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Réinventer le système monétaire par le dividende universel

2011 avril 29
"Banker + Ganster= Bankster. Caution."

Pour prolonger les débuts de réflexion que j’effleurais dans plusieurs de mes derniers articles Pourquoi le système financier est un château de cartesPour un retour de la « finance utile », ainsi que  dans 10 (mauvaises) raisons de ne pas croire au revenu de vie, je vous propose aujourd’hui de réfléchir à ce qui pourrait être un système monétaire optimal.

Commençons par un petit retour en arrière sur un de mes articles précédents, que je concluais en écrivant :

le système financier et monétaire n’est qu’un château de carte dont la dette est la clé de voute.

En substance, il faut comprendre que la très grande majorité de la monnaie en circulation l’est sous forme de dette. Les banques, grâce à leur pouvoir d’effet de levier, multiplient la disponibilité de la monnaie, de manière à octroyer des crédits aux autres acteurs de l’économie : états, entreprises, ménages. De sorte que si l’on désendette l’économie, cela revient à diminuer la quantité de monnaie, et donc provoquer une déflation.

Il faut également bien comprendre le rôle des banques dans l’économie : loin d’être les garantes d’une bonne allocation des ressources financière dans l’économie, elles jouissent d’un accès monopolistique à la monnaie (car contrairement aux états, elles peuvent emprunter quasi-gratuitement auprès de la BCE et ensuite reprêter cet argent plus cher) qui leur permet d’être in fine au centre de tous les flux monétaire et de prélever leur dîme au passage. La nature de ce système centralisateur provoque en partie les déséquilibres que l’on connait : asphyxie des PME, spéculation, crashs boursier etc etc.

Note de contexte : la faillite est imminente

La « crise des dettes souveraines » place actuellement à la croisée des chemins de ces questions. Les états européens, en s’interdissant de s’endetter directement auprès de la Banque Centrale, affrontent les volontés capricieuses des marchés financiers qui rechignent à prêter aux états car ils doutent de la solvabilité de ceux-ci. La Grèce fut le premier pays touché par cette crise. Ses comptes publics – falsifiés depuis des années – ont révélé un trou financier énorme qui a naturellement suscité les inquiétudes du marché, qui force la Grèce à s’endetter pour des taux très chers. L’Europe (et le FMI) a finalement décidé d’intervenir pour aider le pays, mais la situation est loin d’être résolue. Le pays devra absolument parvenir à réaliser des excédents budgétaires de plus de 10% dans les prochaines années pour rembourser sa dette. Même le FMI le reconnait aujourd’hui : la dette de la Grèce est insoutenable.

En plus des états, les banques commerciales sortent difficilement la tête de l’eau suite à la crise des subprimes de 2008. Malgré leur renflouement massif par les états européens, les banques restent assez fragilisées, et la mise en place de nouvelles contraintes (suite aux accords dits de Bâle III) ou de stress-tests (test de résistance des banques) suscitent les inquiétudes chroniques de la presse spécialisée. Le secteur bancaire de l’Irlande est dans un état particulièrement désastreux : les détenteurs de comptes en Irlande n’ayant plus confiance dans la capacité des banques irlandaises à leur restituer leurs avoirs, ceux qui le peuvent ont massivement rapatrié leurs actifs à l’étranger. Du coup, la banque centrale d’Irlande a du prêter en urgence près de 70 milliards d’euros de liquidités à ses banques pour éviter la faillite. Et ce en plus du plan de sauvetage de l’UE via le FESF et le FMI de 85 milliards d’euros qui se met en place progressivement. Des inquiétudes sont également très présentes en ce qui concerne les banques espagnoles, grecques, et même allemandes…

On le voit bien, des mesures exceptionnelles sont actuellement mises en œuvre pour éviter le crash du système. Et si les dégâts purement financiers ne sont pas encore observables encore à l’œil nu de la presse officielle, les craquelure sociales, elles, se font déjà entendre.

La clé du problème est donc à mon sens de parvenir à désendetter l’économie sans provoquer de déflation, et de redéfinir le rôle des banques dans le système de manière à ne pas recréer le phénomène de “trou noir monétaire” que l’on constate aujourd’hui. Par ailleurs, compte tenu des très faibles perspectives de croissance et de retour d’une balance commerciale positive, notre objectif sera de parvenir à trouver les paramètre d’un système résilient, qui puisse supporter – sans s’effondrer – les aléas de la croissance et des échanges mondiaux. Enfin, tâchons autant que faire se peut, de trouver une solution durable au problème des déficits publics…

Nous verrons dans un premier temps les solutions prônées actuellement par les oligarches qui nous gouvernent, puis les vrais propositions qui redéfiniraient vraiment la nature du système.

La « solution » européenne ou l’enfouissement des dettes sous le tapis

Il est évidemment exagéré de parler aujourd’hui de « solution européenne » étant donné le pitoyable chaos qui règne au sein des institutions européennes et du FMI. Les représentants de l’Union Européenne ne font que tâtonner à la recherche de cash frais et pas trop cher tout en ne cassant pas les œufs de la maigre croissance qui lui reste.

Globalement, on peut résumer le « plan » de l’Union Européenne de la manière suivante : puisque les marchés ne veulent plus prêter directement à l’Etat, on va permettre à l’UE de s’endetter elle-même pour reprêter ensuite aux états, ceci par l’intermédiaire d’un fonds (le FESF) garanti par les états membres et le FMI qui emprunte sur les marchés pour prêter ensuite directement aux états membre le demandant. Mais il y a bien sur une contrepartie à cette « aide » : c’est la mise en place de mesure drastiques dites d’« austérité » pour réduire le déficit publique. C’est ainsi que la Grèce est en train de faire démanteler les propriétés de l’État, réduit les salaires des fonctionnaires et gèle les prestations sociales pour dégager des liquidités.

Disons le tout net : cette « solution » est un enfumage total. En gros, pour soulager des pays en déficit chronique, on va permettre à ceux-ci de s’endetter encore plus, à un taux (un peu) plus faible ! Et tandis que l’on accepte de prêter aux banques à des taux hyper favorables (~1%), dans le même temps les petites entreprises, elles, doivent payer 4% au moins pour obtenir de simples apports en trésorerie. Ce qui est totalement injuste, car la solvabilité financière de certaines banques est aujourd’hui beaucoup plus incertaine que l’artisan du coin dont la valeur ajoutée est tangible !

En refilant le bébé de la dette à des acteurs plus « solide » (le FESF, la BCE, le FMI), on n’en réduit moins le poids, qui retombera tôt ou tard sur le dos des citoyens qui sont déjà bien accablés par la paupérisation latente depuis des dernières décennies. Il faudra toujours et inexorablement rembourser la dette, ou alors continuer à la rembourser en s’endettant davantage. Et ainsi, les nouvelles générations paieront pour leurs aînés. On cache la dette sous le tapis en attendant que la M. Propre vienne faire le ménage. Sauf que M. Propre ici, ce sont les ménages …

La « solution » des USA : l’endettement monétisé de la FED

Les Etats-Unis ont une situation des comptes publiques similaire à la notre (voire pire). Mais contrairement aux traités européens, leur banque centrale, la FED, peut allègrement créer de la monnaie pour refinancer l’économie, privée ou publique. Possibilité dont elle abuse d’ailleurs volontiers en pratiquant ce que l’on appelle dans le jargon « quantitative easing » : elle crée de la monnaie scripturale pour prêter aux acteurs. Elle l’a notamment fait en 2008 pour éviter l’effet domino après la faillite de la banque d’affaires Lehman Brothers, mais elle continue encore de le faire massivement aujourd’hui, y compris pour financer le budget fédéral des États-Unis.

Jusqu’ici, on pourrait assimiler l’action de la FED à l’« enfouissement sous le tapis » pratiqué en Europe : la FED ne faisant que supporter temporairement le poids d’une dette, qu’elle paiera cher plus tard. Il est d’ailleurs souvent dit et répété que les USA sont à la botte de la Chine qui achète ses bons du trésor. Que du jour au lendemain, elle se retrouvera à poil lorsque la Chine aura mieux à faire de son argent. Mais cela va plus loin.

En exagérant un peu, dire que les Etats Unis se fichent pas mal de leur déficit vu que les statuts de la FED lui permet de « monétiser » si elle le veut sa dette (= financer par création monétaire). La FED fait ainsi croitre la masse monétaire de manière à alimenter l’économie, ce qui n’est bien sur pas sans risque inflationniste (à relativiser cependant) ! Mais au moins la croissance tient le coup : à coup de renflouements chroniques de son secteur bancaire par le quantitative easing, elle permet au surendettement général de continuer : les entreprises et ménages sous perfusion de crédits, continuent de consommer, tandis que l’Etat central peut continuer à financer ses déficits, grâce à la bienveillance de la FED et de la complicité des banques commerciales (notamment les “primary dealers” – ces banques contractuellement engagées avec la FED pour aider les émissions de bonds du trésor américain en échange d’aide de la FED).

Mais l’inconvénient de cette solution demeure toujours l’inflation et l’inefficacité du secteur public ! Avec un tel système, l’inflation devient l’équivalent d’un impôt qui taxe tous les consommateurs c’est à dire tout le monde. De plus, les facilités de refinancement de la FED entretiennent le laxisme des politiques sur la question des comptes publics. C’est un système qui peut à la limite fonctionner si la population est docile comme au Japon (dont la dette est majoritairement détenue par des investisseurs japonais). Aux Etats-Unis ça va encore que la fiscalité américaine n’est pas aussi honteusement injuste que la notre (mais bon, ils n’ont pas notre sécu :) ). En revanche, si l’on appliquait ce raisonnement à notre modèle français anti-social, ce serait une véritable catastrophe : les classes moyennes et inférieures se verraient doublement taxées : en premier lieu par l’inflation, et puis ensuite par le très injuste système fiscal français qui est non seulement régressif mais détruit les classes moyennes de la société française. Un désastre social prévisible.

Bref, nous voyons bien jusque là que les modèles actuels dominants sont loin d’être satisfaisants : l’Europe va droit au mur, tandis que celui de la FED permet juste de prolonger le statu quo un peu plus longtemps, sans aide extérieure (et encore, les événements récents tendent à montrer une dégradation de la situation). Et dans tous les cas, les citoyens de base se prennent tout dans la gueule…

Vers une création monétaire centrale contrôlée ?

Nous, l’avons vu, le modèle de création monétaire américain, en se permettant de créer massivement de la monnaie centrale, a passé un cap idéologique que l’Europe s’interdit en raison du complexe allemand sur la question. Certains en Europe veulent déjà sortir de l’euro justement pour reprendre le contrôle de leur souveraineté monétaire. Et comme je l’avais expliqué sur ce blog, ils ont en partie raison, même s’ils se trompent sur la faculté de la France a retrouver une croissance et des exportations perdues (nous y reviendrons).

Nous n’avons pas le choix : il faut faire bouger les allemands (et l’Europe) sur cette question. Ce n’est pas impossible à mes yeux si nous parvenons à leur proposer un système intermédiaire entre la rigueur monétaire allemande et le pragmatisme à l’américain ! Dans cet esprit de compromis, je faisais il y a quelques temps allusion à une idée qui me semble acceptable dans le cadre actuel européen :

[quid d'] un système de financement des investissements à l’échelle européenne (tiens, pourquoi pas dans le cadre de la Banque européenne d’investissement?) sous tutelle de la BCE. Celle-ci se chargerait de coordonner et de financer les investissements par création monétaire (ou plus précisément, par de la « monnaie de crédit » créée ex nihilo) qui serait par la suite remboursée ou non suivant l’évolution du PIB. Ce système se ferait bien sur en contrepartie d’une baisse de l’effet de levier des banques commerciales, de manière à contrôler la masse monétaire globale en circulation, et de la corréler à la création effective de richesses. Cela permettrait même d’avoir une politique monétaire davantage adaptée à chaque pays (par le choix stratégique des investissements) que le système actuel dans lequel la BCE ne contrôle que très vaguement la masse monétaire globale via la variation de son taux d’intérêt directeur.

De cette manière, l’Europe pourrait même potentiellement relancer sa compétitivité par des investissements clés dans des secteurs économiques et des espaces géographiques stratégiques. Une politique de grands travaux, en quelque sorte… Nous soutiendrions ainsi l’activité et donc sauverions certains emplois (même si ce n’est pas gagné en France !). Nous pourrions même mettre en œuvre les plans d’austérité nécessaires pour le rééquilibre des comptes publics, dans la mesure où ces plans s’accompagneraient d’une politique de relance par l’investissement (chose inespérée à l’heure actuelle).

Il (me) semble évident que cette idée va dans le bon sens, et ce n’est d’ailleurs surement pas un hasard si Nicolas Hulot et le parti de gauche font des propositions similaires.

Mais cela ne résout pas encore tous les problèmes. N’oublions pas le rôle des banques privées. Avec cette proposition, les banques continueraient de créer massivement de la “monnaie-dette” qu’il faudra rembourser… avec intérêt.

Méfions-nous toujours de cet intérêt, qui, on a tendance à l’oublier, peut atteindre selon le taux, 50% voire plus du montant du capital emprunté ! Bien que l’on puisse admettre que l’argent ait un cout qui justifie l’intérêt, n’oublions pas non plus de prendre du recul : d’où vient l’argent qui permet de payer les intérêts ? Si 90% de la monnaie en circulation est de la dette contractée à disons 4%, comment rembourser si nous n’avons que 2% de croissance ?

Une conclusion s’impose : si l’on veut éviter des faillites massives de ménages comme lors de la crise des subprimes aux USA, et si l’on veut éviter de retomber dans le piège du paiement de la dette par de la dette, il faut que de l’argent supplémentaire soit injecté dans le système.

Or, précisons ici que la quantité de création de monnaie centrale ne doit pas être définie de manière laxiste sous peine de générer de la nouvelle monnaie sans contrepartie de création de valeur dans l’économie (ce qui impliquerait de l’inflation). En fait, pour limiter l’inflation, l’évolution création monétaire doit être corrélée à l’évolution de la richesse du pays (le PIB).

Dès lors, on comprend que l’idée de créer de la monnaie par l’intermédiaire d’une structure centralisée n’aboutit pas à un système monétaire résilient car le risque de financer des investissements inutiles est important.

Prenant acte de cette nouvelle analyse, de la nécessité de maintenir une croissance contrôlée de la masse monétaire tout en modifiant structurellement le poids des banques privées dans l’économie, la seule solution qui me semble viable est celle du dividende universel (ou crédit social) tel que proposé par Stéphane Laborde.

Pour un véritable système monétaire 2.0 : le dividende universel

J’en parlais déjà il y a un an, et ce n’est rien de dire que l’idée a fait du chemin dans ma tête ;) . Le dividende universel est un prolongement de la solution précédemment citée, sauf que plutôt que de ne financer uniquement des investissements publics, on reverserait ici à chaque citoyen une part de la création monétaire. Selon les calculs de Stéphane, ce revenu serait d’environ 400 euros par personne et par mois. Ainsi, de la même manière que des actionnaires perçoivent une portion du résultat net d’une entreprise (le dividende), les citoyens de la zone euros percevraient un « dividende » sur la production de richesse globale de la zone économique à laquelle ils participent par leur activité.

Le concept désormais présenté, étudions-en les conséquences, au delà des vertus sociales vantées par les promoteurs de ce revenu minimum universel garanti. (relire mon dernier article si nécessaire)

Tout d’abord, nous aurions l’outil ultime, simple et efficace, pour contrôler la masse monétaire de la zone euro. Alors que la FED galère avec ses quantitative easing, et que la proposition d’un « fonds européens d’investissement monétisé » nécessite une gestion extrêmement habile, le dividende universel permet de piloter de manière très fiable le flux monétaire puisque celui-ci circule vers tous les citoyens.

C’est comme pour arroser un champ : vous pouvez y aller au karcher (comme les banques commerciales actuellement), au jet d’eau approximatif (comme le fait la FED), à l’arrosoir, avec un système d’investissement européen monétisé (efficace ponctuellement mais couteux en énergie / pas viable à grande échelle), mais le meilleur moyen, ça reste le réseau d’irrigation au goutte à goutte : le dividende universel !

Le dividende universel permet de gérer au mieux la crise économique qui nous pend au nez : une récession économique accompagnée d’une inflation (ou déflation, au choix…) ainsi que la faillite des banques qui nous tombera sur le coin de la figure quand la Grèce, l’Irlande, le Portugal et l’Espagne feront défaut sur leur dette (détenue par les banques françaises, allemandes…).

En offrant un matelas social garanti à ses citoyens, la perspective d’une décroissance et d’absence de plein emploi deviennent supportables, puisque tout le monde peut choisir de ne pas travailler, et qu’il n’y a plus besoin de plus de richesses pour rembourser les intérêts de la dette.

Enfin, le dividende universel serait l’outil clé pour (enfin) mener à bien une réforme de l’État et de sa sphère d’intervention. En se substituant à un certain nombre de prestations sociales actuelles, l’équilibre des finances publiques de l’État en serait grandement améliorée. Dans un premier temps, rien que les 400€ du dividende universel permettraient de remplacer en grande partie les allocations chômage et retraite. Dans un second temps, rien ne nous interdit de compléter ce dividende universel par d’autres revenus issus de la redistribution des richesses pour former un vrai revenu universel (ou allocation universelle) tel que le prônent depuis longtemps certains intellectuels. Ainsi, en augmentant le dividende universel à, disons 700€, nous pourrions remplacer intégralement d’autres prestations sociales encore : CAF, allocations familiales, prime de rentrée, et j’en passe…

Notez aussi, au passage, qu’un tel système permettrait de diminuer significativement la spéculation dont sont en partie responsables les fonds de pension privés comme publics, puisque l’assurance vieillesse serait en partie prise en charge dans le dividende universel…

Ne soyons néanmoins pas naïf, dans tous les cas, nous aurons toujours une montagne de dettes à rembourser et des banques au bord de la faillite si nous ne les soutenons pas… Nous y reviendrons… D’ici là, j’attends vos réactions…

 


Photos flickr CC CityGypsy11 ; David Trainer ; Tim & Selena Middletown

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10 Responses leave one →
  1. avril 29, 2011

    Ben écoutes, c’est de la balle :) (c’est ma réaction).

    J’peux poser des questions cons et compliquées? (je le fais) :
    Qu’est ce qui empêche de pas rembourser la dette ? (a part que les détenteurs seraient pas contents, que les banques non plus, les bourses, et l’europe voudraient pas…(parce que quelque part on s’en fout un peu non, pi ils y perdraient eux, mais l’ensemble de la population y gagnerait, alors…(je sais pas moi)))
    Ce serait mieux non de pas autoriser les banques à créer de la monnaie et de laisser la création sous forme de dividende? (même objections mises à part (on pourrait pas passer outre?), ce serait pas plus valable?)
    Et les banques, pour leur éviter la faillite, c’est trop brutal de toutes les nationaliser?
    (j’t'avoue je sais pas trop moi, j’ai des tendances brutales je sais, mais bon (de toutes manières c’est pas le chemin que ca prend, mais en théorie quoi))

  2. Thibaut permalink
    avril 29, 2011

    Bha… Franchement je pense que la meilleure solution reste d’orienter notre économie vers le luxe. Avec quelques grands banquiers qui gagnent de l’argent à ne plus savoir quoi en faire au sein d’un système complètement truqués tandis que les gens gagneront juste de quoi subsister en construisant leurs Ferraris.

    Au moins il y aura du rêve pour tout le monde. S’imaginer au volant d’un bagnole de course à 300 à l’heure sur un autoroute déserte, les doigts chargés de chevalières en écoutant Vivaldi à pleines balles… Bien qu’en réalité crevant la dalle dans un quartier pourris N’est-ce pas là le rêve de chaque citoyen ? Notre accès trop facile au confort nous rends paresseux et on ne sait plus vers quoi se tendre. Il est temps d’y remédier.

    Alternativement on pourrait s’amuser à créer une bulle spéculative géante sur, par exemple, le PMU, La TV et la bière, la faire grossir, grossir, jusqu’à ce qu’un vent de panique souffle sur la finance et qu’elle éclate, gelant tous les investissements dans le monde pendant des décennies. Les anciens pays riches entreront en guerre contre ceux qui étaient en train de le devenir ce qui d’un coup fera table rase de tous les systèmes existants. Nous vivrons dans des dictatures militaires où les femmes travaillerons à produire de l’uranium appauvris, les hommes se feront rares tandis que les ingénieurs mettront toute leur énergie pour inventer des drones de combat pour les remplacer. Avec un peu de chance on finira par en avoir marre de vivre dans des bunkers, il faudra tout reconstruire et nos petits enfants pourront savourer 60 nouvelles années de croissance dans « un système financier imparfait mais on a pas trouvé mieux » avant de se retrouver à leur tour les mêmes problèmes que nous à cette époque.

    A moins qu’une astéroïde géante vienne frapper la terre en 2012, réduisant l’humanité à néant… Franchement, je ne vois vraiment pas pourquoi il faudrait s’embêter à essayer d’améliorer la finance ni même la « mettre au service de l’homme » (quelle idée!). Bon ok, au train où vont les choses on va se taper une crise économique de 4 ans tous les 5 ans, paralyser les avancées scientifiques et voir passer quelques révoltes sociales. Pas de quoi fouetter un financier…

  3. avril 29, 2011

    Excellent encore ! Je n’ai rien à rajouter, c’est parfaitement dit et expliqué. C’est exactement ainsi qu’il convient d’expliquer la dimension monétaire du Dividende Universel.

  4. avril 30, 2011

    Je me permettrais de souligner le caractère éminemment rassurant et libérateur du Dividende Universel, qui inciterait chacun, non pas à travailler plus, mais à travailler mieux. Non pas à se soumettre par réflexe de survie aux diktats du marché de l’emploi, mais au contraire à pouvoir envisager de s’en libérer afin de choisir en toute liberté une activité personnelle et épanouissante.

  5. avril 30, 2011

    @toto

    Qu’est ce qui empêche de pas rembourser la dette ?

    Tu l’as dit : le fait que les banques (notamment françaises et allemandes) détiennent les bons du trésor des PIGS fait craindre – à juste titre – un effet domino conduisant à la faillite totale du système financier.

    Plus concrètement, c’est à mon avis principalement la BCE qui fait blocage. L’ancien PM du gouvernement irlandais a récemment déclaré que c’est la BCE qui avait forcé l’Irlande à recourir à un plan de sauvetage en novembre 2010. Or, comme par hasard, les banques allemandes sont exposés aux banques irlandaises à hauteur de +110 milliards d’euros (!) …

    Le fait que la BCE soit « indépendante » alors qu’elle a un pouvoir de décision et d’intervention énorme n’arrange rien.

    On va néanmoins irrémédiablement vers ce scénario. Et d’un certain coté, même si c’est la meilleure des options, c’est tout de même assez flippant. Car avant de tout détruire, il faudrait quand même savoir par quoi on remplace le système. Or les politiques n’en ont manifestement aucune idée.

    Et les banques, pour leur éviter la faillite, c’est trop brutal de toutes les nationaliser?

    C’est de toute façon la seule chose que nous sachions faire ! A chaque crise financière, quelques banques finissent par être nationalisées. Mais pour en faire quoi après ? Bien souvent, l’organigramme de ces banques restent inchangées : on vire le PDG et quelques autres, mais tout le middle-management, les process internes, restent en place. Le seul avantage -et encore- c’est que les bénéfices reviennent à l’état.

    Bref, la nationalisation peut être, à court terme et à défaut d’autre solution, un bon moyen d’éviter l’effondrement total du système, mais à mon avis, ce qui importe avant tout, c’est de redéfinir les règles monétaires auxquelles les banques se soumettent.

    Car si c’est pour finir comme l’Irlande à renflouer des banques zombies tous les 3 mois avec l’argent des contribuables, franchement …

    Ce serait mieux non de pas autoriser les banques à créer de la monnaie et de laisser la création sous forme de dividende?

    Pas sur d’avoir compris ta question là ! :o

  6. Clément permalink
    avril 30, 2011

    Qu’est ce qui empêche de ne pas rembourser la Dette?

    Stan tu dis que c’est la BCE? Mais enfin, ouvre les yeux! Quand tu empruntes de l’argent à quelqu’un, tu le rends ensuite! C’est une question de justice! Sauf que tu es incapable de voir que derrières les fonds de placement ou les banques qui détiennent la dette, il y a des comptes en banque, il y a l’épargne des gens. Et si tu arrête de payer la dette, tu détruit le patrimoine des gens qui t’on prêté et t’ont fait confiance.

    C’est aberrant de dire que la BCE parce qu’elle est indépendante oblige les gentils états à garantir leurs dettes: tu imagines les remous que ça ferait si un pays comme la France faisait défaut? Que diraient les créancier étranger si leur placement partait en fumée! Et les nationaux? Seraient ils contents de voir flamber une partie de leur retraite? Ca n’est pas si simple!

  7. avril 30, 2011

    Je n’ai jamais dit que c’était simple, mais ton raisonnement est aussi très simpliste : tu omets ou feints de ne pas comprendre que cette dette est illégitime. Que tout cet argent qui sont sur nos dépôts servent de garanties aux banques pour créer de la fausse monnaie. Tout découle de là, et toi au nom du saint principe qu’« il faut rembourser », tu est prêt à mettre en péril la démocratie… c’est absurde.

    Enfin, tu semble ignorer que, quoique je dise, que tu sois d’accord ou non, que la Grèce est de toute façon en train de se préparer à un défaut sur sa dette (probablement cet été, pendant que les traders sont en vacances…). L’engrenage est déjà activé. Il est donc plus opportun aujourd’hui de réfléchir à comment on va faire après plutôt que de crier sous tous les toits qu’il ne faut pas que ça arrive.

    Bref, tu agites des craintes légitimes, mais au final ton raisonnement ne fait que conforter le statu quo, c’est à dire l’esclavagisme monétaire.

    Je ferai un prochain post pour essayer de défricher les mécanismes de transition possible. En attendant, tu peux profiter de ton WE pour lire cet article de F. Lordon qui propose une voie intéressante (pas sûr d’adhérer sur tout, mais c’est une riche réflexion)

    Les fourmis seront bien dépourvues quand les cygnes noirs sortiront du bois…

  8. avril 30, 2011

    Pour aider à comprendre le lien entre dette et monnaie, et pourquoi ces dettes ne peuvent pas être remboursées on peut lire ce post :

    http://www.creationmonetaire.info/2011/01/creation-monetaire-et-dette-des-etats.html

    La masse monétaire est constituée pour l’essentiel de la dette des Etats.

    Ajouter à cela les intérêts, et on voit vite qu’elle est irremboursable, il y a plus de monnaie due, que de monnaie existante.

    Qui s’en étonne encore ?

    On peut ensuite réfléchir à : mais si cette dette est passée de 1 à 60, d’où est venu le surplus de monnaie qui a permis d’acheter cette dette ?

    C’est une bonne question, qui permet d’avancer vers la compréhension du seul système monétaire respectueux des libertés individuelles = le Dividende Universel.

  9. Clément permalink
    avril 30, 2011

    Je n’omets rien du tout, j’exposais les raisons du pourquoi ce n’était pas si simple de faire défaut. Après oui il est probable qu’il y en aura, mais je pense que l’Union Européenne si elle n’est pas totalement stupide, a réfléchi a cette possibilité.

    Quand j’aurai le temps je lirai l’article de Lordon, mais il aurait pu être sympa et mettre un abstract…

  10. avril 30, 2011

    @Clément : ok ok ! :) je suis néanmoins dubitatif sur le fait que l’UE ait vraiment un plan de secours. Il suffit d’écouter les propos de Lagarde ou Trichet tous les jours pour comprendre qu’il n’y en a pas :

    il faut appliquer le plan [de sauvetage]

    Le problème de ces gens là, c’est qu’ils ont trop le nez dans le guidon, aucun recul, droits dans leurs bottes de leurs dogmatismes, pas le temps d’écouter ceux qui ont des alternatives.

    Mais bon, face à une foule en colère, il y a une chance qu’ils comprennent assez vite …

    PS : ahah c’est vrai que la concision n’est pas le point fort de Lordon…

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