé à la même enseigne? Que certains bénéficient d&#8217;avantages auxquels ils n&#8217;ont pas droit, tandis que d&#8217;autres sont mis dans une catégorie à part qui leur confère moins de droits que d&#8217;autres ? Ce système censé réduire les inégalités n&#8217;est-il pas plutôt en train de les augmenter ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vouloir garantir l&#8217;égalité des places, c&#8217;est un beau principe, mais il aboutit en pratique à une bureaucratie qui rend le système encore plus fou que son objectif initial&#8230;</strong></p>
<h2>Pour une égalité des chances et des droits</h2>
<p>Article 1 de la Déclaration des des droits de l&#8217;Homme et du citoyen :</p>
<blockquote style="text-align: justify;"><p>Tous les êtres humains naissent libres et <strong>égaux en dignité et en droits</strong>. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.</p></blockquote>
<p style="text-align: justify;">Contrairement à ce que pensent souvent les socialistes, l&#8217;égalité des places n&#8217;est pas vraiment justifiée par la déclaration des droits de l&#8217;Homme et du citoyens, qui tend davantage vers une égalité au regard de la loi. Or, qu&#8217;est-ce que l&#8217;égalité des chances, si ce n&#8217;est<strong> l&#8217;égalité devant le droit de réussir</strong> ?</p>
<p style="text-align: justify;">Vouloir sauver la veuve et l&#8217;orphelin est une intention louable, mais elle ne devrait jamais nuire à l&#8217;égalité des autres de réussir leur vie. C&#8217;est ici le principe même de méritocratie qui est en jeu : le système doit savoir récompenser les efforts produits individuellement! Or, à chaque fois que l&#8217;Etat attribue un avantage exclusif à une minorité, elle prive tout autant les autres des l&#8217;action des pouvoirs publics (pour lesquels ils paient&#8230;).</p>
<p style="text-align: justify;">Voilà pourquoi je suis favorable à la mise en place d&#8217;un <a title="vidéo revenu de base" href="http://www.tetedequenelle.fr/2010/10/revenu-de-base/"><strong>revenu de base</strong></a> (revenu garanti sans conditions) car <strong>un tel système permet à la fois de garantir une situation digne pour tous, tout en assurant une égalité stricte au regard de la loi</strong>. De même, une telle vision amène naturellement à se poser la question de la suppression de tous les régimes spéciaux, de la réforme de notre système d&#8217;éducation, ainsi que de la<strong> gratuité des transports en commun</strong>&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Les inégalités ne sont pas forcément mauvaises, c&#8217;est la manière dont elles sont générées (et donc perçues) qui le sont. Ainsi, les partisans de l&#8217;égalité des places ne se préoccupent en fait que du résultat final d&#8217;un système qui ne fonctionne pas en amont de manière méritocratique. Autrement dit, c&#8217;est l&#8217;échec de l&#8217;égalité des chances qui aboutit aux inégalités que nous connaissons. Mais bien sur, il est toujours plus facile d&#8217;embellir les apparences que de vouloir régler le problème à la racine&#8230;</p>
<hr />
<p>Illustration <a href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc/2.0/"><img title="Paternité" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_attribution_small.gif" alt="Paternité" border="0" /><img title="Pas d'utilisation commerciale" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_noncomm_small.gif" alt="Pas d'utilisation commerciale" border="0" /></a> <a href="http://www.flickr.com/photos/justin_case/199013690/sizes/z/in/photostream/">Dr Case</a></p>
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		<title>Revenu de base, la vidéo en français</title>
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		<pubDate>Wed, 06 Oct 2010 08:14:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
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		<category><![CDATA[Revenu de base]]></category>
		<category><![CDATA[Revenu universel]]></category>

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		<description><![CDATA[Il y a quelques mois, j&#8217;avais parlé du dividende universel comme une solution pragmatique à la crise. Un concept similaire assez en vogue en Allemagne et connu sous le nom de revenu de base et a fait l&#8217;objet d&#8217;un film documentaire désormais traduit en français. Cette vidéo explique très bien les fondements idéologiques du concept tout [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Il y a quelques mois, j&#8217;avais parlé du <a title="Dividende universel solution crise" href="http://www.tetedequenelle.fr/2010/05/crise-solution-heterodoxe-dividende-universel/">dividende universel</a> comme une solution pragmatique à la crise. Un concept similaire assez en vogue en Allemagne et connu sous le nom de <strong><a title="revenu de base VF" href="http://www.kultkino.ch/kultkino/besonderes/le_revenu_de_base_film_francaise">revenu de base</a></strong> et a fait l&#8217;objet d&#8217;un film documentaire désormais traduit en français.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette vidéo explique très bien les fondements idéologiques du concept tout en répondant à mon sens à l&#8217;ensemble des objections classiques. Bref, une vidéo à voir absolument car cette idée répond en grande partie à nos interrogations actuelles dans le contexte de crise économique, financière, crise du travail et la perte de sens de l&#8217;économie pour la société.</p>
<p style="text-align: justify;">Allez, bon visionnage&#8230; on en reparle en dessous <img src='http://www.tetedequenelle.fr/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';)' class='wp-smiley' /> </p>
<p><object classid="clsid:D27CDB6E-AE6D-11cf-96B8-444553540000" width="545" height="356" id="viddler_dc64dd2e"><param name="movie" value="http://www.viddler.com/player/dc64dd2e/" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="allowFullScreen" value="true" /><embed src="http://www.viddler.com/player/dc64dd2e/" width="545" height="356" type="application/x-shockwave-flash" allowScriptAccess="always" allowFullScreen="true" name="viddler_dc64dd2e"></embed></object></p>
<p style="text-align: justify;">(Si la vidéo ne fonctionne pas, rendez vous directement sur ce <a title="revenu de base fr" href="http://www.kultkino.ch/kultkino/besonderes/le_revenu_de_base_film_francaise#">site</a>)</p>
<p style="text-align: justify;">Note : la différence majeure entre le revenu de base et le dividende universel consiste principalement dans le moyen de financement. Ce dernier étant financé par <a title="dividende universel" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Dividende_universel_(cr%C3%A9ation_mon%C3%A9taire)">création monétaire</a> pure alors que le revenu de base le serait par un système de TVA. Pour le reste, la vision de la société qui en découle est la même.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>L&#8217;Homme est-il bon ou mauvais ?</title>
		<link>http://www.tetedequenelle.fr/2010/09/homme-bon-vs-mauvais/</link>
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		<pubDate>Wed, 08 Sep 2010 06:45:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Humeur]]></category>
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		<category><![CDATA[Morale]]></category>

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		<description><![CDATA[Cet excellent article aborde un sujet qui me tracasse également depuis un certain temps : l&#8217;Homme est-il bon ou mauvais ? En effet, cette question d&#8217;apparence anodine revient souvent en filigrane d&#8217;interminables débats, divisant je cite : Ceux qui croient que l&#8217;homme est naturellement bon et que le système le pervertit, et ceux qui croient que [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Cet <a title="Convaincre un convaincu du contraire" href="http://calebirri.unblog.fr/2010/08/24/comment-convaincre-un-convaincu-du-contraire/">excellent article</a> aborde un sujet qui me tracasse également depuis un certain temps : <strong>l&#8217;Homme est-il bon ou mauvais ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">En effet, cette question d&#8217;apparence anodine revient souvent en filigrane d&#8217;interminables débats, divisant je cite :</p>
<blockquote style="text-align: justify;"><p>Ceux qui croient que l&#8217;homme est naturellement bon et que le système le pervertit, et ceux qui croient que l&#8217;homme est naturellement mauvais et que le système doit le recadrer.</p></blockquote>
<p style="text-align: justify;">Il n&#8217;y a pas très longtemps, je discutais avec un ami qui m&#8217;a justement posé cette question. Lui est persuadé que l&#8217;Homme est fondamentalement mauvais. Et, en tant qu&#8217;humaniste, je pense le contraire. Nous avons pu échanger constructivement une bonne demi-heure sur la question, me permettant ainsi d&#8217;éclaircir ma position sur le sujet. Reflexion que je me propose de partager avec vous.</p>
<h2 style="text-align: justify;">L&#8217;environnement conditionne nos comportements</h2>
<h2 style="text-align: justify;"><span style="font-weight: normal; font-size: 13px;">Pour commencer, mon ami avance l&#8217;argument suivant : &laquo;&nbsp;lorsque tu mets 10 personnes devant une seule assiette de riz insuffisante pour nourrir tout le monde, que ce passe-t-il ? Ils se tapent dessus.&nbsp;&raquo;</span></h2>
<p style="text-align: justify;">Cet argument est certes recevable mais ne peut permettre de conclure à ce que l&#8217;Homme soit mauvais. En effet, les conditions de l&#8217;experience sont imparfaites. En occurence, l&#8217;insuffisante quantité de riz remet en cause la survie des individus, de telle sorte que ceux-ci sont davantage enclins à agir de la pire sorte qu&#8217;il soit, par simple instinct de survie.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;expérience ne revêt donc pas les conditions normales d&#8217;une vie en société. Dans une autre situation où un sac de riz entier est disposé, il est possible voire probable que les individus auraient choisi de le distribuer en parts égales.</p>
<p style="text-align: justify;"><a title="Expérience de Milgram" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Exp%C3%A9rience_de_Milgram">Milgram</a> l&#8217;a déjà prouvé depuis longtemps : l&#8217;environnement conditionne nos comportements jusqu&#8217;à nous faire commettre les pires atrocités.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Les besoins primaires avant la société</h2>
<p style="text-align: justify;">On en revient une nouvelle fois à ce que même l&#8217;économiste Maslow avait théorisé depuis longtemps : les besoins humains primaires ont besoins d&#8217;être satisfaits avant qu&#8217;un individu normalement constitué agisse de manière sociale.</p>
<div id="attachment_2477" class="wp-caption aligncenter" style="width: 301px"><a href="http://www.tetedequenelle.fr/wp-content/uploads/2010/09/pyramide_maslow.gif"><img class="size-full wp-image-2477" title="pyramide_maslow" src="http://www.tetedequenelle.fr/wp-content/uploads/2010/09/pyramide_maslow.gif" alt="" width="291" height="260" /></a><p class="wp-caption-text">Pyramide des besoins de Maslow</p></div>
<p style="text-align: justify;">Par conséquent, tant que tous les individus n&#8217;auront pas une situation humainement correcte satisfaisant leurs besoins les plus primaires, les plus défavorisés agiront de manière invariablement &laquo;&nbsp;mauvaise&nbsp;&raquo;.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Le bonheur, c&#8217;est l&#8217;autre ?</h2>
<p style="text-align: justify;">La pyramide de Maslow nous montre qu&#8217;après avoir satisfait ses besoins primaires, l&#8217;Homme se préoccupe davantage de soucis d&#8217;appartenance à une communauté, de reconnaissance etc. Surprise : <strong>Autrui intervient donc dans l&#8217;augmentation du bonheur de chacun</strong>. Puisque l&#8217;homme a un désir de socialiser, il doit pour cela donner le meilleur de soi-même pour les autres, et pour la (les) communauté(s) auxquelles il appartient.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors bien sur, ce raisonnement n&#8217;est peut être pas dénué de toute démarche intéressée. En effet, l&#8217;Homme pris dans une communauté donne, mais reçoit aussi de la part des autres&#8230; Ne donne-t-il alors que par opportunisme, en espérant recevoir plus qu&#8217;il ne donne ? (auquel cas l&#8217;Homme serait donc plutot mauvais?)</p>
<p style="text-align: justify;">Je ne crois pas, car il existe dans cette hypothèse une faille, toute petite certes, mais qui permet de supposer le contraire :<strong> n&#8217;est-il jamais arrivé à personne d&#8217;être profondément heureux pour la seule raison d&#8217;avoir fait plaisir à quelqu&#8217;un d&#8217;autre ? </strong>(en faisant un cadeau par exemple) ?</p>
<p style="text-align: justify;">Cette alchimie de sentiments paradoxale remet donc en cause le postulat de départ que &laquo;&nbsp;l&#8217;homme donne pour recevoir&nbsp;&raquo; puisque donner, est par essence, une manière de recevoir : <strong>donner rend heureux</strong>.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Pour une politique de l&#8217;homme bon</h2>
<h2 style="text-align: justify;"><span style="font-weight: normal; font-size: 13px;">Je le disais au tout début de ce post, la manière dont on répond à la question &laquo;&nbsp;L&#8217;Homme est-il bon ou mauvais?&nbsp;&raquo; a de fortes implications, notamment sur la politique : Faut-il donner plus ou moins de liberté aux individus ? Faut-il renforcer les mesures sécuritaires ? Faut-il tendre vers un système libéral ou un système social accompagné de systèmes coercitifs ?</span></h2>
<p style="text-align: justify;">Les réponses à ces questions dépendent fortement selon que l&#8217;on juge l&#8217;Homme bon ou mauvais par essence.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais on ne peut répondre à cette question en ne considérant que les comportments individuels et sans observer les conditions dans lesquelles la société nous place. Dit autrement : on ne peut juger du comportement des individus sans regarder la taille de l&#8217;assiette de riz.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;insécurité par exemple, c&#8217;est certes un problème important, mais la société n&#8217;en est-elle pas &#8211; en partie &#8211; coupable ? La précarité, la misère, l&#8217;exclusion de certains individus ne poussent-ils pas ces derniers à agir de manière incivique car leurs besoins &laquo;&nbsp;primaires&nbsp;&raquo; ne sont pas satisfaits ?</p>
<p style="text-align: justify;">Malheureusement, les politiques, si éloignés de la brute réalité, ont visiblement du mal à concevoir ce petit théorème. Explicitons-le donc : si on sanctionne le délit de vol de pomme de 1 an de prison ou de 5, cela va-t-il changer quoique ce soit dans le comportement d&#8217;un individu qui a terriblement faim ?</p>
<p style="text-align: justify;">Dès lors que cela est admis, il parait alors logique de changer notre vision du problème de l&#8217;insécurité. En fait, <strong>ce problème est bien réel, mais n&#8217;est qu&#8217;une résultante de toute une séries d&#8217;autres problèmes</strong>. Je ne dis pas que l&#8217;insécurité est un &laquo;&nbsp;faux problème&nbsp;&raquo;, mais il ne s&#8217;agit pas à mon sens d&#8217;un paramètre sur lequel on ne peut agir directement. Les politiques sécuritaires ont même en général cet effet très pervers d&#8217;accroitre la frustration (et donc indirectement, la violence) des individus visés par ces politiques.</p>
<p style="text-align: justify;">En d&#8217;autres termes : vaut-il mieux mettre de l&#8217;huile sur le feu, ou bien ajouter du riz dans la gamelle ? <img src='http://www.tetedequenelle.fr/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';)' class='wp-smiley' /> </p>
<p style="text-align: justify;">En tant que chainon final d&#8217;une suite de phénomènes, le problème de l&#8217;insécurité ne peut être selon moi résolu de front, mais uniquement par des voies détournées. Concentrons nous sur d&#8217;autres problèmes graves de notre démocratie : l&#8217;égalité, la justice, la misère, la méritocratie. Cela serait déjà non seulement pas mal, mais il y a en plus de bonnes chances que le reste suive&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Malheureusement, vu comme c&#8217;est parti, il va falloir lutter sévèrement pour ne pas succomber aux sirènes des médias et autres politiques réactionnaires. Lutter contre l&#8217;idée que dresser les gens les uns contre les autres serait une bonne voie vers une société meilleure.</p>
<hr />
<p><a href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/2.0/"><img title="Paternité" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_attribution_small.gif" alt="Paternité" border="0" /><img title="Pas d'utilisation commerciale" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_noncomm_small.gif" alt="Pas d'utilisation commerciale" border="0" /><img title="Partage selon les Conditions Initiales" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_sharealike_small.gif" alt="Partage selon les Conditions Initiales" border="0" /></a> <a href="http://www.flickr.com/photos/vermininc/3069545124/">Vermin Inc</a></p>
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		<title>Paul Ariès : &#171;&#160;en finir avec la société du toujours plus&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Fri, 27 Aug 2010 10:24:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Décroissance]]></category>
		<category><![CDATA[Paul Ariès]]></category>
		<category><![CDATA[Révolution Personnelle]]></category>

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		<description><![CDATA[Paul Ariès est politologue, écrivain, et surtout militant pour la décroissance. Lundi 27 Aout dernier, il était l&#8217;invité de Fréderic Taddéi sur Europe 1. Je connaissais finalement assez peu le concept de décroissance. Il faut dire que lors de mes cours d&#8217;économie de terminale, la théorie de la décroissance avait été balayée en environ 3 [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a title="degrowth de Deshazkundea, sur Flickr" href="http://www.flickr.com/photos/48248551@N04/4543034875/"><img class="alignleft" style="margin-left: 5px; margin-right: 5px;" src="http://farm5.static.flickr.com/4045/4543034875_1f246323ef.jpg" alt="degrowth" width="300" height="226" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Paul Ariès est politologue, écrivain, et surtout militant pour la <strong><a title="Décroissance économique" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9croissance_(%C3%A9conomie)">décroissance</a></strong>. Lundi 27 Aout dernier, il était l&#8217;invité de Fréderic Taddéi <a title="Paul Ariès sur Europe 1" href="http://www.europe1.fr/MediaCenter/Emissions/Regarde-les-hommes-changer/Sons/Paul-Aries-218826/">sur Europe 1</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Je connaissais finalement assez peu le concept de décroissance. Il faut dire que lors de mes cours d&#8217;économie de terminale, la théorie de la décroissance avait été balayée en environ 3 minutes, tout juste le temps de montrer l&#8217;absurdité du truc&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">J&#8217;ai été donc plutôt agréablement surpris d&#8217;entendre dans propos de Paul Ariès une vision plus positif de la décroissance que ne le laisse entendre le terme de prime abord.</p>
<p style="text-align: justify;">Je les ai jugé suffisamment pertinents et intétressants que l&#8217;idée m&#8217;a pris d&#8217;en faire la retranscription (avec <a title="blog de Carole Fabre" href="http://reglesdejeux.com/">Carole</a> et d&#8217;autres anonymes que je remercie au passage pour le coup de main <img src='http://www.tetedequenelle.fr/wp-includes/images/smilies/icon_smile.gif' alt=':)' class='wp-smiley' />  ). L&#8217;idée était bien sur de partager ce texte avec mes lecteurs, mais aussi pour moi de me &laquo;&nbsp;forcer&nbsp;&raquo; à  en digérer le contenu plus que par une simple écoute.</p>
<p style="text-align: justify;">J&#8217;aime beaucoup le début de l&#8217;interview, la seconde partie dérive un peu de sujet initial. L&#8217;idée de lutter contre le &laquo;&nbsp;toujours plus&nbsp;&raquo; me parait très pertinente à l&#8217;heure du &laquo;&nbsp;vivre mieux&nbsp;&raquo; plutot en vogue ces temps-ci, de <a href="http://blog.tcrouzet.com/tag/individuation/">l&#8217;individuation</a> prônée par Thierry Crouzet ou encore de la <a title="faire sa révolution personnelle" href="http://www.tetedequenelle.fr/2009/12/blogueur-invite-faire-sa-revolution-personnelle/">révolution personnelle</a> à laquelle nous encourage Jean-Philippe. Car si une chose est devenue certaine à mes yeux, c&#8217;est que nous ne pourrons changer de modèle de société que si nous nous changeons nous-même.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Et vous, qu&#8217;en pensez-vous ? Pensez vous que la décroissance soit une bonne voie vers une société meilleure ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Quoi qu&#8217;il en soit, vous souhaite bonne lecture, et on se retrouve en dessous pour en discuter <img src='http://www.tetedequenelle.fr/wp-includes/images/smilies/icon_smile.gif' alt=':-)' class='wp-smiley' />  !</p>
<h2><strong>Retranscription de l&#8217;interview de Paul Ariès sur Europe 1</strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><em>Frédéric Taddeï (en italique dans tout le texte) : Paul Ariès bonjour, vous êtes politologue, vous avez 51 ans et vous êtes l’un des théoriciens de la décroissance, un mouvement international auquel les politiques empruntent de plus en plus d’idées, Barack Obama notamment. En 14 ans vous avez publié 25 livres, le dernier est La simplicité volontaire contre le mythe de l’abondance aux éditions de La Découverte. Paul Ariès, êtes-vous un descendant des hippies ? Je veux dire par là que les hippies déjà il y a une quarantaine d’années nous incitaient à consommer moins, à travailler moins, à gagner moins et à vivre mieux.</em></p>
<div style="text-align: justify;">
<p>Paul Ariès : Je suis un descendant de beaucoup de courants, c’est à dire aussi bien des adeptes de la pauvreté évangélique, des adeptes du droit à la paresse, des gens qui dans les années 70 voulaient vivre et travailler au pays, et bien sur, en partie des hippies. Mais ce qui est nouveau, c’est finalement la conjoncture : aujourd’hui on sait qu’on va dans le mur. Et de ce fait là on ne peut plus continuer comme auparavant. Soit on accepte de sauter par dessus le mur sans savoir où l’on va, soit on accepte non pas de revenir en arrière, mais de faire un pas de coté.</p>
<p><em>F.T. : Je disais, Paul Ariès, la décroissance est un mouvement international aujourd’hui. Quelle en serait la capitale ? Où est-ce qu’on y réfléchit le plus ?</em></p>
<p><em> </em>La décroissance est venue en partie du continent Nord-Américain mais davantage dans une démarche individuelle, ce que l’on appelle le choix de la simplicité volontaire. Lorsque ce mouvement est arrivé en Europe Latine, il a pris une coloration politique plus immédiate et Lyon constitue aujourd’hui une capitale de la réflexion, de la pensée. Je pense que si Lyon est la capitale aujourd’hui de la décroissance, cela tient aussi à toute l’histoire lyonnaise, c’est à dire une histoire de la rébellion, une ville qui s’est toujours voulue la capitale de quelque chose : la capitale de la résistance, de la gastronomie, et aujourd’hui de l’objection de croissance.</p>
<p><em>Vous appelez ça “l’objection de croissance” comme on disait les objecteurs de conscience ?</em></p>
<p>Alors bien sûr qu’il y a un petit clin d’oeil aux objecteurs de conscience, mais c’est plus sérieux que cela. Nous ne sommes pas partisans d’une décroissance à tout va. Ce que nous refusons, c’est le culte de la croissance. Et de se dire objecteurs de croissance ça veut dire que pour nous, il ne faut pas aller chercher la solution à tous les problèmes dans le “toujours plus”.</p>
<p><em>La gauche et la droite ont toujours été, en tout cas depuis 1 ou 2 siècles productivistes : ils cherchaient la solution dans la croissance. Ils pensaient, et la droite et la gauche, que le progrès allaient résoudre nos problèmes. Et en ce sens ils étaient optimistes, enfin elles étaient, la gauche et la droite, optimistes. Est-ce que vous êtes pessimistes, vous les décroissants ?</em></p>
<p>Je dirais qu’il y a toujours eu par exemple 2 gauches. Il y a toujours eu une gauche dominante, productiviste, qui avait foi dans le progrès, en fait dans le progrès technique et économique, qui avait foi dans les lendemains qui chantent, c’est à dire aussi dans les générations sacrifiées, et puis &#8230;</p>
<p><em>Pourquoi, pardonnez-moi, pourquoi les générations sacrifiées vont-elles avec les lendemains qui chantent ?</em></p>
<p>Parce qu’au nom, je dirais, d&#8217;accéder au pays de cocagne, à cette société d’abondance, on a toujours considéré que dans un premier temps il fallait accepter de se serrer la ceinture. Et je dirais que cette gauche productiviste, elle a aujourd’hui du plomb dans l’aile parce que sauf à mentir, elle ne peut pas promettre de généraliser notre mode de vie.</p>
<p>Il y a toujours eu une deuxième gauche, une gauche dominée, ringardisée, ridiculisée, une gauche anti-productiviste. C’était celle par exemple de ces paysans qui pendant un siècle et demi ont refusé le passage de la faucille à la faux, parce que derrière ce refus c’était la défense du droit de glanage, c’était la défense de leur mode de vie. C’est cette gauche anti-productiviste qui se retrouvait du côté des ouvriers cassant les machines, alors pas toutes les machines mais celles qui prenaient leurs places. C’est cette gauche qui était du côté du droit à la paresse, ce bouquin écrit par le gendre de Marx. C’est cette gauche qui était du côté de ce qu’on appelait au 19ème siècle “les sublimes”. Les sublimes, c’était ces ouvriers hautement qualifiés qui choisissaient de ne travailler que le strict minimum, et qui fêtaient la saint-lundi, parce qu’ils prolongeaient le week-end, parce que le lundi il y avait un avantage considérable, c’était que les cabarets étaient ouverts. Et je dirais que cette gauche anti-productiviste elle a été pessimiste parce qu’elle a été convaincue que les classes moyennes étaient définitivement perdues et intégrées à la société de consommation. Et moi je crois qu’aujourd’hui, on peut assister à la renaissance d’une gauche à la fois anti-productiviste et optimiste pour 2 raisons. La première raison c’est que l’on sait que le gâteau, le PIB mondial il ne peut plus grossir. Donc on ne peut plus refouler la grande question du partage.</p>
<p>Puis la deuxième raison, est que l’on peut reprocher tout ce que l’on veut à la société du toujours plus, à la société de consommation, il faut reconnaître que c’est une société diablement efficace sur le plan anthropologique parce que, je dirais, elle sait susciter nos désirs et les rabattre sur le désir de consommation. Tant qu’on aura pas quelque chose d’aussi fort que le toujours plus à lui opposer, on ne peut pas y arriver. Et à mes yeux il y a un mouvement international qui est en train de se développer pour le partage, pour la gratuité.</p>
<p>Et puis, on assiste aussi à la démoyennisation de la société. Le grand coup de génie du capitalisme au 20ème siècle, c’est le développement des classes moyennes. Or aujourd’hui il suffit de regarder autour de nous, cette génération des bac+5 à 1000 euros. Et je dirais que ces bac+5 à 1000 euros, je dirais, ça peut donner le meilleur comme le pire. Le pire, cela serait bien sûr le développement du nihilisme. Et le meilleur, c’est que cette génération se rende compte qu’elle n’a rien à gagner à la société de consommation, qu’elle a rien à gagner au “toujours plus”. La génération de leurs parents pouvaient croire au travailler plus pour gagner plus”. Eux cela serait “travailler plus pour gagner moins”, donc je crois qu’ils ont tout intérêt à décrocher, et à faire un pas de coté. Et donc d’en finir avec cette idée que “plus” serai forcément égal à “mieux”.</p>
<p><em>Paul Ariès, je vous avais posé la question sur la gauche et la droite, qui étaient optimistes, et comme tout homme de gauche vous m’avez répondu sur la gauche mais jamais sur la droite. Vous croyez vraiment que la droite n’a pas d’idées, que la droite en tant que mouvement intellectuel n’existe pas ? La droite après tout a prôné ce capitalisme auquel vous êtes obligé de céder quelques compliments parce qu’il a été révolutionnaire, qu’il a inventé les classes moyennes. Et de même on pourrait dire qu’il y a une droite aussi plus réactionnaire qui elle aussi a prôné pour la paresse.</em></p>
<p>Je dirais que la gauche et la droite partagent le même bilan effroyable en matière environnementale. Ces deux systèmes ont totalement pillé la planète pour nourrir leur machine productiviste. La gauche aujourd’hui elle est aphone, on l’a vu. Mais la droite, elle, elle a un vrai projet, un grand projet, qui n’est pas le mien, c’est ce qu’on appelle le capitalisme vert. Le capitalisme vert, c’est cette volonté d’adapter la planète, l’écologie, et si nécessaire les humains au besoin du toujours plus. Alors adapter la planète, c’est tout ces projets des savants fous, c’est à dire cette idée d’inventer une sorte d’immense bouclier artificiel entre le ciel ou la terre.</p>
<p><em>Vous le caricaturez, il y a aussi tout ce que l’on appelle les green-techs ou le green business, toutes ces entreprises qui naissent, en ce moment même, en Californie et qui inventent effectivement des solutions techniques aux problèmes écologiques.</em></p>
<p>Ce que, aujourd’hui, la droite essaye de faire c’est de réconcilier l’écologie et l’économie, l’écologie et la croissance. Et ça, ça m’apparait totalement impossible. On peut bien bricoler dans le domaine technologique, tant que l’on restera effectivement dans la même logique, et bien tout gain obtenu dans un domaine sera immédiatement gaspillé dans un autre domaine. C’est ce que les économistes appellent d’ailleurs l’effet rebond.</p>
<p><em>Paul Ariès, néanmoins j’insiste : mais les premiers qui ont refusé le progrès, les premiers qui ont refusé la consommation, les premiers qui ont refusé même la technologie parfois&#8230; C’était la droite !</em></p>
<p>Mais bien sur et c’est vrai qu’une partie y compris, aujourd’hui, de la droite regarde avec sympathie certains thèmes de la décroissance comme la relocalisation. Mais je dirais que lorsque la nouvelle droite de Alain de Benoist, lorsque les identitaires disent le salut par la décroissance, on ne parle en fait pas de la même chose ! Parce que nous n’avons pas la même conception. La relocalisation dont ils parlent, je dirais que c’est un local claquemuré, enfermé, ouvert à la xénophobie. Nous ce que l’on prône, c’est le local sans les murs, nous ce que l’on veut ce n’est pas défendre des identités définies de façon essentialiste, c’est défendre des cultures, des cultures populaires, des cultures régionales, parce que défendre des cultures, c’est dire que l’on ne veut pas d’un monde standardisé, homogénéisé. Et c’est quand, en prenant appuis sur cette diversité que l’on pourra échapper à la logique du toujours plus. Et puis je dirais que notre symbole, notre logo, c’est l’escargot, c’est pas l’aigle &#8230;</p>
<p><em>Cela dit, à la fois dans les droites réactionnaires, les droites conservatrices ou la nouvelle droite, vous faisiez allusion à Alain de Benoist, il y a aussi le refus du monde homogénéisé, standardisé, américanisé. Il y a aussi tout ça, et depuis longtemps, depuis 2 siècles, Joseph de Maistre, déjà !</em></p>
<p>Mais je crois que nous partageons quelque chose avec les militants d’extrême droite, c’est la détestation de ce monde, mais en revanche on ne partage pas le même modèle de société pour le futur. Nous ce qui nous caractérise avant tout, c’est de vouloir la décroissance des inégalités sociales. Ce qui nous caractérise, finalement, c’est de marquer le retour des partageux.</p>
<p><em>Alors Paul Ariès, pourquoi maintenant ? Pourquoi est-ce que maintenant les théories de la décroissance connaissent un succès qu’elles n’ont pas connu par exemple au moment du mouvement hippie, qui est un mouvement qui s’est plutôt réduit à  une génération et qui a duré quelques années seulement. Pourquoi aujourd’hui, quel est le mur contre lequel on se cogne d’après vous, qui fait que vos idées connaissent un certain retentissement ?</em></p>
<p>Je crois qu’il y a trois raisons fondamentales. La première raison c’est bien sûr une raison écologique : on sait qu’on a dépassé les capacités de charge de la planète, c’est à dire que notre mode de vie occidental n’est pas généralisable. Si 6 milliards d’humains vivaient comme nous, il faudrait au minimum 3 planètes.</p>
<p>Ensuite il y a une deuxième raison, c’est une raison sociale. Nous nous sommes monstrueusement habitués aux inégalités sociales à un tel point que c’est l’unité même du genre humain qui est de plus en plus remise en cause. Aujourd’hui 2% des humains s’approprient 50% des ressources planétaires et les 50% d’humains restants n’ont droit eux qu’à 1%.</p>
<p>Et puis il y a une troisième raison, c’est une raison je dirais anthropologique qui concerne la conception même de l’humanité. La société de croissance, cette société du toujours plus, c’est une société qui a été bâtie pour refouler nos angoisses existentielles, pour refuser tout simplement l’abord de la mort. Et je crois que tant que nous resterons dans cette logique où on aura cherché dans la dévoration du monde, dans la dévoration y compris des autres humains de quoi oublier que l’on est mortel, on ne s’en sortira pas. Donc le discours de la décroissance c’est aussi un discours pour dire : il faut remettre la mort au centre de la vie, et il faut remettre nos faiblesses et les faibles au coeur de la cité. Alors ce n’est pas simplement que des grandes déclarations généreuses. Ça veut dire par exemple qu’il faut en finir avec ce racisme anti-vieux. Toutes les sociétés qui nous ont précédées ont toujours accordé une place importante aux personnes âgées. Parce que les anciens se sont les symboles de la lenteur. Et je dirais que ce sont les jeunes qui en ont besoin. Regardez ces enfants de 8 ans qui ont un emploi du temps de cadre supérieur, et qui n’ont même pas le temps de s’ennuyer, alors que l’ennui est essentiel pour pouvoir se structurer. Regardez ces gamines de 12 ans que l’on déguise en petites lolitas, à qui on vole le temps spécifique de leur enfance. Ces enfants que l’on fait grandit trop vite, ça devient ensuite des adulescents, ça devient des ados-adultes parfaitement adaptés à cette société adolescentrique, parfaitement adaptés à cette société de consommation qui va chercher finalement une sorte de fonctionnement boulimique. Donc je crois que l’on ne pourra pas se sortir de l’impasse qui est la notre si, finalement, on n’accepte pas nos limites, si on n’accepte pas notre finitude. Et être objecteur de croissance, c’est aussi aujourd’hui chercher un chemin dans cette direction là.</p>
<p><em>Paul Ariès, on comprend bien que les occidentaux peuvent trouver séduisant, au moins dans l’idée, on en parlera, cette utopie, là aussi on en parlera, qui consisterait à gagner moins, à se dépenser moins, à consommer moins, à travailler moins pour vivre mieux. Mais comment pensez-vous pouvoir convaincre les chinois, les indiens, les brésiliens tout ces pays qui sortent à peine &#8230;, qui sont en train de connaîtrent les premiers cadeaux de la croissance ?</em></p>
<p>Alors déjà je ne cherche pas à leur faire la leçon, je cherche à les écouter. Et c’est vrai qu’aujourd’hui en Afrique, en Amérique latine, en Amérique centrale, un peu moins en Asie, on a énormément de débat sur la souveraineté alimentaire, sur la relocalisation, sur le prendre soin contre une société du mépris&#8230; finalement un certain nombre de thèmes qui rejoignent totalement nos préoccupations. Et puis je dirais que cette décroissance économique, matérielle, elle nous concerne nous d’abord, c’est à dire nous, pays trop opulents.</p>
<p>Mais je pense cependant qu’il faut avoir le courage politique de dire aux pays du Sud “N’empruntez pas les voies qu’on a nous effectivement ouvertes parce qu’elles nous conduisent dans une impasse. Et non seulement elles nous conduisent vers un modèle qui est impossible, mais c’est un modèle qui n’est même pas jouissif. Regardez la quantité de médicaments qu’il faut consommer chaque année pour pouvoir simplement pour tenir le coup. Et ces pays du Sud que l’on a tendance à considérer comme étant finalement “en retard”, peut-être que demain ils vont être en avance. Et tout à l’heure je parlais de l’importance qu’il faut reconnaître aux anciens, allons voir en Afrique, regardons de quelle façon on reconnaît une importance à la tradition, de quelle façon on reconnaît une importance à la transmission. Dans nos sociétés, on cherche aujourd’hui à rendre plus vive la démocratie, et j’aurais tendance à dire d’ailleurs qu’un siècle de démocratie électorale, ça conduit au développement de l’abstentionnisme, de l’indifférence. Regardons ce qu’étaient les pratiques autour de l’arbre à palabre, moi j’ai beaucoup travaillé sur les formes d’expressions populaires aux 17ème, 18ème, 19ème siècles, on cherchait pas à faire parler le peuple, le peuple, il s’exprimait.</p>
<p><em>Paul Ariès, on dirait que l’inquiétude écologique est une aubaine. Elle permet, elle vous permet à vous, mais vous n’êtes pas le seul, de poser la grande question finalement, ce qui est pour vous la grande question : celle du partage. Vous l’avez déjà dit depuis le début de cette émission, vous avez parlé du partage, des “partageux”. On dirait que c’est une tendance qui est à l’oeuvre en ce moment dans de nombreux mouvement intellectuels. L’idée du partage revient, que ce soit le partage des fichiers informatiques dont les jeunes génération sont aujourd’hui coutumières, du partage de la richesse, du partage du travail. Par exemple, les délocalisations, ce que l’on voit en France, ce que l’on considère comme des délocalisations, les usines qui partent en Chine ou en Inde ou en Amérique de sud, est-ce que vous pensez que cela fait partie du partage ?</em></p>
<p>Bien sûr que non. Le partage c’est tout à fait autre chose &#8230;</p>
<p><em>Pourtant ça en est, on leur donne du travail!</em></p>
<p>Non, c’est à dire qu’on leur fait produire dans des conditions généralement très mauvaises sur le plan social et environnemental ce que nous allons ensuite consommer. Je dirais que si la question du partage redeviens si fondamentale, c’est qu’on ne peut plus croire que le gâteau puisse grossir démesurément. Et quand on parle de partage, ça passe par un certain nombre d’outils très simples : c’est, par exemple, l’adoption d’un revenu garanti, permettant à chacun de vivre certes frugalement, et je dirais de façon totalement sécurisé.</p>
<p><em>Paul Ariès, avec l’idée du partage qui commence à se répandre, il y a aussi l’idée de la gratuité. La gratuité, vous avez beaucoup travaillé sur ce sujet, c’est inséparable du partage ?</em></p>
<p>A mes yeux, la gratuité c’est la seule chance si l’on veut effectivement avoir un discours suffisamment fort pour s’opposer à cette société du toujours plus</p>
<p><em>Parce que ce n’est pas facile de convaincre les gens qu’il va falloir qu’ils vivent différemment, pour ne pas dire moins bien que la façon dont ils ont vécu depuis un siècle !</em></p>
<p>C’est encore plus difficile aujourd’hui qu’il y a vingt ans. Et puis je dirais que ça ne sert à rien de culpabiliser les gens. Je crois qu’on ne pourra changer la société que si on donne envie de changer, si on suscite le désir. Or la gratuité, je dirais qu’on l’a chevillée au coeur, c’est à la fois le souvenir du paradis perdu, du sein maternel, ce sont les relations amoureuses, amicales, associatives, c’est aussi les services publics, les biens communs. La gratuité, elle n’a pas disparue de la société. Et pour moi, le grand combat, c’est pas défiler pour l’augmentation du pouvoir d‘achat, c’est aujourd’hui de manifester pour défendre et étendre la sphère de la gratuité, parce que ça ne peut pas être la gratuité de n’importe quoi. C’est à dire que poser la question de la gratuité, c’est faire de la politique, ça nous oblige à choisir : est-ce qu’on veut que ce soit le stationnement des voitures qui soit gratuit, ou est-ce qu’on préfère que ça soit la cantine pour nos gosses. Dire que la gratuité elle a un coût. L’école publique, elle est gratuite mais elle est payée par l’impôt.</p>
<p>Je crois qu’il y a deux types de gratuité. Il y a une première gratuité qui est une gratuité d’accompagnement du système : la gratuité pour ceux qui ne peuvent pas payer, mais cette gratuité d’accompagnement du système, elle ne va jamais sans un minimum de condescendance voire de flicage. Est-ce que vous êtes un vrai pauvre méritant? Est-ce que vous êtes un vrai chômeur?</p>
<p>Et puis, il y a une deuxième gratuité. C’est une gratuité conçue comme, je dirais, une émancipation. Ce qui est beau dans l’école publique, c’est qu’on ne demande pas à un gamin si il est gosse de riche ou gosse de pauvre, c’est qu’on l’accueille en tant qu’enfant. Ce qui sera beau dans une société de la gratuité, c’est que chacun devrait avoir droit, je dirais, à un logement, à de quoi s’alimenter, à de quoi se soigner, et à la culture. Et je dirais que ces 4 piliers fondamentaux de l’humanité, aujourd’hui, la planète est assez riche pour pouvoir effectivement les offrir à tout le monde. Vous savez, moi, je ne suis pas venu à l’écologie par amour de Gaya. Je ne suis pas venu à l’écologie par l’amour des petits oiseaux, je suis venu à la décroissance pour préserver une terre pour l’humanité. Et je mets des tirets entre ces 3 mots, c’est à dire préserver une terre pour l’humanité, c’est la condition pour avoir ce que les grecs anciens appelaient l’Eudaimonia, c’est à dire une vie bonne. Et j’irai plus loin, même s’il était possible de pouvoir produire et consommer toujours plus, à mes yeux ce serait une raison suffisante de le refuser pour pouvoir rester simplement des humains. Notre société a totalement sombré dans ce que les grecs anciens appelaient Lubris &#8211; la démesure. Nous avons perdu la capacité à nous donner des limites. Lorsqu’un enfant n’est pas capable d’avoir des limites, eh bien, il va les chercher dans le réel ; c’est le développement des conduites à risques, c’est le développement de la toxicomanie, ou du suicide. Et lorsque une société n’est pas capable non plus de se donner des limites, eh bien, elle va les chercher dans le réel : c’est l’épuisement des ressources, c’est le réchauffement planétaire, c‘est l’explosion des inégalités.</p>
<p>Donc la grande question pour le 21ème siècle, c’est pas de savoir quel va être le montant du baril, c’est cette capacité à renouer avec le sens des limites, c’est à dire de faire primer le politique et la culture, parce que la politique, la politique, c’est la définition de la loi. C’est la première limite que je rencontre tous les matins dans la rue. C’est peut-être pas marrant, mais c’est nécessaire. ça pose bien sûr la question du contenu de cette loi. Est-ce que c’est une loi qui est faite dans l’intérêt du plus grand nombre ou d’une petite majorité. Et puis, je crois qu’on ne pourra pas en finir non plus avec ce formatage économique qui nous fait chercher dans la croissance toutes les solutions. Si n’y a pas un retour à la culture, parce que la culture quelle qu’elle soit, c’est toujours ce qui nous immunise contre les fantasmes les plus archaïques, le culte de la toute-puissance, l’idée d’un monde sans limite, et puis vous savez ces fantasmes archaïques, c’est ceux qu’exploitent aussi bien la publicité que les sectes.</p>
<p><em>Paul Ariès, pardonnez-moi d’être un peu pragmatique, mais quand vous parlez de limites, forcément, je me dis, va-ton vers, si les objecteurs de croissance, un jour, étaient suffisamment populaires pour qu’on les suive, que tout un pays comme la France puisse les suivre, est-qu’on irait vers des tickets de rationnement, c’est à dire que je ne pourrai utiliser mon ordinateur, par exemple, gros consommateur d’énergie, etc etc &#8230; je ne pourrai l’utiliser qu’une journée par an, est-ce que je n’aurai plus droit qu’à un voyage en avion par an &#8230; est-ce que c’est ce type de limites que vous imaginez ?</em></p>
<p>On ira vers un rationnement choisi, volontaire et non pas le rationnement imposé.</p>
<p><em>Volontaire, choisi, les soviétiques disaient aussi que c’était choisi et volontaire, on sait bien que c’était imposé &#8230;</em></p>
<p>Je crois effectivement qu’il faut tirer toutes les leçons de ce qu’a été l’échec du modèle de l’Union Soviétique. Ce dont est mort l’Union Soviétique, ce n’est pas de la gratuité, ce dont est mort l’union soviétique, je dirais, c’est de la bureaucratisation, et moi la seule conviction que j’ai c’est qu’on ne pourra pas résoudre à la fois la crise environnementale ou la crise sociale sans un surcroît de démocratie. Mais l’idéal de partage, l’idéal d’une certaine gratuité me semble effectivement plus que jamais d’actualité.</p>
<p><em>Paul Ariès, on imagine qu’il faudrait aussi une bureaucratie pour faire vérifier, pondre les règlements qui interdiraient, parce qu’il faudrait bien interdire, par exemple, à certains de remplir leur piscine avec l’eau qui sert à d’autres pour se laver et pour boire.</em></p>
<p>Il faudrait, j’allais dire, un système de lois radicalement nouveau, ça c’est évident, mais je m’oppose totalement à toute idée de gouvernance mondiale. Pour moi, la vraie démocratie c’est toujours de postuler la compétence des incompétents. Je dirais, la vraie démocratie c’est donner les moyens aux gens de peu de comprendre les questions que l’on pose et de se sentir effectivement investis. Et je peux vous assurer que toutes les expériences menées dans un certain nombre de municipalités où l’on dit “est-ce qu’on peut donner à chacun un certain volume d’électricité ou d’eau gratuite”, et bien, ces gens qui croyaient être incompétents pour la politique y reviennent, parce qu’à ce moment là, on va parler de choses concrètes, de choses quotidiennes, ordinaires. Et c’est dans cette ordinarité même que peut, effectivement, s’inventer les nouveaux démocrates dont une société de la décroissance, dont une société de gratuité ont besoin.</p>
<p><em>Paul Ariès, avant de devenir l’un des grands théoriciens de la décroissance, vous avez consacré à peu près treize années de votre vie à lutter contre les sectes. Très rapidement, expliquez-nous pourquoi les sectes, c’est si dangereux, que ça a monopolisé votre attention pendant si longtemps.</em></p>
<p>Mais parce que je crois qu’une société s’invente toujours dans ses marges et dans ses franges. C’est la raison pour laquelle, dans les milieux de la décroissance, par exemple, j’aime beaucoup les AMAP, les SEL, les services de troc, donc le meilleur peut sortir des franges, mais le pire aussi peut sortir. Pour moi, les sectes c’est pas un cancer sur un corps sain, les sectes, c’est les métastases d’une société malade. On a en quelque sorte les sectes que l’on mérite. Et quand on regarde de quelle façon un certain nombre de groupes, comme la scientologie, fantasment l’homme de demain, c’est à dire un humain réduit à la technologie, à ce qu’ils appellent les techs (pas sûre du mot là), moi c’est quelque chose qui me fait froid dans le dos, et ça me fait froid dans le dos, parce que, effectivement, c’est un avenir possible.</p>
<p><em>De même, Paul Ariès, vous vous êtes beaucoup intéressé à la malbouffe, vous avez écrit, entre autre, “Les Fils de McDo”, c’était sur la “Mcdisation” du monde, vous avez également écrit sur la “disneylandisation” du monde, toujours en toile de fond, il y a la mondialisation. La mondialisation n’a produit que du mauvais à vos yeux ?</em></p>
<p>Je crois que cette mondialisation est une immondialisation. C’est à dire que le monde en latin, mundus, c’est à la fois les humains et être propre. or on voit très bien que ce qu’on appelle la mondialisation aujourd’hui ce n’est rien d’autre que l’appropriation par une petite minorité, dont je suis peut être, des richesses de la planète.</p>
<p>Et puis ce qui m&#8217;embête aussi fondamentalement dans cette mondialisation, c’est qu’elle produit une standardisation, une homogénéisation. Regardons la façon dont on s’habille aujourd’hui à l’échelle planétaire, regardons la façon dont on mange. Et cela me semble effectivement très grave. Prenons par exemple la question de l’alimentation. Les pays les plus pauvres sont souvent les pays qui ont la table est la plus riche. Comme s’il fallait compenser cette pauvreté au niveau des nutriments par une symbolisation, une ritualisation particulièrement importante. Alors que les pays riches, eh bien, les pays riches ont souvent la table la plus pauvre sur le plan humain. Ce n’est pas par hasard que McDo, ça été la bouffe unique de la pensée unique. De la même façon que l’humanité a mis finalement quelques millénaires pour arriver effectivement à humaniser sa table, eh bien, ce que je peux craindre, c’est qu’aujourd’hui on déshumanise l’homme à travers la déshumanisation de sa table.</p>
<p><em>Et Disney dans tout ça ? Disney, après tout, a imaginé des dessins animés qui, heu, font rêver, c’est quand même assez exceptionnel, font rêver, on doit en être à la 6ème ou 7ème génération qui rêve sur les mêmes films.</em></p>
<p>Mais vous savez, Eisner, le PDG de Disney a raconté qu’il n’a découvert l’existence des grands films de Disney que le jour de sa nomination en tant que PDG. Disney aux Etats-Unis ce sont les parcs d’attraction. Or les parcs d’attraction Disney, cela n’a rien à voir avec les grands films. Ce qui est beau dans les grands films de Disney, c’est la symbolique. C’est par exemple que vous allez découvrir que c’est l’amour qui fait grandir, c’est l’amour qui rend beau. Alors que dans les parcs d’attraction, lorsque vous avez la grande parade, vous avez le char des gentils et le char des méchants. C’est une vision binaire de la réalité. C’est une vision très très appauvrie. Moi il me semble que Disney n’est pas un royaume enchanté mais désenchanté au niveau des valeurs et des symboles mis en oeuvres.</p>
<p><em>Vous avez beaucoup travaillé également sur le harcèlement au travail, j’aimerai que vous nous expliquiez ce que vous voyez comme différence entre l’entreprise d’hier, qu’on commence à mythifier, c’était l’entreprise «Fordiste», on a l’impression qu’elle a toutes les qualités, alors que l’entreprise d’aujourd’hui, où on se tutoie, elle a tous les défauts, expliquez-nous pourquoi.</em></p>
<p>Alors, bien sûr, il ne s’agit sûrement pas de magnifier l’entreprise d’hier, mais il s’agit de comprendre une mutation. C’est à dire que l’entreprise à toujours flirté avec le modèle de la famille. Elle s’est toujours voulu une famille, mais il y a deux types de famille. Je dirais que il y a la bonne famille, la bonne mère, c’est celle qui nourrit ses enfants et qui a pour objectif de les faire grandir. C’est l’ancien modèle où je commençait par être apprenti, puis je devenais compagnon, et je pouvais accéder à la position de maître. Et puis, il y a la mauvaise famille, la mauvaise mère, celle qui aime tellement ses enfants qu’elle fait tout pour les empêcher de grandir. Eh bien, cette entreprise mauvaise mère, c’est celle qui aujourd’hui pratique le tutoiement systématique, le port du prénom. C’est une entreprise où l’on se fait la bise &#8230;</p>
<p><em>Pourquoi c’est génant ?</em></p>
<p>Mais, parce qu’on confond finalement 2 logiques. C’est à dire une logique qui est une logique économique, qui a tout à fait sa place, et une autre logique qui est une logique sentimentale, parce que votre patron, il aura beau effectivement vous tutoyer et vous appeler par son prénom, eh bien, je dirais qu’il n’en reste pas moins votre employeur. Moi, ce qui me semble important, c’est de défendre ce mur que l’on a mis un siècle et demi, deux siècles à construire et qui sépare effectivement, je dirais la vie privée et d’un autre côté la vie publique. Mais je dirais qu’il n’y pas que l’entreprise qui est responsable de cet ébranlement de ce mur. Regardons de quelle façon avec nos insu-portables, nos téléphones portables, eh bien, on remet de plus en plus en cause, je dirais cette différence entre ce qui était intime et ce qui peut être public.</p>
<p><em>Votre patron, non seulement vous tutoie mais vous appelle chez vous pour vous faire travailler.</em></p>
<p>Mais, ce qui est particulièrement dangereux, c’est de laisser croire que l’entreprise pourrait jouer avec l’ordre du désir. L’ordre du désir, c‘est ce qui relève, j’allais dire, de l’intime. Moi, ce qui me gêne dans l’usage du prénom, c’est plusieurs choses. Déjà l’histoire nous enseigne que pendant très longtemps, ceux qu’on appelaient les vilains, c’est à dire les paysans, le peuple, n’avaient qu’un prénom. Le prénom, c’est ce qui vient avant le nom. Le nom de famille, ça marque effectivement une identité. Et puis le prénom, c’est l’ordre du désir, c’est le choix des parents alors que le nom de famille, c’est effectivement quelque chose sur lequel on a pas prise, quelque chose que l’on hérite. Et le fait que l’entreprise s’amuse aujourd’hui à jouer effectivement avec ces éléments, eh bien, ça montre, j’allais dire, une stratégie de harcèlement. Je crois qu’on a eu raison de beaucoup dénoncer le harcèlement pour exclure, pour se débarrasser de ceux dont on ne veut plus. Mais un autre type de harcèlement, c’est le harcèlement pour intégrer, pour dévorer l’autre, c’est à dire pour ne lui laisser effectivement aucune place. Et personne dans l’entreprise est protégé. Je dirais que les premières victimes souvent de ce management affectif maternant, ceux sont les cadres dirigeants de l’entreprise et pas simplement ceux qu’on appelle aujourd’hui les opérateurs.</p>
<p><em>Paul Ariès, en tant que professeur de faculté, ce que vous avez été à Lyon pendant de nombreuses années, vous y enseigniez les sciences politiques, je vous imagine bien tutoyer vos élèves par exemple, ou les appeler par leur prénom, je me trompe ?</em></p>
<p>Non, j’ai toujours vouvoyé mes élèves et ils m’ont toujours effectivement vouvoyé sauf cas tout à fait particulier lorsqu’on rentre dans une relation je dirais &#8230;</p>
<p><em>Et vous les appeliez monsieur Dupont ou mademoiselle Duval ?</em></p>
<p>Mais moi je crois beaucoup aux rites. Je me souviens lorsque j’étais enfant, dès la classe de 6ème on nous appelait effectivement monsieur. Dans le cadre de la cantine scolaire, dès la classe de 2nde on avait le droit effectivement à de la bière le jour où on avait de la choucroute, et lorsqu’on était en terminale, on avait droit à la bouteille de vin. Je ne dis pas qu’il faudrait ré-alcooliser la jeunesse aujourd’hui mais je crois qu’on est dans une société qui est totalement déritualisée, qui est totalement désymbolisée. Moi, je suis pour une décroissance économique mais je suis pour une croissance en humanité. Et cette croissance en humanité, elle ne peut se produire que si on invente des institutions, que si on re-développe des rituels, que si on re-développe des symboles.</p>
<p><em>Alors justement ces symboles qui vous manquent, Paul Ariès, les entreprises voudraient les incarner; les entreprises se veulent symboliques et très souvent d’ailleurs ce qu’elles font payer dans le prix de tel ou tel objet que nous achetons, c’est plus le symbole que le savoir-faire, plus que le prix de la fabrication. Or ces marques, ces publicités qui inventent du symbole vous les combattez violemment, pourquoi ?</em></p>
<p>Ben, je les combat violemment parce que je dirais que la fonction d’une entreprise dans notre société actuelle c’est de faire du profit, c’est à dire que lorsque les entreprises vont utiliser ces symboles, c’est simplement pour généraliser leur emprise sur la société. Regardons de quelle façon a évolué la publicité. La publicité, elle a toujours entretenue une double illusion. La vieille illusion c’est l’illusion que le bonheur serait dans la consommation comme si le fait de posséder sept paires de basket permettait de courir sept fois plus vite. Et puis, il y a une deuxième illusion, beaucoup plus récente mais peut-être beaucoup plus dangereuse, c’est l’illusion qu’il serait possible de compenser les repères de sens, les identités par la consommation de produit de marques identitaires. Regardez de quelle façon aujourd’hui un gamin qui va porter un produit avec une marque, finalement se sert de cette marque comme une sorte de béquille, je dirais pour cacher, pour compenser ce qui est ressenti comme une sorte de déficit. Je ne m’aime pas, j’ai le sentiment de ne pas être aimé mais je vais chercher dans le marché de quoi tenir debout. Et ça, ça me semble effectivement, non seulement sur le plan environnemental mais sur le plan humain, dramatique parce que l’objectif d’une éducation c’est d’arriver à l’autonomie. Et je ne crois pas qu’on puisse arriver à l’autonomie à travers cette dictature du marché ni même à travers la dictature de la mode. N’oublions jamais que la mode c’est ce qui se démode. Le coup de génie aujourd’hui, je dirais des publicitaires, c’est d’avoir fait que la mode ne concerne plus simplement, je dirais les femmes et les vêtements mais l’ensemble des biens de consommation. Nous sommes dans une société du jetable. Et ma grande peur, c’est qu’après les objets jetables nous ayons demain les humains jetables, et qu’après les objets interchangeables nous ayons aussi les humains interchangeables.</p>
<p><em>Paul Ariès, vous parliez toute à l’heure d’un revenu minimum garanti qui est prôné effectivement par un certain nombre de théoriciens de la décroissance dont vous faites partie. Vous n’avez pas parlé du revenu maximum, mais il va de pair, vous imaginez aussi qu’il pourrait y avoir un revenu maximum ? Souvent d’ailleurs, vous n’êtes pas le seul, beaucoup le disent, je crois même que Obama l’a dit, mais alors qui est-ce que ça concerne, les patrons d’accord, tout le monde est d’accord pour dire que les patrons doivent avoir un revenu maximal, mais est-ce que ça concerne aussi les professions libérales, les acteurs de cinéma ? Est-ce que Johnny Depp n’aura plus le droit de gagner 25 milllions de dollars par film, est-ce qu’il sera obligé de se contenter de 200000 comme Yvan Attal ou Samuel Le Bihan, on va dire ? Et puis dernière question, est-ce que Paul McCartney qui a gagné des milliards en droit d’auteur avec Les Beatles, lui aussi, est-ce que son revenu sera plafonné ?</em></p>
<p>Le revenu garanti est nécessairement couplé à un revenu maximal autorisé. Je dirais ce revenu garanti pourrait être versé de 3 façons, une partie en monnaie européenne, en euros, une partie en monnaie régionale à inventer pour faciliter la relocalisation, une partie sous forme de droit de tirage sur les services publics, tant de kilowatt-heure d’électricité, tant de mètre-cube d’eau. Et je dirais que ce revenu garanti, il ira nécessairement avec un revenu maximal autorisé. Là où aujourd’hui avec le fameux bouclier fiscal de Sarkozy, on dit au-dessus de 50% on ne prend rien, nous on a tendance à dire au-dessus d’un certain montant à définir démocratiquement on prend tout. Et si on prend tout, c’est pour deux raisons.</p>
<p>Première raison, qui n’est pas la raison essentielle, c’est bien sûr pour financer le revenu garanti, je dirais ça c’est une pure raison comptable. Mais je crois qu’il y a un deuxième enjeu, c’est tout simplement de dire qu’il est inadmissible sur le plan humain d’avoir une telle obscénité des inégalités sociales aujourd’hui. J’avais été très marqué il y a deux ans par les propos du ministre de la santé du Brésil, qui disait si on poursuivait les tendances actuelles en matière d’inégalité d’accès à la santé, à l’alimentation, en matière d’inégalité d&#8217;espérance de vie, on ne pourrait plus bientôt parler du genre humain au singulier. Parler d’un revenu maximal autorisé, c’est finalement instaurer un sorte de tabou, de tabou d’une trop grande division dans la société comme on a instauré un tabou de l’inceste. Et je dirais qu’on va bientôt vivre à 8 milliard sur la planète, je dirais qu’une planète avec 8 milliard d’humains est obligée de se donner des règles de vie, est obligée de se donner, je dirais, des valeurs, et de se donner peut-être un inconscient collectif qui correspond tout simplement à cette démographie, sinon, sinon, nous allons vraiment vers une barbarie.</p>
<p><em>Alors vous n’avez pas vraiment répondu, mais je crois deviner la réponse, oui, on limite les revenus des droits d’auteur de Paul McCartney et les salaires mirobolants des stars de cinéma, qui par ailleurs ne volent pas leur argent, c’est parce que Pirate des Caraïbes a été vu dans le monde entier que Johnny Depp peut prétendre gagner autant d’argent &#8230;.</em></p>
<p>Personne ne doit être exclu de l’humanité, pas même Johnny Depp, ce que je veux dire par là, c’est que avoir aujourd’hui des revenus qui sont aussi importants, c’est ouvrir la porte vers ce qu’on appelle le transhumanisme. C’est à dire cette idée qu’il faudrait en finir avec l’humanité telle qu’elle est, avec ses petites limites physiques ou ses petites limites financières, pour arriver à une post-humanité, et ça, moi, c’est une évolution qui véritablement m’effraie.</p>
<p>Vous savez, je ne crois pas qu’on fasse de la politique, qu’on s’engage avant tout pour des raisons intellectuelles. Je crois que ce qui est premier c’est les tripes, c’est le coeur. Je suis convaincu que le jour où l’écologie, le jour où la gauche retrouveront la capacité de parler avec leurs tripes, et bien, ce jour là, nous aurons la capacité de parler aux gens de peu.</p>
<p>Je me souviens de la place de la poésie dans la résistance, je veux qu’on en finisse à gauche avec ce discours des experts que l’on oppose aux experts de droite, pour laisser la place aux philosophes et pour laisser la place aux poètes.</p>
<p><em>Vous avez poussé la cohérence très très loin, Paul Ariès, la décroissance, je dirai, c’est presque une idée à la mode aujourd’hui mais vous, vous la poussez véritablement dans ce que vous croyez être sa cohérence et on voit bien que c’est quelque chose qui peut sembler monstrueux, heu, à bien des gens qui doivent être en train de nous écouter là, se dire qu’ils ne pourraient plus se servir de leur ordinateur, leur téléphone portable comme ils le voudraient, plus prendre l’avion, qu’ils ne pourront plus non plus, s’ils sont vedettes de cinéma, gagner autant d’argent qu’ils en gagnaient, parce que ce n’est pas décent à votre avis ?</em></p>
<p>Pour un individu qui accepte d’être réduit à une seule dimension de son existence, je dirai, l’économie, être un forçat du travail, un forçat de la consommation, je comprends que ça puisse apparaître comme quelque chose de monstrueux. Mais pour un individu qui accepte d’ouvrir les autres facettes de sa personnalité, de redevenir un citoyen, de redevenir un artiste, et bien à ce moment là, je dirai au contraire que c’est beaucoup de bonheur, c’est beaucoup de joie. Et chacun en fait l’expérience, quand nous sommes en vacances, on retrouve ce plaisir des choses simples et moi je préfère sacrifier un objet de consommation et gagner un ami parce que je crois que les relations humaines c’est ce qui est fondamental. D’où le slogan de la décroissance “moins de biens, mais plus de liens”, ce qu’on propose c’est une sorte de troc, c’est de dire, il faut en finir avec cette société du toujours plus mais pour retrouver une société de la plénitude sur le plan de l’humanité.</p>
<p><em>Paul Ariès, au fond, vous êtes un intellectuel anticapitaliste et on a l’impression qu’après 20 ans pendant lesquels les intellectuels anticapitalistes faisaient le gros dos, ils reprennent du poil de la bête, alors à la fois, parce qu’il y a l’écologie, la crise environnementale, la crise économique et financière, alors ça se traduit pas encore dans les urnes, parce que les partis anticapitalistes ne font pas tellement de voix, mais chez les intellectuels, ça grossit, vous le sentez ?</em></p>
<p>Mais je ne suis pas seulement anticapitaliste parce que le pétrole socialiste n’est pas plus écolo que le pétrole capitaliste et le nucléaire socialiste ne serait pas plus autogérable. Mais moi, j’avais lançé un appel au NPA, au moment de sa fondation, &#8230;, j’avais proposé qu’il s’appelle NP2A Nouveau Parti Anticapitaliste et Antiproductiviste. Jusqu’à présent ils n’ont pas suivi. J’avais aussi lancé un appel à Jean-Luc Mélenchon, au moment de la fondation du Parti de Gauche, en disant «moi je veux bien te croire Jean-Luc, mais donnes-nous des signes forts, deviens le parti de gauche écologique».</p>
<p>Je considère que pour l’instant le compte n’y est pas tout à fait. Mais l’ensemble des forces de gauche, l’ensemble des forces écologiques, je crois, aujourd’hui, sont questionnées par, tout simplement, l’impossibilité de continuer avec nos vieilles recettes.</p>
<p><em>Mais vous êtes aussi un empêcheur de tourner en rond, puisque c’est le titre de la collection dans laquelle vous avez édité votre dernier livre, auprès des écologistes eux-mêmes, vous avez écrit un livre, un pamphlet très virulent contre Daniel Cohn-Bendit et vous dites le plus grand mal de Nicolas Hulot et de Yann Arthus-Bertrand par exemple, vous êtes le plus radical de tous.</em></p>
<p>Le plus radical, c’est à dire, je crois qu’il est important de prendre les choses à la racine, quand on parle de radicalité, ça signifie, effectivement, si on pense qu’on souffre seulement de petits dysfonctionnements et que quelques pansements permettraient de régler les choses, on se trompe. Je dirai, mais je n’annonce pas le grand soir, ce qui me semble utile c’est une série de dynamiques de ruptures. Je crois que l’heure est venue de coupler un certain nombres de mots obus, la décroissance, l’antiproductivité, l’anticapitalisme, avec des mots chantier, la relocalisation, le ralentissement, la coopération, le prendre soin, la gratuité. Et à ce moment là, on se rend compte que ce que propose finalement les objecteurs de croissance, &#8230;., est très très loin de faire peur à la très grande majorité des gens.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Merci Paul Ariès d’avoir été mon invité sur Europe 1, “La simplicité volontaire contre le mythe de l’abondance” c’est le titre de votre dernier livre qui vient de paraître à La Découverte, et puis je le rappelle, vous êtes le directeur du Sarkophage qui est un bimestriel qui paraît en kiosque.</em></p>
</div>
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		<title>Le nationalisme pris dans les filets de l&#8217;internet sans frontière</title>
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		<pubDate>Mon, 23 Aug 2010 12:11:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stan</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.tetedequenelle.fr/wp-content/uploads/2010/08/fnac_outrage_drapeau.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-2437" style="margin-left: 5px; margin-right: 5px;" title="fnac_outrage_drapeau" src="http://www.tetedequenelle.fr/wp-content/uploads/2010/08/fnac_outrage_drapeau.jpg" alt="" width="226" height="318" /></a>Je rebondis à chaud sur un article de Vogelsong qui se demande <a href="http://piratages.wordpress.com/2010/08/23/pourquoi-faudrait-il-etre-fier-detre-francais">Pourquoi il devrait être fier d&#8217;être français</a>. Un article intéressant qui dresse un constat d&#8217;étonnement assez limpide. <strong>Pourquoi tant d&#8217;énergie déployée pour promouvoir une nation que je n&#8217;ai pas choisie ? Et si toute cette parade n&#8217;était qu&#8217;un miroir aux alouettes destiné à masquer la réalité du système ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Je souscrit à cette analyse : <strong>la nation est le creuset du capitalisme. </strong>Elle lui est en effet très utile car elle permet d&#8217;assurer la cohésion sociale contre les vents et marées de l&#8217;Histoire. Le nationalisme permet d&#8217;amadouer massivement les citoyens d&#8217;un effluve d&#8217;égo de telle sorte que la tentation éventuelle pour l&#8217;incivisme est amenuisée. De même que le développement des classes moyennes a permis d&#8217;apaiser la tension sociale et de développer le consumérisme, le capitalisme se nourrit de nationalisme comme tranquillisant social. L&#8217;élite peut dormir tranquille, les citoyens sont fiers d&#8217;être à leur place pour participer au projet national de conquête économique du monde.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais à l&#8217;heure où internet détruit progressivement les frontières artificielles que les nations se sont dressées entre-elles, le concept de nation est-il vraiment soluble dans la nouvelle ère numérique qui s&#8217;annonce ?</p>
<p style="text-align: justify;">Mon pari est qu&#8217;internet est discrètement en train de tuer le nationalisme. Voici les raisons de sa mort prochaine.</p>
<h2 style="text-align: justify;">La diabolisation du monde extérieur n&#8217;est plus possible</h2>
<p style="text-align: justify;">La nation se définit certes par un ensemble de traits culturels, de manière positive donc, mais aussi par différence aux autres nations. Elle fonde donc son utilité dans la diabolisation du monde extérieur. La recherche d&#8217;un ennemi commun à un ensemble d&#8217;individus différents a toujours été un stratégie classique pour assurer l&#8217;ordre au sein d&#8217;un groupe social.</p>
<p style="text-align: justify;">Aujourd&#8217;hui la diabolisation du monde extérieur n&#8217;est plus possible. Avec internet nous sommes en mesure de voir la réalité à travers d&#8217;autres prismes que les images d&#8217;Epinal et la propagande des médias tricolores. La nationalité d&#8217;un interlocuteur sur internet importe peu à partir du moment où la barrière de la langue est dépassée (ce qui sera de plus en plus facile de faire avec les logiciels de traduction).</p>
<p style="text-align: justify;">Mais pire encore pour le nationalisme, j&#8217;ai l&#8217;impression que le monde étranger devient sexy. J&#8217;avoue passer des heures à regarder des photos de <a title="Finland" href="http://www.flickr.com/groups/finland/pool/">paysages scandinaves</a> ou d&#8217;Amérique du Sud, à lire des pages wikipédia à la pelle juste pour assouvir ma soif de curiosité. Je suis <a title="couchsurfing" href="http://www.framablog.org/index.php/post/2010/07/26/couchsurfing">couchsurfer</a> occasionnel et je lis parfois le New York Times plutôt que les médias français.</p>
<p style="text-align: justify;">La nation est elle pérenne quand les citoyens n&#8217;aspirent qu&#8217;à découvrir le monde extérieur ?</p>
<h2 style="text-align: justify;">La trahison des communautés en ligne</h2>
<p style="text-align: justify;">Il faut néanmoins reconnaitre à la nation un de ses mérites : elle répond à un désir de l&#8217;Homme d&#8217;appartenir à une communauté. Le sentiment d&#8217;appartenance fait même partie des &laquo;&nbsp;besoins sociaux&nbsp;&raquo; idéntifiée par la <a title="Pyramide des besoins de Maslow" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Pyramide_des_besoins_de_Maslow">pyramide de Maslow</a>. La communauté France est à ce titre utile dans une certaine mesure.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais aujourd&#8217;hui, internet me permet d&#8217;intégrer des communautés autrement plus pertinentes et intéressantes pour moi que la communauté France. Je peux avoir des échanges bien plus fructueux avec des communautés plus ciblées que la vaste et nébuleuse &laquo;&nbsp;communauté France&nbsp;&raquo;. Ce qui se passe au niveau des associations, des groupes d&#8217;intérêts locaux, se retrouve donc renforcé sur internet.</p>
<p style="text-align: justify;">Internet, c&#8217;est avant tout l&#8217;explosion des liens multilatéraux, ad-hoc, plutot que les liens de type <em>one to many</em> tel qu&#8217;un lien de nationalité. De fait, des millions de communautés entrent en concurrence avec la communauté France, qui se trouvera bientôt délaissée par ses membres en termes d&#8217;attention et d&#8217;engagement au profit de subcultures issues d&#8217;internet. Une espèce trahison décomplexée de l&#8217;individu envers la nation.</p>
<h2 style="text-align: justify;">L&#8217;impuissance numérique de la Nation</h2>
<p style="text-align: justify;">La perte de l&#8217;importance de la nation aux yeux des citoyens sera d&#8217;autant plus forte que, nous le voyons bien, elle se trouve de plus en plus impuissante face à la mondialisation des infrastructures de communication.</p>
<p style="text-align: justify;">Le gouvernement a beau tenter le diable pour règlementer internet, il n&#8217;y parviendra probablement jamais pour la seule et simple raison que, contrairement à ce qui définit la souveraineté une nation &#8211; le territoire &#8211; internet ne connait pas de frontières.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce nouvelle espace favorise ainsi l&#8217;émergence de nouvelles formes de cybercriminalité qui se développent au nez et à la barbe de toutes les institutions judiciaires et policières totalement impuissantes dans ce nouvel espace. Comment dès lors faire respecter une Nation elle-même incapable de faire appliquer ses lois ?</p>
<p style="text-align: justify;">Face à ce nouveau contexte, l&#8217;Etat-nation a le choix : s&#8217;effacer progressivement pour n&#8217;en garder qu&#8217;une douce nostalgie, ou bien forcer sa légitimité au risque de rencontrer un discrédit fatal.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Conclusion</h2>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;article de Vogelsong me refait beaucoup penser la thèse exprimée dans <a title="une nouvelle élite pour l'après capitalisme" href="ttp://www.amazon.fr/gp/product/2756101184?ie=UTF8&amp;tag=tetedequenell-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=19458&amp;creativeASIN=2756101184">Les Netocrates</a> par Alexander Bard et Jan Soderqvist dont voici un extrait (et qui semble donc se confirmer) :</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">Pour les nétocrates, l&#8217;Etat-Nation et ses frontières apparaissent comme un motif irrationel mais éphemère d&#8217;irritation, entravant la fluidité du trafic dans le village global. Les vestiges du nationalisme sont, aux yeux des netocrates, une maladie honteuse que l&#8217;on aurait du éradiquer depuis longtemps, une sorte de handicap mentale de la vieille classe dominante dans son état d&#8217;impotence et de décadence.</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Alors bien sur, on me rétorquera que les nationalismes sont aujourd&#8217;hui en recrudescence. Et il est vrai que certaines signaux nationalistes sont particulièrement visibles en Europe (notamment <a href="http://www.slate.fr/story/22179/linquietante-poussee-de-lextreme-droite-anglaise?page=100">en Angleterre</a>, en France et en Italie). Mais ne nous trompons pas : ce ne sont  que des contres-tendances réactionnaires (très visibles, certes) face à une imparable mais discrète chute du nationalisme. Les convulsions d&#8217;un corps nostalgique en rebellion contre sa mort imminente.</p>
<p style="text-align: justify;">&#8211; &#8212; &#8211;</p>
<p style="text-align: justify;">A lire ailleurs :</p>
<p><a title="La pensée sans frontière contre l'état-nation" href="http://www.chouingmedia.com/$blog/2010/08/12/la_pensee_sans_frontiere_issue_du_web_remet_en_cause_la_notion_detatnation">La pensée sans frontière issue du web remet en cause la notion d&#8217;Etat-nation &#8211; Chouing Media</a></p>
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		</item>
		<item>
		<title>L&#8217;anarchie n&#8217;a jamais été moins utopique</title>
		<link>http://www.tetedequenelle.fr/2010/07/anarchie-utopique/</link>
		<comments>http://www.tetedequenelle.fr/2010/07/anarchie-utopique/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 12 Jul 2010 07:35:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Anarchie]]></category>
		<category><![CDATA[Démocratie]]></category>
		<category><![CDATA[Libéralisme]]></category>
		<category><![CDATA[mass media]]></category>
		<category><![CDATA[Société de Confiance]]></category>

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		<description><![CDATA[Thierry Crouzet revient à nouveau sur l&#8217;Anarchie en montrant que le &#171;&#160;bug historique&#160;&#187; de l&#8217;anarchie pourrait aujourd&#8217;hui être surpassé. De mon coté, libéral que je suis, je suis également persuadé que l&#8217;arrivée d&#8217;internet et le bouleversement des paradigmes du capitalisme et de la société de masse donnent de nouvelles chances à l&#8217;anarchie de triompher. Je vais tenter [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Thierry Crouzet revient à nouveau sur l&#8217;Anarchie en montrant que le <a title="anarchie internet" href="http://blog.tcrouzet.com/2010/07/05/bug-anarchiste/">&laquo;&nbsp;bug historique&nbsp;&raquo; de l&#8217;anarchie pourrait aujourd&#8217;hui être surpassé</a>. De mon coté, libéral que je suis, je suis également persuadé que l&#8217;arrivée d&#8217;internet et le bouleversement des paradigmes du capitalisme et de la société de masse donnent de nouvelles chances à l&#8217;anarchie de triompher. Je vais tenter d&#8217;expliquer pourquoi.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.flickr.com/photos/thetruthabout/4684395726/"><img class="aligncenter size-full wp-image-2366" title="cc thetruthabout" src="http://www.tetedequenelle.fr/wp-content/uploads/2010/07/anarchy.jpg" alt="" width="512" height="384" /></a></p>
<h2 style="text-align: justify;">Quelques précisions s&#8217;imposent&#8230;</h2>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;anarchie est malheureusement dénigrée par l&#8217;utilisation à tort et à travers du terme qui lui donne une connotation péjorative et favorise les jugements hâtifs.</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>L&#8217;anarchie n&#8217;est pas l&#8217;absence de règles : c&#8217;est l&#8217;absence de règles dictées par un un pouvoir suprème</strong></li>
<li><strong>L&#8217;anarchie n&#8217;est pas selon moi l&#8217;absence de pouvoir : c&#8217;est l&#8217;absence d&#8217;autorité unique ou réduite tirant les ficelles du pouvoir.</strong></li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">De ce fait, on est loin de l&#8217;anarchie populairement perçue comme une situation de désordre social. L&#8217;anarchie ressemble davantage à une autre forme d&#8217;ordre de société dans laquelle le pouvoir n&#8217;est pas centralisé dans les mains d&#8217;une minorité. Il est distribué entre tous les citoyens, ce qui crée un équilibre qui tend à en neutraliser les excès. C&#8217;est donc un système profondément anti-hiérarchique.</p>
<p style="text-align: justify;">Voyons à présent en quoi internet pourrait favoriser les théories anarchiques.</p>
<h2><strong>La fin des médias de masse</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">Tout d&#8217;abord, internet remet en cause le modèle de société de masse, et en premier chef les médias de masse. Outre la mort économique de ce modèle, la capacité pour tout un chacun de devenir son propre média concurrence directement les média traditionnels et favorise l&#8217;émergence d&#8217;un nouvel écosystème de l&#8217;information. A la différence des médias de masse qui par nature sont dans une posture de &laquo;&nbsp;médias vs. audience&nbsp;&raquo; ; ou dit autrement &laquo;&nbsp;bottom-up&nbsp;&raquo; ; internet favorise l&#8217;émergence d&#8217;un écosystème médiatique  fondé sur les échanges multidirectionnnels.</p>
<p style="text-align: justify;">De manière très pragmatique, alors que les médias de masse ont naturellement tendance à favoriser les idées mainstream, internet devient un porte-parole médiatique ouvert à toutes les tendances, y compris les plus dérangeantes. Ce qui bien sur va profiter aux anarchistes (d&#8217;ailleurs la documentation anarchiste est curieusement abondante sur internet <img src='http://www.tetedequenelle.fr/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';-)' class='wp-smiley' />  )..</p>
<p style="text-align: justify;">En outre, la fin des médias de masse est en soi un signe de la fin de l&#8217;anti-thèse de l&#8217;anarchie. En effet, l&#8217;élitisme médiatique est une forme (parmi d&#8217;autres) de concentration des pouvoirs que ne saurait admettre l&#8217;anarchisme. L&#8217;anarchie étant un modèle de société profondément égalitaire, c&#8217;est un système qui a donc également besoin d&#8217;égalité dans l&#8217;accès et la production d&#8217;information.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La fin des médias de masse signifie donc la chute d&#8217;un des piliers du status quo et favorise l&#8217;émergence d&#8217;un nouvel écosystème d&#8217;information quelque peu &#8230; anarchique !</strong></p>
<h2><strong>Retour en force de l&#8217;individu libre</strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><strong>Puisque l&#8217;anarchie ne repose pas sur un pouvoir centralisé, elle a besoin de citoyens épanouis</strong>, impliqués dans la vie citoyenne, qui prennent des initiatives etc. Or, cela est impossible si tous les citoyens s&#8217;intéressent aux mêmes choses, consomment les mêmes biens, partagent les mêmes gouts (comme ce à quoi nous incitent les médias de masse). En revanche, la spécialisation des individus les rend meilleurs dans leur domaine de prédilection.</p>
<p style="text-align: justify;">Le corollaire de la fin des mass media, c&#8217;est justement le retour de l&#8217;individu au centre du jeu. On le voit bien : l&#8217;expérience de consommation de médias sur internet (je prends cet exemple, mais cela est aussi valable aussi dans d&#8217;autres domaines) est radicalement différente sur internet car beaucoup plus centrée sur l&#8217;utilisateur qui peut allègrement sélectionner ses sources, et à avoir une démarche proactive de recherche d&#8217;information.</p>
<p style="text-align: justify;">En contrôlant davantage son expérience de consommation de média, l&#8217;individu est moins esclave de la tyrannie médiatique qui veut le forcer à écouter les messages sélectionnés (et agir en conséquence : consommer, voter etc.). Il retrouve la liberté de choisir ce vers quoi tourner son attention, et peut davantage se consacrer à ce qui l&#8217;intéresse vraiment : à commencer par ses besoins informationnels réels, mais ausssi ses passions, etc.</p>
<p style="text-align: justify;">Au final, les citoyens n&#8217;en seront que plus éduqués et épanouis (ou &laquo;&nbsp;individués&nbsp;&raquo; comme dirait Thierry Crouzet).</p>
<p style="text-align: justify;">Par ailleurs, je suis profondément persuadé qu&#8217;internet, sur le long terme, favorisera la confiance entre les individus. En multipliant les liens entre eux via les blogs et les réseaux sociaux, les citoyens se mettent dans des positions d&#8217;interdépendances dans lesquelles la confiance est le seul moyen de ne pas sombrer dans des combats &laquo;&nbsp;perdants-perdants&nbsp;&raquo;. Et c&#8217;est important, voire crucial :<strong> l&#8217;auto-régulation ne peut fonctionner que si les individus se font confiance entre eux</strong>.</p>
<h2>Internet, Egalité, Hiérarchie</h2>
<p style="text-align: justify;">Non seulement internet remet l&#8217;individu au centre du système, mais internet présuppose que les individus sont égaux : ils ont le droit de se connecter au réseau, de s&#8217;y s&#8217;exprimer, de partager, de créer etc. C&#8217;est d&#8217;ailleurs tout le débat autour de la neutralité du net, ou certains voudraient remettre un dose de hiérarchie dans une architecture du réseau qui n&#8217;en a pas.</p>
<p style="text-align: justify;">Bien sur, cette égalité n&#8217;est pas parfaite, elle n&#8217;est que présupposée. En pratique, de nouveaux leaders d&#8217;opinions émergent de leurs activités numériques et obtiennent de ce fait un peu plus de pouvoir. Et c&#8217;est tant mieux, puisque cela maintient le concept de méritocratie. <strong>L&#8217;important est que ce pouvoir n&#8217;est pas statutaire</strong> (contrairement à la &laquo;&nbsp;démocratie&nbsp;&raquo; française actuelle). En échappant à la formalisation du pouvoir par le statut, le pouvoir acquis de fait peut tout aussi rapidement disparaitre. C&#8217;est le principe même de toute démarche de e-reputation sur internet : très longue à construire mais destructible en très peu de temps. C&#8217;est cette vulnérabilité dont nous faisons tous l&#8217;objet sur internet qui permet de limiter les abus de pouvoirs.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Tout comme l&#8217;idéal anarchique, internet repose sur des liens non hiérarchiques mais </strong><a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Heterarchy"><strong>hétérarchiques</strong></a><strong>, constitué par des centres de pouvoirs décentralisés, ad-hoc et parfois éphémères.</strong></p>
<h2><strong>Internet et l&#8217;espoir de la Démocratie directe</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;anarchie n&#8217;est pas opposée à la Démocratie. Au contraire : elle vise à établir une forme autrement plus exigeante de la démocratie : la <strong>démocratie directe</strong>. Cette forme de démocratie repose sur un degré d&#8217;implication fort de l&#8217;ensemble de la société dans l&#8217;établissement des lois. Et ce non seulement par le vote (référendums) mais aussi par les initiatives populaires. Mais dans l&#8217;idéal, c&#8217;est le consensus qui doit primer.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette forme de démocratie était bien sûre impossible sans la possibilité pour les individus d&#8217;accéder à l&#8217;information et d&#8217;échanger de manière fluide avec les autres citoyens. Aujourd&#8217;hui encore, même avec internet, cela semble très difficilement applicable. Mais il faut néanmoins reconnaitre que l&#8217;accès infini à l&#8217;information et l&#8217;ouverture de l&#8217;espace public permet de faire provoquer davantage de débats publics, et parfois même des consensus (lors de la loi hadopi par exemple). N&#8217;oublions pas non plus que nous ne voyons aujourd&#8217;hui que des prémisses de ce qu&#8217;il est possible de faire.</p>
<div id="attachment_2371" class="wp-caption aligncenter" style="width: 310px"><a href="http://www.flickr.com/photos/will-lion/2595492050/in/faves-stanjourdan/"><img class="size-full wp-image-2371" title="anarchy2" src="http://www.tetedequenelle.fr/wp-content/uploads/2010/07/anarchy2.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a><p class="wp-caption-text">CC Will Lion</p></div>
<p style="text-align: center;">
<h2><strong>Conclusion</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">Comme le dit Eric Schmidt (CEO Google), internet est la plus grande expérience anarchique de l&#8217;Histoire. Et non sans ironie, nous y participons tous les jours sans même nous en rendre compte !</p>
<p style="text-align: justify;">Alors que la démocratie représentative tombe décidément de plus en plus bas, nous aurions probablement tout à gagner à injecter un peu d&#8217;anarchie dans le système. Soyons honnête : <strong>l&#8217;État est incapable de résoudre tous les problèmes !</strong> Pire,<strong> </strong><a title="La société de Défiance" href="http://www.tetedequenelle.fr/2010/05/france-confiance-probleme-qui-fait-mal/"><strong>son interventionnisme détruit la confiance</strong></a>.</p>
<p style="text-align: justify;">De leur coté, des citoyens impliqués, en phase avec la réalité du terrain, montrent tous les jours qu&#8217;ils sont capables de trouver des solutions justes. Créons un système qui valorise ces personnes et redonne confiance aux citoyens! Faisons évoluer le rôle de l&#8217;État vers un <a href="http://www.internetactu.net/2010/06/24/du-gouvernement-comme-plate-forme-ou-linverse/">gouvernement plateforme</a> véritablement au service des citoyens, plutôt que de leur imposer des règles de plus en plus absurdes.</p>
<p style="text-align: justify;">Je ne saurais prédire le triomphe prochain de l&#8217;anarchie. Son antithèse, la société de surveillance, et d&#8217;oppression reste une hypothèse hélas tout aussi probable. Mais en tout cas, cessons de de nier que le pseudo &laquo;&nbsp;chaos&nbsp;&raquo; anarchique ne s&#8217;est jamais aussi bien porté!</p>
<p style="text-align: justify;">&#8211; &#8212; &#8211;</p>
<p style="text-align: justify;">
<p><object id="pt-embed-116536-395-object" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="560" height="420" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="data" value="http://cdn.pearltrees.com/s/embed/getApp" /><param name="flashvars" value="lang=fr_FR&amp;embedId=pt-embed-116536-395&amp;userId=7561&amp;userName=stanjourdan&amp;treeId=116536&amp;pearlId=772195&amp;treeTitle=anarchie&amp;site=www.pearltrees.com%2F" /><param name="wmode" value="opaque" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://cdn.pearltrees.com/s/embed/getApp" /><embed id="pt-embed-116536-395-object" type="application/x-shockwave-flash" width="560" height="420" src="http://cdn.pearltrees.com/s/embed/getApp" allowscriptaccess="always" wmode="opaque" flashvars="lang=fr_FR&amp;embedId=pt-embed-116536-395&amp;userId=7561&amp;userName=stanjourdan&amp;treeId=116536&amp;pearlId=772195&amp;treeTitle=anarchie&amp;site=www.pearltrees.com%2F" data="http://cdn.pearltrees.com/s/embed/getApp"></embed></object></p>
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		<title>Comment concilier le droit d&#8217;auteur et les libertés numériques ?</title>
		<link>http://www.tetedequenelle.fr/2010/06/comment-concilier-le-droit-dauteur-et-les-libertes-numeriques/</link>
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		<pubDate>Wed, 30 Jun 2010 14:16:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Technologie]]></category>
		<category><![CDATA[Creative Commons]]></category>
		<category><![CDATA[Droit d'auteur]]></category>
		<category><![CDATA[TechToc.tv]]></category>

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		<description><![CDATA[A l'heure ou la blogosphère s'émeut de lois stupides comme Hadopi et Loppsi, et d'autres traités internationaux "secrètement" négociés tels l'ACTA, il me semble opportun d'ouvrir enfin un espace de réflexion sur l'évolution nécessaire du droit d'auteur dans le contexte numérique dans lequel notre société entre.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">J&#8217;ai déjà parlé plusieurs fois sur ce blog des problématiques du <strong>droit d&#8217;auteur à l&#8217;heure du numérique</strong> (<a title="Le droit d'auteur a-t-il mal tourné ?" href="http://www.tetedequenelle.fr/2010/03/droit-dauteur-mal-tourne/">clic</a>, <a title="Droit d'auteur à outrance sur internet" href="http://www.tetedequenelle.fr/2010/04/droit-dauteur-outrance/">clic</a>). En tant que community manager pour <a href="http://techtoc.tv">la web-tv collaborative techtoc.tv</a> j&#8217;ai eu l&#8217;occasion de revenir sur ce sujet lors d&#8217;un plateau intitulé : <em>Comment concilier le droit d&#8217;auteur et les libertés numériques ? </em>en compagnie de Lionel Maurel aka <a href="http://scinfolex.wordpress.com/">Calimaq</a> et <a href="http://mben.fr/">Benjamin Jean</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Je vous avoue ne pas avoir eu le courage de regarder ma bouille en vidéo, mais n&#8217;hésitez pas à nous faire part de vos commentaires : ils pourront nous servir pour de futurs plateaux ! <img src='http://www.tetedequenelle.fr/wp-includes/images/smilies/icon_smile.gif' alt=':-)' class='wp-smiley' /> </p>
<p style="text-align: justify;"><object id="playerWCS" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="400" height="225" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.webcastory.com/v/Lc81cOgG6136Lx&amp;host=techtoc.tv" /><param name="name" value="playerWCS" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed id="playerWCS" type="application/x-shockwave-flash" width="400" height="225" src="http://www.webcastory.com/v/Lc81cOgG6136Lx&amp;host=techtoc.tv" name="playerWCS" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object><br />
<a style="font-size: 8pt; color: #70798f; font-family: Trebuchet,Arial;" href="http://techtoc.tv/event/625/libertes-et-devoirs-numeriques/propriete-intellectuelle/comment-concilier-le-droit-d-auteur-et-les-libertes-numeriques">Aller voir le site</a></p>
<p style="text-align: justify;">PS : et j&#8217;en profite aussi pour pointer des liens vers les articles mentionnés pendant le plateau :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li><a title="droit d'auteur 2.0" href="http://scinfolex.wordpress.com/2009/06/14/twitter-et-le-droit-dauteur-vers-un-copyright-2-0/">Twitter et le droit d&#8217;auteur : vers un copyright 2.0 ?</a></li>
<li><a title="Droit d'auteur et libertés numériques" href="http://scinfolex.wordpress.com/2009/08/29/concilier-et-reconcilier-le-droit-dauteur-avec-les-libertes-numeriques/">Concilier et réconcilier le droit d&#8217;auteur avec les libertés numériques</a></li>
<li style="text-align: justify;"><a href="http://fr.readwriteweb.com/2009/09/25/analyse/remix-culture-droit-dauteur/">Remix Culture et Droit d&#8217;auteur</a></li>
</ul>
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		<title>A l&#8217;attention de ceux qui ont peur de la révolution en marche</title>
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		<pubDate>Tue, 01 Jun 2010 07:03:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Humeur]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Fracture Numérique]]></category>
		<category><![CDATA[netocratie]]></category>
		<category><![CDATA[Révolution numérique]]></category>
		<category><![CDATA[société 2.0]]></category>

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		<description><![CDATA[J&#8217;écris cet article avec la lassitude de voir toujours autant de personnes ignorer la transition sociétale que nous sommes en train de vivre (le numérique n&#8217;en étant qu&#8217;une surface visible). Qu&#8217;on me pardonne par avance l&#8217;aspect moralisateur de ce billet d&#8217;humeur. C&#8217;est souvent la limite de l&#8217;exercice qui a néanmoins le mérite d&#8217;être totalement assumée. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">J&#8217;écris cet article avec la lassitude de voir toujours autant de personnes ignorer la transition sociétale que nous sommes en train de vivre (le numérique n&#8217;en étant qu&#8217;une surface visible). Qu&#8217;on me pardonne par avance l&#8217;aspect moralisateur de ce billet d&#8217;humeur. C&#8217;est souvent la limite de l&#8217;exercice qui a néanmoins le mérite d&#8217;être totalement assumée.</p>
<div id="attachment_2312" class="wp-caption aligncenter" style="width: 460px"><a href="http://www.flickr.com/photos/hryckowian/2087566033/"><img class="size-full wp-image-2312 " title="Roll the Dices" src="http://www.tetedequenelle.fr/wp-content/uploads/2010/06/dices.jpg" alt="" width="450" height="338" /></a><p class="wp-caption-text">CC Hrick &quot;Roll the Dices&quot;</p></div>
<h2>Resistance au changement</h2>
<p style="text-align: justify;">Il a toujours été plus facile de rester campé sur ses positions, cela permet de s&#8217;éviter des réflexions vertigineuses qui nécessiteraient de remettre en question ses actes et ses certitudes&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;Homme est par nature réticent au changement. La <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Dissonance_cognitive"><strong>dissonance cognitive</strong></a> est une réaction psychique qui nous affecte tous : face à des éléments qui remettent en cause nos acquis, nous avons naturellement tendance à déployer des processus inconscients qui nous amènent à ignorer, à minimiser, voire à combattre la réalité qui s&#8217;impose pourtant à nos yeux.</p>
<p>Cela me fait penser à cette célèbre citation de Ghandi :</p>
<blockquote><p>First they ignore you, then they laugh at you, then they fight you, then you win.</p></blockquote>
<p style="text-align: justify;">Néanmoins, cette tendance humaine à fuir ce qui nous gêne n&#8217;est pas une fatalité. Depuis maintenant près de 2 ans, j&#8217;ai eu la chance d&#8217;avoir pu, au hasard de mes lectures et de mes rencontres, mettre mes certitudes en confrontation avec différents signaux remettant en cause ma perception du monde. Et je suis loin de le regretter.</p>
<h2 style="text-align: justify;">S<strong>ortir de la caverne de ses certitudes</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">Illustrant parfaitement le phénomène de dissonnance cognitive, je remarque que ceux qui craignent internet en viennent dans leur raisonnement à <strong>idéaliser</strong> l&#8217;ancien paradigme. Mais réfléchissons un peu.</p>
<p style="text-align: justify;">Notre monde est-il si beau pour qu&#8217;il ne faille rien y changer ? Ce qu&#8217;on m&#8217;a appris à l&#8217;école n&#8217;est-il pas empreint d&#8217;un certain contexte ? Le monde tel qu&#8217;on le conceptualise n&#8217;est-il pas biaisé par le prisme des médias ? Le monde merveilleux des maisons de disques était-il vraiment le meilleur pour les artistes ? Voilà quelques exemples de vraies questions qu&#8217;il convient de se poser.</p>
<p style="text-align: justify;">Avons-nous tellement baigné dans l&#8217;ancien système que nous en ayons bu la tasse ? Sommes-nous ivres de cette boisson abjecte à tel point que nous nous en complaisons ? Parce que ce système capitaliste non libéral est la norme, faut-il en accepter les contradictions, les injustices et les règles pourtant déréglées ? Faut-il vraiment s&#8217;évertuer à défendre ce système ?</p>
<p style="text-align: justify;">On ne peut sortir de la caverne qu&#8217;en décrochant les chaines qui nous y lient. Une fois ces questions posées, alors la grande exploration commence&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Bien sûr, je ne dis pas qu&#8217;il faille accepter sans réfléchir les utopies les plus délirantes! Mais accepter de les étudier, c&#8217;est déjà accepter que d&#8217;autres modèles soient envisageables.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Se jeter à l&#8217;eau</h2>
<p style="text-align: justify;">Internet est aujourd&#8217;hui le plus grand bassin de nouvelles idées (le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Zeitgeist">Zeitgeist</a> diraient certains). Pourquoi résister à la tentation d&#8217;y piquer une tête ?</p>
<p style="text-align: justify;">Je suis à chaque fois effaré de voir des politiques vouloir réglementer internet alors qu&#8217;ils ne savent pas de quoi il parlent, puisqu&#8217;ils n&#8217;y existent bien souvent que par l&#8217;intermédiaire de leurs conseillers en communication (c&#8217;est dire leur implication).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Comprendre internet nécessite d&#8217;y vivre</strong>. Et je dirais même plus : <a title="Habiter le Web" href="http://www.psyetgeek.com/habiter-le-web">y habiter</a>. Les sites &laquo;&nbsp;vitrine&nbsp;&raquo; ou profils inactifs sur internet sont à l&#8217;image des statues de bronze sur les places publiques : jolies, mais inutiles.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vivre sur internet, c&#8217;est lire, écrire, partager, échanger, discuter.</strong> Rien de moins.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Les erreurs</h2>
<p style="text-align: justify;">La crainte de faire des erreurs &laquo;&nbsp;parce qu&#8217;on y connait rien&nbsp;&raquo; ne peut pas être une excuse. Les erreurs font partie de la vie, nous en faisons tous et tous les jours. Si la crainte de tomber justifiait de ne pas apprendre à marcher, alors nous marcherions tous à 4 pattes&#8230; Mais parce que savoir marcher est indispensable en société, nous avons tous choisi de relever le défi de nous dresser sur nos 2 pieds. Et ce n&#8217;est pas quelques bleus qui nous le font regretter aujourd&#8217;hui.</p>
<p style="text-align: justify;">Nos erreurs nous permettent justement d&#8217;apprendre. Elles nous font avancer. Ceux qui ne sont pas sur internet ne peuvent dès lors pas le comprendre car ils n&#8217;y font pas d&#8217;erreurs.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Les absents ont toujours tort&#8230;</h2>
<p style="text-align: justify;">Bien sur, internet ne va pas tout résoudre. Il va même certainement créer d&#8217;autres problèmes. En fait, Internet n&#8217;est à peine qu&#8217;un <a href="http://blog.monolecte.fr/post/2009/05/29/Internet-le-fossoyeur-du-monde-moisi">fossoyeur du monde moisi</a>. Avant de construire bisounoursland, commençons par déconstruire l&#8217;échafaud et enlevons nous la corde du cou. Respirons un peu.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour le reste, Internet n&#8217;e﻿st qu&#8217;un nouvel espace public, un lien entre les hommes. Dès lors, internet ne sera que ce que nous choisissons d&#8217;en faire. D&#8217;où l&#8217;importance de le façonner <span style="text-decoration: underline;">ensemble</span>&#8230; En fait, le risque majeur est probablement que les internetophobes bien-pensants ne soient justement pas de la partie, laissant ainsi à d&#8217;autres le soin d&#8217;écrire l&#8217;histoire pour eux&#8230; Mais il sera probablement trop tard pour se plaindre lorsqu&#8217;ils s&#8217;en rendront compte. La révolution numérique ne les attendra pas.</p>
<p style="text-align: justify;">Gagnant ou perdant, si vous le pouvez encore, choisissez votre camp.</p>
<p style="text-align: justify;">&#8211; &#8212; &#8211;</p>
<p style="text-align: justify;">A lire aussi :</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.tetedequenelle.fr/2009/06/la-netocratie-nouvel-ordre-social-issu-dinternet/">La Netocratie, nouvel ordre social issu d&#8217;internet ?</a></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.tetedequenelle.fr/2009/10/lautre-fracture-numerique/">L&#8217;autre fracture numérique</a></p>
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		<title>La société de défiance ou l’absence de modèle français</title>
		<link>http://www.tetedequenelle.fr/2010/05/france-confiance-probleme-qui-fait-mal/</link>
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		<pubDate>Sat, 22 May 2010 16:27:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Revenu universel]]></category>
		<category><![CDATA[Société de Confiance]]></category>

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		<description><![CDATA[Je viens d&#8217;achever la lecture d&#8217;un ouvrage très édifiant : La société de défiance, ou comment le modèle social français s&#8217;autodétruit. Dans cet essay d&#8217;à peine 100 pages, Yann Algan et Pierre Cahuc parviennent à démontrer avec pertinence, pédagogie et clairvoyance comment et pourquoi le système français est voué à l&#8217;échec en raison de la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2264" class="wp-caption aligncenter" style="width: 370px"><a href="http://www.tetedequenelle.fr/wp-content/uploads/2010/05/aieconfiance.jpg"><img class="size-full wp-image-2264" title="aieconfiance" src="http://www.tetedequenelle.fr/wp-content/uploads/2010/05/aieconfiance.jpg" alt="" width="360" height="210" /></a><p class="wp-caption-text">&quot;Aïe, confiance...&quot;</p></div>
<p style="text-align: justify;">Je viens d&#8217;achever la lecture d&#8217;un ouvrage très édifiant : <em><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/272880396X?ie=UTF8&amp;tag=tetedequenell-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=19458&amp;creativeASIN=272880396X">La société de défiance, ou comment le modèle social français s&#8217;autodétruit</a></em>. Dans cet essay d&#8217;à peine 100 pages, <strong>Yann Algan et Pierre Cahuc</strong> parviennent à démontrer avec pertinence, pédagogie et clairvoyance comment et pourquoi le système français est voué à l&#8217;échec en raison de la défiance ambiante. Je vous propose dans cet article une relecture synthétique de cet essay qui a mon sens constitue une des clés de voûte des problèmes de la France.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Dans un premier temps, je vous invite à regarder cette conférence de Yann Algan (co-auteur de l&#8217;essay). Pour les pressés, on se retrouve un peu plus bas <img src='http://www.tetedequenelle.fr/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';-)' class='wp-smiley' /> .</p>
<p><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="480" height="270" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.dailymotion.com/swf/video/xbqvqz_yann-algan-construire-une-societe-d_news" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="480" height="270" src="http://www.dailymotion.com/swf/video/xbqvqz_yann-algan-construire-une-societe-d_news" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<h2 style="text-align: justify;">La confiance en France</h2>
<p style="text-align: justify;">Je passe les détails des différentes études statistiques ayant abouti à ce constat, mais il apparait que<strong> la France a un déficit notable de confiance</strong>. Ainsi, la France apparait successivement parmi les pays développés où les citoyens ont le moins confiance en leur justice, syndicats, parlement&#8230; Et pire : les français ne se font pas confiance entre eux&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Comment expliquer cette défiance ? Est-elle simplement culturelle, héritée de l&#8217;Histoire ? Ou bien trouve-t-elle ses origines dans un système social mal configuré ?</p>
<h2 style="text-align: justify;">La défiance, un produit du corporatisme et étatisme</h2>
<p style="text-align: justify;">Les auteurs balaient très rapidement l&#8217;hypothèse de l&#8217;origine culturelle de la défiance en montrant que le niveau de confiance peut évoluer durant le temps. Et s&#8217;il n&#8217;est pas exclu que la période de Vichy, ait insufflé un vent de défiance en France, on voit que d&#8217;autres facteurs autrement  plus importants entrent en ligne de compte.</p>
<p style="text-align: justify;">Les vraies raisons qui expliquent la baisse de confiance résident avant tout dans le système social et politique français. Concrètement, Pierre Cahuc et Yann Algan montrent et démontre que le niveau de confiance est fortement correlé avec les variables suivantes :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>Le caractère égalitaire de la redistribution sociale des revenus</strong></li>
<li><strong>L&#8217;universalisme du système de protection sociale</strong></li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Or, c&#8217;est précisément là que le bas blesse dans le cas français&#8230; Les études mises en exergues par les auteurs de <em>La société de défiance</em> montrent très bien que la protection et redistribution sociale française se caractérise par :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>de nombreux <strong>régimes spécifiques</strong> (ou dit autrement : des <span style="text-decoration: underline;">privilèges</span>), notamment chez les fonctionnaires&#8230; ;</li>
<li>Un écart fort entre les prestations de base et les prestations maximales, autrement dit de fortes <strong>inégalités</strong></li>
<li>Un plus <strong>faible universalisme</strong> des prestations sociales que les autres pays développés</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Bref, la France a tout faux au regard des critères de confiance précédemment cités&#8230;</p>
<h2 style="text-align: justify;">Effets pervers de la défiance</h2>
<p style="text-align: justify;">Voyons maintenant comment la mauvaise conception du système social français affecte la croissance. Les effets pervers ainsi générés affectent principalement les domaines suivant : l&#8217;<strong>efficacité du marché, la qualité du dialogue social, et le civisme</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">Tout d&#8217;abord, l&#8217;efficacité du marché est profondément affectée en ce que tout échange contractuel repose sur un minimum de confiance. Si les acteurs sur un marché ne font pas confiance en leurs partenaires (pour respecter les règles fixées par exemple), alors c&#8217;est au final une <strong>peur du marché</strong> qui apparait. Cette situation force l&#8217;Etat à imposer des règlementations toujours plus strictes pour tenter d&#8217;optimiser la qualité des échanges. Mais une réglementation excessive a des effets hautement nocifs : elle favorise l&#8217;émergence de privilèges accordées à certains groupes d&#8217;individus, augmente les barrières à l&#8217;entrée sur un marché, et en diminue ainsi le degré de concurrence. Pire encore, cela encourage la corruption.</p>
<p style="text-align: justify;">En ce qui concerne le dialogue social, le mécanisme est similaire : les partenaires sociaux étant incapables de s&#8217;accorder sur un consensus, ce sont des décisions unidirectionnelles étatiques qui s&#8217;y substituent. Décisions bien entendu très imparfaites compte tenu de la difficulté de la législation à prendre en compte les différences de situation dans les entreprises. De ce fait, on ne s&#8217;étonnera pas de la faiblesse du syndicalisme en France puisque dans de nombreux domaines, la loi fixe d&#8217;avance les règles (le salaire minimum par exemple).</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, alors qu&#8217;en filigrane de cette démonstration, le modèle de <strong><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Flexicurit%C3%A9">flexsécurité</a></strong> scandinave semble se dessiner comme une évidente solution, il faut remarquer que ce modèle repose sur des comportement très civiques et de confiance mutuelle. Serions nous capables de mettre en place un tel modèle ? Probablement pas si le sentiment de défiance et l&#8217;incivisme persistent.</p>
<h2>Activer les leviers de la confiance</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong>La défiance représente un cout énorme pour la France, tant en termes de croissance, d&#8217;emploi, d&#8217;égalité des revenus, et en bonheur</strong>. Il convient donc d&#8217;agir de manière urgente sur les leviers de confiance mis en évidence dans cet ouvrage : une <strong>redistribution plus universelle et égalitaire</strong> ; une <strong>meilleure régulation de la concurrence</strong> qui devrait éviter comme la peste de favoriser certains groupes d&#8217;intérêt; et enfin le  <strong>retour d&#8217;un vrai dialogue social</strong> passant par une abolition des privilèges de certains syndicats, davantage de transparence et le retrait de l&#8217;Etat.</p>
<p>Pour finir, cette lecture m&#8217;a inspiré deux réflexions.</p>
<p style="text-align: justify;">Tout d&#8217;abord, <strong>la reforme nécessaire du système de protection sociale devrait selon moi passer par le </strong><a title="Le dividende universel comme solution à la crise" href="http://www.tetedequenelle.fr/2010/05/crise-solution-heterodoxe-dividende-universel/"><strong>dividende universel</strong></a> qui, comme son nom l&#8217;indique, est profondément <span style="text-decoration: underline;">universel</span> et <span style="text-decoration: underline;">égalitaire</span> <img src='http://www.tetedequenelle.fr/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';-)' class='wp-smiley' /> .</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: normal; font-size: 13px;">D&#8217;autre part, je me demande dans quelle mesure </span><span style="font-size: 13px;"><strong>internet pourrait jouer un rôle favorable au retour de la confiance ?</strong></span><span style="font-weight: normal; font-size: 13px;"> Si <a title="Thierry Crouzet : La liberté, c'est le lien" href="http://blog.tcrouzet.com/2010/05/08/la-liberte-le-lien/">la liberté passe par les liens que nous tissons sur internet</a> ces interconnexions ne sont-elles pas gages de confiance ? C&#8217;est en tout cas la conclusion que je tire de mon expérience personnelle : j&#8217;ai l&#8217;impression que le fait de me lier à des personnes sur internet me donne une certaine responsabilité vis à vis d&#8217;eux. De même, j&#8217;accorde d&#8217;autant plus facilement ma confiance à d&#8217;autres sur internet qu&#8217;une certaine transparence/accessibilité s&#8217;établit entre nous&#8230; Et vous ?</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: normal; font-size: 13px;">&#8211; &#8212; &#8211;</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: normal; font-size: 13px;">PS : Merci <a href="http://twitter.com/tristan_">@tristan_</a> de m&#8217;avoir fait découvrir la vidéo</span></p>
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		</item>
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		<title>Une solution hétérodoxe face à la crise : le dividende universel</title>
		<link>http://www.tetedequenelle.fr/2010/05/crise-solution-heterodoxe-dividende-universel/</link>
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		<pubDate>Wed, 05 May 2010 17:56:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Crise financière]]></category>
		<category><![CDATA[Dividende Universel]]></category>
		<category><![CDATA[Revenu universel]]></category>

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		<description><![CDATA[J&#8217;écris cet article suite à une passionnante discussion avec un ami à propos de dividende universel (que j&#8217;abordais brièvement dans mon précédent article). Une fois n&#8217;est pas coutume, compte tenu de l&#8217;intensité de nos échanges, l&#8217;idée m&#8217;a pris d&#8217;en écrire un article. Que voici&#8230; Qu&#8217;est-ce que le dividende universel ? Le dividende universel est l&#8217;idée selon laquelle, plutôt que de créer [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">J&#8217;écris cet article suite à une passionnante discussion avec un ami à propos de <a title="dividende universel crédit social" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Cr%C3%A9dit_social"><strong>dividende universel</strong></a> (que j&#8217;abordais <a title="Dividende universel, société de confiance, droit d'auteur" href="http://www.tetedequenelle.fr/2010/04/quelques-nouvelles-de-ce-blog/">brièvement</a> dans mon précédent article). <a title="désinformation internet" href="http://www.tetedequenelle.fr/2009/10/mythe-desinformation-internet/">Une fois n&#8217;est pas coutume</a>, compte tenu de l&#8217;intensité de nos échanges, l&#8217;idée m&#8217;a pris d&#8217;en écrire un article. Que voici&#8230;<span id="more-2209"></span></p>
<h2 style="text-align: justify;">Qu&#8217;est-ce que le dividende universel ?</h2>
<p style="text-align: justify;">Le dividende universel est l&#8217;idée selon laquelle, plutôt que de créer de la monnaie qui ne transite que par le système bancaire, on distribuerait cette création monétaire à tous les citoyens sous la forme d&#8217;un <strong>revenu universel et inconditionnel</strong> (que l&#8217;on appelle parfois revenu de vie ou revenu de base). En l&#8217;état actuel, ce revenu équivaudrait à environ 100€  : soit assez pour survivre, mais certainement pas pour payer un loyer, des vêtements, se nourrir etc.</p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Le dividende universel comme solution à la crise ?</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">Cette idée pourrait être particulièrement pertinente dans le contexte actuel de crise financière marquée par l&#8217;octroi exagéré de crédits. En effet comme le signalait mon ami, cette citation de <a title="Économiste libéral autrichien" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Ludwig_von_Mises">Ludwig Von Mises</a> en son temps résume très bien la situation :</p>
<blockquote style="text-align: justify;"><p>« Il n&#8217;y a aucun moyen de soutenir durablement un « boom » économique résultant d&#8217;une expansion du crédit. L&#8217;alternative est ou bien d&#8217;aboutir à une crise plus tôt par arrêt volontaire de l&#8217;expansion monétaire, ou bien plus tard par l&#8217;effondrement complet de la monnaie qui est en cause. »</p></blockquote>
<p style="text-align: justify;">On est justement en plein dans cette problématique avec <a title="Le problème de la Grèce n'est pas résolu" href="http://econoclaste.org.free.fr/dotclear/index.php/?2010/05/03/1719-grece-ca-y-est-c-est-bon">la crise de la Grèce</a>. Sans vouloir rentrer dans le débat purement économique, l&#8217;octroi de crédits supplémentaires ne fait que retarder l&#8217;effondrement complet (et nécessaire ?) du système. Financer la dette par la dette, c&#8217;est entrer dans un cercle vicieux sans queue ni tête.</p>
<p style="text-align: justify;">Partant de ce constat, l&#8217;adoption du dividende universel pourrait être une alternative intéressante. En effet, plutôt que de continuer à financer la dette par la création monétaire bancaire, le fait d&#8217;attribuer un revenu universel permet d&#8217;envisager une sortie de crise de la manière suivante :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>On <strong>soutient la l&#8217;économie par la consommation</strong>. Pour éviter l&#8217;effet d&#8217;aubaine lié à la part de la consommation consacrée aux produits d&#8217;importation, on pourrait également imaginer la distribution du revenu universel sous forme d&#8217;une monnaie alternative (à utilisation dirigée).</li>
<li>Par là même, on met en place <strong>un matelas social</strong> qui ne favorise pas pour autant les inégalités contrairement aux multiples aides publiques accordées différemment à certains secteurs.</li>
<li>Bien sur, ce système crée de l&#8217;inflation, mais celle-ci est conjoncturellement une bonne chose car elle permet de faire <strong>&laquo;&nbsp;fondre&nbsp;&raquo; la dette</strong>. A plus long terme, on veillera à ajuster le dividende pour ne pas nourrir de trop l&#8217;inflation.</li>
</ul>
<p>A priori, nous étions encore à peu près d&#8217;accord jusque là&#8230;</p>
<h2>Dividende universel et rémunération de la création de valeur</h2>
<p style="text-align: justify;">Là ou notre débat se complique, c&#8217;est sur la justification du dividende universel, qui outre son aspect économique et pragmatique que je viens d&#8217;exposer, <strong>repose sur la rémunération de formes de créations de valeur qui jusqu&#8217;à présent échappent à l&#8217;économie monétaire</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">En effet, le dividende universel est aussi un moyen de rémunérer chaque citoyen pour son action positive envers les autres. Lorsqu&#8217;on y réfléchit, nous faisons au quotidien de multiples actions créatrices de valeurs&#8230; pourtant non rémunérées. Il s&#8217;agit autrement dit de trouver une source de rémunération pour <strong>l&#8217;économie non-marchande</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">Mon ami pense qu&#8217;il serait injuste de rémunérer de la même manière une personne qui participe activement à la vie citoyenne et quelqu&#8217;un &laquo;&nbsp;qui reste assis dans son canapé à regarder la télévision toute la journée&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce à quoi je rétorque :</p>
<ol style="text-align: justify;">
<li>Il est impossible de mesurer la contribution de chacun en valeur monétaire, car il s&#8217;agit surtout de création immatérielle et pour l&#8217;essentiel à objet non marchande ;</li>
<li>En admettant néanmoins que l&#8217;on puisse mesurer la valeur créée par chaque citoyen, il faut garder en tête que la création de valeur n&#8217;équivaut pas à rémunération. On tombe alors dans un débat bien plus vaste qui est le quotidien de beaucoup d&#8217;artistes.  Et de plus, cela reviendrait à mettre un expert comptable derrière chaque citoyen. Ce qui est bien évidemment proprement impossible.</li>
<li>De toute façon, différents systèmes comme les assurances ou la sécurité sociale reposent déjà sur le principe qu&#8217;il y a toujours des profiteurs. On n&#8217;y échappera pas, même dans le monde parfait que le dividende universel propose <img src='http://www.tetedequenelle.fr/wp-includes/images/smilies/icon_surprised.gif' alt=':o' class='wp-smiley' /> ) .</li>
</ol>
<p style="text-align: justify;">Voilà donc où nous en étions hier soir lorsque l&#8217;on décidait de continuer ce débat plus tard. J&#8217;ai eu l&#8217;idée de mettre sur écrit ces réflexions afin de ne pas perdre la valeur de ces fructueuses pensées&#8230; Ce qui me permet d&#8217;aller plus loin à présent <img src='http://www.tetedequenelle.fr/wp-includes/images/smilies/icon_smile.gif' alt=':)' class='wp-smiley' />  .</p>
<h2>Une question d&#8217;arbitrage : qui a le droit de créer de la monnaie ?</h2>
<p style="text-align: justify;">Le débat de savoir si toute la valeur est mesurable, bien que passionnant, n&#8217;est pas si important que cela au fond.  Ce qui nous intéresse est bien de savoir ce qu&#8217;il vaut mieux :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>accorder aux banques seules le droit de créer de la monnaie et de la faire fructifier, quitte à autoriser les dérives que l&#8217;on connait ?</li>
<li>ou créer de la monnaie de manière décentralisée en accordant à chacun une petite somme de monnaie chaque mois ?</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">En formulant le problème de cette manière, je ne répond certes pas à la question (cocasse !) qui est de comment définir la valeur ni comment la rémunérer. En revanche, j&#8217;opte pour un partage plus équilibré de la richesse issue de la création monétaire qui permet de trouver un compromis à cette question <img src='http://www.tetedequenelle.fr/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';-)' class='wp-smiley' />  .</p>
<h2>Conclusion</h2>
<p style="text-align: justify;">Ludwig Von Mises n&#8217;avait visiblement pas imaginé cette alternative. Pourtant, elle combine assez bien les 2  choix possibles qu&#8217;il pointait :  <strong>stopper net la fuite en avant des crédits tout en anticipant l&#8217;effondrement du système.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Si cette solution me semble de loin la meilleure que j&#8217;ai trouvée, il faut néanmoins bien comprendre que cela a des implications sur bien d&#8217;autres organes et principes économiques de notre société. Elle doit notamment s&#8217;accompagner de réformes en profondeur du rôle des pouvoirs publiques, du financement de l&#8217;investissement, entre autres&#8230; Omettre de considérer ces aspects serait bien évidemment une erreur&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Je ne sais pas si j&#8217;aurais réussi à exposer assez fidèlement le concept et les rouages qui en découle, mais j&#8217;espère en tout cas que cet article aura au moins jeté les bases d&#8217;une réflexion plus que jamais nécessaire sur le rôle de la monnaie dans toute cette affaire. Et je suis bien entendu à l&#8217;écoute de vos réactions <img src='http://www.tetedequenelle.fr/wp-includes/images/smilies/icon_smile.gif' alt=':)' class='wp-smiley' />  .</p>
<p style="text-align: justify;">&#8211; &#8212; &#8211;</p>
<p style="text-align: justify;">A lire ailleurs pour en savoir plus :</p>
<p style="text-align: justify;"><a title="Le revenu de base" href="http://www.youtube.com/watch?v=AppBZPY2A0Y">Le revenu de base [vidéo]</a> &#8211; Mise en application du concept en Allemagne</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://blog.tcrouzet.com/2010/01/15/le-revenue-de-vie/">Le revenu de vie</a> &#8211; un podcast à écouter chez Thierry Crouzet</p>
<p style="text-align: justify;">Le <a title="Création Monétaire" href="http://creationmonetaire.info">blog de Stéphane Laborde</a>, spécialiste du concept</p>
<p style="text-align: justify;">Et le <a title="Revenu de vie by Olivier Auber" href="http://www.pearltrees.com/olivierauber/3733555/">pearltree</a> qui va bien !</p>
<p style="text-align: justify;">Illustration : <a href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc/2.0/"><img title="Paternité" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_attribution_small.gif" alt="Paternité" border="0" /><img title="Pas d'utilisation commerciale" src="http://l.yimg.com/g/images/cc_icon_noncomm_small.gif" alt="Pas d'utilisation commerciale" border="0" /></a> <a href="http://www.flickr.com/photos/memoryfreak/6503008579/">Brad_Chaffee</a></p>
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		<item>
		<title>Droit d&#8217;auteur à outrance sur internet</title>
		<link>http://www.tetedequenelle.fr/2010/04/droit-dauteur-outrance/</link>
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		<pubDate>Mon, 12 Apr 2010 13:25:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Creative Commons]]></category>
		<category><![CDATA[Droit d'auteur]]></category>
		<category><![CDATA[Industrie Musicale]]></category>
		<category><![CDATA[piratage]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans mon précédent article Le droit d&#8217;auteur a-t-il mal tourné ?, je montrais comment le droit d&#8217;auteur avait progressivement évolué vers un système qui n&#8217;est plus animé par les mêmes fondements et motivations que lors de sa conception initiale. J&#8217;essayais ainsi de montrer comment le droit d&#8217;auteur était devenu un artefact au profit des sociétés [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Dans mon précédent article <em><a title="évolution du droit d'auteur" href="http://www.tetedequenelle.fr/2010/03/droit-dauteur-mal-tourne/">Le droit d&#8217;auteur a-t-il mal tourné ?</a></em>, je montrais comment le droit d&#8217;auteur avait progressivement évolué vers un système qui n&#8217;est plus animé par les mêmes fondements et motivations que lors de sa conception initiale. J&#8217;essayais ainsi de montrer comment le droit d&#8217;auteur était devenu un artefact au profit des sociétés d&#8217;ayants droits plus qu&#8217;aux auteurs et au public.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans ce nouvel article, je voudrais maintenant aller plus loin en abordant plus spécifiquement les conséquences de cette (mauvaise) conception du droit d&#8217;auteur, sur ce qui en découle : son utilisation. En effet, si l&#8217;on y regarde de près, le droit d&#8217;auteur est bien souvent utilisé abusivement, je dirais même à outrance.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.tetedequenelle.fr/wp-content/uploads/2010/04/ghostcopyright.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2096" title="ghostcopyright" src="http://www.tetedequenelle.fr/wp-content/uploads/2010/04/ghostcopyright.jpg" alt="" width="500" height="349" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">
<h2 style="text-align: justify;">Que protège le copyright : l&#8217;œuvre ou le contenu ?</h2>
<p style="text-align: justify;">Dans mon premier article, je rappelais qu&#8217;il est impossible et illégitime de posséder une idée (et donc d&#8217;en revendiquer la protection). Ce sur quoi on m&#8217;a reproché <a title="le blog de Bidibule" href="http://bidibulemusic.blogspot.com/2010/03/thank-blog-its-friday.html">ici</a> et <a title="Owni - Digital Journalism" href="http://owni.fr/2010/03/12/le-droit-d%E2%80%99auteur-a-t-il-mal-tourne/">là</a> de confondre &laquo;&nbsp;idée&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;oeuvre&nbsp;&raquo;. Il est vrai qu&#8217;il existe une nuance que j&#8217;avais omis de traiter.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette distinction est pourtant très importante : le droit d&#8217;auteur est censé protéger les créations de l&#8217;esprit à la condition qu&#8217;elles soient &laquo;&nbsp;originales&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;">Or la plupart des &laquo;&nbsp;créations de l&#8217;esprit&nbsp;&raquo; ne sont pas originales&#8230; surtout sur internet ! En fait, j&#8217;ai l&#8217;impression que l&#8217;on confond &laquo;&nbsp;contenu&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;œuvre&nbsp;&raquo;. Or, si une œuvre est par défaut un &laquo;&nbsp;contenu&nbsp;&raquo;, l&#8217;inverse n&#8217;est en général pas vrai : <strong>tout contenu n&#8217;est pas une œuvre</strong>. On retrouve d&#8217;ailleurs, par analogie, la même distinction dans le cadre du droit des brevets, censés protéger une invention, et non une idée (<a title="HTC, Apple, Google, procès sur les brevets certifié stupide" href="http://www.slate.fr/story/18359/le-proces-dapple-sur-la-technologie-multitouch-certifie-stupide">même si certains ont tendance à l&#8217;oublier</a>).</p>
<p style="text-align: justify;">Alors bien sur, une fois que l&#8217;on dit cela, il faut arriver à définir ce qu&#8217;est une œuvre de ce qui ne l&#8217;est pas&#8230; Très difficile tâche que je m&#8217;abstiendrai de traiter ici pour la laisser aux philosophes de passage sur ce blog <img src='http://www.tetedequenelle.fr/wp-includes/images/smilies/icon_smile.gif' alt=':)' class='wp-smiley' />  . En attendant, je ne peux m&#8217;empêcher d&#8217;émettre des doutes sur la validité du caractère original de ces quelques exemples de contenus trouvables sur internet :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Un article de presse : l&#8217;article-type d&#8217;un site de presse en ligne comme lemonde.fr n&#8217;est souvent qu&#8217;une reprise d&#8217;un dépêche de l&#8217;AFP, elle même reprise par 12 autres &laquo;&nbsp;journalistes&nbsp;&raquo; (pareil pour de nombreux billets de blogs).</li>
<li>La 12340eme photo de la tour Eiffel prise par le touriste lambda que l&#8217;on peut trouver sur Flickr ou Picasa&#8230;</li>
<li>Une police de caractère&#8230;</li>
<li>etc&#8230;</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Dans de nombreux exemples, une fois dépassé le caractère original &laquo;&nbsp;sur la forme&nbsp;&raquo; il ne reste pas grand chose&#8230; Une information brute reste la même quels que soient les mots employés pour l&#8217;annoncer, la Tour Eiffel reste la Tour Eiffel qu&#8217;il fasse bleu ciel ou gris, un A reste un <strong><em>a</em></strong> &#8230;</p>
<h2 style="text-align: justify;">Outil de protection artistique ou de e-réputation ?</h2>
<p style="text-align: justify;">Dans une autre catégorie des usages outranciers du droit d&#8217;auteur, on ne peut passer à coté de ces entreprises ou même <a title="Vatican et droit d'auteur" href="http://www.numerama.com/magazine/14736-le-vatican-veut-controler-tous-les-contenus-en-rapport-avec-le-pape.html">organisations religieuses</a> qui utilisent le droit d&#8217;auteur ni plus ni moins pour faire valoir une espèce de droit à l&#8217;image difficilement contrôlable autrement. Dit autrement : ces organisations prétextent le droit d&#8217;auteur pour s&#8217;autoriser ainsi à retirer des contenus &#8211; maladroitement publiés &#8211; de l&#8217;espace publique. Un certain nombre de ces pratiques douteuses sont d&#8217;ailleurs recensées sur un <a href="http://www.eff.org/takedowns">Takedown hall of shame</a> (mur de la honte) par l&#8217;EFF. En France, on se souvient notamment du cas <a href="http://www.numerama.com/magazine/14266-ralph-lauren-tente-d-exploiter-le-droit-d-auteur-pour-censurer-la-critique.html">Ralph Lauren</a> ou encore de <a title="Canal plus abuse du droit d'auteur" href="http://www.numerama.com/magazine/13825-canal-plus-protege-t-il-ses-droits-ou-frederic-mitterrand.html">Canal+</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Sans même remettre ici en cause le caractère original/artistique des contenus pointés, on remarque clairement une utilisation abusive du droit de propriété d&#8217;auteur qui est ici complètement dénaturé de sa substance initiale : la protection des œuvres et la rémunération des artistes. Pire, ces pratiques enfreignent le droit à l&#8217;information.</p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Faut-il protéger toutes les œuvres de la même manière ?</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">Même en considérant qu&#8217;une création soit véritablement originale, on peut toujours se poser la question de la pertinence d&#8217;une protection absolue par le droit d&#8217;auteur. En fait, la question qui se pose derrière, c&#8217;est le caractère systématique du droit d&#8217;auteur. Il faut en effet savoir que dans le droit français (et je suppose qu&#8217;il est de même ailleurs), la propriété d&#8217;auteur est systématiquement accordée à l&#8217;auteur (qui n&#8217;a donc pas à prouver a priori la paternité de son œuvre).</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi le droit d&#8217;auteur en version &laquo;&nbsp;tous droits réservés&nbsp;&raquo; est bien souvent attribué à une œuvre sans même que son auteur ne se pose la moindre question. Je crois au contraire que le choix de la licence devrait émaner d&#8217;un choix délibéré de chaque créateur, forçant ainsi celui-ci à se poser les questions suivantes : &laquo;&nbsp;Ma création est-elle originale, unique ? Est-ce véritablement une œuvre ?&nbsp;&raquo; ; et enfin : &laquo;&nbsp;Ma création nécessite-elle une protection absolue ?&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;">Par exemple, est-il normal que l&#8217;ensemble des contenus audiovisuels d&#8217;une chaine de télévision publique (donc financée par les contribuables&#8230;) soient sous copyright ? Ne serait-il pas opportun de remettre ce contenu au domaine public (<a title="la tv norvégienne libère du contenu vidéo" href="http://www.numerama.com/magazine/14739-la-tv-publique-norvegienne-offre-7-heures-de-video-hd-en-creative-commons.html">comme commence à le faire la Norvège&#8230;</a>) ? De même, un photographe amateur n&#8217;a-t-il pas intérêt à mettre ses photos sous Creative Commons, permettant ainsi à d&#8217;autres de les utiliser (moyennant bien sur le respect de certaines conditions) plutôt que d&#8217;en interdire par principe toute réutilisation ? Ces créations ne sont-elles pas davantage valorisées en étant utilisées ?</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, le caractère automatique du droit d&#8217;auteur pose aussi le problème des <a title="le problème des oeuvres orphelines" href="http://paralipomenes.net/wordpress/archives/45">œuvres orphelines</a>.</p>
<h2 style="text-align: justify;">L&#8217;utilisation abusive (et massive) du droit d&#8217;auteur, une menace pour la société numérique ?</h2>
<p style="text-align: justify;">Les différents abus que je cite ne sont que des exemples parmi beaucoup d&#8217;autres. J&#8217;ai d&#8217;ailleurs créé un pearltree pour rassembler d&#8217;autres cas divers et variés d&#8217;utilisations à tords et à travers du droit d&#8217;auteur (n&#8217;hésitez pas à apporter vos contributions <img src='http://www.tetedequenelle.fr/wp-includes/images/smilies/icon_smile.gif' alt=':)' class='wp-smiley' />  ) :</p>
<p><object id="pt-embed-573382-883-object" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="560" height="420" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="flashvars" value="lang=en_US&amp;embed=1&amp;embedId=pt-embed-573382-883&amp;userId=7561&amp;treeId=573382&amp;site=www.pearltrees.com%2F&amp;container=object" /><param name="wmode" value="opaque" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://cdn.pearltrees.com/s/embed/getApp" /><embed id="pt-embed-573382-883-object" type="application/x-shockwave-flash" width="560" height="420" src="http://cdn.pearltrees.com/s/embed/getApp" allowscriptaccess="always" wmode="opaque" flashvars="lang=en_US&amp;embed=1&amp;embedId=pt-embed-573382-883&amp;userId=7561&amp;treeId=573382&amp;site=www.pearltrees.com%2F&amp;container=object"></embed></object></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Outre les modalités actuelles du droit d&#8217;auteur que je dénonçais dans mon <a title="Le droit d'auteur a-t-il mal tourné ?" href="http://www.tetedequenelle.fr/2010/03/droit-dauteur-mal-tourne/">premier article</a>, il existe donc un autre problème : le fait que la grande majorité des contenus disponibles sur internet ne justifient pas la mise sous protection du droit d&#8217;auteur tel que défini par défaut (tous droits réservés).</p>
<p style="text-align: justify;">Cette utilisation abusive et massive du droit d&#8217;auteur pose différents problèmes. Tout d&#8217;abord, il met celui-ci en conflit avec le droit à l&#8217;information, le droit de citation, le droit d&#8217;expression, et parfois même le droit à la Culture (cas des œuvres orphelines). <strong>Par ailleurs, cette sur-utilisation à tort et à travers du droit d&#8217;auteur n&#8217;a-t-elle pas tendance à dévaloriser les vraies œuvres ? En d&#8217;autres termes : puisque le droit d&#8217;auteur est devenu totalement absurde, n&#8217;est-on pas davantage tenté de le violer ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">En tout cas, ce problème est a priori difficilement imputable à la loi (ce qui complète donc mon premier article). En effet, pourrait-elle raisonnablement définir ce qu&#8217;est une œuvre ? Je ne crois pas. En revanche, on peut encourager l&#8217;utilisation de types de droits d&#8217;auteur  alternatifs permettant davantage de flexibilité aux créateurs de choisir une licence adaptée. Je pense évidemment aux <a title="Pourquoi choisir les creative commons ?" href="http://www.tetedequenelle.fr/2009/06/pourquoi-bloguer-sous-licence-creative-common/">licences Creative Common</a> <img src='http://www.tetedequenelle.fr/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';-)' class='wp-smiley' />  &#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">J&#8217;aurais encore beaucoup <span style="text-decoration: line-through;">trop</span> de choses à dire, mais je préfère m&#8217;arrêter sur ces interrogations : la suite dépendra peut-être de vos réponses&#8230; <img src='http://www.tetedequenelle.fr/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';-)' class='wp-smiley' /> </p>
<p style="text-align: justify;">&#8211; &#8212; &#8211;</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Crédit image : </em><em><a href="http://www.flickr.com/photos/oliviahotshot/3497952240/">CC Olivia Hotshot</a></em></p>
<p style="text-align: justify;">A lire aussi sur le même sujet : <em> </em></p>
<p style="text-align: justify;"><a title="collecte des droits d'auteurs sur youtube" href="http://www.tetedequenelle.fr/2009/08/collecte-des-droits-dauteur-bienvenue-a-lage-de-pierre/">Collecte des droits d&#8217;auteur : bienvenue à l&#8217;âge de pierre</a></p>
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		<title>Le droit d&#8217;auteur a-t-il mal tourné ?</title>
		<link>http://www.tetedequenelle.fr/2010/03/droit-dauteur-mal-tourne/</link>
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		<pubDate>Wed, 10 Mar 2010 10:38:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stan</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La loi hadopi votée à l&#8217;assemblée en Décembre dernier, ainsi que les travaux de la commission Zelnik rendus en Janvier  omettent de traiter d&#8217;un problème fondamental bien plus important que celui du piratage et des difficultés de l&#8217;industrie musicale qui y sont prétendument liées. Ce problème auquel notre société fait face dans l&#8217;ère numérique dans laquelle [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">La loi hadopi votée à l&#8217;assemblée en Décembre dernier, ainsi que les travaux de la commission Zelnik rendus en Janvier  omettent de traiter d&#8217;un problème fondamental bien plus important que celui du piratage et des difficultés de l&#8217;industrie musicale qui y sont prétendument liées. <strong>Ce problème auquel notre société fait face dans l&#8217;ère numérique dans laquelle nous entrons est celui de la réforme du droit d&#8217;auteur</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">En effet, les tentatives de solutions au (faux) problème du piratage partent systématiquement du principe qu&#8217;il faut adapter la loi pour permettre de faire respecter le droit d&#8217;auteur. Or, cet élément intouchable est, si l&#8217;on y regarde de près, loin d&#8217;être aussi légitime qu&#8217;on ne le laisse entendre, en tout cas dans sa conception actuelle, et encore moins dans l&#8217;environnement technologique qui est en train de se mettre en place.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour comprendre cette vaste question, il ne suffit pas de savoir se projeter dans l&#8217;avenir en évaluant les désastres à venir, encore faut-il aussi comprendre d&#8217;où nous venons, et ce pourquoi les règles sont telles que nous les connaissons aujourd&#8217;hui. C&#8217;est ce que je vous propose de faire dans un premier temps, par une (brève) relecture de l&#8217;histoire du droit d&#8217;auteur.</p>
<div id="attachment_2053" class="wp-caption aligncenter" style="width: 510px"><a href="http://www.tetedequenelle.fr/wp-content/uploads/2010/03/2583620793_a41371bec1.jpg"><img class="size-full wp-image-2053" title="copyright-loosers" src="http://www.tetedequenelle.fr/wp-content/uploads/2010/03/2583620793_a41371bec1.jpg" alt="" width="500" height="375" /></a><p class="wp-caption-text">CC 910Press</p></div>
<h2 style="text-align: justify;">Petite rétrospective historique du droit d&#8217;auteur&#8230;</h2>
<p style="text-align: justify;"><a title="Petite histoire des querelles autour du droit d'auteur" href="http://www.freescape.eu.org/biblio/article.php3?id_article=33">Cet article</a> m&#8217;a beaucoup éclairé et je vous en recommande vivement la lecture. L&#8217;auteur y explique l&#8217;évolution du droit d&#8217;auteur depuis l&#8217;antiquité jusqu&#8217;à la loi du 11 Mars 1957 encore de vigueur aujourd&#8217;hui. Je vous en propose un petit digest :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Dans l&#8217;antiquité, seul le droit à la paternité de l&#8217;œuvre était reconnu. Le plagiat était de fait un acte honteux.</li>
<li>La notion de droit d&#8217;auteur est officialisée en 1568 lors de l&#8217;affaire Muret, par une jurisprudence qui permet enfin aux auteurs de réclamer une rémunération sur l&#8217;exploitation de leurs œuvres par les sociétés de reproduction (à l&#8217;époque le problème concernait essentiellement les œuvres théâtrales). L&#8217;idée de droit de propriété sur les œuvres commence alors à faire son chemin. Il faut dire qu&#8217;à l&#8217;époque, les artistes étaient véritablement spoliés par les éditeurs ou reproducteurs.</li>
<li>La question se pose vraiment lors de la révolution française. Après moulte débats, il en résulte enfin un texte (le rapport Lakanal) adopté en 1793. Ce texte accorde le droit de propriété exclusif des auteurs pendant toute la durée de leur vie, et aux héritier pendant 5 à 10 ans.</li>
<li>Mais le problème n&#8217;est pas résolu pour de bon. Pendant tout le XIXème siècle, des polémiques ont lieu sur la nature du droit d&#8217;auteur (peut-on posséder une idée ?) et sa durée (perpétuelle, temporaire ?).</li>
<li>Les débats se clôturent en 1868 par une nouvelle loi conférant le droit exclusif jusqu&#8217;à 50 ans après la mort de l&#8217;auteur.</li>
<li>1878: <a href="http://www.freescape.eu.org/biblio/article.php3?id_article=193">Discours d&#8217;introduction du congrès littéraire de Victor Hugo</a> : &laquo;&nbsp;Le principe est double, ne l’oublions pas. Le livre, comme livre, appartient à l’auteur, mais comme pensée, il appartient—le mot n’est pas trop vaste—au genre humain. Toutes les intelligences y ont droit. Si l’un des deux droits, le droit de l’écrivain et le droit de l’esprit humain, devait être sacrifié, ce serait, certes, le droit de l’ecrivain, car l’intérêt public est notre préoccupation unique, et tous, je le déclare, doivent passer avant nous.&nbsp;&raquo;  (citation qui ne figure pas dans l&#8217;article cité)</li>
<li>XXème siècle : pour faire face à la modernisation de la société, il convient de réformer le droit d&#8217;auteur. La principale initiative émane du front populaire, dont le ministre des beaux arts de l&#8217;époque, Jean Zay, propose un vision très novatrice du droit d&#8217;auteur, considérant davantage les auteurs comme des travailleurs intellectuels que des &laquo;&nbsp;propriétaires&nbsp;&raquo;. Il en résulte un proposition visant à diviser le droit post-mortem à 10 ans de droits exclusifs, puis à 40 années de droits non exclusifs (pas de monopole d&#8217;un seul éditeur). L&#8217;objectif était de concilier le droit du public avec ceux des auteurs, ce qui impliquait un vrai débat de société sur la place  des artistes notamment.</li>
<li>Malheureusement, la guerre coupe court aux discussions et Jean Zay meurt assasiné en 1944 par la milice. De ce fait, le projet de loi est repris par d&#8217;autres, les discussions tardent pour un texte finalement adoptée le 11 Mars 1957 et complètement dénué de la substance initialement inspirée de Jean Zay. il s&#8217;agit surtout de concilier le droit des auteurs et des éditeurs, dans sa dimension commerciale et économique.</li>
<li>Cette loi du 11 Mars 1957 est toujours en vigueur aujourd&#8217;hui, mais la durée du droit d&#8217;auteur a été étendue à 70 ans post-mortem en 1998.</li>
</ul>
<h2 style="text-align: justify;">De l&#8217;importance du contexte dans l&#8217;élaboration du droit d&#8217;auteur</h2>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;histoire du droit d&#8217;auteur en dit long sur les circonstances de l&#8217;élaboration de la loi.</p>
<p style="text-align: justify;">Tout d&#8217;abord, on remarque que c&#8217;est l&#8217;invention de l&#8217;imprimerie qui fait germer le problème du droit d&#8217;auteur. Autrement dit  la technologie a clairement eu un impact sur l&#8217;évolution de ce droit en rendant possible la copie des œuvres. Par analogie, il ne serait pas illégitime qu&#8217;internet entraine à nouveau une modification du droit d&#8217;auteur.</p>
<p style="text-align: justify;">Par ailleurs, en filigrane de cette histoire, on remarque notablement que le droit d&#8217;auteur a constamment fait l&#8217;objet de controverses jamais totalement résolues. Étrangement, aujourd&#8217;hui cette question ne fait absolument pas débat dans l&#8217;espace publique, mis à part quelques blogs plutôt pointus sur le sujet (qui se cachent derrières les liens de cet article <img src='http://www.tetedequenelle.fr/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';)' class='wp-smiley' />  ).</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, on remarque une autre chose aussi intéressante que méconnue : le fait que le sort du droit d&#8217;auteur aurait pu être totalement différent. En autres, le travail de fond de <a title="Jean Zay et le droit d'auteur" href="http://www.ecrans.fr/Droit-d-auteur-Jean-Zay-le,7798.html">Jean Zay</a> pour repenser autrement les problématiques du droit d&#8217;auteur ont été totalement court-circuités par la deuxième guerre mondiale puis son assassinat. Son travail pour engager un débat de société fut malheureusement remplacé  par des querelles de juristes aboutissant à la loi de 1957 qui omet totalement de considérer la place de l&#8217;auteur et du public dans cette histoire.</p>
<p style="text-align: justify;">
<h2 style="text-align: justify;">Droit d&#8217;auteur ou propriété d&#8217;auteur ?</h2>
<p style="text-align: justify;">Déjà en 1791, Le Chapelier considérait que le droit de l’auteur de « disposer de l’ouvrage » doit être vu comme une « &laquo;&nbsp;exception&nbsp;&raquo;, [car] un ouvrage publié est de sa nature une propriété publique. ». Aujourd&#8217;hui l&#8217;une des seules exceptions au droit d&#8217;auteur, c&#8217;est l&#8217;exception pour copie privée et usage dans le cercle familial&#8230; Curieux comme le rapport s&#8217;est inversé, non ?</p>
<p style="text-align: justify;">Derrière cette subtilité se cache en fait une question philosophique très complexe : <strong>peut-on posséder une idée ?</strong> En effet, alors que la notion de &laquo;&nbsp;propriété&nbsp;&raquo; d&#8217;auteur est aujourd&#8217;hui admise dans le droit d&#8217;auteur, elle soulève en fait de véritables paradoxes.</p>
<p style="text-align: justify;">Considérer que l&#8217;auteur possède le fruit de sa création intellectuelle au même titre que je possède l&#8217;ordinateur sur lequel j&#8217;écris cet article revient à mettre au même plan un bien matériel et un autre immatériel. Pourtant, la différence entre un bien physique et une création de l&#8217;esprit est bien réelle. Prenons un exemple. Pendant que j&#8217;écris cet article, il se peut que 43 autres blogueurs ait déjà écris à peu près le même (je m&#8217;inspire d&#8217;ailleurs probablement de certains) tandis que 12 autres y réfléchissent ou sont en train de l&#8217;écrire. Je ne peux donc pas revendiquer l&#8217;originalité absolue de mon propos (tout juste une mise en forme personnelle, et encore).</p>
<p style="text-align: justify;">En d&#8217;autres termes, revendiquer mon droit de propriété  sur cet article reviendrait de fait à ignorer ce même droit aux 43 autres l&#8217;ayant fait avant moi, et à priver de ce droit les 12 autres en train d&#8217;œuvrer (note : c&#8217;est d&#8217;ailleurs précisément pour cette raison que <a title="Pourquoi bloguer sous licence CC ?" href="http://www.tetedequenelle.fr/2009/06/pourquoi-bloguer-sous-licence-creative-common/">l&#8217;ensemble  du contenu de ce blog est sous licence creative common</a>).</p>
<p style="text-align: justify;">Du coté des biens matériels, il n&#8217;y a bien par contre qu&#8217;un seul ordinateur. Si l&#8217;un des douze salopards qui est en train de dupliquer (inconsciemment probablement) mon idée d&#8217;article me le prend, j&#8217;en serait bel et bien privé. Il commettrait de fait une infraction à mon droit de propriété, légitime cette fois.</p>
<p style="text-align: justify;">Vous l&#8217;aurez compris, je suis donc du parti de ceux qui estiment qu&#8217;on ne peut pas &laquo;&nbsp;posséder&nbsp;&raquo; une création de l&#8217;esprit. Mais bien sûr, il n&#8217;empêche en revanche personne d&#8217;en revendiquer la paternité, et dans une certaine mesure, d&#8217;en contrôler l&#8217;usage futur par des tiers (je pense notamment à l&#8217;utilisation à des fins commerciales).</p>
<p style="text-align: justify;">En tout cas, cette question est véritablement au cœur de la problématique du droit d&#8217;auteur aujourd&#8217;hui, et il convient donc de se la reposer comme il l&#8217;avait été fait à l&#8217;origine.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Quelle durée pour le droit d&#8217;auteur ?</h2>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;histoire du droit d&#8217;auteur le montre bien : <strong>la durée du droit d&#8217;auteur n&#8217;a cessé d&#8217;être allongée depuis sa création</strong>. De 5 ans minimum en 1793, elle est aujourd&#8217;hui de 70 ans en France et de 50 ans dans d&#8217;autres pays (ce qui n&#8217;est pas sans provoquer <a title="Le petit prince et passe sous le domaine public au Canada mais pas en France" href="http://www.framablog.org/index.php/post/2009/12/14/le-petit-prince-et-le-domaine-public">certaines absurdités</a>).</p>
<p style="text-align: justify;"><a title="Allongement du droit d'auteur" href="http://www.vagabondages.org/post/2010/01/15/Un-domaine-public-entre-parenth%C3%A8ses">L&#8217;exemple des Etats-Unis</a> est particulièrement frappant, comme le montre ce schéma :</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.tetedequenelle.fr/wp-content/uploads/2010/02/Copyright-Chart.gif"><img title="Copyright-Chart" src="http://www.tetedequenelle.fr/wp-content/uploads/2010/02/Copyright-Chart.gif" alt="" width="359" height="195" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">La question est donc : pourquoi cet allongement ?</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.tetedequenelle.fr/wp-content/uploads/2010/02/free_mickey.gif"><img class="alignleft" title="free_mickey" src="http://www.tetedequenelle.fr/wp-content/uploads/2010/02/free_mickey.gif" alt="" width="136" height="124" /></a>On peut  légitimement se poser la question puisque le droit d&#8217;auteur pendant l&#8217;intégralité de la vie de l&#8217;auteur est acquis depuis le début.</p>
<p style="text-align: justify;">Il aut arrêter d&#8217;etre dupe. Cette histoire de droit d&#8217;auteur post mortem n&#8217;est qu&#8217;un prétexte pour les ayants droits (autrement appelés lobbies) pour augmenter la durée pendant laquelle ils jouissent d&#8217;un droit de propriété exclusif sur des oeuvres qui seraient autrement accessibles publiquement et gratuitement. L&#8217;horreur.</p>
<p style="text-align: justify;">Et aux risque de choquer les partisans du droit moral absolu des auteurs : qu&#8217;une oeuvre soit modifiée, 10, 50 ou 700 ans après la mort de son auteur, publiquement sur internet ou dans un garage, ça change quoi ?</p>
<p style="text-align: justify;">
<h2>Le droit d&#8217;auteur a-t-il mal tourné ?</h2>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;expression est peut être un peu forte, mais on est en droit de se poser la question quand on voit son évolution historique du droit d&#8217;auteur, notamment ces 50 dernières années.</p>
<p style="text-align: justify;">S&#8217;il est clair que le droit d&#8217;auteur est une bonne idée au départ, il a ensuite fait l&#8217;objet d&#8217;un long malentendu, d&#8217;une conception malsaine de ce qu&#8217;est une œuvre et des droits que l&#8217;on peut y associer&#8230; Avant de faire l&#8217;objet d&#8217;une ré-appropriation du concept par tout un secteur économique dont les profits dépendent directement de l&#8217;étendue (abusive) du système.</p>
<p style="text-align: justify;">Après plusieurs siècles d&#8217;existence, le sacro-saint droit d&#8217;auteur n&#8217;a toujours pas résolu certaines problématiques pourtant présentes dès son apparition. Aujourd&#8217;hui, dans le contexte numérique, la question de la refonte du  droit d&#8217;auteur est  donc plus que jamais vitale. En effet, la conception obsolète  actuelle du droit d&#8217;auteur est en phase de devenir absolument insupportable pour notre  société dans une ère où toute oeuvre sera en &laquo;&nbsp;concurrence&nbsp;&raquo;  avec  beaucoup d&#8217;autres sur la toile (entrainant de fait une abondance d&#8217;  &laquo;&nbsp;œuvres&nbsp;&raquo; similaires).</p>
<p style="text-align: justify;">D&#8217;autres visions du droit d&#8217;auteur plus respectueuses de l&#8217;équilibre auteur / ayant-droit / Public sont néanmoins possibles. Encore faut-il  admettre le caractère imparfait (c&#8217;est un euphémisme) du droit d&#8217;auteur aujourd&#8217;hui&#8230; Et se reposer les questions fondamentales qui s&#8217;étaient posées à l&#8217;origine .</p>
<p style="text-align: justify;">D&#8217;autres pistes sont possibles et j&#8217;espère avoir le temps d&#8217;y revenir prochainement.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">&#8211; &#8212; &#8211;</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Crédit image : <a href="http://www.flickr.com/photos/917press/2583620793/">CC 910Press</a></em></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">A lire ailleurs :</p>
<p style="text-align: justify;"><a title="Trop de droit d'auteur..." href="http://scinfolex.wordpress.com/2009/07/22/le-droit-dauteur-rend-il-fou/">Le droit d&#8217;auteur rend-il fou ? &#8211; S.I. Lex</a></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.ecrans.fr/Qui-veut-la-peau-du-domaine-public,3404.html">Qui veut la peau du domaine public pour faire plaisir à Aznavour ? &#8211; Ecrans</a></p>
<p style="text-align: justify;">
<div style="text-align: justify;"><a href="http://www.ecrans.fr/Qui-veut-la-peau-du-domaine-public,3404.html"></a><a href="http://www.framablog.org/index.php/post/2009/01/25/allongement-droits-artistes-musique-majors-europe">Allongement des droits de 50 à 95 ans : bon pour les artistes, les majors, l&#8217;Europe ? &#8211; Framablog</a></div>
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		</item>
		<item>
		<title>Petit manifeste du jourdanisme</title>
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		<pubDate>Mon, 08 Mar 2010 13:20:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Humeur]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Creative Commons]]></category>
		<category><![CDATA[Humanisme]]></category>
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		<category><![CDATA[société 2.0]]></category>

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		<description><![CDATA[En réponse -et clin d&#8217;œil- à certains détracteurs néanmoins très respectés de mes convictions, voici un petit manifeste du &#171;&#160;jourdanisme&#160;&#187; (terme qui, je vous rassure n&#8217;émane pas de ma part d&#8217;ombre ego-tique, mais de la dérision entourant la discussion privée à laquelle je fais référence ) &#8230; Ce manifeste n&#8217;a évidemment aucune prétention exhaustive, car [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><em>En réponse -et clin d&#8217;œil- à  certains détracteurs néanmoins très respectés de mes convictions, voici  un petit manifeste du &laquo;&nbsp;jourdanisme&nbsp;&raquo; (terme qui, je vous rassure n&#8217;émane  pas de ma part d&#8217;ombre ego-tique, mais de la dérision entourant la  discussion privée à laquelle je fais référence <img src='http://www.tetedequenelle.fr/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';-)' class='wp-smiley' />  ) &#8230; Ce manifeste  n&#8217;a évidemment aucune prétention exhaustive, car une soirée de travail  n&#8217;y suffirait alors certainement pas, mais permet de clarifier les  &laquo;&nbsp;bases&nbsp;&raquo; de ma réflexion à cet un instant t&#8230; A suivre&#8230;</em></p>
<p style="text-align: justify;">
<div id="attachment_2044" class="wp-caption aligncenter" style="width: 309px"><a href="http://www.tetedequenelle.fr/wp-content/uploads/2010/03/blog-marechal-jean-baptiste-jourdan.jpg"><img class="size-full wp-image-2044" title="marechal-jean-baptiste-jourdan" src="http://www.tetedequenelle.fr/wp-content/uploads/2010/03/blog-marechal-jean-baptiste-jourdan.jpg" alt="" width="299" height="473" /></a><p class="wp-caption-text">Jean-Baptiste Jourdan, marechal napoléonien</p></div>
<div style="text-align: justify;">
<p>1.  Le jourdaniste est avant tout un <strong>humaniste</strong>. Il croit en l&#8217;Homme,  dans sa capacité à progresser,  à faire le bien autour de lui. De fait,  le jourdanisme refuse le discours stigmatisant consistant à opposer les  &laquo;&nbsp;gentils&nbsp;&raquo; des &laquo;&nbsp;méchants&nbsp;&raquo;. On est tous le gentil ou le méchant de  quelqu&#8217;un un jour ou l&#8217;autre (de même qu&#8217;on est toujours le con d&#8217;un  autre <img src='http://www.tetedequenelle.fr/wp-includes/images/smilies/icon_smile.gif' alt=':)' class='wp-smiley' />  ).</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p>2. Le jourdanisme n&#8217;est pas journalisme. Le  jourdaniste s&#8217;oppose d&#8217;ailleurs au quasi-monopole de la liberté  d&#8217;expression revendiqué et souhaité par certains, monopole qui prend forme dans le statut de journaliste. Le jourdaniste blogueur ne s&#8217;exprime  qu&#8217;en tant que simple <strong>citoyen</strong> et ne prétend donc à aucune vérité  et encore moins neutralité. En revanche, le jourdaniste s&#8217;impose honnêteté  intellectuelle et authenticité.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p>3. Le jourdaniste  est <strong>égalitaire</strong>. Il est donc formellement opposé à toute forme de  privilège. Par exemple, aider un secteur, une entreprise, une branche,  c&#8217;est avant tout ne pas aider les autres qui, ayant la même  situation, pourraient  également y prétendre. Il est donc préférable de  ne pas octroyer la moindre aide à quiconque si cette aide n&#8217;est pas  applicable à chaque entité pouvant y prétendre selon les critères  retenus pour la première entité en bénéficiant.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p>4.  Aux grandes <strong>organisations centralisatrices de pouvoir,</strong> le jourdaniste  préfère les petites organisations, qui, lorsqu&#8217;elles n&#8217;ont plus lieu  d&#8217;être, peuvent s&#8217;effacer pour ne pas devenir des parasites  bureaucratiques incontrôlables et créatrices de déséquilibres. Il  existe néanmoins certaines organisations centralisatrices inévitablement  nécessaires (qui comprennent, pour simplifier, les fonctions  régaliennes de l&#8217;État).</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p>5. Le jourdaniste est un fervent défenseur  du <strong>progrès technologique</strong>, à la condition que  technologie ne  soit pas aliénatrice mais au contraire émancipatrice. Internet, parce  qu&#8217;il permet avant tout de connecter des Hommes entre eux, joue un rôle  tout à fait favorable.  Mais la technologie n&#8217;est pas bonne ou mauvaise  en soi. C&#8217;est l&#8217;utilisation qu&#8217;en font les Hommes qui l&#8217;est (d&#8217;où  l&#8217;importance du point 1 d&#8217;ailleurs).</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p>6. Le jourdaniste  se veut acteur de sa vie et dans son quotidien. Il est donc <strong>créateur</strong>.  Mais à la quantité, le jourdaniste préfèrera toujours la qualité, la  valeur ajoutée. il ne cherche donc pas la création acharnée, mais ce  qu&#8217;il crée se veut le fruit d&#8217;un authentique travail. Le jourdaniste  évitera donc la copie maladroite et stérile, pour y préférer la mention  du travail de quelqu&#8217;un d&#8217;autre, valorisant ainsi par la même occasion  la création d&#8217;autrui.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p>7. Découlant de ce principe, le  jourdaniste est en faveur du partage global des œuvres de toute sorte.  Mais bien sur, le jourdaniste n&#8217;est pas dans une démarche de pillage des œuvres des autres. Chaque utilisation de la création d&#8217;autrui doit se  faire en contrepartie de la valorisation de ce contenu d&#8217;une manière ou  d&#8217;une autre. Le jourdaniste est donc naturellement un défenseur des <a id="d443" title="licences Creative Commons" href="../2009/06/pourquoi-bloguer-sous-licence-creative-common/">licences Creative Commons</a> qui  proposent un cadre pour un partage responsable et milite plus  largement pour une réforme du droit d&#8217;auteur et le déploiement de la <strong>culture  libre</strong>.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p>8. La jourdanie n&#8217;est pas un pays (ne pas  confondre avec la Jordanie). Le jourdanisme se veut  international, non pas dans le sens où il veut imposer ses règles aux  pays étrangers, mais dans le sens où il est favorable à un effacement  des barrières (culturelles, linguistiques etc) qui sont à l&#8217;origine de  guerres inutiles. Cela passant avant tout avec le dialogue, l&#8217;échange,  et l&#8217;<strong>ouverture</strong>.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p>9. De tout les points précédents, on peut  donc conclure naturellement que le jourdaniste est <strong>idéaliste</strong>.  Mais cet idéalisme se situe évidemment dans un  horizon de <strong>long terme</strong> puisque le garde-fou de la raison le jourdaniste n&#8217;a pas encore  franchi. Le jourdanisme n&#8217;est donc résolument pas révolutionnaire, mais <strong>évolutionnaire</strong>,  il considère le changement nécessaire, mais la précipitation est  l&#8217;écueil number 1 de sa propre démarche. Patience, évangélisme et  pédagogie font partie de son lot quotidien de tâches digitales.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p>10. Le jourdaniste n&#8217;a pas pour vocation de remettre en cause  l&#8217;Homme (qui n&#8217;a pas foncièrement changé depuis Adam et Eve), mais le  système dans lequel ce dernier est bien souvent contraint d&#8217;agir.  Néanmoins, parce que le système ne peut pas évoluer <em>ex nihilo</em>,  l&#8217;Homme doit préalablement arriver à s&#8217;extirper de ce système réducteur  de liberté et de libre arbitre. Il convient donc d&#8217;entamer une démarche  que certains appellent <strong><a id="f8lm" title="révolution personnelle" href="../2009/12/blogueur-invite-faire-sa-revolution-personnelle/">révolution personnelle</a></strong>.  Si cette révolution <span style="text-decoration: line-through;">est</span> devient massive, alors le  reste suivra.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p>11. Le jourdanisme est en <strong>perpétuelle  évolution</strong>. Il n&#8217;est donc pas figé dans le marbre numérique d&#8217;un  vulgaire PDF (mais sera probablement réécrit sur une page dédiée, que je  modifierai au fur et à mesure de mes &laquo;&nbsp;pérégrinations intellectuelles&nbsp;&raquo;).</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p>12.  Le jourdaniste considère l&#8217;<strong>échange</strong> comme la matière première clé  de son apprentissage. A ce titre, il est impatient de lire vos  réactions à la suite de cette lecture&#8230;</p>
<p>Note : A la relecture, je me suis rendu compte que ces réflexions sont inspirée à plusieurs égard de celles de <a title="merci à lui !" href="http://blog.tcrouzet.com">Thierry Crouzet</a> <img src='http://www.tetedequenelle.fr/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';-)' class='wp-smiley' /> </p>
</div>
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		<title>L&#8217;éducation numérique, c&#8217;est pour bientôt ?</title>
		<link>http://www.tetedequenelle.fr/2010/02/leducation-numerique-cest-pour-bientot/</link>
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		<pubDate>Fri, 26 Feb 2010 19:10:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Education 2.0]]></category>
		<category><![CDATA[Informatique]]></category>
		<category><![CDATA[Rapport Fourgous]]></category>

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		<description><![CDATA[Le 15 Février dernier, le gouvernement a annoncé la préparation d&#8217;un plan visant à moderniser l&#8217;éducation nationale. Les principales mesures de ce plan seront inspirées du Rapport Fourgous (pdf) sur le développement du numérique à l&#8217;école. Sans rentrer dans les détails, je vous propose une lecture tranversale de ce rapport. Investir dans la matière grise, pas que [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.tetedequenelle.fr/wp-content/uploads/2010/02/18636595_f09160199c.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2023" title="school" src="http://www.tetedequenelle.fr/wp-content/uploads/2010/02/18636595_f09160199c.jpg" alt="" width="500" height="375" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Le 15 Février dernier, le gouvernement a  annoncé <a href="http://www.lemonde.fr/technologies/article/2010/02/15/le-numerique-s-invite-deja-dans-les-ecoles-rurales_1306320_651865.html" target="_blank">la préparation d&#8217;un plan visant à moderniser  l&#8217;éducation nationale</a>. Les principales mesures de ce plan seront inspirées du <a title="Rapport Fourgou" href="http://www.google.fr/url?sa=t&amp;source=web&amp;ct=res&amp;cd=1&amp;ved=0CAYQFjAA&amp;url=http%3A%2F%2Fwww.regardsurlenumerique.fr%2FContent%2FFiles%2Ffc%2Ffile%2Frapport-fourgous-chatel-TICE.pdf&amp;ei=nhaIS9zxEYaD4Qb57-GvDw&amp;usg=AFQjCNHp2VhfHV7VpQUXkinhbnRjWkhr5w&amp;sig2=PwB3Vxrg4_HZkR5M9irTlQ">Rapport Fourgous (pdf)</a> sur le développement du numérique à l&#8217;école.<em> </em></p>
<p style="text-align: justify;">Sans rentrer dans les détails, je vous propose une lecture tranversale de ce rapport.</p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Investir dans la matière grise, pas  que dans le matériel</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">Le premier constat sur lequel ce rapport se base est que les investissement dans l&#8217;équipement matériel ne suffit pas. Et l&#8217;on peut difficilement ne pas être d&#8217;accord : donner les outils, c&#8217;est bien, encore faut-il former nos jeunes à les utiliser. D&#8217;ailleurs, les outils informatiques sont de toute façon déjà de partout : à l&#8217;école comme à la maison, et pour certains même dans leur poche&#8230; Là n&#8217;est donc plus vraiment l&#8217;enjeu. il faut donc former à l&#8217;usage de ces outils&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Le mirage de la génération Y<br />
</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">On a beau dire que la jeune génération, les &laquo;&nbsp;digital natives&nbsp;&raquo; qui sont &laquo;&nbsp;nés le clavier dans les mains&nbsp;&raquo; sont plus à l&#8217;aise avec ces outils, encore faut-il enseigner les bonnes pratiques&#8230;  A ce titre, la lecture de <a title="La génération « post-micro »" href="http://www.hyperbate.com/dernier/?p=8582" target="_blank">cet  article</a> écrit par un professeur  d&#8217;informatique est très édifiante : s</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;"><em>Il semble </em><em>qu’une nouvelle vague d’étudiants arrive en écoles d’art, des étudiants « post-micro-informatique », relativement malhabiles face aux logiciels bureautiques ou de création, auxquels ils ont pourtant eu accès au collège. Cette observation récente et empirique semble confortée par les travaux de chercheurs de la Fondation Travail et Technologie de Namur, auteurs d’une étude </em><em>évoquée par une interview pour le  journal Le Monde</em><em>, étude qui tend à établir qu’une partie des adolescents et des jeunes adultes manquent d’aisance avec les outils informatiques dont ils disposent pourtant et dont ils sont quotidiennement consommateurs.<br />
</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;"><em> </em><em> </em>Ouch ! <img src='http://www.tetedequenelle.fr/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';-)' class='wp-smiley' /> </p>
<p style="text-align: justify;">Ne soyons donc pas naïfs quant à la nature de ces generation Y (où je ne  sais quoi &laquo;&nbsp;natives&nbsp;&raquo;) : il y a un réel besoin de formation aux usages,  mais pas seulement.Il y a en effet un décalage flagrant dans le fait que  les jeunes sont certes accoutumés à manier une souris et un clavier,  mais qu&#8217;ils n&#8217;ont pas forcément conscience du changement profond que ces  outils apportent (justement parce qu&#8217;ils ont toujours connu ces  outils). Ils n&#8217;ont pas connu la transition comme les générations  précédentes.</p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Eduquer les éducateurs&#8230;</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est là que le rôle des éducateurs est crucial : eux ont le recul nécessaire : ils ont connu l&#8217;ancien monde&#8230; mais ils doivent encore pour la plupart acquérir la <strong>perspective numérique</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong>Et c&#8217;est là que le rapport Fourgous a vu juste : miser sur l&#8217;éducation des professeurs au même titre que celle des élèves. Cela semble de bon sens, pourtant la tentation a été grande jusqu&#8217;à présent de vouloir les court-circuiter pour s&#8217;occuper directement les soit-disant premiers intéressés à savoir les jeunes.</p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Cela sera-t-il suffisant ?</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">Il semble indéniable que ce rapport va dans le bon sens. Pour autant, comme je tiens souvent à le souligner, le numérique est un enjeu qui dépasse bien souvent les considérations traditionnelles. Il nous amène à repenser en profondeur chaque couche du système actuel. Il en est de même pour le vaste sujet de l&#8217;éducation 2.0. Peut être faudra-t-il aller plus loin que le simple enseignement de l&#8217;utilisation des outils numériques. Peut être faudrait il apprendre à <strong>penser</strong> le numérique ?</p>
<p style="text-align: justify;">A ce  titre, je vous invite vivement à lire l&#8217;<a title="Le rapport Fourgous peut-il sauver l'école ?" href="http://henriverdier.blogspot.com/2010/02/le-rapport-fourgous-peut-il-sauver.html" target="_blank">article de Henri Verdier sur ce sujet</a>, qui, je ne  peux le cacher, m&#8217;a inspiré cette réflexion et dont je vous propose un extrait :</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;"><em>je crois qu&#8217;on a tort de réduire la question du numérique à un problème d&#8217;équipement, de ressources, de formation et de volontarisme. Notre système éducatif a été bâti au nom d&#8217;objectifs bien précis, autour d&#8217;une stratégie d&#8217;industrialisation des processus éducatifs bien précise. Et il tient assez bien depuis Jules Ferry. Dans ce cadre, le numérique peine à trouver une place, parce que les nouvelles technologies n&#8217;apportent jamais de gain d&#8217;efficacité dans une organisation si elles ne sont pas accompagnées d&#8217;une réorganisation.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>L&#8217;usine, le  bureau, l&#8217;armée ou le bloc opératoire de 2010 n&#8217;ont rien à voir avec leurs ancêtres de 1910. Les grands principes d&#8217;organisation de l&#8217;école sont les mêmes. Aucun changement radical ne se produira dans les écoles sans un changement de même ampleur.<br />
Et comme on ne décrètera pas ces changements d&#8217;un trait de plume, et comme on va devoir expérimenter et innover, il va falloir commencer par la mère de toutes les réformes : faire confiance aux enseignants, leur donner une liberté d&#8217;organisation, leur donner latitude de faire bouger les organisations, voire en partie les programmes. Et comme on veut garantir l&#8217;égalité républicaine, il va falloir inventer des processus d&#8217;accompagnement de ces expérimentations et repenser l&#8217;encadrement et les inspections. Et comme tout ceci coûte cher il va falloir assouplir les possibilités d&#8217;investissement des établissements scolaires et des enseignants eux-mêmes. Et à tous les étages il va falloir mettre des degrés de liberté. [<a href="http://henriverdier.blogspot.com/2010/02/le-rapport-fourgous-peut-il-sauver.html" target="_blank">Lire la suite</a>]</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">En d&#8217;autres termes, l&#8217;ecueil serait de vouloir apprendre aux jeunes à utiliser des outils nouveaux&#8230; avec des vieilles méthodes et un contexte obsolète&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;esprit &laquo;&nbsp;2.0&#8243; ne peux pas s&#8217;enseigner comme on apprend le théorème de Pythagore.  En revanche, il peut se transmettre subtilement en s&#8217;intégrant dans l&#8217;esprit du système d&#8217;éducation de demain. Ce n&#8217;est pas encore l&#8217;heure de la récré M. Chatel !</p>
<p style="text-align: justify;">Parole  d&#8217;un vieux de 21 ans (sic) ! <img src='http://www.tetedequenelle.fr/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';-)' class='wp-smiley' /> </p>
<p style="text-align: justify;">&#8211; &#8212; &#8211;</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Crédit Image : <a title="Link to Dean  Terry's photostream" rel="dc:creator cc:attributionURL" href="http://www.flickr.com/photos/therefore/">Dean Terry</a></em></p>
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		<title>[Blogueur invité] Faire sa révolution personnelle</title>
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		<pubDate>Fri, 04 Dec 2009 20:55:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[blog]]></category>
		<category><![CDATA[Révolution Personnelle]]></category>

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		<description><![CDATA[Jean-Philippe est l&#8217;auteur de www.revolutionpersonnelle.com, blog que je lis avec attention depuis plusieurs mois maintenant. J&#8217;apprécie beaucoup la démarche de Jean-Philippe ainsi que l&#8217;art de vivre dont ses billets font preuve. Et pour tout vous dire, je trouve sa démarche assez en adéquation avec ce dont je parle souvent sur ce blog : la révolution [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><em>Jean-Philippe est l&#8217;auteur de </em><a href="http://www.revolutionpersonnelle.com/" target="_blank"><em>www.revolutionpersonnelle.com</em></a><em>, blog que je lis avec attention depuis plusieurs mois maintenant. J&#8217;apprécie beaucoup la démarche de Jean-Philippe ainsi que l&#8217;art de vivre dont ses billets font preuve. Et pour tout vous dire, je trouve sa démarche assez en adéquation avec ce dont je parle souvent sur ce blog : la révolution numérique. Jean-Philippe nous parle de repousser nos propres barrières, de se changer pour voir plus loin. De mon côté, je vois justement dans la technologie un moyen de réaliser de grandes choses, qui que nous soyons. Je trouvais important et intéressant de parler de cela sur tetedequenelle, et j&#8217;ai donc demandé à Jean-Philippe de préparer un billet, ce qu&#8217;il a gentiment accepté (ça tombe bien, je suis en vacances en Laponie <img src='http://www.tetedequenelle.fr/wp-includes/images/smilies/icon_smile.gif' alt=':)' class='wp-smiley' />  </em><em>). Mais je ne vous en dis pas plus, il a déjà plein de choses à vous dire !</em></p>
<p style="text-align: justify">&#8211; &#8212; &#8211;</p>
<p style="text-align: justify"><img class="aligncenter size-full wp-image-1576" src="http://www.tetedequenelle.fr/wp-content/uploads/2009/11/highjump.jpg" alt="Bondissez et saisissez les opportunités !" width="500" height="334" /></p>
<p style="text-align: justify">Que voulez-vous faire de votre vie ?</p>
<p style="text-align: justify">Vous avez 18 ans ? 30 ans ? 60 ans ? Peu importe. Dites-moi ce que vous voulez faire de votre vie.</p>
<p style="text-align: justify">C&#8217;est peut-être difficile de répondre et c&#8217;est normal. <img src='http://www.tetedequenelle.fr/wp-includes/images/smilies/icon_smile.gif' alt=':)' class='wp-smiley' /> </p>
<p style="text-align: justify">Il y a ceux qui ont une vocation, par exemple celle de soigner les autres. Si vous vous reconnaissez, j&#8217;en suis très sincèrement heureux pour vous. Notre société a besoin de spécialistes talentueux et dédiés à leur art. Mais, si c&#8217;est votre cas, vous pouvez arrêter ici la lecture de cette article. Car ce dont je parle ici concerne la grande majorité d&#8217;entre nous, ceux qui ne savent pas répondre à la question de la première ligne. Et cela nous fait peur, parce que la société nous met la pression de deux façons.</p>
<h4 style="text-align: justify">Préhistoire</h4>
<p style="text-align: justify"><span style="font-weight: normal">Ça commence à l&#8217;école. Comment peut-on demander à quelqu&#8217;un qui a 16 ans de faire des choix d&#8217;orientation importants ? Sans aucune expérience ? Même à 18 ou 25 ans on a peu  d&#8217;expérience et pourtant la société nous impose de faire des choix. Cela fait peur et dans la précipitation qui suit, de nombreuses vies et carrières sont gâchées.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-weight: normal">Combien parmi vous traînent des pieds pour aller travailler alors qu&#8217;ils adorent leur hobby, leur passe-temps, leur violon d&#8217;Ingres ? Ne serait-il pas plus logique de concentrer son énergie sur ces-derniers plutôt que de gaspiller sa vie en faisant des choses que l&#8217;on n&#8217;aime pas et qui finiront par nous rendre malade ? Sans parler des effets sur ceux qui nous entourent.</span></p>
<h4 style="text-align: justify">L&#8217;ancien régime</h4>
<p style="text-align: justify"><span style="font-weight: normal">La société où nous vivons maintenant nous la devons en grande partie à un homme: Henry Ford. Au début du XXème siècle il a révolutionné la relation au travail. Le brillant inventeur de voitures eut l&#8217;idée de créer la semaine de travail de 8 heures avec repos hebdomadaire. En plus, il doubla les salaires. Vous imaginez le bruit. A l&#8217;époque, on travaillait 6 jours sur 7 et facilement 10 à 15 heures quotidiennement pour un salaire de misère.</span></p>
<p style="text-align: justify">Un siècle plus tard, le système qu&#8217;Henry Ford mit en place, est, en gros, toujours de rigueur. C&#8217;est notre deuxième pression. Car notre société, a elle, évolué. Dans les pays industrialisés, nous vivons dans la plus grande période de stabilité jamais connue par l&#8217;homme. Nous avons découvert les congés payés, de plus en plus de loisirs, de plus en plus de libertés, mais nous avons un problème: le temps. Ça, on ne pourra pas le changer. Nous avons et aurons toujours 24 heures dans une journée, du président au moindre SDF. Ce que vous faites de ces 1440 minutes journalières devient un choix primordial et le système &laquo;&nbsp;fordien&nbsp;&raquo; de découpage du travail, ne passe plus.</p>
<p style="text-align: justify">En ce début du nouveau millénaire, la gestion de notre temps est devenue une issue majeure. Car il faut ajouter à cela la révolution technologique qui ne cesse de mettre à portée de nos doigts de plus en plus de contenus de toutes sortes. Nous avons donc trop de possibilités. Trop de contacts. Trop de blogs dans nos lecteurs RSS. Trop de twitter. Trop de YouTube. Trop de &laquo;&nbsp;friends&nbsp;&raquo;. On peut facilement passer son temps devant son ordinateur sans voir les heures filer. Ça vous est déjà arrivé, à vous aussi. <img src='http://www.tetedequenelle.fr/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';)' class='wp-smiley' /> </p>
<p style="text-align: justify">Enfin, d&#8217;autres valeurs professionnelles sont en train de changer. Par exemple, l&#8217;idée de travailler jusqu&#8217;à la retraite pour ensuite se relaxer et voyager, commence à paraître obsolète. Pourquoi attendre 65 ans pour enfin profiter de la vie? Pourquoi ne pas faire des choses palpitantes maintenant, vu que nous sommes en excellente santé et plein d&#8217;énergie ? Et d&#8217;abord pourquoi s&#8217;attacher à une entreprise ? Jusqu&#8217;à maintenant, nous n&#8217;avions pas trop le choix. Les outils, les équipements étaient chers et leur appartenaient. Mais maintenant ? Regardez juste les performances sans cesse augmentées de nos portables et de nos smartphones. Disons adieu à Henry Ford. Grâce aux nouvelles technologies, tout devient possible. Tout est possible.</p>
<p style="text-align: justify">Alors, on commence à avoir des idées.</p>
<p style="text-align: justify">
<h4 style="text-align: justify">Prendre &laquo;&nbsp;sa&nbsp;&raquo; Bastille</h4>
<p style="text-align: justify"><span style="font-weight: normal">Si vous lisez <a href="http://www.revolutionpersonnelle.com/pourquoi/">mon histoire</a>, vous comprendrez que j&#8217;ai commencé à faire ma révolution personnelle parce que, comme beaucoup d&#8217;autres j&#8217;ai vu qu&#8217;il était possible maintenant de vivre différemment. Les Américains ont déjà montre l&#8217;exemple. Par milliers, ils quittent leur emploi et se mettent à leur compte, dans différents domaines, avec un trait commun: ils se passionnent pour ce qu&#8217;ils font de leur vie. L&#8217;un de leurs porte-drapeaux, <a href="http://www.fourhourworkweek.com/blog/">Tim Ferriss</a>, appelle ça créer son Lifestyle Design. Moi je dis faire sa <a href="http://www.revolutionpersonnelle.com/">révolution personnelle</a>, faire sa RévoPerso.</span></p>
<p style="text-align: justify">Bref, l&#8217;idée est d&#8217;indiquer clairement que nous n&#8217;avons plus besoin d&#8217;être attaché par une chaîne a une entreprise. Vous pouvez collaborer avec elle mais vous maîtrisez votre temps. Vous êtes votre propre patron. Votre temps est redevenu le vôtre.</p>
<p style="text-align: justify">Prendre sa Bastille ne veut pas systématiquement dire, envoyer tout balader. Faire sa RévoPerso peut se limiter à changer certaines habitudes en nous qui nous déplaisent, qui nous font perdre du temps, qui ne sont pas authentiques. A l&#8217;opposé du système fordien, il n&#8217;y a pas un seul mode d&#8217;emploi pour tous. A chacun et chacune d&#8217;entre nous de faire ses choix et de changer. Mais, dans les lignes qui suivent je m&#8217;attacherai seulement à parler d&#8217;une seule catégorie: ceux qui, à n&#8217;importe quel âge, veulent devenir passionnés par ce qu&#8217;ils font.</p>
<p style="text-align: justify">
<h4 style="text-align: justify">Faire sa RévoPerso</h4>
<p style="text-align: justify"><span style="font-weight: normal">Au début, lorsque l&#8217;on veut faire sa révolution personnelle, on ne sait pas trop par où commencer. Cela dépend de notre âge, de notre expérience et de nos désirs. Il me sera donc difficile de tout détailler ici mais voici quelques grandes idées pour vous aider à réfléchir.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-weight: normal">La plupart d&#8217;entre nous n&#8217;ont donc pas d&#8217;idées claires sur ce qu&#8217;ils voudraient faire. Si vous êtes totalement bloqué, rappelez-vous ces moments où, pendant que vous faisiez quelque chose, vous avez perdu contact avec la réalité. C&#8217;est dans cette direction que se trouvent vos passions.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-weight: normal">Ensuite, il faut tester. C&#8217;est comme avant d&#8217;acheter une nouvelle voiture. Vous ne voudriez pas vous lancer sur un coup de tête pour ensuite regretter amèrement votre choix. Tester, cela veut dire, par exemple, faire des stages dans les domaines qui vous intéressent, contacter des personnes qui exercent l&#8217;activité qui vous passionne et leur poser des questions. Vous pouvez même demander à les suivre pendant une journée. Allez encore plus loin : offrez-leur de les aider bénévolement en expliquant bien votre démarche. Il y a ainsi de nombreuses possibilités pour goûter à une activité nouvelle.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-weight: normal">L&#8217;étape suivante consiste à se lancer plus sérieusement, de la façon qui vous convienne le mieux. N&#8217;ayez pas peur! Vous voulez vous faire du bien en changeant, pas de la torture. Souvent on craint de faire le mauvais choix, d&#8217;avoir investi du temps et de l&#8217;argent sur quelque chose qui n&#8217;est pas nous. Ce n&#8217;est pas grave. La vie doit être vécue. Si au bout d&#8217;un moment (plusieurs mois, quelques années) vous vous lassez, arrêtez tout et faites marche arrière jusqu&#8217;à l&#8217;étape précédente. Vous aurez eu du plaisir et vous aurez emmagasiné beaucoup d&#8217;expérience. Dans l&#8217;état d&#8217;esprit de la RévoPerso, il n&#8217;y a pas de mauvaises expériences. Il y a seulement &laquo;&nbsp;des&nbsp;&raquo; expériences. On abandonne celles qui ne nous conviennent plus et on continue avec celles qui nous plaisent.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-weight: normal">Il n&#8217;en faut pas plus pour faire sa révolution personnelle. C&#8217;est simple, efficace et cela vous apportera une vie riche et toujours enrichissante. Je ne dis pas que ce type de vie est pour tout le monde. C&#8217;est juste un choix. Peut-être votre choix. <img src='http://www.tetedequenelle.fr/wp-includes/images/smilies/icon_smile.gif' alt=':)' class='wp-smiley' /> </span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-weight: normal">Pour vous donner un peu plus d&#8217;indices, voici certains traits qui sont caractéristiques à tous ceux et toutes celles qui veulent faire leur RévoPerso.</span></p>
<p style="text-align: justify">
<h4 style="text-align: justify">L&#8217;Homme fluide</h4>
<p style="text-align: justify"><span style="font-weight: normal">L&#8217;homme ou la femme qui font leur révolution personnelle savent d&#8217;abord s&#8217;adapter. De nombreux métiers dans lesquels nous exercerons nos talents dans 5 ou 10 ans n&#8217;existent pas encore. Notre société est devenu trop fluide pour rester comme un sémaphore, ballotté au milieu de l&#8217;océan. Non, nous sommes en train de devenir des catamarans ultra rapides qui peuvent changer de direction à la moindre alerte. Un emploi de perdu? Ce n&#8217;est pas un problème. On dirige son énergie dans une direction différente, plus prometteuse. On hisse les voiles et rapidement, évitant les écueils, nous retrouvons le bon cap, grâce à nos expériences du passé qui, en s&#8217;accumulant, nous donnent un savoir-faire redoutable. Nous devenons des <a href="http://www.revolutionpersonnelle.com/2009/11/lhomme-fluide/">Hommes fluides</a>.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-weight: normal">Désormais, c&#8217;est notre valeur personnelle qui compte. Le &laquo;&nbsp;personal branding&nbsp;&raquo; n&#8217;est pas loin ! Nous devons donc être authentique.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-weight: normal">Une autre idée commune est celle liées aux objectifs. Jusqu&#8217;à maintenant le modèle était que, dans la vie, on se fixait un but et on travaillait d&#8217;arrache-pied pour l&#8217;atteindre, quitte à souffrir pendant tout le trajet. Lorsque l&#8217;on fait sa révolution personnelle, l&#8217;objectif n&#8217;est plus si primordial que ça, il devient souple, ajustable. Le plus important, se sont les expériences que l&#8217;on vit tout au long de son chemin. S&#8217;en est fini de ces désirs de gagner des millions en se tuant au travail. Encore une fois, l&#8217;authenticité est devenue reine. On veut vivre de vraies expériences et ne pas attendre la retraite pour commencer.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-weight: normal">Si la société du siècle passé a été basée sur l&#8217;abondance ou même la surabondance due à nos habitudes de consommation, ceux qui font leur RévoPerso désirent revenir à des valeurs moins encombrantes, plus saines. faire sa révolution personnelle c&#8217;est adopter une nouvelle culture, légère et peu encombrée, une vie simplifiée. Cela commence dans son quotidien, par ses décisions, ses désirs et ça continue dans son cadre de vie.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-weight: normal">On a pas besoin d&#8217;avoir trop de choses chez soi. Le superflu est rejeté, on n&#8217;accumule plus les babioles dont on sait qu&#8217;on ne les utilisera jamais. Simplicité ne veut pas dire &laquo;&nbsp;pas cher&nbsp;&raquo;. Il est possible d&#8217;avoir de beaux meubles, d&#8217;aimer les lignes fluides d&#8217;Apple ou de craquer pour un manteau à la coupe moderne. Le tout c&#8217;est de s&#8217;entourer d&#8217;achats utiles qui nous plaisent vraiment, pas d&#8217;acquérir un objet parce que la publicité nous y encourage ou parce que le voisin l&#8217;a acheté.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-weight: normal">Un autre facteur de cette révolution est la collaboration. On aime s&#8217;associer avec d&#8217;autres pour un ou plusieurs projets. On se connecte selon ses compétences et ses affinités. Par exemple pour écrire cet article, je collabore à différents degrés avec Stan et d&#8217;autres. Une fois cet article publié, chacun repartira sur son propre chemin mais enrichi d&#8217;une nouvelle expérience.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-weight: normal">La dernière caractéristique commune à tous ceux et toutes celles qui se lancent dans leur RévoPerso, c&#8217;est le désir profond d&#8217;apporter une réelle contribution à notre société. Ça peut paraître paradoxal quand on parle d&#8217;apprécier sa vie, de ne pas rester enchaîné à un travail, mais c&#8217;est tout à fait logique. Quelle est la meilleure façon d&#8217;offrir quelque chose aux autres si ce n&#8217;est en utilisant notre meilleur savoir-faire ? Celui-là même qui nous passionne ? Il est évident que les produits que nous créeront, que les services que nous proposerons, seront de bien meilleure qualité que ceux offerts par des employés aigris.</span></p>
<p style="text-align: justify">
<h4 style="text-align: justify">La balle est dans votre camp</h4>
<p style="text-align: justify"><span style="font-weight: normal">Je pourrais aussi lister tous les avantages qui existent à faire sa RévoPerso. Je pourrais dire qu&#8217;on maîtrise son destin professionnel, qu&#8217;on ne stresse plus sur les licenciements, etc&#8230; mais cela prendrait bien des pages et je doute que Stan et ses quenelles soient d&#8217;accord. <img src='http://www.tetedequenelle.fr/wp-includes/images/smilies/icon_smile.gif' alt=':)' class='wp-smiley' /> </span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-weight: normal">Alors pour finir, il existe une question que vous pouvez vous poser et qui peut vous aider à y voir plus clair. La question ultime est celle-ci: au-delà de l&#8217;argent et des honneurs, quel impact voulez-vous avoir sur terre après votre départ ?</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-weight: normal">Si vous pouvez commencer à répondre à cette question, vous aurez déjà fait un grand pas vers votre RévoPerso.</span></p>
<p style="text-align: justify">&#8211; &#8212; &#8211;</p>
<p style="text-align: justify"><em>Crédit photo : <a href="http://www.flickr.com/photos/supersonicphotos/" target="_blank">Kelsey_lovefusionphoto</a> CC</em></p>
<p style="text-align: justify"><em>Merci Jean-Philippe !</em></p>
<p style="text-align: justify"><em>Si cet article vous a plus, n&#8217;hésitez pas à jeter un oeil sur le blog de Jean-Philippe. Pour vous aider, voici une petite sélection des meilleurs articles que vous pourrez y trouver (selon moi bien sûr) :</em></p>
<ul style="text-align: justify">
<li><em><a href="http://www.revolutionpersonnelle.com/2009/11/lhomme-fluide/">L&#8217;Homme fluide</a> </em></li>
<li><em><a href="http://www.revolutionpersonnelle.com/2009/10/changer-de-travail-ou-changer-de-vie/">Changer de travail ou changer de vie ?</a></em></li>
<li><em><a href="http://www.revolutionpersonnelle.com/2009/11/pour-avoir-plus-de-succes-soyez-plus-curieux/">Pour avoir plus de succès, soyez plus curieux !</a></em></li>
</ul>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>L&#8217;autre fracture numérique</title>
		<link>http://www.tetedequenelle.fr/2009/10/lautre-fracture-numerique/</link>
		<comments>http://www.tetedequenelle.fr/2009/10/lautre-fracture-numerique/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 10 Oct 2009 15:29:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[netocratie]]></category>
		<category><![CDATA[piratage]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Révolution numérique]]></category>
		<category><![CDATA[société 2.0]]></category>

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		<description><![CDATA[Winds of change &#8211; CC sarniebill1 Si la problématique de la fracture numérique en tant que disparités vis à vis de l&#8217;accès aux infrastructures internet (problème du déploiement du haut débit principalement) est un problème bien connu de tous, il existe peut être une autre fracture numérique dont on parle moins. Cette seconde fracture numérique est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="text-align: center;">
<dl id="attachment_1223" style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto; text-align: center; background-color: #f3f3f3; padding-top: 4px; margin-top: 10px; margin-bottom: 10px; border-top-left-radius: 3px 3px; border-top-right-radius: 3px 3px; border-bottom-right-radius: 3px 3px; border-bottom-left-radius: 3px 3px; width: 510px; border: 1px solid #dddddd;">
<dt><a href="http://www.flickr.com/photos/sarniebill/3960099908/"><img style="padding: 0px; margin: 0px; border: 0px initial initial;" title="change" src="http://www.tetedequenelle.fr/wp-content/uploads/2009/10/change.jpg" alt="Winds of change - CC sarniebill1" width="500" height="332" /></a></dt>
<dd style="font-size: 11px; line-height: 17px; padding-top: 0px; padding-right: 4px; padding-bottom: 5px; padding-left: 4px; margin: 0px;">Winds of change &#8211; CC sarniebill1</dd>
</dl>
</div>
<p style="text-align: justify;">Si la problématique de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Fracture_numérique">la fracture numérique en tant que disparités vis à vis de l&#8217;accès aux infrastructures internet</a> (problème du déploiement du haut débit principalement) est un problème bien connu de tous, il existe peut être une autre fracture numérique dont on parle moins.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Cette seconde fracture numérique est la fracture des usages et des consciences.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Comme je m&#8217;efforce de l&#8217;expliquer sur ce blog, internet est en train de révolutionner notre société, de changer les règles politiques et économiques, entre autres&#8230; Mais si ce blog a une raison d&#8217;être, c&#8217;est bien qu&#8217;à la base il y a un problème :<span style="background-color: #ffffff;"> tout le monde n&#8217;a pas conscience de ces profondes mutations ! Et il n&#8217;est pas si facile que ça de les expliquer&#8230;</span></p>
<h2><span style="background-color: #ffffff;">Tout un écosystème à repenser&#8230;</span></h2>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, lorsque j&#8217;essaye par exemple d&#8217;expliquer à mes amis pourquoi hadopi est une mauvaise loi, c&#8217;est toute une longue histoire qu&#8217;il faut patiemment expliquer et rééxpliquer. Dans l&#8217;exemple de la loi hadopi, il y a ainsi au moins 6 points clés à comprendre :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li><span style="background-color: #ffffff;"><strong>Les droits d&#8217;auteur</strong> : <a href="http://scinfolex.wordpress.com/2009/08/29/concilier-et-reconcilier-le-droit-dauteur-avec-les-libertes-numeriques/">l&#8217;origine des droits d&#8217;auteurs, leur évolution</a> (relire <a href="http://www.laquadrature.net/fr/discours-victor-hugo-an-droit-dauteur">Victor Hugo</a> à ce sujet), et leur évolution future (du moins celle souhaitée) : <a href="http://www.framasoft.net/article4118.html">licences creatives commons</a>, notion de <a href="http://fr.readwriteweb.com/2009/02/05/a-la-une/culture-libre-free-culture-lawrence-lessig-ebook/">culture libre</a> &#8230;</span></li>
<li><span style="background-color: #ffffff;"><strong>L&#8217;impact d&#8217;internet sur l&#8217;économie</strong> : <a href="http://www.zoupic.com/2009/09/11/de-la-rarete-vers-labondance/">économie de l&#8217;abondance</a>, <a href="http://www.groupereflect.net/blog/archives/2009/09/chris-anderson-et-leconomie-de-lattention.html?parole_d_expert">de l&#8217;attention</a>, baisse des couts d&#8217;entrée sur le marché, les nouveaux business models d&#8217;internet, la vraie nature <a href="http://www.internetactu.net/2008/03/10/la-gratuite-est-elle-lavenir-de-leconomie/">des modèles du gratuit</a>, celui du <a href="http://emoglen.law.columbia.edu/publications/anarchism-fr.html">logiciel libre</a> : l&#8217;importance des communautés et <a href="http://http://www.internetactu.net/2009/07/09/le-nouveau-socialisme-la-societe-collectiviste-globale-se-met-en-ligne/">comment elles fonctionnent</a>, comment continuer à vivre de ses oeuvres, <a href="http://fr.readwriteweb.com/2009/07/18/divers/d2f-direct-to-fan/">comment se débarraser des maisons de disque</a> &#8230;</span></li>
<li><span style="background-color: #ffffff;"><strong>Les réalités du piratage</strong> : <a href="http://fr.readwriteweb.com/2009/02/26/prospective/hadopi-est-une-mauvaise-reponse-faite-par-des-gens-desempares/">son réel impact sur le marché des produits culturels</a>, <a href="http://blog.tcrouzet.com/2009/09/18/piratons-et-donnons-pour-montrer-le-chemin/">les vraies motivations des pirates</a>, <a href="http://www.numerama.com/magazine/13967-les-prix-nobel-d-economie-defavorables-a-la-lutte-contre-le-piratage.html">pourquoi il ne sert à rien de le combattre</a> &#8230;</span></li>
<li><span style="background-color: #ffffff;"><strong>La réalité du marché de la musique</strong> : la <a href="http://www.moovie.fr/index.php/2008/09/04/lindustrie-musicale-nest-pas-en-crise-les-cd-et-lalbum-le-sont/">non-adaptation des majors</a>, leur entêtement jusqu&#8217;au <a href="http://www.numerama.com/magazine/13957-l-industrie-du-disque-veut-toucher-des-royalties-sur-les-extraits-de-musique-d-itunes.html">ridicule</a>, l&#8217;inadaptation du système de collecte des droits d&#8217;auteurs, mais aussi les <a href="http://www2.culture.gouv.fr/culture/deps/2008/pdf/Cprospective07-1.pdf">perspectives alternatives du marché</a>&#8230;</span></li>
<li><span style="background-color: #ffffff;"><strong>La responsabilité des médias traditionnels</strong> dans toute cette affaire : leur propre incompréhension du sujet, <a href="http://merome.net/blog/index.php?post/2009/09/05/590-jeter-le-jt">leur non neutralité (malgré les apparences)</a>, leur complet <a href="http://owni.fr/2009/09/15/en-politique-et-dans-certains-medias-la-fracture-numerique-est-toujours-la/">décalage</a> avec ce qu&#8217;on peut lire sur les nouveaux médias, leur <a href="http://novovision.fr/?La-fin-des-journaux-et-l-avenir-de">crise actuelle</a> (qui n&#8217;est pas sans lien avec les points précédents)&#8230;</span></li>
<li><span style="background-color: #ffffff;"><strong>Le problème politique</strong> : <a href="http://www.dailymotion.com/relevance/search/députés+p2P/video/xahm3e_hadopi-le-retour-du-pire-du-pire_news">l&#8217;incompétence totale</a> des députés (à part quelques <a href="http://www.ecrans.fr/Nouvelle-traduction-Sans-titre,8320.html">exceptions</a>), pourquoi ils sont aussi <a href="http://fr.readwriteweb.com/2008/11/18/a-la-une/rapport-hadopi/">déterminés</a>, <a href="http://www.laquadrature.net/fr/hadopi-2-le-corsaire-sarkozy-demasque">l&#8217;influence des lobbies</a> sur eux &#8230;</span></li>
<li><span style="background-color: #ffffff;">etc&#8230;etc&#8230;</span></li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Et c&#8217;est d&#8217;autant plus difficile que <strong>l&#8217;on ne peut aborder ces points séparément</strong> ! <span style="background-color: #ffffff;">En effet, comme <a href="http://blog.tcrouzet.com/2009/09/18/piratons-et-donnons-pour-montrer-le-chemin/">Thierry Crouzet</a> l&#8217;explique sur l&#8217;exemple du piratage : <strong>tout est étroitement lié</strong> :</span></p>
<blockquote style="text-align: justify;"><p>&laquo;&nbsp;On comprend que le problème du piratage n’est pas un problème simple mais, au contraire, qu’il équivaut à une pique se trouvant au cœur du jeu de <span style="color: black;">Mikado</span>. <strong>Quand on la touche, tout bouge dans la société</strong>.&nbsp;&raquo;</p></blockquote>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est donc tout le système qu&#8217;il faut repenser&#8230; Mais combien sont prêts à faire cet effort intellectuel ?</p>
<p style="text-align: justify;">J&#8217;ai beau maitriser (à peu près) ces problématiques, il n&#8217;en reste pas moins difficile d&#8217;arriver à expliquer tout cela de manière claire et concise à quelqu&#8217;un qui n&#8217;en a jamais entendu parler avant&#8230; Bien sûr, cela va encore quand mon interlocuteur est vif d&#8217;esprit et ouvert à la discussion (prêt à faire des concessions), mais je dois bien admettre que dans la plupart des cas je me heurte soit à l&#8217;incompréhension de mon interlocuteur soit à mon incapacité à expliquer assez bien tout le barzingue  (soit encore tout simplement au manque de temps).</p>
<p style="text-align: justify;">Ces discussions sont même parfois complètement improductives car mon interlocuteur finit par se conforter dans ses préjugés (qui n&#8217;est autre qu&#8217;une solution de facilité après tout).</p>
<p style="text-align: justify;">Rassurez-vous, je ne suis pas pour autant sur le point d&#8217;abandonner : je continuerai aussi longtemps que nécessaire à expliquer tout cela <img src='http://www.tetedequenelle.fr/wp-includes/images/smilies/icon_smile.gif' alt=':)' class='wp-smiley' /> .</p>
<h2>Une difficulté qui soulève une grande crainte</h2>
<p style="text-align: justify;">En fait ma crainte se trouve bien plus profonde : m<span style="background-color: #ffffff;">es différentes expériences me plongent dans un grand doute : <strong>comment construire une société numérique avec un tel fossé entre les initiés d&#8217;internet dont je fais partie, et gens &laquo;&nbsp;normaux&nbsp;&raquo; ?</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="background-color: #ffffff;">J&#8217;ai bien peur que de nombreuses personnes loupent complètement le virage de la révolution numérique et restent sur le carreau de l&#8217;ère analogique&#8230; confirmant ainsi <a href="http://www.tetedequenelle.fr/2009/06/la-netocratie-nouvel-ordre-social-issu-dinternet/">la thèse de Alexander Bard et Jan Söderqvist</a>, lorsqu&#8217;ils prédisent l&#8217;apparition d&#8217;une nouvelle élite (les netocrates) vs une nouvelle sous-classe sociale (le consumtariat)&#8230;</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="background-color: #ffffff;"><strong>Autrement dit cette autre fracture numérique ne va-t-elle pas tuer dans l&#8217;oeuf le concept d&#8217;origine du 2.0 ? Ou plus exactement le 2.0 ne va-t-il pas uniquement profiter à une minorité de geeks et &laquo;&nbsp;social media addicts&nbsp;&raquo; plutot qu&#8217;à l&#8217;ensemble de la société ?</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="background-color: #ffffff;">Voilà des questions qui m&#8217;agitent profondémment, et je m&#8217;impatiente d&#8217;avoir votre avis sur le sujet <img src='http://www.tetedequenelle.fr/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';-)' class='wp-smiley' />  !</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="background-color: #ffffff;">&#8211; &#8212; &#8211;</span></p>
<p style="text-align: justify;">Voir aussi sur ce blog :</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.tetedequenelle.fr/2009/07/strategie-democratie-numerique/">Quelle stratégie pour la démocratie numérique ?</a></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.tetedequenelle.fr/2009/06/faire-entrer-internet-dans-les-regles/">Faire entrer internet dans les règles ?</a></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="background-color: #ffffff;">Et à lire ailleurs :</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="background-color: #ffffff;"><a href="http://owni.fr/2009/09/15/en-politique-et-dans-certains-medias-la-fracture-numerique-est-toujours-la/">En politique et dans certains médias, la fracture numérique est toujours là</a> &#8211; [Enikao]</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="background-color: #ffffff;"><a href="http://netsansdetour.blogspot.com/2009/09/les-experts-du-web-une-vision-enfantine.html">Les &laquo;&nbsp;experts&nbsp;&raquo; du web : une vision enfantine ou doctrinaire</a> &#8211; Net &amp; Sans détours</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="background-color: #ffffff;"><a href="http://fr.readwriteweb.com/2009/07/24/entrevues/candide-chez-les-politiques/">Candide chez les politiques</a> &#8211; RWW France</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="background-color: #ffffff;"><a href="http://fr.readwriteweb.com/2009/05/22/prospective/la-technologie-comme-ecosysteme/">La technologie comme écosystème</a> &#8211; RWW France (ajouté après <img src='http://www.tetedequenelle.fr/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';-)' class='wp-smiley' />  )</span></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Bac de philo : des internautes ont rendu leur copie</title>
		<link>http://www.tetedequenelle.fr/2009/06/bac-de-philo-des-internautes-ont-rendu-leur-copie/</link>
		<comments>http://www.tetedequenelle.fr/2009/06/bac-de-philo-des-internautes-ont-rendu-leur-copie/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 19 Jun 2009 17:56:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[échange]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie]]></category>

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		<description><![CDATA[Cette année, un des sujet du bac de philosophie était : &#171;&#160;Que gagne-t-on à échanger ?&#160;&#187; Ce sujet en a inspiré plus d&#8217;un sur la toile, et pour cause, internet est certainement le plus bel outil pour échanger toutes sortes de choses : objets, informations, idées, images, vidéos, musique, et j&#8217;en passe&#8230; Ainsi, les rédacteurs [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-medium wp-image-537" title="bac_philo" src="http://www.tetedequenelle.fr/wp-content/uploads/2009/06/3628720482_b3d6685b021-199x300.jpg" alt="bac_philo" width="179" height="270" />Cette année, un des sujet du bac de philosophie était : &laquo;&nbsp;<strong>Que gagne-t-on à échanger ?&nbsp;&raquo;</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ce sujet en a inspiré plus d&#8217;un sur la toile, et pour cause, internet est certainement le plus bel outil pour échanger toutes sortes de choses : objets, informations, idées, images, vidéos, musique, et j&#8217;en passe&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, les rédacteurs de 20minutes.fr et de PC Impact se sont amusés à rendre leur copie, avec certes, un peu de retard&#8230; Mais bon, le résultat est là : <a href="http://www.20minutes.fr/article/333527/Culture-La-dissertation-philo-hadopienne-de-20minutes-fr.php">un article</a> un peu bâclé, mais amusant sur 20minutes.fr (encore leur habitude <span style="text-decoration: line-through;">à la con</span> de tout faire ne 20 minutes, probablement <img src='http://www.tetedequenelle.fr/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';)' class='wp-smiley' />  ) mais surtout <a href="http://static.pcinpact.com/pdf/bac_philo_que_gagne_t_on_a_echanger_version_internautes.pdf">un joli PDF de 6 pages</a> pour <a href="http://www.pcinpact.com/actu/news/51519-baccalaureat-etudiant-echange-internet-internaute.htm">PCimpact</a>. Attardons-nous sur cette dernière, qui est assez intéressante. Je vous recommande de la lire, mais au cas où vous n&#8217;auriez pas le temps de le faire, en voici les &laquo;&nbsp;perles&nbsp;&raquo;, comme on dit dans ces cas là <img src='http://www.tetedequenelle.fr/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';-)' class='wp-smiley' />  .</p>
<h4 style="text-align: justify;">Introduction</h4>
<p style="text-align: justify;">
<blockquote style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">« Un premier mail d’avertissement, suivi d’un courrier recommandé et enfin la coupure de la connexion Internet ! » Telle serait la réponse probable de C. Albanel, agrégée de lettres modernes, actuelle ministre de la Culture et de la Communication&#8230;</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">LOL <img src='http://www.tetedequenelle.fr/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';)' class='wp-smiley' /> </p>
<p style="text-align: justify;">
<h4 style="text-align: justify;"><strong>L’échange informationnel : vecteur des libertés fondamentales  d’expression, de communication et d’information</strong></h4>
<blockquote style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="font-weight: normal;">L’échange est au centre de la diffusion et de l’accès à la connaissance. [...] C’est grâce à l’échange que, civilisation après civilisation, l’Homme a pu acquérir un grand nombre de connaissances et les faire perdurer dans le temps. Le dialogue comme moyen d’échange présente cependant deux inconvénients : il nécessite d’avoir la personne face à soi et, surtout, il ne permet pas à la connaissance de perdurer, l’Homme ayant une durée de vie moyenne bien inférieure à celle du papier par exemple, ou, à l’heure actuelle, des médias numériques.</span></strong></p>
</blockquote>
<blockquote style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>La libération des échanges sur les réseaux pourrait désormais permettre d’atteindre l’idéal cher à des générations de philosophes depuis l’Antiquité</strong>, celui de l’accès pour tous et sans entrave à la somme des connaissances humaines : la bibliothèque universelle ! L’encyclopédie en ligne Wikipédia, collaborative, multilingue, librement diffusable, en est sans nul doute une étape majeure.</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Que dire de plus ?</p>
<h4 style="text-align: justify;"><strong>L’échange symétrique et équivalent sur Internet, pilier fondateur d’une démocratie 2.0</strong></h4>
<blockquote style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>On passe du modèle de la diffusion unidirectionnelle, privilège d’une élite intellectuelle</strong>, d’une aristocratie savante, de diffuseurs monopolisateurs s’adressant aux masses passives, comme par exemple le cours magistral de philo avec un prof omnipotent et omniscient qui s’adresse à des élèves réceptifs (?) et scribouillards, <strong>au modèle du ’pair-à-pair’, à un système d’échanges équivalents bi-directionnels, où tout un chacun participe, en apportant ses expériences et connaissances, selon ses compétences</strong>.</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Nota bene : le document a été co-rédigé en temps réel grâce à un éditeur de texte collaboratif, et est, de surcroit sous <a href="http://www.tetedequenelle.fr/2009/06/pourquoi-bloguer-sous-licence-creative-common/">licence creative common</a>. Un bon exemple pour illustrer ce propos <img src='http://www.tetedequenelle.fr/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';-)' class='wp-smiley' /> .</p>
<blockquote style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>L’infrastructure des réseaux décentralisés est un moyen efficace de passer outre la censure des régimes totalitaires.</strong></p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Les exemples récents de la <a href="http://www.ecrans.fr/Les-blogueurs-tissent-leur-Toile,7358.html">Chine</a> et de <a href="http://fr.readwriteweb.com/2009/06/16/nouveautes/twitter-au-coeur-de-linsurection-iranienne/">l&#8217;Iran </a>nous le montrent bien <img src='http://www.tetedequenelle.fr/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';)' class='wp-smiley' />  .</p>
<blockquote><p>« Les intellectuels sont portés au totalitarisme bien plus que les gens ordinaires. » George Orwell.</p></blockquote>
<p>Hmm &#8230; A méditer</p>
<h4><strong>De la nécessité de garantir des principes généraux et des droits individuels dans une société hyper-communicante</strong></h4>
<blockquote style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">L’individu comme la collectivité gagnent beaucoup en liberté dans le partage quasi-illimité des opinions et des données, mais cette liberté se heurte à de puissants intérêts particuliers, ainsi qu’à des droits individuels tout aussi fondamentaux. <strong>Notre société se doit donc de garantir par la loi les principes qui sous-tendent cette liberté, ainsi que lui imposer des limites raisonnées</strong>.</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">En vrac : respect de la vie privée, neutralité du réseau, droit à l&#8217;anonymat, droit à l&#8217;oubli, adaptation du droit d&#8217;auteur &#8230;</p>
<h4>Conclusion</h4>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">Grâce aux réseaux numériques, l’échange généralisé devient constitutif de nos vies quotidiennes, sentimentales, intellectuelles, professionnelles et citoyennes.</p>
<p style="text-align: justify;">S’y opposer serait tourner le dos aux innombrables nobles gains pour l’individu, la collectivité, l’humanité !</p>
<p style="text-align: justify;">(&#8230;)</p>
<p>Victor Hugo, écrivain et libre-penseur emblématique de la société des échanges mondialisés du XIXe siècle, nous éclairait de la maxime suivante :</p>
<p><strong>« On résiste à l’invasion des armées ; on ne résiste pas à l’invasion des idées. »</strong></p></blockquote>
<p style="text-align: justify;">Puisque certains se permettent de rendre leur copie alors qu&#8217;on ne leur a rien demandé, moi, je me permet de noter cette copie (ça tombe bien, il parait que <a href="http://www.20minutes.fr/article/333453/A-la-Une-A-Lille-seulement-deux-tiers-des-copies-de-philo-seront-corrigees.php">les correcteurs ont besoin de renforts</a>&#8230; ). Allez, je vous mets un joli petit 17/20 <img src='http://www.tetedequenelle.fr/wp-includes/images/smilies/icon_smile.gif' alt=':)' class='wp-smiley' />  .</p>
<p style="text-align: justify;">- &#8211; -</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Crédit photo : <a style="text-decoration: none;" href="http://www.flickr.com/photos/baptistefranchina/">b.franchina</a></em></p>
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		<title>La netocratie, nouvel ordre social issu d&#8217;internet ?</title>
		<link>http://www.tetedequenelle.fr/2009/06/la-netocratie-nouvel-ordre-social-issu-dinternet/</link>
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		<pubDate>Mon, 15 Jun 2009 10:18:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[blogosphère]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[nation]]></category>
		<category><![CDATA[netocratie]]></category>
		<category><![CDATA[Révolution numérique]]></category>

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		<description><![CDATA[Web 2.0, collaboration, économie du partage, peer to peer ... et si tout cela ne changeait rien au fond ? Et si, au lieu de libérer les populations du poids d'une oligarchie capitaliste, internet n'allait que remplace une élite par une autre encore plus puissante encore ? C'est en tout cas la thèse de Jan Soderqvist, journaliste et Alexander Bard, sociologue, qui démontrent magistralement comme le web est lentement en train d'être accaparé par une nouvelle classe dominante : les netocrates.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">J&#8217;ai déjà tenté d&#8217;expliquer <a href="http://www.tetedequenelle.fr/2009/06/faire-entrer-internet-dans-les-regles/">ici</a> et <a href="http://www.tetedequenelle.fr/2009/05/a-laube-de-la-revolution-numerique/">là</a> pourquoi internet est une révolution, mais je crois que cette vidéo le fait au moins aussi bien que moi. Sans plus attendre, regardez donc Alexander Bard et Jan Söderqvist expliquer ce que sont les <strong>netocrates</strong>, une nouvelle classe de la société :</p>
<div style="text-align: justify;"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="480" height="377" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="data" value="http://www.dailymotion.com/swf/x5971u_les-auteurs-des-netocrates-sur-fran_tech&amp;related=1" /><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.dailymotion.com/swf/x5971u_les-auteurs-des-netocrates-sur-fran_tech&amp;related=1" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="480" height="377" src="http://www.dailymotion.com/swf/x5971u_les-auteurs-des-netocrates-sur-fran_tech&amp;related=1" data="http://www.dailymotion.com/swf/x5971u_les-auteurs-des-netocrates-sur-fran_tech&amp;related=1" allowfullscreen="true" allowscriptaccess="always"></embed></object></div>
<div style="text-align: justify;">En résumé :</div>
<div style="text-align: justify;">
<ul>
<li>Les nouveaux influenceurs sont ceux qui maitrisent les nouvelles technologies (les médias sociaux notamment) &#8211;&gt; <strong>Une nouvelle élite est ainsi en train d&#8217;apparaitre</strong> (les netocrates).</li>
<li>Ceux qui utilisent très peu leur pouvoir d&#8217;influence, se fondent dans des identités prédéfinies sont en situation d&#8217;infériorité &#8211;&gt; apparition d&#8217;une <strong>nouvelle classe inférieure, le consumtariat</strong>.</li>
<li>Internet n&#8217;est pas que virtuel : avec les réseaux sociaux, tout se rattache finalement à la réalité. La distinction entre réel et virtuel devient plus floue.</li>
<li>Internet est en train de renverser le schéma classique du capitalisme : sa hiérarchie <em>one to many</em>.</li>
</ul>
</div>
<p>Enfin bref, internet amènerait de nombreux et profonds changement sociétaux&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Je n&#8217;ai pas lu ce livre (<a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2756101184?ie=UTF8&amp;tag=tetedequenell-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=6746&amp;creativeASIN=2756101184">Les nétocrates : Une nouvelle élite pour l&#8217;après-capitalisme</a><img style="border: none !important; margin: 0px !important;" src="http://www.assoc-amazon.fr/e/ir?t=tetedequenell-21&amp;l=as2&amp;o=8&amp;a=2756101184" border="0" alt="" width="1" height="1" />), mais cette vidéo me met l&#8217;eau à la bouche&#8230; Je verrai quand j&#8217;aurai fini <em>What would Google Do ?</em> de Jeff Jarvis si j&#8217;ai le temps de m&#8217;y mettre <img src='http://www.tetedequenelle.fr/wp-includes/images/smilies/icon_smile.gif' alt=':)' class='wp-smiley' />  .</p>
<p style="text-align: justify;">En attendant, je vous propose un début de réflexion. <strong>Croyez-vous à cette théorie de la netocratie ? Comment devenir netocrate selon vous ? Qui sont les netocrates français ? Pensez-vous qu&#8217;un nouvel ordre social né d&#8217;internet va renverser le capitalisme ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Je vous propose de commencer à en discuter ici. D&#8217;autres billets complèteront probablement cette amorce de réflexion.</p>
<p>&nbsp;</p>
<hr />
<p>&nbsp;</p>
<p>A lire ailleurs :</p>
<div style="text-align: justify;"><a href="http://standblog.org/blog/post/2008/02/03/A-propos-de-Netocratie">Interview d&#8217;un netocrate</a> &#8211; Tristan Nitot</div>
<div style="text-align: justify;"><a href="http://mutagenes.over-blog.net/article-7060652.html">Une armée de netocrates</a> &#8211; Mutagènes.net</div>
<div style="text-align: justify;"><a href="http://lamutationestenmarche.blogspot.com/2008/09/mais-oukison-les-netocrates.html">Mais oukison les netocrates ?</a> &#8211; Peggy Sastre</div>
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